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Vivace · Onagracées

Gaura Oenothera lindheimeri

Aussi appelé : Gaura de Lindheimer, Gaura blanche, Whirling butterflies

La gaura est une vivace herbacée originaire des prairies sèches du Texas et de Louisiane, aux petites fleurs en forme de papillon blanches virant au rose. Chez nous elle forme un buisson souple et transparent de 80 à 120 cm, qui fleurit sans interruption de juin à octobre. Elle demande avant tout le plein soleil et un sol pauvre et très drainé, où elle tient -15 °C. La terre lourde et humide la fait disparaître dès -8 °C, et un sol trop riche couche ses tiges au premier orage.

Gaura (Oenothera lindheimeri)
Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Onagracées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-15 °C
Floraison
De juin à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : zone USDA 7, soit environ -15 °C en sol très drainé, jusqu’à -18 °C sur un pied âgé installé en rocaille. En terre lourde et humide elle disparaît dès -8 ou -10 °C : chez elle, c’est le drainage qui fait la rusticité, pas le thermomètre.

Dimensions : 80 à 120 cm de hauteur pour 60 à 90 cm d’étalement pour l’espèce type, les cultivars nains plafonnant vers 50 cm. Port en buisson souple et transparent, jamais compact.

Floraison : De juin à octobre sans interruption, petites fleurs en forme de papillon, blanches virant au rose, sans parfum notable.

Substrat : pauvre, léger, sableux ou caillouteux, sans apport de compost ; pH de 6 à 7,5. Un sol riche la fait monter en tiges folles qui s’affaissent au premier orage.

Exposition : plein soleil strict, 6 heures directes au minimum. À l’ombre, les tiges s’étirent, se couchent et la floraison se réduit de moitié.

Arrosage : l’année de plantation seulement, tous les 8 à 12 jours en mai et juin puis tous les 6 à 10 jours en juillet et août. Ensuite plus rien en pleine terre ; en pot, compter tous les 2 à 4 jours en été, le faible volume ne pardonne pas.

Durée de vie : vivace herbacée de vie brève, 3 à 5 ans, souvent moins en terre lourde où elle se comporte de fait en annuelle. Elle se renouvelle par bouturage ou par ses semis spontanés.

Multiplication : Bouturage de tiges non fleuries de mi-mai à fin juin, en sable humide à l’ombre, ou semis sous abri au printemps.

Arrosage & entretien

Arrosage : rien de novembre à avril. L’année de plantation, un arrosage copieux tous les 8 à 12 jours en mai et juin, tous les 6 à 10 jours en juillet et août ; dès la deuxième année la touffe se passe de tout et fleurit même mieux au sec.

Fertilisation : aucune en pleine terre, c’est une plante de sol pauvre. En pot, un engrais liquide pour plantes fleuries très dilué toutes les 3 semaines de mai à août suffit, un excès d’azote donnant des tiges molles et peu de fleurs.

Rempotage : en pot, chaque printemps ou tous les 2 ans, dans un mélange de terreau et d’un tiers de sable grossier avec un vrai drainage au fond. Manipuler la motte sans la casser, car sa racine pivotante supporte mal d’être dérangée, et c’est pour la même raison qu’une gaura ne se divise jamais.

Taille : rabattre la touffe à 10 ou 15 cm du sol en mars, jamais à l’automne, les tiges sèches tenant le cœur au sec tout l’hiver. Un second rabattage d’un tiers fin juillet, quand la première vague retombe, relance une floraison compacte jusqu’aux gelées.

Exposition & substrat

Exposition : plein soleil, 6 à 8 heures directes. C’est une plante des prairies sèches du Texas, rien ne remplace chez elle la lumière.

Emplacement : extérieur toute l’année, en massif ensoleillé, en bordure, en rocaille ou en grande potée exposée au sud ou à l’ouest. Un fond sombre, haie ou mur, fait ressortir ses fleurs blanches qui autrement se perdent.

Substrat : deux tiers de terre de jardin pour un tiers de gravier ou de sable grossier, sans compost ni terreau riche. La pauvreté du sol est ce qui lui donne des tiges fermes et une touffe qui se tient.

pH : de 6 à 7,5, l’optimum entre 6,5 et 7. Le calcaire ne la gêne pas.

