Graminée · Poacées
Bambou doré Phyllostachys aurea
Aussi appelé : Bambou canne à pêche, Golden bamboo, Fishpole bamboo
Le bambou doré est un bambou traçant originaire de Chine, aux chaumes jaune doré, souvent marqués à la base d’entre-nœuds courts et serrés. En France, il atteint 5 à 8 m de haut, mais son étalement n’a pas de limite : ses rhizomes colonisent tout le terrain qu’on ne leur interdit pas. Il demande une terre profonde et fraîche, de l’eau pendant les sécheresses d’été et un abri des vents desséchants. Il convient aux grands jardins ou aux haies bien contenues ; une terre gorgée d’eau en hiver le fait dépérir.
- Type
- Graminée
- Famille
- Poacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -18 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 6 à 10, rustique jusqu’à -18 °C environ ; le feuillage se marque vers -15 °C mais les chaumes repartent au printemps.
Dimensions : 5 à 8 m de hauteur en France pour des chaumes de 3 à 5 cm de diamètre. L’étalement, lui, est illimité : ses rhizomes traçants colonisent tout ce qu’on ne leur interdit pas.
Floraison : aucune floraison décorative : bambou, il ne fleurit qu’à plusieurs décennies d’intervalle, de façon groupée, et cette floraison épuise la colonie, qui peut en mourir.
Substrat : Sol profond, frais et bien drainé, plutôt riche ; il s’accommode de tout sauf des terres gorgées d’eau en hiver.
Exposition : Plein soleil à mi-ombre, avec un abri contre les vents desséchants qui roussissent le feuillage.
Arrosage : Arrosage soutenu les deux premières années et pendant les sécheresses estivales : ses racines sont superficielles et il s’enroule dès qu’il a soif.
Durée de vie : Bambou traçant, la colonie étant pratiquement indéfinie : chaque canne vit 8 à 12 ans, le rhizome bien davantage.
Multiplication : Division d’une motte de 2 à 3 cannes en mars et avril, juste avant la sortie des turions.
Arrosage & entretien
Arrosage : Deux arrosages copieux par semaine la première année, puis seulement en période sèche ; un paillis de 10 cm limite les apports de moitié. Les feuilles qui s’enroulent en gouttière sont le signal qu’il faut arroser.
Fertilisation : Un apport d’engrais riche en azote au printemps, ou simplement du compost et le paillage de ses propres feuilles mortes, qui lui restituent la silice dont il est gourmand.
Rempotage : En pot, un bac d’au moins 100 litres et un rempotage tous les 3 ans avec taille du chevelu racinaire ; en pleine terre, une barrière anti-rhizome de 70 cm de profondeur est indispensable dès la plantation.
Taille : Coupez au ras du sol les chaumes secs ou tordus en fin d’hiver, et écimez à la hauteur voulue en juin. Le rhizome, lui, se contrôle en tranchant à la bêche les rejets qui sortent de la zone tolérée.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil de préférence, 6 heures et plus, la mi-ombre restant acceptable au prix d’un port plus lâche.
Emplacement : Extérieur uniquement, en haie brise-vue, en bosquet isolé ou en grand bac. Évitez la proximité immédiate d’une terrasse, d’une piscine ou d’un mur de clôture, que ses rhizomes soulèvent.
Substrat : Terre de jardin profonde, fraîche et humifère ; allégez les sols lourds au sable grossier et au compost à la plantation.
pH : Entre 5,5 et 7,0, d’acide à neutre ; il jaunit dans les sols franchement calcaires.
Drainage : Bon drainage indispensable en hiver. L’eau stagnante fait pourrir les rhizomes, alors que la sécheresse estivale ne fait que ralentir la pousse.
Multiplication
Division : en mars et avril, découper à la bêche tranchante ou à la scie une motte de 2 à 3 cannes avec 30 cm de rhizome et sa terre, rabattre les cannes de moitié et replanter aussitôt. Arroser copieusement jusqu’à la reprise et abriter l’éclat du vent. La division d’une motte, juste avant la sortie des turions, est la seule méthode sûre pour un amateur. La reprise est lente : comptez un an avant de nouvelles cannes vigoureuses.
Les autres méthodes
Bouturage : Les cannes ne s’enracinent pas. En revanche, des tronçons de rhizome de 30 cm portant 2 ou 3 bourgeons, prélevés en mars et couchés à 5 à 10 cm de profondeur dans un mélange de terreau et de sable tenu frais, sous abri, forment de nouvelles pousses en 2 à 3 mois.
Semis :
SemerImpossible en pratique : ce bambou ne fleurit qu’à plusieurs décennies d’intervalle et ses graines sont introuvables.
Récolter les grainesPas de graines en culture : ce bambou ne fleurit qu’à plusieurs décennies d’intervalle, et les rares graines vendues lors d’une floraison sont souvent d’une autre espèce ou déjà mortes, car elles ne se conservent que quelques mois. La division et les tronçons de rhizome restent les seules voies.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Très peu de maladies : quelques taches foliaires sans gravité, et une chlorose jaune sur sol calcaire, à corriger par un apport de compost acide et de chélate de fer. La pourriture des rhizomes n’apparaît qu’en sol détrempé.
