Arbuste · Hydrangéacées
Seringat Philadelphus coronarius
Aussi appelé : Seringa, Jasmin des poètes, Faux jasmin, Philadelphe, Mock orange
Le seringat est un arbuste d’Europe du Sud et du Caucase, cultivé depuis des siècles pour ses fleurs blanc crème au parfum puissant de fleur d’oranger. Il forme une touffe évasée de 2 à 3 m de haut, aux rameaux arqués, qui atteint sa taille adulte en 6 à 8 ans. Peu regardant sur le sol, il demande surtout du soleil pour fleurir en abondance, de la fin mai à la fin juin. Il supporte -30 °C et ne craint qu’une terre noyée l’hiver ; sans le renouvellement annuel d’un tiers de ses vieilles branches, il s’épuise et fleurit moins.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Hydrangéacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mai à juin
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4 à 8, il supporte -30 °C sans la moindre protection. Aucun voile d’hivernage n’est utile en France métropolitaine, y compris en montagne.
Dimensions : 2 à 3 m de haut pour 2 à 2,5 m d’étalement à maturité, en touffe évasée aux rameaux arqués. Il atteint sa taille adulte en 6 à 8 ans.
Floraison : De la fin mai à fin juin, pendant 2 à 3 semaines, en fleurs blanc crème à cœur jaune au parfum puissant de fleur d’oranger.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, même caillouteuse, améliorée d’un compost à la plantation. La nature du sol lui importe peu pourvu qu’il ne soit pas noyé l’hiver.
Exposition : Plein soleil pour une floraison dense et parfumée. La mi-ombre est acceptée, au prix de nettement moins de fleurs.
Arrosage : 10 à 15 L tous les 7 à 14 jours de mai à septembre les deux premières années. Ensuite, rien en dehors d’une sécheresse durable.
Durée de vie : Arbuste vivace de 30 à 50 ans. Sa longévité tient au renouvellement du bois, un tiers des vieilles branches coupées à la base chaque année.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées défleuries de mi-juin à fin juillet, à l’étouffée et à l’ombre ; reprise en un mois environ.
Arrosage & entretien
Arrosage : De mai à septembre, un arrosage copieux au pied tous les 7 à 14 jours pendant les deux premières années, puis plus rien hors sécheresse durable. Mieux vaut 15 L d’un seul coup qu’un filet d’eau chaque soir, qui garde les racines en surface.
Fertilisation : Deux ou trois poignées de compost mûr griffées au pied en mars couvrent l’année entière. Un engrais azoté ferait de la pousse tendre et retarderait la floraison.
Rempotage : Sa vigueur le destine à la pleine terre ; en bac de 60 L minimum, surfacer chaque printemps et rempoter tous les 3 ans en fin d’hiver.
Taille : De la mi-juin à la mi-juillet, juste après la floraison : rameaux défleuris coupés au-dessus d’une jeune pousse, et un tiers du vieux bois rabattu à la base. Tailler en fin d’hiver supprimerait toutes les fleurs, déjà formées sur le bois de l’année précédente.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au minimum. À mi-ombre il pousse très bien, mais fleurit chichement et le parfum s’en ressent.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en isolé, en fond de massif ou en haie libre. Une exposition sud ou ouest, près d’une terrasse ou sous une fenêtre que l’on ouvre en juin.
Substrat : Terre de jardin profonde et ordinaire, sans préparation particulière. Un sol trop riche donne du bois tendre et peu de boutons.
pH : De 6,5 à 8, du neutre au franchement calcaire, qu’il supporte sans jaunir.
Drainage : Correct, et surtout sans eau stagnante en hiver. En terre lourde, le planter sur une légère butte et ameublir le fond du trou.
Multiplication
Bouturage : de mi-juin à fin juillet, prélever sur les tiges défleuries des segments semi-aoûtés de 15 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable. Placer sous abri ou sous une cloche, à l’étouffée, à l’ombre et au frais ; l’enracinement demande un mois. Des boutures ligneuses de 20 cm prennent aussi en novembre et décembre, piquées dehors en sol léger, et s’enracinent au printemps. La reprise est facile. Les cultivars se multiplient de la même façon, le semis ne les reproduisant pas.
Les autres méthodes
Semis :
SemerAu printemps, sous abri à 15 à 18 °C, semer les graines très fines en surface, à la lumière, en gardant humide ; la levée prend 2 à 4 semaines. L’espèce se reproduit fidèlement, les cultivars non, et la floraison attend 3 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs simples se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Les capsules se récoltent en octobre, quand elles sont brunes et commencent à s’ouvrir sur une graine très fine ; les fleurs simples en donnent beaucoup, les doubles presque pas. Séchées, les graines se gardent environ un an au sec et au frais. Les semis d’un cultivar étant variables, seule l’espèce vaut la peine d’être récoltée.
