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Vivace · Plantaginacées

Penstémon Penstemon barbatus

Aussi appelé : Penstémon barbu, Beardlip penstemon

Le penstémon barbu est une vivace des montagnes sèches du sud-ouest des États-Unis et du Mexique, qui dresse de juin à août de longues grappes de fleurs tubulaires rouge écarlate au-dessus d’une rosette basse. En fleur, il atteint chez nous 60 cm à 1,2 m de haut pour 30 à 50 cm de large. Il réclame avant tout le plein soleil et une terre légère, caillouteuse ou sableuse, parfaitement drainée, même calcaire. Il convient aux massifs secs et aux rocailles ; c’est l’eau stagnante en hiver, bien plus que le froid, qui le fait pourrir.

Penstémon (Penstemon barbatus)
Photo : CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Plantaginacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-30 °C
Floraison
De juin à août
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 4 à 8 ; en sol sec, il supporte -30 °C, mais une terre détrempée en hiver le fait pourrir bien avant les grands froids.

Dimensions : De 60 cm à 1,2 m de hauteur en fleur, parfois 1,5 m en sol riche, sur 30 à 50 cm d’étalement ; hors floraison, sa rosette de feuilles dépasse à peine 15 cm.

Floraison : De juin à août, et jusqu’en septembre si l’on coupe les hampes défleuries, en longues grappes lâches de fleurs tubulaires d’environ 3 cm, rouge écarlate, dont la lèvre inférieure porte une barbe de poils dorés. Elles n’ont pas de parfum notable ; dans son pays d’origine, ce sont les colibris qui les pollinisent.

Substrat : Terre légère, sableuse ou caillouteuse, pauvre à moyennement riche et parfaitement drainée, au pH de 6 à 8 ; le calcaire lui convient.

Exposition : Plein soleil, indispensable à une floraison abondante ; il tolère une mi-ombre légère, mais y fleurit moins.

Arrosage : Tous les 8 à 10 jours par temps sec la première année ; installé, il se contente des pluies, avec un arrosage profond lors des longues sécheresses.

Durée de vie : Vivace de durée moyenne, vigoureuse 3 à 5 ans en général, plus longtemps en sol pauvre et bien drainé ; une division tous les 3 à 4 ans ou quelques semis spontanés assurent la relève.

Multiplication : Division de la touffe de mi-mars à fin avril, à la reprise de la végétation, ou bouturage de tiges non fleuries en été.

Arrosage & entretien

Arrosage : L’année de la plantation, arroser copieusement au pied tous les 8 à 10 jours par temps sec, de mai à août. Ensuite, un arrosage profond lors d’une longue sécheresse suffit ; jamais d’eau en automne ni en hiver, quand l’humidité fait pourrir le collet.

Fertilisation : Aucun engrais en pleine terre : un sol trop riche donne des hampes molles qui se couchent et abrège la vie de la plante. En pot, un engrais pour plantes fleuries à demi-dose, chaque mois de mai à juillet, suffit.

Rempotage : En pleine terre, il n’en a pas besoin : tous les 3 à 4 ans, diviser la touffe au printemps, à la reprise, pour la rajeunir. En pot, prévoir un contenant d’au moins 30 cm de profondeur, rempli de terreau mêlé d’un tiers de gravier, et le rempoter au printemps tous les 2 ans.

Taille : En juillet et août, couper chaque hampe défleurie à sa base, au-dessus de la rosette, pour obtenir une seconde floraison en fin d’été. Laisser les dernières hampes en place l’hiver, et ne les couper qu’en mars, quand les nouvelles pousses apparaissent au cœur de la rosette.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une floraison abondante et des hampes bien droites. À mi-ombre, il fleurit moins et ses tiges s’allongent en penchant vers la lumière.