Parasites fréquents : Les acariens du bambou laissent des plages décolorées allongées sur le limbe, surtout en situation chaude et confinée ; une douche au jet et le retrait des chaumes les plus atteints suffisent. Pucerons et cochenilles apparaissent parfois sur les jeunes pousses.
Prévention : Aérez la touffe en supprimant un chaume sur trois au bout de quelques années, paillez pour garder la fraîcheur, et arrosez au pied. Le vrai risque de ce bambou n’est pas sanitaire mais racinaire : la barrière anti-rhizome est la seule prévention qui compte.
Toxicité
Toxicité humaine : Non toxique, et ses jeunes pousses figurent parmi les meilleures du genre à la consommation, à condition d’être épluchées et cuites à l’eau bouillante changée une fois.
Toxicité animaux : Non toxique pour le chien et le chat ; les vrais bambous ne sont pas répertoriés comme dangereux, contrairement au bambou sacré, Nandina domestica, qui n’en est pas un.
Symptômes : Les pousses crues contiennent des hétérosides cyanogènes qui peuvent provoquer nausées et maux de tête ; la cuisson les détruit entièrement.
Précautions : Ne consommez jamais les turions crus, et jetez la première eau de cuisson. Surveillez les jeunes pousses au printemps, dont la pointe est coupante pour les pieds nus.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les fougères et les hostas prospèrent à son pied, dans l’ombre fraîche qu’il projette, et couvrent un sol qu’il laisse nu. Un érable du Japon à distance respectable partage ses exigences de sol frais et non calcaire, et lui répond bien à l’automne.
Associations à éviter : N’associez rien de vivace et de délicat dans le même massif sans séparation : ses rhizomes traversent les touffes et les étouffent en deux saisons. Les plantes de sol sec et calcaire, lavande, santoline ou cistes, ne trouveront ici ni le sol ni la lumière qu’elles réclament.
Conseil : Posez la barrière anti-rhizome avant de planter quoi que ce soit d’autre, et laissez-la dépasser de 5 cm au-dessus du sol : c’est ce qui permet de voir un rhizome qui tenterait de la franchir par-dessus, et de le trancher à temps.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Bambou traçant planté en pleine terre toute l’année, au soleil ou à mi-ombre, dans un sol profond, frais et bien drainé, avec une barrière anti-rhizome posée à la plantation ; la culture en grand bac est possible mais demande des arrosages suivis.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Taille de structure | De juin à octobre : toutes les 3 à 5 semaines ; de novembre à mai : tous les 2 à 3 mois | Ce bambou court très vite par rhizomes souterrains et colonise un jardin entier en quelques saisons. Une barrière anti-rhizome enterrée sur 70 cm, avec un bord dépassant du sol à surveiller, est la seule solution durable. |
| Arrosage | De mi-avril à fin septembre : tous les 4 à 8 jours ; de début octobre à mi-avril : toutes les 3 à 5 semaines | Le feuillage s’enroule en gouttière dès que la plante a soif, signal à ne jamais laisser durer plus d’un jour ou deux. Les trois premières années et toutes les cultures en bac réclament une vigilance constante en été. |
| Inspection parasitaire | D’avril à septembre : toutes les 3 à 4 semaines ; d’octobre à mars : toutes les 6 à 8 semaines | Retourner quelques feuilles et guetter les plages jaunes striées le long des nervures, marque des acariens en été sec. Un feuillage collant et noirci de fumagine trahit une colonie de pucerons installée en hauteur. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De mi-février à mi-avril | Cet éclaircissage annuel avant la sortie des turions aère la touffe et met en valeur les cannes jaunes. Dégager aussi les branches basses sur un tiers de la hauteur pour dénuder les chaumes. |
| Engrais à libération lente | De mars à avril | Cet apport de fin d’hiver soutient la sortie des turions, qui atteignent leur taille définitive en quelques semaines seulement. Une touffe mal nourrie donne chaque année des cannes plus fines que les précédentes. |
| Division de touffe | De début mars à mi-avril, tous les 3 ans | Diviser juste avant la sortie des turions, en rabattant les cannes de moitié pour limiter l’évaporation. Arroser copieusement jusqu’à la reprise, les éclats souffrant beaucoup les premières semaines. |
| Paillage | De mi-mars à mi-mai | Poser le paillis sur un sol déjà réhumidifié par les pluies de printemps, en couvrant largement toute la surface de la touffe. Les feuilles tombées du bambou sont le meilleur paillis qui soit et rendent au sol la silice dont il a besoin. |
| Ramassage des feuilles mortes | D’avril à juin | Ce bambou renouvelle une grande partie de son feuillage au printemps, ce qui n’a rien d’inquiétant. Ne jamais évacuer ces feuilles du jardin, elles sont la meilleure nourriture de la touffe. |
| Protection des racines | De début novembre à mi-mars | Ce bambou est parfaitement rustique en pleine terre et supporte des froids sévères sans aide. Seule la motte d’un bac, qui gèle à cœur et se dessèche, est réellement en danger. |