Plante d’intérieur · Lauracées
Avocatier Persea americana
Aussi appelé : Avocado
L’avocatier est un arbre des régions chaudes du Mexique et d’Amérique centrale, qui atteint 10 à 15 m en verger. Chez nous, on le cultive surtout en pot à partir d’un noyau germé, et des tailles régulières le maintiennent à 1,50 à 2,50 m. Il demande le plein soleil, un substrat léger et très drainant, et des arrosages réguliers mais sans excès, car ses racines craignent l’asphyxie. Il convient à qui peut le rentrer hors gel l’hiver ; un noyau germé ne donnera pas de fruits, seul un arbre greffé en produit.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Lauracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -2 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 9 à 10 selon les races, environ -2 °C pour les variétés antillaises et jusqu'à -6 °C pour les mexicaines ; à hiverner hors gel en France.
Dimensions : 10 à 15 mètres en verger, 1,50 à 2,50 mètres en pot avec des tailles régulières.
Floraison : Au printemps, sur un sujet âgé, de petites panicules de fleurs vert jaunâtre peu décoratives ; un avocatier en pot fleurit rarement en appartement. Les feuilles sont toxiques pour les animaux.
Substrat : sol profond, léger et très drainant, pH de 6 à 7.
Exposition : plein soleil, 6 heures et plus, à l'abri du vent froid.
Arrosage : régulier mais sans excès, l'avocatier étant extrêmement sensible à l'asphyxie racinaire.
Durée de vie : Arbre vivace, 50 à 100 ans en verger. Un noyau germé en appartement dépasse rarement 10 à 15 ans et ne fructifie pas.
Multiplication : Germination du noyau dans l’eau ou en terreau, à l’intérieur au printemps ; seul un arbre greffé donne des fruits.
Arrosage & entretien
Arrosage : tous les 5 à 7 jours en été, tous les 15 jours en hiver, en laissant sécher les premiers centimètres. C'est la plante qui pardonne le moins un arrosage de trop.
Fertilisation : engrais agrumes ou plantes fruitières tous les 15 jours d'avril à septembre, avec un apport en fer, l'avocatier se chlorosant facilement.
Rempotage : chaque année sur un jeune sujet, tous les 2 ans ensuite, au printemps, dans un pot profond, la racine pivotante descendant vite.
Taille : étêter à 30 centimètres un jeune plant issu de noyau pour le faire ramifier, sinon il monte en tige unique. Ensuite, tailler en mars pour contenir la hauteur.
Exposition & substrat
Exposition : plein soleil, 6 à 8 heures. En intérieur, la lumière est presque toujours le facteur limitant et la plante s'étiole.
Emplacement : dehors de mai à octobre, hiverné en véranda claire au-dessus de 5 °C. En intérieur permanent, une baie plein sud est un minimum.
Substrat : terreau, terre franche et sable grossier à parts égales, très aéré.
pH : de 6 à 7, il supporte mal le calcaire actif qui provoque une chlorose tenace.
Drainage : le point critique de la culture. Les racines de l'avocatier meurent en quelques jours dans un substrat saturé, et la plante décline ensuite sans qu'on comprenne pourquoi.
Multiplication
Semis : toute l’année à l’intérieur, au mieux au printemps : nettoyer le noyau, le piquer de 3 cure-dents et le poser sur un verre d’eau, base large immergée de 2 cm, ou l’enterrer aux deux tiers dans un terreau léger, pointe dehors. À 20 à 25 °C, il se fend puis émet une racine en 3 à 8 semaines. Le semis ne reproduit pas fidèlement la variété du fruit. La germination d’un noyau : très facile, elle donne une belle plante verte. L’arbre obtenu ne fructifie pas en pot ; pour récolter des fruits, il faut un avocatier greffé.
Récolter les grainesPas de graines en culture : la graine est simplement le noyau d’un avocat mûr acheté, puisqu’un avocatier en pot fleurit rarement en appartement et n’y fructifie pas ; en verger, les insectes assurent la fécondation, et un pied de l’autre type de floraison améliore la récolte sans être indispensable. Le noyau se plante frais, dans les jours qui suivent : il ne supporte pas de sécher et ne se conserve pas. Il ne reproduit pas la variété du fruit, et seul un arbre greffé en donne de semblables.
Les autres méthodes
Bouturage : Se bouture très mal : les tiges ne s’enracinent presque jamais chez un amateur, même avec une hormone de bouturage. On y renonce.
Division et autres méthodes : La greffe en fente ou en écusson sur un jeune semis, au printemps, est l’affaire des pépiniéristes : c’est elle qui donne des arbres fructifères. Pas de division possible, la plante formant un tronc unique.
Maladies & parasites
Maladies courantes : la pourriture racinaire à phytophthora est la maladie majeure de l'espèce, elle provoque un jaunissement général, une chute des feuilles et un dépérissement progressif, sans remède une fois installée. Un substrat drainant et des arrosages mesurés sont la seule vraie protection. La chlorose ferrique jaunit le limbe entre les nervures en sol calcaire ou avec une eau dure.
