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Arbuste · Éricacées

Andromède du Japon Pieris japonica

Aussi appelé : Piéris, Piéris du Japon, Andromède, Japanese andromeda, Lily-of-the-valley shrub

L’andromède du Japon est un arbuste persistant de terre de bruyère, originaire du Japon, de l’est de la Chine et de Taïwan, qui se couvre de mars à la mi-avril de grappes retombantes de clochettes blanches ou roses. Il forme en 15 ans un buisson dense de 1,50 à 2,50 m de haut, aux jeunes pousses rouges au printemps. Il exige une terre acide et humifère, toujours fraîche, arrosée à l’eau de pluie, et une mi-ombre abritée du soleil d’après-midi et du vent sec. Toute la plante est toxique.

Andromède du Japon (Pieris japonica)
Photo : Stan Shebs, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Éricacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-20 °C
Floraison
De mars à avril
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : zone USDA 5, soit environ -20 °C sans dommage et jusqu’à -25 °C sur un sujet âgé et abrité. Les fleurs ouvertes et les jeunes pousses rouges, elles, brunissent dès -5 °C, si bien que l’abri du vent sec importe plus que la résistance au froid.

Dimensions : 1,50 m à 2,50 m de hauteur pour 1,20 m à 2 m d’étalement en 15 ans, en un buisson dense et arrondi. Les formes naines restent sous 80 cm.

Floraison : De mars à la mi-avril, en grappes retombantes de clochettes blanches, parfois roses selon les variétés, au parfum léger de miel. Toute la plante est toxique, fleurs comprises.

Substrat : terre de bruyère ou terre de jardin acide, humifère et drainante, enrichie de terreau de feuilles. pH idéal de 4,5 à 5,5.

Exposition : mi-ombre lumineuse, à l’abri du soleil brûlant de l’après-midi et du soleil levant sur feuillage gelé. Le plein soleil n’est tenable qu’en climat frais et humide.

Arrosage : sol toujours frais, jamais détrempé, tous les 4 à 7 jours en été et tous les 8 à 12 jours aux demi-saisons. Exclusivement à l’eau de pluie.

Durée de vie : arbuste persistant vivace, 30 à 50 ans en place quand le sol lui convient vraiment.

Multiplication : Marcottage d’une branche basse au printemps, ou boutures semi-aoûtées en juillet et août en terre de bruyère, à l’étouffée.

Arrosage & entretien

Arrosage : tous les 4 à 7 jours de juin à début septembre, tous les 8 à 12 jours au printemps et à l’automne, en mouillant toute la surface du paillis. De novembre à mars, la pluie suffit en pleine terre.

Fertilisation : un seul apport d’engrais pour plantes de terre de bruyère, juste après la floraison, en avril. Un engrais universel déséquilibre le pH du substrat et fait jaunir le feuillage.

Rempotage : en bac, tous les 3 ans à la fin de l’hiver, dans deux tiers de terre de bruyère pour un tiers de terreau de feuilles. En pleine terre, un simple surfaçage annuel d’écorces de pin remplace tout rempotage.

Taille : presque inutile, l’arbuste se forme seul. Si la silhouette se déséquilibre, tailler court juste après la floraison et avant la mi-mai, les boutons de l’année suivante se formant dès l’été.

Exposition & substrat

Exposition : mi-ombre claire, 2 à 4 heures de soleil doux en début ou en fin de journée. Le soleil de midi brûle le feuillage persistant en été.

Emplacement : extérieur toute l’année, idéalement au nord ou à l’est d’un mur ou d’un massif, à l’abri des vents secs d’hiver qui dessèchent les feuilles. Éviter le pied d’un vieux mur hourdé à la chaux, qui relargue du calcaire dans le sol.

Substrat : deux tiers de terre de bruyère véritable pour un tiers de terreau de feuilles, avec une poignée de sable grossier. En terre calcaire, il faut une fosse rapportée ou un grand bac.

pH : de 4,5 à 5,5, jusqu’à 6 sans dommage visible. Au-delà de 6,5, la chlorose s’installe et ne se rattrape qu’à coups de séquestrène.

