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Arbuste · Pinacées

Pin des montagnes Pinus mugo

Aussi appelé : Pin mugo, Pin de montagne, Pin couché, Pin nain, Mountain pine

Le pin des montagnes est un conifère buissonnant des montagnes d’Europe centrale, des Alpes aux Carpates, où il colonise aussi bien les éboulis calcaires que les tourbières acides. Au jardin, il forme un buisson de 1 à 3 m de haut, souvent plus large que haut, qui gagne 10 à 20 cm par an ; les formes naines restent sous 1 m pendant des décennies. Il demande du plein soleil et un sol drainé, même pauvre ou calcaire, et se passe d’arrosage une fois installé. Le froid ne l’atteint nulle part en France : c’est la chaleur sèche des plaines méditerranéennes qui le fait souffrir.

Pin des montagnes (Pinus mugo)
Photo : Bauer, Ferdinand; Don, David; Lambert, Aylmer Bourke, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Pinacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-35 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 7 : il supporte -35 °C et ne craint le froid nulle part en France métropolitaine. Sa vraie limite est la chaleur sèche des plaines méditerranéennes, où il souffre chaque été.

Dimensions : Buisson de 1 à 3 m de haut, rarement 5 m, pour 3 à 5 m d’étalement selon la provenance, avec une croissance lente de 10 à 20 cm par an. Les formes naines vendues en jardinerie restent sous 1 m pendant des décennies.

Floraison : Pas de vraies fleurs, c’est un conifère : de mai à juillet, il porte de petits cônes mâles jaunes ou rougeâtres chargés de pollen et de minuscules cônes femelles violacés. Ceux-ci deviennent des cônes bruns de 2 à 5,5 cm, mûrs en septembre ou octobre de l’année suivante.

Substrat : Tout sol drainé, même pauvre, caillouteux ou calcaire : dans la nature, il pousse aussi bien sur les éboulis calcaires des Alpes que dans les tourbières acides. pH de 5,0 à 8,0.

Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour. À l’ombre, il se dégarnit et devient lâche.

Arrosage : 10 litres au pied tous les 7 à 10 jours en été, les deux premières années seulement. Ensuite, la pluie suffit en pleine terre.

Durée de vie : Conifère vivace et persistant, qui vit plusieurs décennies au jardin. Le plus vieux pied daté, dans le Parc national suisse, avait 283 ans.

Multiplication : Semis au printemps en terrine dehors, après un passage au froid ; les formes naines se greffent en pépinière.

Arrosage & entretien

Arrosage : Les deux premières années, 10 litres au pied tous les 7 à 10 jours de mi-juin à fin août, et tous les 12 à 15 jours en mai, début juin et septembre. Ensuite, la pluie suffit en pleine terre ; en bac, arroser dès que le substrat a séché sur 3 cm, jusqu’à 2 fois par semaine en été.

Fertilisation : Aucun engrais en pleine terre : il vit naturellement dans des éboulis pauvres, et une terre trop riche le rend lâche. En bac, un engrais pour conifères à libération lente en avril suffit pour l’année.

Rempotage : En bac, compter 40 litres au moins, un mélange de terre de jardin, de terreau et de sable ou de pouzzolane, et un rempotage tous les 3 à 4 ans en mars ou en septembre. En pleine terre, on le plante d’octobre à avril hors gel, et on n’y revient plus.

Taille : De mai à début juin, casser à la main la moitié ou les deux tiers des chandelles, les jeunes pousses dressées, avant que leurs aiguilles s’écartent : c’est ce pincement qui garde le buisson dense. Ne jamais couper dans le vieux bois dégarni, qui ne repart pas, et se contenter en février ou début mars de retirer le bois mort.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 heures au moins de soleil direct par jour ; dans le Midi, une ombre légère l’après-midi lui épargne les plus fortes chaleurs. À l’ombre, il s’étiole, se dégarnit de l’intérieur et devient plus sensible aux maladies des aiguilles.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en rocaille, sur un talus, en massif de conifères nains ou en bac sur une terrasse ensoleillée. Toutes les orientations lui conviennent, vent et neige compris, pourvu qu’il ait du soleil.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, plutôt légère, caillouteuse ou sableuse ; en sol lourd, l’alléger de gravier sur 40 cm de profondeur. En bac, un tiers de terre de jardin, un tiers de terreau et un tiers de sable ou de pouzzolane.

pH : De 5,0 à 8,0 : il est indifférent au calcaire comme à l’acidité. Seuls les sols détrempés lui posent problème, pas le pH.

