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Arbre fruitier · Oléacées

Olivier Olea europaea

Aussi appelé : Olivier d’Europe, Olivier commun, Olive tree

L’olivier est un arbre au feuillage persistant gris-vert, cultivé depuis l’Antiquité tout autour de la Méditerranée pour ses olives. Il atteint 4 à 8 m en pleine terre, et se tient entre 1,50 m et 2,50 m en grand pot taillé chaque année. Il demande un plein soleil strict et un sol caillouteux parfaitement drainé, le calcaire ne le gênant pas. Installé depuis plusieurs années, il tient -8 à -10 °C ; un jeune sujet ou un olivier en pot se protège dès -5 °C.

Olivier (Olea europaea)
Photo : Franz Eugen Köhler, Köhler's Medizinal-Pflanzen, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Arbre fruitier
Famille
Oléacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-10 °C
Floraison
De mai à juin
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 8 à 10. Un arbre installé depuis plusieurs années en sol drainé tient -8 à -10 °C, le feuillage grille vers -10 °C et le bois souffre au-delà de -12 °C ; un sujet en pot ou planté depuis moins de 3 ans se protège dès -5 °C.

Dimensions : 4 à 8 m de haut pour 3 à 6 m d'étalement en pleine terre, jusqu'à 10 m sur un très vieux sujet. En grand pot et taillé chaque année, il se tient entre 1,50 m et 2,50 m.

Floraison : De mai à début juin, pendant une dizaine de jours, en petites grappes de fleurs blanc crème au parfum léger et miellé, qui donnent les olives.

Substrat : Sol caillouteux, pauvre, parfaitement drainé, le calcaire ne le gênant pas. En pot, un tiers de terre de jardin, un tiers de terreau et un tiers de pouzzolane.

Exposition : Plein soleil strict, 6 à 8 heures par jour. À l'ombre il végète, s'étiole et ne fructifie pas.

Arrosage : En pot, tous les 3 à 5 jours en juillet et août, tous les 7 à 10 jours au printemps, toutes les 3 à 5 semaines l'hiver, toujours abondamment puis en laissant sécher. En pleine terre, seulement les deux ou trois premières années, puis en cas de canicule prolongée.

Durée de vie : Vivace, arbre de plusieurs siècles. Des sujets méditerranéens documentés dépassent le millier d'années.

Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées de juillet à septembre, à l’étouffée et au chaud, ou prélèvement des rejets au printemps.

Arrosage & entretien

Arrosage : En pot, arroser abondamment puis laisser la motte sécher franchement : tous les 3 à 5 jours en plein été, tous les 7 à 10 jours d'avril à juin, toutes les 3 à 5 semaines de novembre à mars. En pleine terre, arroser copieusement les deux ou trois premières années, ensuite l'arbre se débrouille seul.

Fertilisation : Un apport d'engrais organique à libération lente au débourrement, en mars, griffé au pied puis arrosé. En pot, renouveler à la mi-juin, mais rien après le mois d'août, un apport tardif relançant des pousses tendres que le froid détruit.

Rempotage : Tous les 3 ans en mars, dans un contenant à peine plus grand, en démêlant les racines qui tournent au fond de la motte. Quand le pot devient trop lourd, un surfaçage annuel des cinq premiers centimètres le remplace.

Taille : De fin février à début avril, une fois les fortes gelées passées et avant le débourrement : ouvrir le centre en gobelet sur trois ou quatre charpentières, retirer le bois mort et les gourmands. L'olivier fructifie sur les rameaux de l'année précédente, une taille tardive supprimerait la récolte à venir.

Exposition & substrat

Exposition : 6 à 8 heures de soleil direct par jour, sans compromis possible. Une exposition insuffisante donne un arbre clairsemé qui ne fleurit pas.

Emplacement : Dehors toute l'année, jamais dans un appartement chauffé où il s'épuise en un hiver faute de froid et de lumière. Au sud ou au sud-ouest, à l'abri des vents froids, adossé si possible à un mur clair qui restitue la chaleur.

Substrat : Pauvre, caillouteux, très filtrant, à l'image des terres de garrigue. En pot, allonger le mélange d'un tiers de pouzzolane ou de gravier.

pH : De 6,5 à 8,5, l'optimum se situant entre 7 et 8. C'est l'un des rares arbres fruitiers parfaitement à l'aise en terrain calcaire.

Drainage : Déterminant, davantage que le froid lui-même : une terre lourde et humide tout l'hiver asphyxie les racines et ouvre la porte à la verticilliose. Planter sur une légère butte en sol argileux, et surélever le pot sur des cales pour que l'eau s'évacue.

