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Plante grimpante · Passifloracées

Passiflore bleue Passiflora caerulea

Aussi appelé : Fleur de la Passion, Grenadille bleue, Blue passion flower

La passiflore bleue est une liane d’Amérique du Sud qui s’accroche par des vrilles, aux fleurs blanches étoilées coiffées d’une couronne de filaments bleu violet. Elle s’allonge chez nous de 4 à 10 m selon la rigueur des hivers, fleurit de juin à début octobre et porte ensuite des fruits orange. Elle veut le plein soleil, l’abri des vents froids et un sol ordinaire bien drainé, pas trop riche, sinon elle fait des feuilles plutôt que des fleurs. Ses tiges gèlent vers -10 °C, mais sa souche paillée repart du pied jusqu’à -15 °C environ.

Passiflore bleue (Passiflora caerulea)
Photo : Michael Gasperl (Migas), CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Plante grimpante
Famille
Passifloracées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-15 °C
Floraison
De juin à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 7 à 10 ; les tiges gèlent vers -10 °C, mais la souche bien paillée résiste jusqu’à -15 °C environ et repart du pied.

Dimensions : Liane de 4 à 10 m de long selon la rigueur des hivers, qui couvre 2 à 4 m de large sur son support.

Floraison : De juin à début octobre : fleurs étoilées blanches à couronne de filaments bleu violet, blancs et pourpres, légèrement parfumées, suivies de fruits orange.

Substrat : Sol ordinaire, frais mais bien drainé, au pH de 6 à 8 ; une terre trop riche la fait pousser en feuilles plus qu’en fleurs.

Exposition : Plein soleil, ou mi-ombre légère dans le Midi, à l’abri des vents froids.

Arrosage : Tous les 4 à 7 jours en juillet et août, tous les 7 à 10 jours en mai, juin et septembre, en laissant sécher la surface entre deux apports ; presque rien en hiver.

Durée de vie : Vivace ligneuse semi-persistante, qui vit une quinzaine d’années et souvent davantage, en repartant de sa souche après les hivers rigoureux.

Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées de juin à août, sous abri à l’étouffée, ou marcottage simple au printemps.

Arrosage & entretien

Arrosage : Arroser copieusement dès que la surface est sèche, soit tous les 4 à 7 jours en juillet et août et tous les 7 à 10 jours en mai, juin et septembre. En hiver, la pluie suffit en pleine terre, car un sol froid et détrempé fait pourrir la souche.

Fertilisation : Au printemps, un engrais à libération lente pour plantes à fleurs, riche en potasse et pauvre en azote, suffit en pleine terre. En bac, on apporte un engrais liquide du même type toutes les 3 à 4 semaines, de mai à août.

Rempotage : En bac, rempoter tous les 2 ans au printemps dans un contenant à peine plus grand, avec un terreau mêlé de terre de jardin et de sable. Un pot un peu juste favorise la floraison, mais la liane vit mieux et plus longtemps en pleine terre.

Taille : Fin mars ou en avril, une fois les fortes gelées passées, raccourcir les tiges latérales à deux ou trois yeux de la charpente et supprimer le bois gelé. Si l’hiver a tout grillé, rabattre au ras du sol : la souche repart en mai ou juin.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, idéalement 6 heures et plus par jour, pour une floraison abondante. Elle tolère une mi-ombre légère, mais y fleurit nettement moins.

Emplacement : En extérieur, contre un mur, une clôture ou une pergola orientés au sud ou à l’ouest, dont la chaleur la protège en hiver. Dans les régions aux hivers rudes, ce mur chaud et un paillis épais sur la souche lui font passer le froid.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, allégée de sable ou de gravier si elle est lourde ; en bac, un terreau mêlé d’un tiers de terre de jardin.

pH : De 6 à 8 : elle s’accommode aussi bien d’un sol légèrement acide que d’un sol calcaire.

Drainage : Indispensable, car l’eau stagnante en hiver fait pourrir la souche, surtout quand les tiges ont gelé. En sol argileux, planter légèrement en butte et mêler du gravier à la terre de plantation.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : de juin à août, couper des tronçons semi-aoûtés de 10 à 15 cm comptant 2 ou 3 nœuds, ôter les vrilles et les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable. Placer sous abri, à l’étouffée sous une cloche ou un sac, à l’ombre claire et vers 20 °C. L’enracinement prend 4 à 6 semaines ; hiverner les jeunes plants hors gel la première année. La reprise est facile et rapide. Le marcottage simple est encore plus sûr pour qui n’a besoin que d’un ou deux pieds.

Les autres méthodes

Semis :

SemerAu printemps, de mars à mai, à l’intérieur, après un trempage de 24 heures dans l’eau tiède, semer à 5 mm de profondeur dans un terreau léger maintenu à 20 à 25 °C. La levée est irrégulière, de 2 à 8 semaines. L’espèce se reproduit fidèlement, mais la floraison demande 2 à 3 ans.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : il noue souvent mal. Les fruits se cueillent en octobre et novembre, quand ils sont orange vif et un peu mous ; extraire les graines, les laver de leur pulpe et les sécher. Les bourdons, ou un pinceau d’une fleur à l’autre, améliorent la nouaison, et un second pied d’un autre clone encore davantage. Au sec et au frais, les graines restent bonnes 2 à 3 ans.

Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps ou en été, dehors : coucher une tige souple au sol, l’enterrer sur 5 cm au niveau d’un nœud, la fixer par un crochet et sevrer à l’automne ou au printemps suivant. Les rejets qui sortent de la souche, parfois à distance du pied, se détachent avec leurs racines au printemps.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Au jardin, elle est rarement malade : le vrai danger est la pourriture de la souche en sol détrempé, qui fait flétrir les tiges malgré l’arrosage. Par temps humide et confiné, des taches brunes peuvent marquer les feuilles, sans gravité si l’on aère la végétation. Des feuilles qui jaunissent et tombent en hiver ne signalent pas une maladie : la liane perd une partie de son feuillage quand il gèle.

