Vivace · Lamiacées
Cataleptique Physostegia virginiana
Aussi appelé : Physostégie, Physostégie de Virginie, Plante obéissante, Obedient plant
La cataleptique est une vivace d’Amérique du Nord, de la famille de la sauge, dont les fleurs, poussées de côté, gardent la position qu’on leur donne. De fin juillet à début octobre, elle dresse des épis rose lilas, rose vif ou blancs de 60 cm à 1,20 m, et ses rhizomes élargissent la touffe chaque année. Elle demande une terre fraîche à humide, sans engrais : en sol riche, elle s’étend plus vite et ses tiges versent. Elle convient aux plates-bandes fraîches, mais fleurit peu à l’ombre trop dense et souffre d’un sol qui sèche l’été.
- Type
- Vivace
- Famille
- Lamiacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -35 °C
- Floraison
- De juillet à octobre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 3 à 9 : la souche résiste à -35 °C et aucun hiver de France ne la menace ; les tiges, elles, sèchent sur pied à l’automne.
Dimensions : 60 cm à 1,20 m de hauteur en fleur, jusqu’à 1,50 m en terre riche et humide, pour 60 à 90 cm d’étalement ; ses rhizomes élargissent ensuite la touffe chaque année.
Floraison : De fin juillet à début octobre, en épis dressés de fleurs tubulaires alignées sur 4 rangs, rose lilas, rose vif ou blanches selon les variétés, sans parfum. Poussée de côté, une fleur garde la position qu’on lui donne, d’où ses noms de cataleptique et de plante obéissante.
Substrat : Terre ordinaire, fraîche à humide, même argileuse, au pH de 6 à 7,5 ; inutile de l’enrichir, car dans une terre riche elle s’étend plus vite et ses tiges versent.
Exposition : Plein soleil si la terre reste fraîche l’été, mi-ombre légère si elle sèche ; trop à l’ombre, elle s’étiole et fleurit peu.
Arrosage : Un arrosage copieux tous les 5 à 7 jours quand il ne pleut pas, de juin à septembre ; le reste de l’année, la pluie suffit.
Durée de vie : Vivace à rhizomes de longue vie : divisée tous les 2 à 3 ans, la colonie se maintient 10 ans et plus.
Multiplication : Division des touffes et de leurs rhizomes en mars et avril, quand la végétation repart, ou en octobre.
Arrosage & entretien
Arrosage : De juin à septembre, arroser copieusement au pied tous les 5 à 7 jours quand il ne pleut pas, et la première année ne jamais laisser la motte se dessécher. Elle supporte une terre détrempée bien mieux que la sécheresse, qui jaunit ses feuilles du bas et raccourcit ses épis.
Fertilisation : Aucun engrais : nourrie, elle s’étend plus vite et monte en tiges trop hautes qui versent. Un paillis de 5 cm de feuilles mortes broyées, étalé en avril ou en mai, garde la fraîcheur et suffit à l’entretenir.
Rempotage : En pleine terre, diviser la touffe tous les 2 à 3 ans, en mars ou au début d’avril quand la végétation repart, ou en octobre, et ne replanter que quelques éclats vigoureux. Cultivée en bac d’au moins 40 cm, elle le remplit de rhizomes en 2 ans environ : la sortir alors au printemps, la diviser et la replanter dans un terreau neuf.
Taille : Fin mai ou début juin, raccourcir les tiges d’un tiers à la moitié donne une touffe plus basse qui ne verse pas, au prix d’une floraison retardée de 2 à 3 semaines. Couper ensuite les épis fanés au-dessus d’une paire de feuilles, puis laisser les tiges sèches l’hiver et les rabattre au ras du sol en février ou au début de mars.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour des tiges fermes et des épis bien garnis, à condition que la terre reste fraîche. Dans une terre qui sèche l’été, ou dans le Midi, une mi-ombre légère l’après-midi lui convient mieux.
Emplacement : Extérieur, en massif, en plate-bande fraîche ou au bord d’un bassin, face au sud ou à l’ouest, sauf dans le Midi où une exposition à l’est lui épargne le soleil écrasant de l’après-midi. Lui réserver une place où ses rhizomes pourront s’étendre sans gêner, loin des petites vivaces qu’elle envahirait.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, fraîche à humide, argileuse, limoneuse ou sableuse pourvu qu’elle ne sèche pas, sans apport d’engrais ni de fumier. En bac, un terreau de plantation mêlé d’un tiers de terre de jardin, qui retient mieux l’eau.
pH : De 6 à 7,5 ; elle s’accommode aussi d’une terre un peu calcaire.
Drainage : Elle supporte une terre gorgée d’eau pendant plusieurs jours, au bord d’un fossé ou d’un bassin, et craint bien plus la sécheresse que l’excès d’eau. En bac, garder pourtant des trous de drainage : une eau qui croupit des semaines finit par pourrir la souche.
Multiplication
Division : en mars et avril ou en octobre, soulever la touffe à la fourche, détacher les tronçons de rhizome blancs munis de pousses et de racines, et replanter les plus jeunes, ceux de la périphérie, à 40 cm d’écart. Arroser jusqu’à la reprise et arracher au passage les rhizomes partis chez les voisines. La division de la touffe réussit à coup sûr : chaque tronçon de rhizome porte déjà ses racines.
Les autres méthodes
Bouturage : Possible mais peu utile : des pousses herbacées de 8 cm prélevées en avril et mai s’enracinent en 3 semaines dans un mélange de terreau et de sable, sous abri, à l’ombre et à l’étouffée.
