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Succulente · Apocynacées

Palmier de Madagascar Pachypodium lamerei

Aussi appelé : Pachypodium, Madagascar palm

Le palmier de Madagascar n’a rien d’un palmier : c’est une succulente du sud de Madagascar, au tronc épineux couronné d’un bouquet de feuilles étroites. Il y dépasse 6 m, mais atteint chez nous 1,50 à 2,50 m en pot après 15 ans environ, et ne passe l’hiver qu’au-dessus de 10 °C. Il réclame surtout le plein soleil d’une baie au sud et un substrat très minéral, arrosé seulement une fois sec de part en part. L’excès d’eau le fait pourrir, le manque de lumière l’étire et le dégarnit.

Palmier de Madagascar (Pachypodium lamerei)
Photo : Daderot at English Wikipedia, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Succulente
Famille
Apocynacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
10 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 10b à 11, aucune rusticité au gel : il faut au moins 10 °C en permanence, et de courtes pointes à 5 °C ne passent qu’au sec absolu. Sous nos climats, c’est une plante d’intérieur qui sort seulement l’été.

Dimensions : 1,50 à 2,50 m en pot après une quinzaine d’années, pour un étalement de 60 cm à 1 m au sommet. Dans son sud malgache, il dépasse 6 m.

Floraison : Rare en appartement : seuls les sujets âgés, de plus d’1 m, portent parfois en été au sommet du tronc des fleurs blanches en trompette à gorge jaune, légèrement parfumées. Sa sève est toxique.

Substrat : Moitié terreau pour cactées, moitié matière minérale grossière, pouzzolane ou pumice, pour un pH de 6,0 à 7,5. Le mélange doit ressuyer en quelques minutes.

Exposition : Plein soleil, le plus de lumière possible toute l’année, derrière une baie au sud. Moins de lumière donne un tronc étiré et des feuilles rares.

Arrosage : Un arrosage copieux tous les 10 à 15 jours d’avril à septembre, puis un par mois seulement d’octobre à mars. Toujours substrat sec de part en part avant de recommencer.

Durée de vie : Succulente vivace, qui vit couramment 20 à 30 ans en pot, et davantage si elle échappe aux excès d’eau.

Multiplication : Semis de graines fraîches d’avril à juin, à l’intérieur vers 25 °C ; le bouturage d’une ramification reste aléatoire.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 10 à 15 jours en végétation, en trempant le pot puis en laissant tout sécher, et une seule fois par mois d’octobre à février. Reprendre progressivement en mars, par demi-doses, dès que les premières feuilles pointent.

Fertilisation : Un engrais pour cactées, pauvre en azote et à demi-dose, une fois par mois d’avril à début septembre. Plus rien ensuite : nourrir pendant le repos donne un tronc mou.

Rempotage : Tous les 3 ans au printemps, dans un pot de terre cuite lourd à peine plus large, avec des gants de cuir et un journal enroulé autour du tronc. Attendre une semaine avant le premier arrosage, le temps que les racines blessées cicatrisent.

Taille : Aucune taille n’est nécessaire, la plante pousse en une seule colonne. Étêter n’a de sens que si elle touche le plafond, et fait alors partir plusieurs têtes sous la coupe.

Exposition & substrat

Exposition : Le plus fort ensoleillement possible, 6 heures et plus de soleil direct. C’est l’une des rares plantes d’intérieur qui ne souffre pas d’une baie plein sud en août.

Emplacement : En intérieur toute l’année devant une fenêtre sud, avec une sortie possible sur terrasse abritée de juin à fin septembre. Rentrer avant que les nuits approchent 12 °C, et le tenir hors des courants d’air froid.

Substrat : Moitié terreau cactées, moitié pouzzolane, pumice ou sable grossier non calcaire. Aucun terreau universel seul, qui reste humide au cœur du pot bien après la surface.

pH : Entre 6,0 et 7,5, donc de légèrement acide à neutre. Il n’est pas difficile sur ce point, contrairement à sa sensibilité à l’eau.