Parasites fréquents : Les pucerons se groupent sur les jeunes pousses au printemps ; un jet d’eau en vient à bout, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Contre un mur chaud et sec, les araignées rouges piquettent les feuilles de jaune sous une fine toile, et un bassinage du feuillage les freine. Les cochenilles, plus rares, se brossent ou se traitent à l’huile de paraffine.

Prévention : Un sol drainant, un arrosage sans excès et un paillis sur la souche évitent l’essentiel des problèmes. La taille de printemps aère la végétation et limite maladies et parasites. Inspecter le dessous des feuilles en été permet d’agir avant que les araignées rouges ne pullulent.

Toxicité

Toxicité humaine : Modérée : les feuilles, les tiges et les fruits verts contiennent des hétérosides cyanogènes, capables de libérer du cyanure. Seule la pulpe des fruits bien mûrs, orange, se mange, et elle est fade.

Toxicité animaux : Les mêmes composés concernent les chiens, les chats et les chevaux qui mâcheraient feuilles ou fruits verts. Leur amertume rend toutefois les intoxications rares et le plus souvent bénignes.

Symptômes : Nausées, vomissements et somnolence ; une ingestion importante peut entraîner des troubles du rythme cardiaque et une gêne respiratoire. Le contact avec la peau est sans danger connu.

Précautions : Apprendre aux enfants à ne cueillir que les fruits orange et mous, et ne jamais utiliser ses feuilles en tisane : la passiflore des infusions est une autre espèce, Passiflora incarnata. En cas d’ingestion de feuilles ou de fruits verts, appeler un centre antipoison.

Associations de plantes

Bonnes associations : Un rosier grimpant vigoureux partage volontiers son support : sa grande floraison de juin ouvre la saison, et la passiflore prend le relais jusqu’en octobre. À son pied, des vivaces basses comme les géraniums vivaces ou les népétas couvrent le sol et gardent la souche au frais. Ses fleurs attirent abeilles et bourdons, utiles aux fruitiers et au potager voisins.

Associations à éviter : Les grimpantes très vigoureuses, glycine, bignone ou renouée de Boukhara, l’étouffent ou se laissent étouffer sur le même support. Les plates-bandes de vivaces délicates à moins d’1 m du pied souffrent de ses rejets. Dans le Midi, mieux vaut l’éloigner des haies champêtres et des lisières naturelles, où elle se ressème et devient envahissante.

Conseil : Palisser rosier et passiflore sur des fils distincts du même support évite qu’ils s’emmêlent et facilite la taille de chacun. Le paillis d’hiver étalé sur la souche profite aussi aux vivaces plantées à son pied.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Liane cultivée en pleine terre contre un mur ou un grillage ensoleillé, à l’abri des vents froids, dans un sol ordinaire bien drainé.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à juin : tous les 7 à 10 jours ; de juillet à août : tous les 4 à 7 jours ; en septembre : tous les 7 à 10 jours Un manque d’eau en été fait tomber les boutons, mais un sol détrempé pourrit la souche : arroser copieusement, puis laisser sécher la surface.au pied d’un mur, la terre sèche plus vite qu’en plein jardin
Palissage, tuteurageUtile De début mai à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines Guider les jeunes pousses vers les vides du support évite qu’elles retombent en rideau ou s’enroulent les unes sur les autres.les vrilles s’accrochent seules à un grillage ou à des fils tendus
Taille de structureUtile De mi-mars à fin avril Elle fleurit sur les pousses de l’année : cette taille, faite une fois les fortes gelées passées, relance des tiges florifères et évite un enchevêtrement qui ne fleurit plus qu’au sommet.tiges latérales raccourcies à deux ou trois yeux de la charpente
RabattageUtile D’avril à maiDès que : quand l’hiver a gelé les tiges jusqu’au pied Des tiges brunes et cassantes au printemps ne signent pas la mort de la plante : la souche repart en mai ou juin et refleurit souvent dès la fin de l’été.couper au ras du sol, sans arracher la souche
Engrais à libération lenteUtile De début avril à mi-mai Trop d’azote donne une liane exubérante qui fleurit peu ; en pleine terre, un seul apport au printemps suffit.engrais pour plantes à fleurs, riche en potasse, pauvre en azote
Gourmands et rejetsUtile De mi-avril à fin septembreDès que : quand un rejet sort du sol autour du pied Elle drageonne volontiers jusqu’à 1 m du pied : supprimés jeunes, les rejets ne s’installent pas dans la plate-bande voisine.arracher le rejet avec son morceau de racine
FloraisonOptionnel De début juin à mi-octobre Elle fleurit jusqu’aux premiers froids, d’autant plus qu’elle est en plein soleil ; une place trop ombragée donne surtout des feuilles.chaque fleur ne dure qu’un jour, mais elles se succèdent sans relâche
Fructification, récolteOptionnel De mi-septembre à mi-novembre Ne cueillir que les fruits orange et mous : verts, ils contiennent des composés toxiques. Dans le Midi, les ramasser limite aussi les semis spontanés.fruits orange, comestibles bien mûrs mais fades
Protection des racinesEssentiel De début novembre à mi-décembre Les tiges gèlent vers -10 °C, mais une souche protégée survit à des froids plus vifs et repart au printemps : c’est elle qu’il faut sauver.paillis de 10 à 15 cm sur la souche