Plante d’intérieur · Polypodiacées
Fougère bleue Phlebodium aureum
Aussi appelé : Polypode doré, Phlébodium, Blue star fern
Le Phlebodium aureum est une fougère épiphyte d’Amérique tropicale, reconnaissable à ses grandes frondes découpées d’un vert bleuté et à son rhizome rampant couvert d’écailles dorées. En pot, elle forme une touffe de 50 à 70 cm de haut pour 60 à 90 cm de large. Elle demande une lumière vive tamisée, un mélange très aéré d’écorce, de fibre de coco et de perlite, et une eau douce dès que les 2 premiers centimètres ont séché. Elle gèle sous 5 °C, et son rhizome, qui pourrit une fois enterré, doit rester posé en surface.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Polypodiacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 5 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 9b à 11 : il supporte brièvement 5 °C mais gèle en dessous, et se cultive en intérieur partout en France.
Dimensions : 50 à 70 cm de hauteur pour 60 à 90 cm d’étalement, les frondes partant d’un rhizome rampant couvert d’écailles dorées.
Floraison : aucune : fougère, elle se reproduit par spores, regroupées en points orangés au revers des frondes.
Substrat : Mélange très aéré pour épiphytes : écorce de pin, fibre de coco et perlite, avec peu de terreau.
Exposition : Lumière vive tamisée ; il tolère quelques heures de soleil doux du matin, jamais celui de l’après-midi.
Arrosage : Une fois par semaine en été, en laissant sécher les deux premiers centimètres, à l’eau douce et sans jamais enterrer le rhizome.
Durée de vie : Fougère vivace à rhizome, 10 à 20 ans. Le rhizome rampant se divise pour multiplier la plante.
Multiplication : Division du rhizome en avril et mai, au rempotage, en gardant les éclats au chaud et humides quelques semaines.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 7 jours d’avril à septembre, tous les 12 à 15 jours en hiver, quand les deux premiers centimètres du substrat sont secs. Il pardonne un oubli bien mieux qu’un excès : c’est la fougère d’intérieur la plus tolérante à l’air sec.
Fertilisation : Engrais pour plantes vertes dilué au quart, une fois par mois d’avril à septembre. Ses racines épiphytes sont très sensibles aux sels minéraux.
Rempotage : Tous les 2 à 3 ans au printemps, dans un pot large et peu profond, en laissant le rhizome courir à la surface sans jamais le recouvrir.
Taille : Aucune taille, seulement le retrait des frondes jaunies coupées à leur base, sur le rhizome.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive indirecte, avec au plus 2 heures de soleil doux le matin ; en plein soleil, le bleu caractéristique du feuillage vire au vert pâle.
Emplacement : Intérieur toute l’année, près d’une fenêtre à l’est ou en retrait d’une fenêtre au sud ; il apprécie une sortie à l’ombre d’un arbre de juin à septembre.
Substrat : Épiphyte : moitié écorce de pin fine, un quart de fibre de coco, un quart de perlite. Un terreau ordinaire seul l’asphyxie.
pH : Entre 5,5 et 6,5, acide à légèrement acide.
Drainage : Drainage parfait indispensable. Le rhizome enterré ou maintenu humide pourrit, et c’est la première cause d’échec avec cette fougère, avant même l’excès d’arrosage.
Multiplication
Division : en avril ou mai, dépoter la plante et couper net le rhizome au couteau désinfecté en tronçons portant chacun 2 ou 3 frondes et des racines. Les reposer à plat sur un mélange d’écorce, de fibre de coco et de perlite, sans enterrer le rhizome. Garder les éclats au chaud, vers 20 à 22 °C, et humides quelques semaines, le temps que de nouvelles racines s’ancrent. La division du rhizome : simple et sûre si les éclats restent au chaud et à l’humidité. Ses cultivars, comme ‘Blue Star’, se multiplient de la même façon.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : une fronde coupée ne forme pas de racines. On multiplie la fougère par son rhizome.
Semis :
SemerPas de graines, mais des spores, qu’un amateur patient peut semer : récolter une fronde aux points orangés, laisser tomber les spores sur papier, puis les poudrer en surface d’un terreau stérilisé, sous cloche, vers 20 à 22 °C, à la lumière vive tamisée. Une mousse verte apparaît en un mois, mais les jeunes fougères demandent plusieurs mois. Les spores reproduisent l’espèce, pas toujours les cultivars.
Récolter les grainesPas de graines en culture : c’est une fougère, elle se reproduit par spores, mûres quand les points orangés au revers des frondes sont bien gonflés et dorés, avant qu’ils ne brunissent en se vidant, ce qui se vérifie en posant la fronde sur un papier blanc pendant une nuit. Les spores se gardent quelques mois à un an dans une enveloppe de papier, au sec et au frais. La fécondation a lieu plus tard, sur la mousse verte, d’où la nécessité de la garder humide sous la cloche.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Pourriture du rhizome, reconnaissable à un ramollissement brun de la partie rampante, causée par un substrat trop fin, trop humide ou recouvrant le rhizome. Il n’y a pas de traitement : on prélève une portion saine du rhizome et on repart dessus.
