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Plante grimpante · Vitacées

Vigne vierge Parthenocissus quinquefolia

Aussi appelé : Vigne vierge vraie, Vigne vierge de Virginie, Ampélopsis, Virginia creeper

La vigne vierge est une liane ligneuse à feuillage caduc venue de l’est de l’Amérique du Nord, cultivée pour ses feuilles à 5 folioles qui virent au rouge vif à l’automne. Elle monte à 15 à 20 m quand le support le permet et gagne 1 à 2 m par an une fois installée. Peu exigeante, elle accepte toute terre qui ne reste pas détrempée, au soleil comme à l’ombre, et ne craint pas le froid. Elle couvre vite un mur, une clôture ou une pergola, mais ses baies bleu-noir sont toxiques.

Vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia)
Photo : Tasja, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Plante grimpante
Famille
Vitacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-30 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 3 à 9 : elle supporte des froids de -30 °C et au-delà, sans aucune protection en France.

Dimensions : 15 à 20 m de hauteur quand le support le permet, pour 5 à 10 m d’étalement ; une fois installée, elle gagne 1 à 2 m par an.

Floraison : En juin et juillet, de petites fleurs verdâtres discrètes, sans intérêt décoratif, suivies de baies bleu-noir toxiques ; la plante se cultive pour ses rouges d’automne.

Substrat : Toute terre de jardin, même calcaire, argileuse ou pauvre, pourvu qu’elle ne reste pas détrempée ; pH de 5,5 à 8.

Exposition : Soleil, mi-ombre ou ombre ; le soleil donne les rouges d’automne les plus vifs.

Arrosage : Une dizaine de litres tous les 7 à 10 jours en été par temps sec, les deux premières années ; ensuite, les pluies suffisent.

Durée de vie : Liane vivace ligneuse à feuillage caduc, qui vit plusieurs décennies et repart de la souche après une taille sévère.

Multiplication : Marcottage simple de mi-mars à début mai, sevré à l’automne, ou bouturage de bois sec de 20 cm en hiver, dehors.

Arrosage & entretien

Arrosage : Les deux premières années, arroser copieusement au pied tous les 7 à 10 jours de juin à début septembre par temps sec, une dizaine de litres à chaque fois. Ensuite, les pluies suffisent, sauf pour un pied planté contre un mur abrité, qu’on arrose lors des sécheresses prolongées.

Fertilisation : Inutile en terre ordinaire : sa vigueur n’a pas besoin d’être stimulée, et l’azote ne ferait qu’allonger des tiges qu’il faudra tailler. Une pelletée de compost dans le trou de plantation suffit.

Rempotage : Plante de pleine terre, qui ne se rempote pas. En bac de 50 litres au moins, renouveler chaque printemps les cinq premiers centimètres de terre, et changer de contenant tous les 3 ou 4 ans en fin d’hiver.

Taille : Tailler de novembre à février, hors gel, pour raccourcir les tiges trop longues et supprimer le bois mort, avant que la montée de sève ne fasse pleurer les coupes. En juillet et août, couper les pousses qui gagnent les gouttières, les tuiles et les fenêtres.

Exposition & substrat

Exposition : Du plein soleil à l’ombre, mais il lui faut au moins 4 heures de soleil par jour pour prendre ses rouges vifs d’automne. À l’ombre complète, elle pousse bien mais se colore peu.

Emplacement : Extérieur, contre un mur, une clôture, une pergola ou un vieil arbre, à toutes les orientations, nord compris. Ses vrilles à ventouses adhèrent moins bien que celles de la vigne vierge de Boston : sur un mur lisse, un grillage ou des câbles lui donnent prise.

Substrat : Toute terre de jardin ordinaire, argileuse, calcaire, caillouteuse ou pauvre, ameublie sur 40 cm à la plantation.

pH : De 5,5 à 8 : elle s’accommode aussi bien des sols acides que calcaires.

Drainage : Elle supporte les terres lourdes, mais une eau stagnante durable asphyxie ses racines. Planter à 30 à 50 cm du pied du mur, hors de la bande de terre sèche et des gravats de fondation.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage par couchage : marcottage simple de mi-mars à début mai : coucher une tige au sol, l’enterrer en son milieu sur 5 à 10 cm en la maintenant par un crochet, laisser dépasser l’extrémité. Sevrer et replanter la marcotte racinée à l’automne. C’est presque infaillible, la tige s’enracinant d’elle-même au contact du sol. Le bouturage de bois sec en hiver réussit aussi très bien.

Les autres méthodes

Bouturage : De novembre à février, prélever des tronçons de bois de l’année de 20 cm, coupés sous un nœud, et les enfoncer aux deux tiers dans un mélange de terre et de sable, dehors, en coin abrité ou en pot. Ils s’enracinent au printemps et se replantent à l’automne suivant. Des boutures de tiges herbacées de 10 cm prennent aussi en juin, sous abri à l’étouffée, en 3 à 4 semaines.

Semis :

SemerLes graines se sèment dehors à l’automne, nettoyées de leur pulpe et couvertes de 1 cm de terre, le froid de l’hiver levant leur dormance ; au printemps, il faut leur imposer 2 mois au réfrigérateur. La levée a lieu en avril et mai. Les graines reproduisent fidèlement l’espèce, mais la plante est bien plus vite multipliée par marcottage.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent elles-mêmes, avec l’aide des abeilles. Les baies se cueillent en septembre et octobre, quand elles sont bleu-noir et que leur pédoncule rougit, avec des gants car elles sont toxiques ; écraser la pulpe dans l’eau et garder les graines qui tombent au fond. Séchées, les graines se gardent environ un an au frais et au sec.