Parasites fréquents : araignée rouge sous les feuilles dans l'air sec d'un hivernage chauffé. Cochenilles farineuses aux aisselles, thrips qui bronzent le limbe.
Prévention : ne jamais laisser d'eau dans la soucoupe, arroser à l'eau non calcaire et brumiser pendant l'hivernage. Un pot en terre cuite aide à évacuer l'excès d'humidité.
Toxicité
Toxicité humaine : le fruit est comestible et sans danger ; les feuilles, l'écorce et le noyau contiennent de la persine, à ne pas consommer. Le noyau n'a aucune vertu et ne se mange pas.
Toxicité animaux : la persine est très toxique pour les oiseaux, les lapins, les rongeurs, les chèvres et les chevaux, chez qui elle provoque des atteintes cardiaques parfois mortelles. Le chien et le chat y sont peu sensibles, mais le noyau entier avalé cause des occlusions intestinales graves.
Symptômes : chez les espèces sensibles, détresse respiratoire, œdème et mort subite ; chez le chien, vomissements et signes d'occlusion si le noyau a été avalé.
Précautions : ne jamais donner d'avocat, de peau ni de feuilles à un oiseau ou à un lapin, même en très petite quantité. Jeter les noyaux dans un composteur fermé, hors de portée du chien.
Associations de plantes
Bonnes associations : en pot, les agrumes partagent ses besoins de lumière, de drainage et d'hivernage, et se traitent de la même façon. Le basilic et les capucines en potées voisines détournent une partie des ravageurs. En verger tropical, les légumineuses de couverture enrichissent son sol.
Associations à éviter : ne rien planter dans le pot de l'avocatier, dont les racines superficielles souffrent de toute concurrence et de tout binage. Les plantes gourmandes en eau, dont les arrosages seraient fatals. Éviter le voisinage direct d'espèces sensibles au phytophthora.
Conseil : ne pas attendre de fruits d'un plant issu de noyau, qui fructifie rarement avant 10 ans et jamais en pot sous nos climats. C'est un beau feuillage, et le prendre pour tel évite bien des déceptions.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pot d'un sujet souvent issu d'un noyau, en intérieur très lumineux l'hiver et sur une terrasse abritée l'été. Arbre gélif sous nos climats, qui ne fructifie pratiquement jamais en pot et se conduit comme une plante de feuillage.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 4 à 7 jours ; d’octobre à mars : tous les 10 à 15 jours | Arroser dès que les deux premiers centimètres du substrat sont secs, en mouillant toute la motte puis en laissant bien égoutter. Les racines charnues détestent autant la sécheresse complète que l'excès d'eau, qui fait brunir puis tomber les feuilles. |
| Engrais liquide | De début avril à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Nourrir uniquement pendant la croissance, toujours sur un substrat déjà humide. Un feuillage jaune entre des nervures restées vertes signale une chlorose, fréquente en eau calcaire et corrigée par un apport de fer. |
| Inspection parasitaire | De mi-octobre à mi-avril : toutes les 1 à 2 semaines ; de mi-avril à mi-octobre : toutes les 3 à 4 semaines | Les araignées rouges prolifèrent dans l'air sec du chauffage et couvrent le feuillage de fines piqûres claires. Chercher aussi les cochenilles farineuses aux aisselles et le long des nervures principales. |
| Dépoussiérage du feuillage | De janvier à décembre : toutes les 3 à 5 semaines | Essuyer les grandes feuilles, que la poussière ternit vite en appartement. C'est aussi l'occasion de repérer les premiers parasites sous le limbe. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Cet arbre est particulièrement sensible au pourridié des racines, qui se déclare sur un substrat détrempé. Un feuillage qui jaunit et se flétrit malgré une terre humide trahit ce problème. |
| Taille de structure | De mars à avril | Rabattre la tige unique à 30 cm la première année, puis raccourcir chaque printemps les pousses de moitié. Sans cette taille, la plante file en une longue baguette nue qui casse sous son propre poids. |
| Rempotage | De mi-mars à mi-mai, tous les 2 ans | Rempoter avant la reprise dans un contenant nettement plus haut que large, la racine pivotante plongeant très vite. Manipuler la motte sans démêler les racines, qui supportent mal d'être cassées. |
| Sortie au printemps | De début mai à mi-juin | Un été passé dehors épaissit nettement le tronc et donne un feuillage plus dense. Les grandes feuilles se déchirent et se dessèchent au moindre vent fort. |
| Acclimatation à la lumière | De mai à juin | Augmenter la part de soleil direct par paliers, sur une quinzaine de jours. Un passage brutal au plein soleil brûle les grandes feuilles en larges plages brunes définitives. |
| Rentrée à l'automne | De mi-septembre à fin octobre | Rentrer avant les premiers froids, un gel léger suffisant à détruire toute la ramure. Installer la plante loin d'un radiateur, dont l'air sec brunit aussitôt le bord des feuilles. |