Parasites fréquents : Cochenilles farineuses et cochenilles à bouclier au revers des frondes et sur le rhizome, à retirer au coton imbibé d’alcool à 70°. Les araignées rouges restent rares chez lui, l’espèce supportant un air moins humide que les autres fougères.
Prévention : Rempotez dans un mélange grossier, laissez le rhizome à l’air libre et arrosez seulement quand la surface est sèche. Un examen mensuel du revers des frondes suffit à prendre les cochenilles au début.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, la plante n’est pas répertoriée parmi les végétaux dangereux et son rhizome est même utilisé en phytothérapie traditionnelle.
Toxicité animaux : Non répertoriée comme toxique pour le chien et le chat ; les fougères de la famille des Polypodiaceae sont considérées comme sans danger, à la différence de la fougère aigle des sous-bois.
Symptômes : Une ingestion importante peut entraîner des vomissements ou des selles molles passagers, sans gravité.
Précautions : Aucune précaution particulière, sinon de ne pas confondre cette fougère cultivée avec une fougère sauvage récoltée dehors, dont plusieurs sont réellement toxiques.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les épiphytes de même culture, Platycerium et Tillandsia, partagent son substrat aéré et son arrosage espacé. Un Philodendron ou un Epipremnum grimpant complète bien la scène en occupant la hauteur, là où ses frondes s’étalent à l’horizontale.
Associations à éviter : Calathea et Maranta, qui exigent un substrat constamment frais, obligeraient à des arrosages qui feraient pourrir son rhizome. Les cactées, à l’inverse, réclament un plein soleil qui décolorerait son feuillage bleuté.
Conseil : Plantez-le dans un pot large et bas, ou montez-le sur une plaque d’écorce comme un Platycerium : le rhizome court alors librement et prend toute son ampleur, ce qui est le meilleur du spectacle chez cette fougère.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Fougère épiphyte tropicale cultivée en pot à l’intérieur toute l’année, en pièce chauffée et lumineuse sans soleil direct, dans un substrat très aéré maintenu frais, avec un rhizome charnu courant en surface.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 4 à 7 jours ; d’octobre à mars : tous les 8 à 12 jours | Arroser dès que la surface devient sèche au toucher, sans jamais laisser la motte se dessécher à cœur. Le rhizame doré qui court en surface pourrit s’il reste constamment détrempé et ne doit surtout pas être enterré. |
| Brumisation | De début avril à mi-octobre : tous les 2 à 4 jours ; de mi-octobre à fin mars : tous les 1 à 2 jours | L’air asséché par le chauffage brunit le bord des frondes et fait avorter les jeunes crosses. Cette fougère tolère mieux l’air sec que la plupart de ses parentes, mais un plateau de billes d’argile humides lui profite toujours. |
| Engrais liquide | D’avril à septembre : toutes les 3 à 4 semaines | Les fougères brûlent facilement aux doses courantes et valent mieux être sous-alimentées. Aucun apport d’octobre à mars, quand la croissance s’arrête faute de lumière. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De janvier à décembre : toutes les 4 à 6 semaines | Les frondes les plus anciennes jaunissent naturellement et leur retrait met en valeur les nouvelles. Ne jamais entamer le rhizome lui-même, qui porte toute la croissance à venir. |
| Inspection parasitaire | D’avril à septembre : toutes les 2 à 3 semaines ; d’octobre à mars : toutes les 1 à 2 semaines | Ne pas confondre les parasites avec les sores, petits amas ronds et réguliers de spores qui sont naturels au revers du limbe. Retirer les cochenilles une à une au coton imbibé d’alcool, les pulvérisations abîmant le limbe tendre. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Cette épiphyte pousse à l’état naturel accrochée aux troncs et ne supporte pas des racines noyées. Poser le pot sur des billes d’argile garde l’air humide sans que la motte trempe. |
| Rempotage | De début avril à mi-juin, tous les 2 ans | Rempoter au retour de la chaleur, quand le rhizome atteint le bord du pot. Poser simplement le rhizome sur le substrat sans le recouvrir, c’est la faute la plus fréquente avec cette espèce. |
| Division de touffe | De début avril à mi-juin, tous les 3 ans | Diviser à l’occasion du rempotage, en coupant net au couteau désinfecté. Maintenir les éclats bien chauds et humides quelques semaines, le temps que de nouvelles racines s’ancrent. |
| Déplacement saisonnier | D’octobre à novembre | Un souffle d’air brûlant dessèche le bord des frondes en quelques jours et un coup de froid les fait noircir. Rapprocher la plante de la fenêtre pendant les mois sombres, en la gardant à l’abri du soleil direct. |
Cultivars connus
Phlebodium aureum 'Blue Star'. Leur entretien est celui de l’espèce, sauf mention contraire dans les conseils ci-dessus.