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rejets : : dégager la terre au printemps, sectionner le rejet avec un morceau de souche et ses racines, puis le rempoter dehors dans un mélange drainant, à l’abri du plein soleil le temps de la reprise. Détacher au printemps, en avril ou mai, un rejet déjà enraciné au pied d’un vieux sujet : c’est la voie la plus sûre pour un amateur, avec une bonne reprise si le rejet emporte ses racines. Seul le rejet d’un olivier franc de pied reproduit sa variété ; sur un olivier greffé, cas courant en pépinière, les rejets naissent du porte-greffe et donnent un olivier sauvage. On repère un sujet greffé au bourrelet visible à la base du tronc, et l’on ne prend alors que des rejets nés au-dessus.

Les autres méthodes

Bouturage : En juin et juillet, prélever des boutures semi-aoûtées de 15 à 20 cm, garder 4 feuilles au sommet et les piquer dans un mélange de terreau et de sable ou de perlite, l’hormone de bouturage restant facultative mais utile. Les tenir sous abri, à l’étouffée, à l’ombre légère et vers 20 à 25 °C, le substrat à peine humide. L’enracinement demande 2 à 3 mois et la réussite reste modeste sans brumisation : l’olivier se bouture mal chez un amateur.

Semis :

SemerEn automne, juste après la récolte, extraire les noyaux d’olives bien mûres, les débarrasser de la pulpe, les faire tremper 24 heures puis entailler ou fendre légèrement la coque. Les semer dehors ou sous abri froid, à 2 cm de profondeur dans un mélange de terreau et de sable : le froid de l’hiver lève la dormance, et la levée, lente et irrégulière, s’étale sur 2 à 6 mois. Les graines ne reproduisent pas la variété et donnent des oliviers proches du sauvage, lents à fructifier ; les variétés se multiplient par rejet d’un sujet franc de pied, bouture ou greffe.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : en partie autostérile, il fructifie pourtant bien mieux près d’une autre variété, pollinisé par le vent. On cueille les olives bien noires de novembre à janvier, les noyaux ne se gardant que quelques mois avant de perdre leur faculté de germer. Les noyaux d’olives de table, souvent traitées ou pasteurisées, ne germent pas.

Division et autres méthodes : Marcottage aérien : au printemps, inciser une branche de 2 cm de diamètre sur un anneau de 2 cm, l’envelopper de mousse humide sous un plastique, et sevrer à l’automne une fois les racines visibles. Greffe en couronne ou en écusson au printemps, sur un franc de semis, pour reproduire une variété : un geste de jardinier expérimenté.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L'œil de paon (Fusicladium oleagineum) marque les feuilles de taches rondes brunes cerclées de jaune et provoque une défoliation : traitement à la bouillie bordelaise à l'automne et en fin d'hiver, taille aérée pour faire sécher le feuillage. La verticilliose dessèche brutalement des rameaux entiers, ne se soigne pas, et interdit de replanter au même endroit. La fumagine, dépôt noir et poisseux sur les feuilles, n'est que la conséquence de la cochenille et disparaît quand on traite celle-ci.

Parasites fréquents : La cochenille noire de l'olivier forme des écailles brunes bombées sur le revers des rameaux : brossage puis huile blanche en fin d'hiver. La mouche de l'olive laisse une piqûre brune sur le fruit, dont la larve creuse la chair ; piège jaune englué posé en juin et pulvérisation d'argile kaolinite. Le psylle couvre les jeunes pousses d'amas cotonneux au printemps, sans conséquence réelle.

Prévention : Aérer la ramure à la taille et ramasser les olives tombées, qui abritent les larves d'une année sur l'autre. Désinfecter les outils entre deux arbres, la tuberculose de l'olivier se transmettant par les plaies de taille. Signaler à la DRAAF tout dépérissement suspect : Xylella fastidiosa est un organisme de quarantaine à déclaration obligatoire.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, ni dans les feuilles, ni dans le bois, ni dans les fruits. Les olives crues sont immangeables tant qu'elles n'ont pas été désamérisées, mais c'est affaire d'amertume (oleuropéine) et non de poison ; le pollen, en revanche, est très allergisant en mai et juin.

Toxicité animaux : Non toxique pour le chien, le chat et les rongeurs domestiques, et absent des listes de plantes dangereuses. Le risque est mécanique : un noyau avalé peut casser une dent ou obstruer le tube digestif d'un petit chien.

Symptômes : L'ingestion de feuilles ou de fruits ne provoque rien, tout au plus des vomissements si la quantité est importante. Le contact avec la sève ou le feuillage est sans effet, ni irritation ni brûlure.

Précautions : Aucune précaution particulière pour les enfants ni pour les animaux, ce qui en fait l'un des arbres les plus sûrs à installer sur une terrasse. Seule réserve, les tisanes de feuilles d'olivier font baisser la tension et la glycémie : elles se cumulent avec un traitement hypotenseur ou antidiabétique et demandent un avis médical.

Associations de plantes

Bonnes associations : Lavande, romarin et thym, qui partagent exactement ses besoins, plein soleil, sol pauvre et drainage, et habillent le pied sans lui faire concurrence. Santoline et germandrée pour un couvre-sol gris persistant, iris des jardins et gauras pour la couleur du printemps à l'été. Un paillage minéral de gravier ou de pouzzolane complète l'ensemble et garde le collet au sec.