Drainage : Pot percé, sans billes d’argile mais avec un substrat drainant sur toute sa hauteur, et soucoupe vidée aussitôt. L’excès d’eau provoque une pourriture du collet qui remonte dans le tronc : le sujet ramollit à la base et s’effondre sans prévenir.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : d’avril à juin, à l’intérieur, semer en surface d’un mélange minéral pour cactées et couvrir de 2 à 3 mm de sable fin, après un trempage de 12 heures. Maintenir à 25 °C, le substrat légèrement humide ; la levée prend 1 à 3 semaines. Les graines reproduisent fidèlement l’espèce. Il lève bien avec des graines fraîches et donne des plants solides. Porter des gants : la sève est toxique et le tronc couvert d’épines.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : une fleur ne se féconde guère sans le pollen d’un autre sujet. Les graines s’achètent : en appartement, la floraison est rare, et une fleur ne se féconde guère sans le pollen d’un autre pied apporté par des insectes absents à l’intérieur. Chez un sujet qui fructifie, les deux longs fruits en corne s’ouvrent à maturité sur des graines munies d’une aigrette, à recueillir avant qu’elles ne s’envolent. Elles lèvent d’autant mieux qu’elles sont fraîches et se gardent au plus un an au sec et au frais.

Les autres méthodes

Bouturage : Possible mais aléatoire : en mai ou juin, prélever une ramification ou la tête d’un sujet étêté, avec des gants, puis laisser cicatriser la coupe 1 à 2 semaines à l’air et à l’ombre. La piquer dans un mélange sec de terreau pour cactées et de pouzzolane, à l’intérieur, au chaud vers 25 °C et en pleine lumière, sans étouffée et presque sans arrosage. Les racines se forment en 1 à 2 mois quand la bouture reprend, ce qui n’est pas systématique.

Division et autres méthodes : Aucune : la plante forme un tronc unique, sans rejets ni touffe à diviser.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines est pratiquement la seule, et vient toujours de l’eau combinée au froid ; le tronc devient mou et brun à la base. Il n’y a pas de traitement une fois la base atteinte : on ne sauve qu’en recoupant au-dessus du sain et en laissant sécher la plaie. Des taches brunes sèches sur le tronc sont, elles, des brûlures solaires après une sortie trop brutale, et non une maladie.

Parasites fréquents : Cochenilles farineuses en amas blancs entre les épines et à la base des feuilles, à tamponner à l’alcool puis à traiter à l’huile de colza. Araignées rouges en hiver dans l’air chauffé, reconnaissables au piqueté clair et aux fines toiles sous les feuilles. Cochenilles des racines, découvertes au rempotage sous forme de poudre blanche sur la motte.

Prévention : Arroser peu, toujours sur substrat totalement sec, et vider la soucoupe sans exception. Garder la plante au sec et au clair de novembre à février, entre 12 et 18 °C. Inspecter entre les épines toutes les 2 semaines pendant l’hivernage, là où les amas passent inaperçus.

Toxicité

Toxicité humaine : La sève laiteuse est toxique par ingestion et irritante au contact, comme chez la plupart des Apocynacées. Le danger le plus concret reste mécanique : les épines dures blessent profondément et les piqûres s’infectent facilement.

Toxicité animaux : Plante classée toxique pour le chien et le chat, toutes parties confondues à cause du latex. Les épines dissuadent généralement les animaux, mais les feuilles du sommet restent à leur portée sur un jeune sujet.

Symptômes : Au contact, rougeur et démangeaison de la peau, et brûlure des muqueuses si la sève atteint la bouche ou les yeux. Après ingestion : salivation, vomissements, diarrhée et abattement, qui justifient un avis vétérinaire.

Précautions : Porter des gants épais pour tout rempotage et se laver les mains après avoir touché une plaie fraîche de la plante. L’installer hors des passages et hors de portée des jeunes enfants, à qui les épines à hauteur de visage font courir le vrai risque.

Associations de plantes

Bonnes associations : Aloe vera, Crassula ovata et Echeveria, qui demandent le même substrat minéral et le même arrosage espacé. Un Agave ou un Euphorbia trigona à ses côtés supporte aussi bien le plein sud et le repos sec de l’hiver. Groupés, ces pots forment un coin de la maison qu’on arrose ensemble, sans se tromper.