Drainage : indispensable malgré le besoin de fraîcheur, car les racines fines pourrissent en quelques semaines. Un piéris planté en creux dans une terre lourde finit toujours par un dépérissement.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage par couchage : marcottage simple : au printemps, incliner une branche basse, l’entailler légèrement par-dessous et l’enterrer de 5 à 10 cm dans de la terre de bruyère, maintenue par un crochet, extrémité redressée. La sevrer au printemps suivant, une fois bien enracinée, et la replanter à mi-ombre. Le marcottage simple est le plus sûr pour un amateur, au prix d’un an d’attente ; le bouturage d’été réussit aussi, plus irrégulièrement. Toute la plante étant toxique, travailler avec des gants.

Les autres méthodes

Bouturage : En juillet et août, prélever des pousses semi-aoûtées de 8 à 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terre de bruyère et de sable, sous châssis ou sous sac plastique, à l’ombre et à l’étouffée. L’enracinement demande 2 à 3 mois, et l’hormone de bouturage, facultative, aide cette bouture capricieuse.

Semis :

SemerLes graines minuscules se sèment en mars, à l’intérieur ou sous abri, en surface d’une terre de bruyère fine, sans les couvrir car elles lèvent à la lumière, vers 15 à 20 °C ; la levée prend 3 à 6 semaines. Les variétés à fleurs roses ou à feuillage panaché ne se reproduisent pas par semis.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles. Les petites capsules qui succèdent aux clochettes mûrissent en octobre et novembre en brunissant ; coupées sèches et mises dans un sac en papier, elles libèrent des graines fines comme de la poussière, à manipuler avec des gants, la plante étant toxique. Les fleurs se fécondent avec l’aide des bourdons et des abeilles, actifs dès le début du printemps. Gardées au sec et au frais, les graines restent bonnes un an environ.

Maladies & parasites

Maladies courantes : le dépérissement dû au Phytophthora fait brunir puis flétrir des branches entières sur un sol lourd et humide, et aucun traitement curatif n’existe, seule la plantation sur butte drainée l’évite. La chlorose ferrique jaunit les jeunes feuilles entre les nervures et se corrige au séquestrène de fer avec un retour à l’eau de pluie. Des taches foliaires brunes suivent parfois un été humide, sans conséquence réelle.

Parasites fréquents : le tigre du piéris est le ravageur numéro un, avec ses ponctuations blanchâtres sur le dessus des feuilles et ses déjections noires vernissées au revers. Doucher énergiquement le revers des feuilles dès le mois de mai, sinon traiter à l’huile de colza ou avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », en mouillant soigneusement le dessous du feuillage. L’otiorhynque découpe des encoches régulières au bord des feuilles et ses larves rongent les racines des sujets en pot.

Prévention : planter légèrement en butte, pailler d’écorces de pin et arroser à l’eau de pluie règle l’essentiel des ennuis. Inspecter le revers des feuilles tous les 15 jours de mai à septembre. Un piéris installé au sec et en plein soleil est bien plus attaqué par le tigre qu’un sujet à mi-ombre en sol frais.

Toxicité

Toxicité humaine : plante très toxique dans toutes ses parties, feuilles, fleurs, nectar et sève, par les grayanotoxines qu’elle contient. Le miel produit à partir de ses fleurs est toxique lui aussi.

Toxicité animaux : dangereuse pour le chien, le chat, le cheval, la chèvre et le mouton, chez qui quelques feuilles suffisent à provoquer une intoxication sérieuse. Les tailles jetées dans un pré ou un clapier sont une cause classique d’accident.

Symptômes : brûlure de la bouche à la mastication, puis salivation abondante, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée dans les heures qui suivent. Dans les cas sévères s’ajoutent faiblesse, ralentissement ou irrégularité du cœur, chute de tension, convulsions et coma.

Précautions : ne jamais planter un piéris dans un enclos d’animaux ni à portée de très jeunes enfants, et évacuer les tailles hors de portée du bétail. En cas d’ingestion, appeler un centre antipoison ou un vétérinaire sans attendre l’apparition des symptômes.