Emplacement : Extérieur, en pleine terre, en massif sec, en rocaille ou au jardin de graviers, de préférence au sud ou à l’ouest. Dans les régions aux hivers pluvieux, le pied d’un mur exposé au sud, à l’abri des pluies battantes, lui convient le mieux.

Substrat : Terre légère, sableuse ou caillouteuse, pauvre à moyennement riche, sans apport de fumier. En terre argileuse, l’alléger largement de gravier et de sable grossier, ou le planter sur une butte pour que le collet ne baigne jamais.

pH : De 6 à 8 : il pousse aussi bien en sol neutre qu’en sol calcaire, et tolère un sol légèrement acide.

Drainage : Un drainage parfait est indispensable, car l’eau stagnante de l’hiver fait pourrir le collet et les racines, première cause de perte de la plante. Pailler le pied de gravier plutôt que d’écorce, qui garde l’humidité contre le collet.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : de mi-mars à fin avril, dehors, soulever la touffe à la fourche-bêche et la séparer à la bêche ou à la main en éclats gardant chacun une rosette et de bonnes racines. Replanter aussitôt dans un sol drainant, au même niveau, et arroser une fois pour tasser la terre. Simple et sûre, elle rajeunit aussi une plante qui s’épuise au bout de 3 à 5 ans. Le bouturage d’été réussit également bien.

Les autres méthodes

Bouturage : De juillet à août, couper des tiges non fleuries de 8 à 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable. Placer sous abri, à l’ombre légère, sous un voile ou une cloche aérée chaque jour. L’enracinement prend 3 à 5 semaines ; hiverner les godets sous châssis froid et planter au printemps.

Semis :

SemerEn février ou mars, sous abri à 15 à 18 °C, semer en surface et couvrir à peine d’une fine pellicule de terreau, après 4 semaines au réfrigérateur dans un sachet de sable humide, qui régularise la levée. Celle-ci prend 2 à 4 semaines. L’espèce se reproduit assez fidèlement, mais les variétés horticoles non.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent en partie elles-mêmes, avec l’aide des bourdons. Les capsules se récoltent d’août à octobre, quand elles brunissent et commencent à s’ouvrir au sommet ; couper la hampe et la secouer dans un sachet. Faute de colibris, ce sont les bourdons qui fécondent les fleurs en France. Séchées, les graines restent bonnes 2 à 3 ans au sec et au frais, et quelques hampes laissées en place donnent des semis spontanés.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines, en sol lourd ou trop arrosé, fait noircir la base des tiges et flétrir la plante entière ; elle ne se soigne pas, et il faut arracher le pied atteint pour replanter un sujet sain ailleurs, en sol drainé. L’oïdium couvre parfois les feuilles d’un feutrage blanc en fin d’été, sur les pieds serrés ou assoiffés. Couper les feuilles atteintes et les porter à la déchetterie suffit le plus souvent ; en recours, un fongicide à base de soufre portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».

Parasites fréquents : Au printemps, les limaces et les escargots dévorent les jeunes pousses et les rosettes, laissant des feuilles trouées et des traces brillantes. Les ramasser le soir après la pluie et favoriser hérissons, crapauds et carabes ; en recours, des granulés au phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Des pucerons colonisent parfois le haut des hampes : un jet d’eau les déloge, et les coccinelles et les syrphes les régulent.

Prévention : Un sol drainé et pauvre, sans engrais azoté, et un paillage de gravier plutôt que d’écorce préservent le collet. Espacer les pieds de 30 à 40 cm pour que l’air circule, et arroser au pied, jamais sur le feuillage.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité n’est connue : aucune intoxication n’est décrite chez l’homme, quelle que soit la partie de la plante.

Toxicité animaux : Aucune intoxication n’est rapportée chez le chien, le chat ou le cheval. Seule réserve, propre à l’Ouest américain : sur les sols très riches en sélénium, des penstémons sauvages accumulent cet élément, nocif pour le bétail qui les broute en quantité.

Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit, ni aucune irritation de la peau au contact. Mâché en quantité, il peut tout au plus causer chez l’animal, comme n’importe quelle plante, un trouble digestif léger et passager.

Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire ; comme pour toute plante d’ornement, apprendre aux jeunes enfants à ne pas en porter à la bouche.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les népétas, aux épis bleu lavande, fleurissent en même temps sur le même sol sec et ensoleillé, et leur bleu fait éclater le rouge de ses fleurs. La fétuque bleue, en coussins bleutés et persistants, partage son goût pour les sols drainés et habille le pied de ses hampes, peu feuillues. Le gaura, dont les fines fleurs blanches dansent jusqu’aux gelées, demande aussi peu d’eau que lui et adoucit la vivacité de son rouge.

Associations à éviter : Les hostas et les astilbes réclament une terre fraîche et des arrosages réguliers, qui feraient pourrir son collet. Les couvre-sols envahissants des sols secs, comme la corbeille d’argent, courent jusque sur sa rosette et l’étouffent.

Conseil : Le planter par groupes de 3 à 5 pieds espacés de 30 à 40 cm, devant une haie sombre ou des graminées blondes, où ses hampes rouges se détachent. En juillet, couper ses hampes défleuries et rabattre les népétas de moitié le même jour : les deux refleurissent ensemble en fin d’été.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Vivace installée à demeure en pleine terre, en plein soleil, dans un sol léger, pauvre à moyennement riche et parfaitement drainé, neutre à calcaire.

GesteQuandComment
RabattageUtile De début mars à mi-avril Couper les hampes sèches restées sur pied pendant l’hiver, sans blesser les jeunes pousses qui partent du cœur. Retirer en même temps les feuilles de la rosette abîmées par le froid.à la reprise, au ras de la rosette
Inspection parasitaireUtile De mi-mars à fin mai Au printemps, ils dévorent les jeunes pousses et les rosettes, surtout chez les plants de l’année et les éclats fraîchement divisés. Les ramasser à la main après la pluie ; en recours, des granulés au phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».limaces et escargots, à la tombée du jour
Division de touffeOptionnel De mi-mars à fin avril, tous les 3 ans Soulever la touffe à la reprise de la végétation et la séparer à la bêche, chaque éclat gardant de bonnes racines. Ce rajeunissement redonne de la vigueur à une plante qui s’épuise d’ordinaire au bout de 3 à 5 ans.éclats de plusieurs rosettes, replantés aussitôt
ArrosageEssentiel De mai à aoûtDès que : par temps sec la première année après la plantation, puis lors des longues sécheresses Ces arrosages aident les racines à s’installer avant les fortes chaleurs. Installé, il ne réclame plus qu’un arrosage profond lors d’une longue sécheresse, et jamais d’eau en automne ni en hiver, quand l’humidité fait pourrir le collet.copieux, au pied, tous les 8 à 10 jours la première année
FloraisonUtile De début juin à mi-septembre Les fleurs s’échelonnent le long de hampes lâches, leur lèvre inférieure garnie de la barbe de poils dorés qui a donné son nom à l’espèce. Une seconde vague, plus légère, suit en fin d’été si l’on coupe les hampes défleuries.fleurs tubulaires rouge écarlate d’environ 3 cm
Fleurs fanéesUtile De juillet à août Supprimer chaque hampe dès ses dernières fleurs tombées relance la floraison en fin d’été et évite à la plante de s’épuiser à grainer. Laisser mûrir 1 ou 2 hampes si l’on souhaite quelques semis spontanés.hampe entière, coupée à sa base au-dessus de la rosette
PaillageUtile De début octobre à mi-novembre Cette couche minérale garde le collet au sec pendant les pluies d’hiver, dont l’excès est sa première cause de perte. Vérifier chaque automne qu’elle entoure bien la rosette, et la compléter au besoin.3 à 5 cm de gravier, jamais d’écorce contre le collet