Division et autres méthodes : Les rejets qui sortent au pied se détachent à la bêche avec leurs racines entre novembre et mars, hors gel, et se replantent aussitôt. Le marcottage simple d’une branche basse au printemps donne aussi un pied enraciné en un an.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre le feuillage d’un feutrage blanc en fin d’été, surtout sur les sujets touffus et abrités du vent. Éclaircir la touffe pour faire circuler l’air et ramasser les feuilles atteintes suffit le plus souvent. Une chlorose reste possible en sol très calcaire et sec, à corriger par le paillage plutôt que par un engrais.
Parasites fréquents : Les pucerons noirs colonisent les jeunes pousses en avril et mai, en amas serrés à l’extrémité des rameaux. Un jet d’eau fort en vient à bout si l’on intervient dès les premières colonies, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». L’otiorhynque, qui découpe des encoches en demi-lune sur le bord des feuilles, reste anecdotique sur cette espèce.
Prévention : Le renouvellement annuel du bois règle l’essentiel, une touffe aérée sèche vite après la pluie. Pailler le pied et arroser au sol, jamais sur le feuillage.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité documentée. Le seringat ne figure sur aucune liste officielle de plantes toxiques, ni pour les feuilles, ni pour les fleurs, ni pour les capsules sèches, sans être pour autant une plante comestible.
Toxicité animaux : Le genre Philadelphus n’est répertorié comme toxique ni pour le chien, ni pour le chat, ni pour le cheval, et aucun cas d’intoxication n’est décrit. L’ASPCA ne le classe pas, faute de signalement, ce qui n’est pas la même chose qu’un danger identifié.
Symptômes : Rien n’est attendu. Une ingestion massive de feuillage peut donner un trouble digestif passager, comme tout végétal non alimentaire, et la taille ne provoque pas de réaction cutanée.
Précautions : Aucune précaution particulière. Ne pas confondre ce faux jasmin avec le jasmin de Caroline (Gelsemium sempervirens), une grimpante à fleurs jaunes, celle-là réellement et gravement toxique.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les rosiers anciens et arbustifs demandent le même soleil et le même sol, et fleurissent au même moment que lui. Une clématite viticella lancée dans sa charpente prend le relais en juillet et août, quand le seringat n’est plus que feuillage. Au pied, géraniums vivaces et népétas habillent la base qui se dégarnit avec l’âge.
Associations à éviter : Rhododendrons, azalées et camélias réclament une terre de bruyère acide et constamment fraîche, soit l’inverse de ce qui lui convient. Bouleaux et érables, aux racines traçantes et superficielles, lui prennent l’eau et le laissent chétif. Lierre et renouée qui montent dans la charpente rendent la taille annuelle impraticable.
Conseil : Le parfum ne dure que 2 à 3 semaines par an : le planter à moins de 5 m d’une fenêtre ou d’un banc, sinon la floraison passe sans que personne en profite. Compter 2,5 m entre deux sujets en haie libre.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet en pleine terre au jardin, en isolé ou en haie libre, au soleil ou à mi-ombre, dans une terre ordinaire qui ne reste pas gorgée d’eau l’hiver.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à septembre : tous les 7 à 14 jours | Arroser copieusement au pied plutôt qu’un peu chaque jour, pour que les racines descendent. Un sujet installé depuis 3 ans passe l’été sans rien. |
| Inspection parasitaire | De début avril à mi-juin : tous les 10 à 15 jours | Retourner quelques feuilles à l’extrémité des rameaux au printemps, c’est là que les colonies s’installent avant la floraison. Un jet d’eau fort suffit si l’on intervient tôt. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De mi-février à mi-mars | Supprimer en fin d’hiver les branches mortes, cassées ou trop grêles, au ras de la souche. La vraie taille attend juin, car les fleurs sont déjà formées sur le bois de l’année précédente. |
| Rabattage | De mi-février à mi-mars, tous les 5 ans | Sur un vieux sujet réduit à un buisson de bois nu qui ne fleurit plus qu’en haut, rabattre l’ensemble à 30 cm du sol en fin d’hiver. Il repart de souche et refleurit la deuxième ou la troisième année. |
| Compost, amendement | En mars | Griffer deux ou trois poignées de compost mûr en surface au débourrement. C’est le seul apport dont il ait besoin dans l’année. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Étaler le paillis sur un sol déjà réchauffé et humide, avant les premières chaleurs. Il garde la fraîcheur au pied et évite tout désherbage sous les rameaux arqués. |
| Floraison | De mi-mai à fin juin | Floraison blanche et courte, 2 à 3 semaines, sur les rameaux poussés l’année précédente. C’est sa fin qui donne la date de la taille. |
| Taille après floraison | De mi-juin à fin juillet | Couper les rameaux défleuris juste au-dessus d’une jeune pousse et rabattre au sol un tiers du vieux bois, le plus sombre et le plus ramifié. Passé juillet, on coupe les fleurs de l’an prochain. |
| Bouturage | De mi-juin à fin juillet | Repiquer à l’étouffée des segments de 15 cm prélevés sur les tiges défleuries, à l’ombre et au frais. L’enracinement demande un mois et la reprise est facile. |