Associations de plantes

Bonnes associations : rhododendron, azalée japonaise et camélia réclament le même sol acide et la même mi-ombre, et se relaient en floraison de février à juin. Un érable du Japon lui donne l’ombre légère et l’abri de vent qu’il cherche. Fougères et hostas habillent son pied sans concurrencer ses racines superficielles.

Associations à éviter : lavande, ciste et santoline veulent un sol calcaire, sec et brûlant, exactement l’inverse de ses besoins. Le buis et les plantes de vieux murs, aubriète ou campanule des murailles, ne tiendront pas dans un substrat aussi acide. Ne pas l’installer au pied d’un grand conifère ou d’un hêtre, dont les racines lui prendront toute l’eau.

Conseil : en terre calcaire, ne pas s’obstiner en pleine terre. Un grand bac de terre de bruyère arrosé à l’eau de pluie donne un bien plus beau piéris qu’une fosse rapportée qui se recalcifie en 3 ou 4 ans.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbuste planté en pleine terre dans un sol acide, humifère et drainant, à mi-ombre lumineuse et à l’abri des vents secs, en France métropolitaine tempérée.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à mai : tous les 8 à 12 jours ; de début juin à mi-septembre : tous les 4 à 7 jours ; de mi-septembre à mi-novembre : tous les 10 à 15 jours Maintenir le sol constamment frais sans jamais le détremper, car les racines sont fines et superficielles. De novembre à mars, la pluie suffit en pleine terre.eau de pluie uniquement, le calcaire de l’eau du robinet jaunit le feuillage
Voile d'hivernageOptionnel De mi-février à fin avrilDès que : Gelée annoncée sous -5 °C pendant la floraison, ou sujet planté depuis moins de deux hivers Jeter un voile sur la ramure le temps d’un coup de froid tardif, puis le retirer. La souche supporte le grand froid, mais les fleurs ouvertes et les jeunes pousses brunissent dès quelques degrés sous zéro.on protège les fleurs et les pousses tendres, pas la souche
FloraisonUtile De début mars à mi-avril Les grappes de clochettes blanches s’ouvrent de mars à la mi-avril, très tôt dans la saison. Elles sont suivies aussitôt des jeunes pousses écarlates qui font la réputation de la plante.grappes retombantes de clochettes, puis pousses rouges
PaillageEssentiel De mi-mars à fin avril Renouveler chaque printemps un paillis d’écorces de pin qui garde les racines fraîches et freine les adventices. Il acidifie aussi lentement la surface du sol, ce qu’aucun autre paillis ne fait.écorces de pin, 5 à 7 cm
Fleurs fanéesUtile De début avril à mi-mai Sectionner les grappes dès qu’elles brunissent, pour que la vigueur aille aux pousses rouges plutôt qu’à des graines sans intérêt. C’est aussi ce qui garde l’arbuste net au moment où on le regarde le plus.couper la grappe entière à sa base, pas fleur à fleur
Engrais à libération lenteUtile De début avril à mi-mai Un seul apport juste après la floraison accompagne la poussée rouge du printemps. Au-delà, l’excès d’azote produit des pousses molles que le premier gel brunit.engrais pour plantes de terre de bruyère, jamais d’engrais universel
Correction du pHUtile De début avril à mi-septembreDès que : Jeunes feuilles qui jaunissent entre des nervures restées vertes, signe de chlorose en sol trop calcaire Apporter du séquestrène de fer et repasser à l’eau de pluie dès les premiers jaunissements. Sur sol franchement calcaire, seule une fosse de terre de bruyère ou un grand bac règle la question durablement.pH visé entre 4,5 et 5,5
Taille après floraisonOptionnel De mi-avril à fin mai S’il faut rééquilibrer la silhouette, raccourcir légèrement juste après la floraison. Toute intervention plus tardive supprime les boutons de l’année suivante, formés dès l’été.l’arbuste se passe très bien de toute taille
Inspection parasitaireUtile De mai à septembre Retourner quelques feuilles tous les 15 jours de mai à septembre, le ravageur laisse des ponctuations blanches sur le dessus et des points noirs vernissés au revers. Traité dès les premières taches, il reste anecdotique, découvert en août il a déjà décoloré tout l’arbuste.tigre du piéris, caché au revers des feuilles