Associations à éviter : Calathea, Spathiphyllum et fougères veulent un substrat constamment humide et un air moite, tout l’inverse. Ne jamais le planter dans un bac partagé avec une plante verte classique : l’arrosage de l’une noie l’autre. Éviter aussi le voisinage immédiat d’un humidificateur ou d’une salle de bain.

Conseil : Surfacer le pot d’une couche de gravier ou de pouzzolane, qui garde le collet sec et signale mieux l’état du substrat qu’un doigt enfoncé au hasard. Choisir un pot de terre cuite lourd, car un sujet de 2 m bascule au moindre coup de vent sur la terrasse.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet en pot de terre cuite dans un substrat pour cactées très drainant, derrière une baie plein sud toute l’année, sorti sur une terrasse abritée pendant l’été.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 10 à 15 jours ; d’octobre à mars : toutes les 4 à 6 semaines Arroser copieusement puis laisser tout sécher de part en part, car le tronc renflé stocke sa propre réserve. Un pot maintenu humide fait pourrir le collet en quelques jours, et la plante s’effondre d’un coup.Attendre que le substrat soit sec sur toute sa hauteur, pas seulement en surface
Inspection parasitaireUtile De novembre à mars : toutes les 2 semaines ; d’avril à octobre : toutes les 4 semaines Écarter les feuilles du sommet et regarder entre les épines, où les amas cotonneux passent inaperçus. L’hiver à l’abri, dans l’air chauffé, est le moment où les colonies s’installent.Cochenilles farineuses entre les épines et à la base des feuilles, araignées rouges l’hiver
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : Eau restée dans la soucoupe après l’arrosage ou après une pluie Vider immédiatement, en toute saison : c’est par le fond que la pourriture remonte dans le tronc. En hiver, une soucoupe oubliée suffit à tuer un sujet de 20 ans.
Changement de rythme d'arrosageUtile De début mars à mi-avril Reprendre par un demi-arrosage, puis revenir au rythme d’été une fois la végétation repartie. Arroser normalement un pachypodium encore endormi est la première cause de pourriture au printemps.Attendre que les premières feuilles pointent au sommet du tronc
Engrais liquideUtile De début avril à mi-septembre Un apport par mois pendant la végétation, toujours sur substrat humide. Trop d’azote donne un tronc mou et vert qui ne se lignifie pas.Engrais cactées, pauvre en azote, à demi-dose
RempotageUtile D’avril à mai, tous les 3 ans Rempoter au printemps dans un pot lourd, en terre cuite, à peine plus large, avec un mélange très minéral. Laisser le substrat sec une semaine après l’opération, le temps que les racines blessées cicatrisent.Gants de cuir épais et journal enroulé autour du tronc : les épines traversent tout le reste
Sortie au printempsUtile En juin Un été dehors donne une croissance et un port que l’intérieur ne produit jamais. Choisir un endroit abrité de la pluie battante, qui gorgerait le pot en une nuit.Attendre des nuits durablement au-dessus de 12 degrés, soit juin sous la plupart de nos climats
Acclimatation à la lumièreEssentiel En juinDès que : Première sortie au plein air après un hiver passé derrière une vitre Exposer d’abord à l’ombre lumineuse, puis au soleil du matin, avant la pleine exposition. Le tronc, protégé par la vitre tout l’hiver, se marque de brûlures brunes définitives en une seule journée de plein sud.2 semaines à l’ombre claire avant le plein soleil
Rentrée à l'automneEssentiel De mi-septembre à mi-octobre Rentrer tôt et au sec : la plante ne supporte aucun gel et souffre déjà sous 10 degrés. Vérifier le revers des feuilles avant de la remettre près des autres plantes.Dès que les nuits approchent 12 degrés, sans attendre les premiers froids
Repos secEssentiel De novembre à février Suspendre presque tout arrosage et laisser la plante au repos, en pleine lumière. La chute complète des feuilles pendant cette période est normale et ne signale rien d’autre que l’hiver.Pièce claire entre 12 et 18 degrés, jamais en dessous de 10