Drainage : décisif, et surtout de novembre à mars. Planter le collet surélevé sur un lit de gravier en terre lourde, car neuf gauras perdues sur dix le sont par l’humidité hivernale et non par le froid.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : de mi-mai à fin juin, couper des extrémités de tiges non fleuries de 8 à 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans du sable humide ou un mélange de terreau et de sable. Les tenir dehors à l’ombre ou sous abri, légèrement à l’étouffée : elles racinent en 3 à 4 semaines. Hiverner les jeunes plants sous châssis froid, au sec, et les planter au printemps suivant. C’est le seul moyen de la multiplier à l’identique, et il réussit bien.

Les autres méthodes

Semis :

SemerEn mars et en avril, sous abri, à 18 à 20 °C, les graines couvertes de 2 à 3 mm ; la levée prend 2 à 3 semaines, et les plants se mettent en place en mai. L’espèce se reproduit fidèlement, mais pas les formes naines ou colorées ; ses semis spontanés se transplantent jeunes, au printemps.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : ses fleurs ne se fécondent pas entre elles, il faut deux semis. Les petits fruits durs se récoltent de septembre à octobre, quand ils brunissent le long des tiges, et se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais. Les fleurs sont pollinisées par les insectes. Les formes naines ou colorées ne se reproduisant pas, les graines de l’espèce ou du commerce sont les seules à semer.

Division et autres méthodes : Aucune : sa racine pivotante ne supporte pas la division.

Maladies & parasites

Maladies courantes : la pourriture du collet et des racines, conséquence d’un sol détrempé l’hiver, est la seule vraie cause de mort et ne se traite pas, elle s’évite par le drainage. L’oïdium couvre parfois les feuilles basses d’un feutrage blanc quand les pieds sont serrés ou arrosés par aspersion, on aère la touffe et on rabat les parties atteintes. Une rouille marque rarement le revers des feuilles de pustules orangées après un été humide, sans conséquence durable.

Parasites fréquents : les pucerons colonisent les extrémités fleuries au printemps et cèdent à un jet d’eau, sinon à un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les limaces s’attaquent aux jeunes pousses au redémarrage de mars, seul moment où la touffe est vraiment vulnérable. En pot ou sous abri, l’araignée rouge peut apparaître par forte chaleur sèche.

Prévention : espacer les pieds de 50 à 60 cm, arroser au pied et jamais sur le feuillage, ne pas pailler avec de la matière organique. Rabattre en mars et non en automne, pour que le cœur passe l’hiver au sec sous ses propres tiges. Renouveler la touffe tous les 3 ou 4 ans par bouturage plutôt que de s’acharner sur un pied épuisé.

Toxicité

Toxicité humaine : aucune toxicité connue, la gaura, aujourd’hui rattachée au genre Oenothera, ne figure sur aucune liste de plantes dangereuses. Elle n’est pas comestible pour autant et n’a aucun usage alimentaire courant.

Toxicité animaux : non toxique pour le chien et le chat, elle est absente de la liste des plantes toxiques de l’ASPCA comme des répertoires vétérinaires usuels. Chevaux et rongeurs domestiques ne sont pas davantage concernés.

Symptômes : rien n’est attendu à l’ingestion, tout au plus un dérangement digestif léger si un animal en avale une grande quantité, comme avec n’importe quel végétal non alimentaire. Aucune irritation n’est décrite au contact des feuilles ou de la sève.

Précautions : aucune précaution particulière, elle convient sans réserve à un jardin fréquenté par des enfants ou des animaux. Le seul risque réel est pour la plante elle-même, ses tiges souples cassent au passage d’un chien qui traverse le massif.

Associations de plantes

Bonnes associations : le perovskia et les échinacées partagent son sol sec et sa longue saison, et leurs silhouettes plus rigides contiennent ses tiges folles. Les graminées légères, Stipa tenuifolia ou Panicum, prolongent son effet de transparence et restent belles quand elle est rabattue. La verveine de Buenos Aires fleurit à la même hauteur et exactement pendant les mêmes mois.