Division et autres méthodes : Les tiges rampantes déjà enracinées se détachent à la bêche.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium couvre les feuilles d’un feutrage blanc en fin d’été, surtout à l’ombre ou contre un mur peu aéré ; sans gravité sur une plante installée, il se limite en aérant et, si besoin, au soufre. Des taches foliaires brunes à rougeâtres, bordées de sombre, se multiplient par été humide et font tomber les feuilles avant l’heure : ramasser les feuilles à l’automne pour limiter les spores.

Parasites fréquents : Les cicadelles, petits insectes sauteurs logés au revers des feuilles, laissent des marbrures claires qui ternissent la couleur d’automne. Dans le Midi, la cicadelle pruineuse peut couvrir les tiges d’amas cireux blancs et de miellat collant. Les cochenilles forment des boucliers bruns ou des amas cotonneux sur les tiges : les brosser et, sur une jeune plante, traiter à l’huile de colza.

Prévention : Planter en situation aérée, sans excès d’azote, et arroser les jeunes sujets au pied. Ramasser les feuilles mortes à l’automne, qui portent les spores des maladies foliaires, et désinfecter le sécateur entre deux plantes. Sur un sujet adulte vigoureux, ces attaques restent esthétiques et ne justifient presque jamais de traitement.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante faiblement toxique, dont les baies bleu-noir, attirantes pour les enfants, sont la partie en cause, en raison de l’acide oxalique qu’elles contiennent. Quelques baies ne provoquent que des troubles mineurs, mais au-delà d’une dizaine l’intoxication peut devenir sérieuse et justifie un avis médical.

Toxicité animaux : Les baies et, dans une moindre mesure, les feuilles irritent la bouche et le tube digestif du chien ou du chat qui les mâche ; les intoxications graves sont rares. Les oiseaux consomment les baies sans dommage et en dispersent les graines.

Symptômes : Brûlures de la bouche, nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée, parfois décalés d’1 ou 2 jours ; les fortes ingestions peuvent atteindre les reins. La sève peut irriter une peau sensible lors de la taille.

Précautions : Apprendre aux enfants à ne pas cueillir les grappes de baies, et porter gants et manches longues pour tailler. En cas d’ingestion, appeler un centre antipoison ou le vétérinaire en précisant le nombre de baies avalées.

Associations de plantes

Bonnes associations : Au pied, le géranium à grosses racines (Geranium macrorrhizum) et les épimédiums couvrent l’ombre sèche du mur, gardent les racines au frais et limitent les herbes indésirables. Les narcisses et les crocus, plantés dessous, fleurissent avant que la liane ne débourre, sans rien lui disputer. Un arbuste persistant devant le mur, laurier-tin ou houx, prend le relais en hiver quand elle a perdu ses feuilles.

Associations à éviter : Les rosiers grimpants et les clématites peu vigoureuses sur le même support, qu’elle couvre et étouffe en deux ou trois saisons. La glycine sur la même pergola : deux lianes géantes qui se disputent la place et alourdissent la structure. Les arbres fruitiers et les haies voisines, qu’elle escalade et prive de lumière si on la laisse s’étendre.

Conseil : Réserver à la vigne vierge une surface à elle seule, séparée de ses voisines par un passage de 50 cm dégagé à chaque taille d’été. Les oiseaux dispersant ses graines, éviter de la planter près d’un bois ou d’une rivière, où elle se naturalise et étouffe la flore locale.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Liane plantée en pleine terre au pied d’un mur, d’une clôture ou d’une pergola, au soleil ou à mi-ombre.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De début juin à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours Verser une dizaine de litres au pied pour que les racines descendent chercher la fraîcheur. Une fois installée, elle se contente des pluies, sauf contre un mur abrité où l’eau n’arrive pas.Les deux premières années, par temps sec.
MarcottageOptionnel De mi-mars à mi-mai Coucher une tige au sol, l’enterrer en son milieu en la maintenant par un crochet, et laisser dépasser l’extrémité. La marcotte racinée se sèvre et se replante à l’automne.Une tige souple couchée et enterrée sur 10 cm.
Palissage, tuteurageUtile D’avril à juin Guider les jeunes tiges vers le support et les attacher sans serrer tant que les ventouses ne se sont pas fixées. Ses vrilles adhèrent moins bien que celles de la vigne vierge de Boston : sur un mur lisse, un grillage ou des câbles tendus lui donnent une prise durable.Les deux premières années, et sur les murs lisses.
Inspection parasitaireOptionnel De juin à août Regarder le revers des feuilles et les jeunes tiges tous les 15 jours : feutrage blanc de l’oïdium, taches brunes bordées de sombre, marbrures claires laissées par les cicadelles. Sur un sujet adulte vigoureux, ces attaques restent esthétiques et ne justifient un traitement que sur une jeune plante.Oïdium, taches foliaires, cicadelles, cochenilles.
PincementUtile De juillet à août Couper ces pousses à 50 cm au moins des gouttières, des tuiles et des huisseries, avant qu’elles ne s’y glissent. Une tige engagée sous une tuile la soulève en grossissant.Pousses qui gagnent les gouttières, les tuiles et les fenêtres.
Ramassage des feuilles mortesUtile De mi-octobre à fin novembre Ramasser les feuilles après leur chute, rapide une fois les rouges d’automne passés, et vider les gouttières qu’elles bouchent. Les feuilles tachées portent les spores des maladies foliaires, qui reviendraient au printemps.Au pied et dans les gouttières voisines.
Taille de structureUtile De mi-novembre à fin février Raccourcir les tiges qui dépassent la place prévue et supprimer le bois mort, avant la montée de sève de mars qui fait pleurer les coupes. Elle supporte une taille sévère et repart vigoureusement de la souche.Pendant le repos, hors gel.