Semis :
SemerEn mars et avril sous abri, ou dehors en avril et mai, graines couvertes de 3 mm, à 15 à 20 °C ; la levée prend 2 à 4 semaines. Les variétés blanches ou rose vif ne se reproduisent pas toujours fidèlement par semis.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des bourdons. Les graines mûrissent en octobre et novembre au fond des calices des épis fanés, qui brunissent : couper les épis secs et les secouer au-dessus d’un sac pour recueillir les petites graines brunes. Un pied blanc voisin d’un rose donne des plants mêlés. Au sec et au frais, les graines restent bonnes 2 ans.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La rouille, peu fréquente, couvre en été le revers des feuilles de pustules orangées à brunes : supprimer les feuilles atteintes dès qu’on les voit, puis en recours pulvériser un fongicide contre la rouille portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Plus rarement, une pourriture affaisse quelques tiges à leur base : arracher la partie atteinte avec sa motte et la porter en déchetterie.
Parasites fréquents : Limaces et escargots s’attaquent aux jeunes pousses en avril et en mai : les ramasser à la tombée du jour par temps humide ou, en recours, répandre quelques granulés au phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Des pucerons se massent parfois au sommet des tiges en bouton ; un jet d’eau les déloge, et coccinelles et syrphes font le reste. Par temps chaud et sec, les acariens décolorent et piquettent les feuilles : un arrosage régulier et une douche du feuillage tôt le matin les découragent.
Prévention : Une terre qui ne sèche jamais l’été est sa meilleure défense, en particulier contre les acariens. Diviser la touffe tous les 2 à 3 ans pour que l’air circule entre les tiges, et porter en déchetterie, jamais au compost, les feuilles et les tiges rouillées.
Toxicité
Toxicité humaine : Sans danger connu : aucun effet toxique n’est rapporté, pour aucune partie de la plante. Ce n’est pas pour autant une plante qui se consomme.
Toxicité animaux : Aucune intoxication n’est rapportée chez le chien, le chat ou le cheval.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit, ni par ingestion ni par contact avec la peau.
Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire au jardin, avec des enfants comme avec des animaux.
Associations de plantes
Bonnes associations : L’hélénie d’automne fleurit en même temps qu’elle, dans la même terre fraîche, et ses capitules jaunes à rouge cuivré font ressortir le rose de ses épis. L’eupatoire maculée, qui aime aussi les sols humides, forme derrière elle un fond pourpre de 1,50 à 2 m que papillons et bourdons visitent sans relâche. L’iris de Sibérie fleurit en mai et en juin dans la même terre humide, avant elle, et son feuillage dressé reste beau tout l’été.
Associations à éviter : Les plantes de terrain sec, comme la santoline ou les joubarbes, pourrissent dans la terre fraîche qu’elle réclame. Les vivaces naines à croissance lente, comme les heuchères ou les primevères, ne résistent pas à ses rhizomes, qui percent au milieu de leurs touffes. Les autres vivaces traçantes, comme la menthe ou la lysimaque ponctuée, s’entremêlent à elle au point qu’on ne peut plus les séparer.
Conseil : Planter ses compagnes à 50 cm de sa touffe et arracher à la main, chaque printemps, les pousses qui franchissent cette limite : ses rhizomes, peu profonds, viennent sans peine. Entourée de grosses touffes comme l’eupatoire ou l’hélénie, elle comble alors les vides du massif sans prendre leur place.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Vivace de pleine terre, au soleil ou à mi-ombre légère, dans une terre fraîche à humide, même lourde ou argileuse, qui ne se dessèche pas l’été.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à septembre : tous les 5 à 7 jours | Elle supporte une terre détrempée bien mieux que la sécheresse, qui jaunit ses feuilles du bas et raccourcit ses épis. La première année, ne jamais laisser la motte se dessécher, même au printemps. |
| Rabattage | De début février à mi-mars | Laissées en place l’hiver, les tiges sèches abritent les insectes utiles et marquent l’emplacement de la touffe. Si la rouille est apparue en été, couper plutôt en novembre et porter les tiges en déchetterie. |
| Division de touffe | De début mars à mi-avril, tous les 2 ans | Ses rhizomes blancs courent à faible profondeur et gagnent chaque année sur les plantes voisines, surtout en terre fraîche et riche. Divisée quand la végétation repart, ou en octobre, la touffe reste contenue et ses épis restent denses. |
| Paillage | D’avril à mai | Étalé sur une terre encore humide, il garde la fraîcheur qu’elle réclame tout l’été. Il suffit à la nourrir : un engrais la ferait s’étendre plus vite et monter en tiges trop hautes qui versent. |
| Pincement | De mi-mai à mi-juin | Ramifiées, les tiges restent plus basses et ne versent plus en fin d’été, au prix d’une floraison retardée de 2 à 3 semaines. Le geste vaut surtout en terre riche ou à mi-ombre, où elles s’allongent. |
| Floraison | De mi-juillet à mi-octobre | Les fleurs, alignées sur 4 rangs, s’ouvrent du bas vers le haut de l’épi pendant 5 à 6 semaines et attirent surtout les bourdons. Poussée de côté, une fleur garde la position qu’on lui donne, d’où le nom de cataleptique. |
| Fleurs fanées | De mi-août à mi-octobre | Les épis latéraux, plus petits, prennent alors le relais, et la plante ne se ressème pas tout autour de la touffe. |