Associations à éviter : hostas, astilbes et hortensias exigent un sol constamment frais, donc un arrosage qui la fait pourrir en une seule saison. Les couvre-sols vigoureux comme la lysimaque nummulaire ou la pervenche recouvrent son collet et l’étouffent en 2 ans. Éviter aussi les vivaces trapues plantées trop près, car elle a besoin d’air autour du pied sous peine d’oïdium.

Conseil : planter par groupes de trois espacés de 50 cm plutôt qu’un pied isolé, c’est le mouvement de l’ensemble qui fait tout son effet. Préparer dès la deuxième année deux ou trois boutures de rechange, car elle s’épuise en 3 ou 4 ans et personne ne s’attend à remplacer une vivace si tôt.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe installée en pleine terre, en massif ou en bordure, en plein soleil et dans un sol pauvre, léger et parfaitement drainant, en France métropolitaine tempérée.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à juin : tous les 8 à 12 jours ; de juillet à août : tous les 6 à 10 jours Arroser au pied, copieusement et espacé, pour obliger la racine pivotante à plonger plutôt qu’à s’étaler en surface. Dès la deuxième année, la touffe se passe de tout et fleurit même mieux au sec, un arrosage régulier la fait monter en tiges molles qui se couchent.l’année de plantation, le temps que le pivot descende
Fleurs fanéesOptionnel De début juin à mi-octobre : toutes les 2 à 3 semaines Supprimer les tiges dont toutes les fleurs sont passées, surtout pour limiter un ressemis spontané très généreux. Les semis qui lèvent ne reprennent pas le port du pied mère et finissent par l’envahir.couper la hampe défleurie entière, au ras de la touffe
Inspection parasitaireUtile De début mai à mi-septembre : toutes les 3 à 4 semaines Regarder le bas de la touffe, là où l’air circule mal et où l’oïdium s’installe quand les pieds sont serrés. Une plante espacée de 50 cm et jamais arrosée sur le feuillage ne demande en pratique aucun traitement.feutrage blanc sur les feuilles basses, pucerons aux sommets
RabattageEssentiel En mars Couper toute la touffe sèche au moment où les premiers bourgeons apparaissent à la base. Rabattre dès l’automne, comme on le fait pour beaucoup de vivaces, prive le cœur de la plante du parapluie de tiges mortes qui le tient au sec tout l’hiver.à 10 ou 15 cm du sol, pas avant mars
Mise en place des plantsEssentiel D’avril à mai Planter en terre ressuyée et réchauffée, sur une butte ou un lit de gravier si le sol est lourd, pour que l’eau ne stationne jamais au pied. Une gaura mise en place à l’automne passe rarement son premier hiver, ce n’est pas le froid qui la prend mais la boue.au printemps, le collet surélevé de 2 ou 3 cm
BouturageUtile De mi-mai à fin juin Bouturer en sable humide à l’ombre, fin mai, pour tenir des remplaçants prêts avant que la touffe mère ne s’épuise. C’est le seul moyen de la multiplier à l’identique, car son pivot ne supporte pas la division.pousses latérales non fleuries de 8 cm
FloraisonUtile De juin à octobre De petits papillons blancs virant au rose s’ouvrent quelques jours chacun sur des tiges souples qui bougent au moindre souffle. Peu de vivaces tiennent aussi longtemps, et c’est elle qui fait la liaison entre les floraisons de juin et celles d’octobre.5 mois sans interruption, jusqu’aux premières gelées
Taille après floraisonUtile De mi-juillet à mi-août Quand la première vague s’épuise et que les tiges s’affaissent, couper franchement d’un tiers plutôt que de rafistoler tige par tige. La touffe repart compacte en 2 semaines et refleurit jusqu’aux gelées.rabattre d’un tiers la touffe entière, à la cisaille
Protection des racinesUtile De mi-octobre à fin novembre Dégager le pied des feuilles mortes et des débris de massif, puis glisser deux poignées de gravier ou de sable grossier autour du collet. C’est l’eau stagnante de l’hiver, non le gel, qui fait disparaître neuf gauras sur dix.gravier au collet, surtout pas de paillis organique