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Arbuste · Lamiacées

Sauge de Jérusalem Phlomis fruticosa

Aussi appelé : Phlomis frutescent, Phlomis arbustif, Jerusalem sage

La sauge de Jérusalem est un arbrisseau persistant du bassin méditerranéen, au feuillage gris-vert feutré, qui n’a de sauge que l’allure. Elle forme un buisson arrondi de 80 cm à 1,2 m de haut, plus large que haut, couvert de la mi-mai à juillet de couronnes de fleurs jaune d’or très visitées par les bourdons. Elle demande le plein soleil et une terre pauvre, caillouteuse et drainante, calcaire compris, et se passe d’arrosage dès le deuxième été. Elle supporte environ -15 °C au sec, beaucoup moins dans un sol détrempé l’hiver.

Sauge de Jérusalem (Phlomis fruticosa)
Photo : Jean-Pol GRANDMONT, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Lamiacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-15 °C
Floraison
De mai à juillet
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 7 à 9 : un sujet installé supporte environ -15 °C dans une terre sèche et drainante, beaucoup moins dans un sol détrempé l’hiver.

Dimensions : 80 cm à 1,2 m de haut pour 1 à 1,5 m d’étalement, en buisson arrondi plus large que haut.

Floraison : De la mi-mai à juillet, fleurs jaune d’or en forme de casque, réunies en couronnes étagées le long des tiges et très visitées par les abeilles et les bourdons.

Substrat : Sol pauvre, caillouteux ou sableux, très drainant, au pH de 6,5 à 8,5 : le calcaire lui convient très bien.

Exposition : Plein soleil, au plus chaud du jardin ; à mi-ombre, ses tiges s’allongent et il fleurit peu.

Arrosage : 10 litres environ au pied tous les 10 à 15 jours de juin à août, le premier été seulement ; ensuite, plus aucun arrosage, car il résiste à la sécheresse une fois installé.

Durée de vie : Arbrisseau vivace et persistant, qui vit souvent plus de 20 ans dans un sol drainant s’il est taillé légèrement chaque été.

Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées en juillet et août, sous abri à l’ombre légère, ou semis au printemps sous abri.

Arrosage & entretien

Arrosage : Le premier été, verser 10 litres environ au pied tous les 10 à 15 jours de juin à août, lentement, pour que l’eau descende en profondeur. Ensuite, ne plus l’arroser : la pluie lui suffit, et l’eau en été le rend mou et sensible à la pourriture du collet.

Fertilisation : Aucun engrais : il fleurit mieux et reste plus compact dans une terre pauvre. Une fumure lui fait pousser des tiges longues et tendres, qui s’affaissent et gèlent plus facilement.

Rempotage : En pleine terre, il se plante au printemps dans la moitié nord et en automne dans le Midi, puis reste en place. En pot, il demande un grand contenant percé, garni de terreau mêlé de gravier, rafraîchi en surface chaque printemps et renouvelé tous les 3 ans.

Taille : De la mi-juillet à la fin août, après la floraison, raccourcir d’un tiers les tiges défleuries pour garder une touffe dense, sans jamais couper dans le vieux bois dégarni, qui repart mal. Ôter fin mars ou en avril les rameaux gelés, et tailler avec des gants et, par temps sec, un masque, car le duvet des feuilles irrite la gorge et les yeux.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une floraison abondante et un feuillage bien gris. À mi-ombre, ses tiges s’allongent, son feuillage verdit et les fleurs se font rares.

Emplacement : Dehors, en pleine terre, en massif sec, en rocaille, en talus ou en bordure de terrasse, de préférence face au sud ou à l’ouest. Il résiste bien au vent et convient aux jardins du bord de mer ; dans la moitié nord, l’abri d’un mur chaud lui est précieux.

Substrat : Une terre pauvre, caillouteuse ou sableuse, même sèche et calcaire, lui convient le mieux. Un sol argileux et riche qui reste humide l’hiver lui est souvent fatal.

pH : De 6,5 à 8,5, du légèrement acide au franchement calcaire. Le calcaire ne lui pose aucun problème, contrairement à l’excès d’eau.

Drainage : Indispensable : l’eau stagnante en hiver fait pourrir ses racines bien plus sûrement que le froid. En terre lourde, le planter sur une butte et mêler à la terre un tiers de gravier.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : en juillet et août, prélever des pousses non fleuries semi-aoûtées de 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable. Les garder à l’ombre légère, sous un voile ou une bouteille coupée, sans excès d’eau. Elles s’enracinent en 4 à 6 semaines, passent l’hiver à l’abri et se plantent au printemps suivant. La reprise est bonne et reproduit fidèlement la plante. Le marcottage d’une branche basse est encore plus simple.

Les autres méthodes

Semis :

SemerAu printemps, de mars à avril, sous abri à 15 à 18 °C, en couvrant les graines de 2 mm de terreau sableux ; la levée prend 2 à 4 semaines. Repiquer en godets et planter dehors à l’automne ou au printemps suivant. L’espèce se reproduit fidèlement par semis.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des bourdons et des abeilles. Les graines se récoltent d’août à octobre, quand les couronnes de calices sont sèches et brunes, en secouant les tiges coupées dans un sachet. Séchées, les graines se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais.

Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps, dehors : courber une branche basse vers le sol, l’inciser légèrement, l’enterrer sur 5 cm et la maintenir par un crochet. La sevrer et la replanter à l’automne ou au printemps suivant, une fois bien racinée.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Le phlomis est rarement malade, sauf en sol lourd ou trop arrosé, où la pourriture des racines et du collet fait flétrir puis sécher des pans entiers de la touffe, sans remède une fois déclarée. En Corse et sur le littoral méditerranéen, un dessèchement de rameaux sans cause apparente peut signaler Xylella fastidiosa, une bactérie réglementée dont il est une plante hôte. Dans ce cas, ne rien traiter et le signaler à la FREDON ou au service régional de l’alimentation de la DRAAF.

Parasites fréquents : Son feuillage laineux et aromatique décourage la plupart des ravageurs. Des cicadelles piquent parfois le dessus des feuilles, qui se couvrent de petites taches pâles. Ces dégâts restent esthétiques et ne demandent aucun traitement.

Prévention : Planter dans une terre très drainante, au plus ensoleillé, et cesser d’arroser après le premier été : l’excès d’eau le tue bien plus souvent qu’un parasite. Une taille légère chaque été garde la touffe aérée, et des outils nettoyés entre deux arbustes évitent de transporter une maladie de l’un à l’autre.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, pour aucune partie de l’arbrisseau. Le fin duvet qui couvre ses feuilles et ses tiges peut toutefois irriter le nez, la gorge et les yeux pendant une taille par temps sec.

Toxicité animaux : Aucune toxicité connue pour les chiens, les chats ou les chevaux.

Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit. Au contact du duvet, les personnes sensibles peuvent éternuer, tousser ou avoir les yeux qui piquent, de façon passagère.

Précautions : Tailler avec des gants, des manches longues et un masque, ou après une pluie, quand le duvet s’envole moins. Aucune autre précaution n’est nécessaire.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les népétas et Salvia nemorosa, aux fleurs bleu violacé, aiment le même sol sec et font un contraste franc avec ses fleurs jaunes. La santoline et la germandrée arbustive composent avec lui un massif persistant au feuillage gris argenté, qui se passe d’arrosage. La stipe géante, aux épis dorés, allège sa silhouette ronde et prolonge l’effet du massif jusqu’en automne.

Associations à éviter : Les vivaces de sol frais, comme les phlox paniculés, les astilbes ou les fougères, réclament des arrosages qui feraient pourrir ses racines. Un gazon arrosé tout l’été jusqu’à son pied le condamne tout autant. Les arbustes vigoureux qui le surplombent, comme l’éléagnus ou le photinia, lui volent la lumière et le dégarnissent.

Conseil : Planter devant lui des couvre-sols bas de jardin sec, comme les thyms rampants, qui masquent sa base quand elle se dégarnit avec l’âge. Le réunir avec ses compagnes dans un même massif sans arrosage : toutes profitent du même sol pauvre et du même soleil.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbrisseau planté en pleine terre, en plein soleil, dans un sol pauvre, caillouteux et bien drainé, même calcaire.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De juin à août : tous les 10 à 15 jours Verser l’eau lentement pour qu’elle descende en profondeur, puis laisser la terre sécher entre deux apports. Dès le deuxième été, la pluie suffit au phlomis : arrosé régulièrement, il fait des tiges molles et s’expose à la pourriture du collet.le premier été après la plantation seulement, 10 litres environ au pied
Bois mort et feuilles abîméesOptionnel De mi-mars à fin avril Attendre le départ des bourgeons pour distinguer le bois vivant, vert sous l’écorce, du bois tué par l’hiver.rameaux gelés ou desséchés, coupés au-dessus d’une pousse vivante
PaillageOptionnel De début avril à mi-mai, tous les 3 ans Un paillis minéral garde le collet au sec et freine les herbes indésirables, là où des écorces entretiendraient l’humidité.5 cm de gravillons, complétés quand la terre réapparaît
FloraisonOptionnel De mi-mai à fin juillet Les couronnes s’ouvrent les unes après les autres pendant plusieurs semaines et attirent abeilles et bourdons.fleurs jaune d’or en forme de casque, réunies en couronnes étagées le long des tiges
BouturageOptionnel De juillet à août Garder les boutures à l’ombre légère, sous un voile ou une bouteille coupée, jusqu’à l’enracinement, puis les planter au printemps suivant.tiges sans fleurs de 8 à 10 cm, dans un mélange de terreau et de sable
Taille après floraisonUtile De mi-juillet à fin août Cette taille garde la touffe dense et garnie jusqu’à la base, alors que le vieux bois nu repart mal. Porter des gants et, par temps sec, un masque : le duvet des feuilles s’envole et irrite la gorge et les yeux.tiges défleuries raccourcies d’un tiers, sans entamer le vieux bois dégarni
Voile d'hivernageUtile De décembre à févrierDès que : quand un froid sous -12 °C est annoncé Poser un voile d’hivernage plié en deux sur la touffe le temps de la vague de froid, puis le retirer. Contre l’humidité de l’hiver, plus redoutable pour lui que le gel, seul un sol drainant le protège.jeunes sujets et régions aux hivers rudes