Associations à éviter : Hortensias, azalées et camélias, qui exigent une terre de bruyère acide et fraîche à l'opposé de ce que demande l'olivier. Un gazon arrosé jusqu'au tronc, dont l'humidité permanente favorise les pourritures du collet et dont les racines concurrencent l'arbre. Tomates, aubergines et pommes de terre à proximité ou sur l'emplacement précédent, car elles hébergent le champignon de la verticilliose.

Conseil : Laisser 60 cm à 1 m de sol nu ou paillé de minéral autour du tronc. C'est aussi la zone où l'on repère d'un coup d'œil les rejets du pied, qu'il faut arracher tout l'été.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Planté en pleine terre dans un sol caillouteux et drainant, ou conduit en grand pot, en plein soleil et à l’abri des vents froids, et laissé dehors toute l’année dans une région où le thermomètre ne descend pas durablement sous -8 °C.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à juin : tous les 7 à 10 jours ; de juillet à août : tous les 3 à 5 jours ; de septembre à octobre : tous les 10 à 15 jours ; de novembre à mars : toutes les 3 à 5 semaines Arroser abondamment puis laisser la motte sécher franchement, l’olivier redoutant bien plus l’excès que la soif. Un arbre installé en pleine terre depuis 3 ans se passe d’arrosage, sauf canicule prolongée.rythme d’un sujet en pot ; en pleine terre, seulement les deux ou trois premières années
Inspection parasitaireUtile De mai à septembre : toutes les 2 à 3 semaines ; d’octobre à avril : tous les 1 à 2 mois Chercher les écailles brunes bombées de la cochenille et le dépôt noir de fumagine qu’elle entraîne, du printemps à l’automne. Un piège jaune englué posé en juin dit si la mouche de l’olive est là avant que les fruits ne soient piqués.revers des rameaux pour la cochenille noire, fruits pour la piqûre de la mouche
Taille de structureEssentiel De mi-février à mi-avril Tailler à la fin de l’hiver, les fortes gelées passées et avant le débourrement, en supprimant le bois mort et les branches qui se croisent. L’olivier fructifie sur les rameaux de l’année précédente : une taille tardive au printemps ou en été supprimerait la récolte.en gobelet ouvert, trois ou quatre charpentières, la lumière doit traverser
Engrais à libération lenteUtile En mars Un seul apport au débourrement suffit en pleine terre ; en pot, le renouveler à la mi-juin, le substrat s’épuisant plus vite. Ne rien donner après le mois d’août, un apport tardif relance des pousses tendres que le premier froid détruit.engrais organique ou spécial oliviers et agrumes, griffé au pied puis arrosé
RempotageUtile De début mars à mi-avril, tous les 3 ans Rempoter au printemps dans un contenant à peine plus grand, en démêlant les racines qui tournent au fond de la motte. Quand le pot est devenu trop lourd à manipuler, un simple surfaçage annuel le remplace.en pot seulement, mélange d’un tiers de terre de jardin, un tiers de terreau, un tiers de pouzzolane
FloraisonUtile De début mai à mi-juin La floraison ne dure qu’une dizaine de jours, pendant lesquels une pluie continue ou un vent chaud fait chuter la future récolte. C’est le moment où un sujet en pot ne doit surtout pas manquer d’eau.grappes de petites fleurs blanches, pollinisation par le vent
Gourmands et rejetsUtile De mai à septembre Arracher les rejets d’un coup sec à la main plutôt que de les couper, au fur et à mesure de leur apparition. Ils détournent la sève des rameaux fruitiers et repartent de plus belle sur une coupe nette.rejets du pied et pousses verticales sur le tronc
Fructification, récolteUtile De mi-septembre à fin décembre Récolter à la main ou au peigne sur un filet, avant les premières gelées qui abîment les fruits. Crues, les olives sont immangeables : il faut les désamériser plusieurs semaines, à l’eau puis en saumure.olives vertes à partir de la mi-octobre, noires de novembre à décembre
Voile d'hivernageUtile De novembre à marsDès que : gelée annoncée sous -5 °C sur un sujet en pot ou planté depuis moins de 3 ans Couvrir la ramure la veille de l’épisode de froid et découvrir dès que la température repasse au-dessus de zéro, pour éviter la condensation. Un arbre adulte installé tient -8 à -10 °C sans rien, un jeune sujet se protège bien avant ce seuil.voile respirant en double épaisseur, retiré dès le redoux
Protection des racinesEssentiel De mi-novembre à mi-mars Isoler le contenant et le décoller du sol froid pendant tout l’hiver. Dans un pot, ce sont les racines et non le feuillage qui gèlent les premières, et elles gèlent bien avant -8 °C.voile à bulles autour du pot, contenant surélevé sur cales, paillis au pied en pleine terre