Drainage : Indispensable : il supporte la sécheresse bien mieux que l’eau stagnante, qui fait pourrir ses racines. En sol argileux, le planter en léger relief, sur 20 à 30 cm de terre mêlée de gravier.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : en mars et avril, après 4 à 6 semaines au réfrigérateur dans du sable humide, semer en terrine dehors, graines couvertes de 5 mm de sable ; la levée prend 3 à 6 semaines. Les plants reproduisent l’espèce, avec un port variable selon la provenance, mais jamais les formes naines. Le semis réussit bien pour l’espèce.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte les deux sexes, mais isolé, il donne plus de graines vides. Les cônes se cueillent en septembre et octobre de la deuxième année après la floraison, bruns mais encore fermés, puis s’ouvrent en quelques semaines au chaud et au sec, près d’un radiateur, en libérant leurs graines ailées. Le pin se féconde par le vent, et les formes naines greffées ne transmettent pas leur port. Gardées au sec dans un bocal au réfrigérateur, les graines restent bonnes plusieurs années.

Les autres méthodes

Bouturage : Très difficile, comme chez la plupart des pins : un amateur n’y parvient presque jamais.

Division et autres méthodes : Le marcottage simple d’une branche couchée au sol, au printemps, est possible : l’entailler par-dessous, l’enterrer de 10 cm, la maintenir par un crochet et la sevrer 2 ans plus tard une fois enracinée. Les formes naines se greffent en fin d’hiver sous serre, affaire de pépiniériste.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Les maladies des aiguilles, comme la maladie des bandes rouges, tachent puis font roussir et tomber les aiguilles les plus anciennes, surtout dans les buissons denses et humides. Le dessèchement des pousses, dû au champignon Diplodia, brunit les pousses de l’année, qui restent courtes et perlent de résine. Couper les parties atteintes par temps sec, désinfecter l’outil entre deux coupes et porter les déchets à la déchetterie ; en recours, une bouillie bordelaise portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », appliquée au débourrement, protège les nouvelles aiguilles.

Parasites fréquents : Les lophyres, fausses chenilles vertes ou grises qui dévorent les aiguilles en colonies au printemps et parfois de nouveau en août, sont l’attaque la plus visible : les cueillir avec des gants ou couper le rameau suffit le plus souvent. Ce sont des larves d’hyménoptères, insensibles au Bacillus thuringiensis ; en recours, un insecticide à base de pyréthrines portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». La cochenille des aiguilles y pose des écailles blanches qu’on frotte à la brosse douce, et la tordeuse des pousses creuse les bourgeons, dont on coupe en mai les pousses déformées.

Prévention : Le planter en plein soleil, dans un sol drainé, et assez loin des autres arbustes pour que l’air circule. Éclaircir chaque fin d’hiver le cœur du buisson, où les aiguilles mortes entretiennent l’humidité. Inspecter les rameaux d’avril à septembre : une colonie de lophyres repérée tôt se retire en une minute, alors qu’elle peut dénuder une branche en quelques jours.

Toxicité

Toxicité humaine : Le pin des montagnes n’est pas considéré comme toxique : ses aiguilles servent même traditionnellement en infusion. Sa résine collante peut toutefois irriter une peau sensible, la colophane tirée de la résine des pins étant un allergène de contact bien connu.

Toxicité animaux : Aucune toxicité notable n’est décrite chez le chien, le chat ou le cheval. Un chien ou un chat qui mâchonne des aiguilles peut tout au plus baver ou vomir, la résine et les pointes rigides irritant la bouche et l’estomac.

Symptômes : Après ingestion d’aiguilles, au plus une irritation de la bouche et des troubles digestifs passagers. Au contact de la résine, rougeur et démangeaisons chez les personnes allergiques à la colophane.

Précautions : Porter des gants pour pincer les chandelles, la résine collant aux doigts, et l’ôter avec un peu d’huile végétale plutôt qu’avec un solvant. Comme beaucoup de pins, il peut abriter en hiver les nids soyeux de la chenille processionnaire, dont les poils urticants blessent gravement la bouche des chiens : ne jamais y toucher et tenir les animaux à l’écart.

Associations de plantes

Bonnes associations : La bruyère d’hiver, sa compagne naturelle dans les Alpes, forme à son pied un tapis fleuri de décembre à avril sur le même sol drainé et ensoleillé. Les genévriers rampants et la fétuque bleue partagent son goût pour le soleil et le sec, et jouent toute l’année sur les contrastes de couleur et de texture. En rocaille, joubarbes et orpins comblent les vides entre les pierres sans jamais lui faire d’ombre.

Associations à éviter : Les hostas, les astilbes et les autres vivaces d’ombre fraîche, qui réclament l’eau et l’ombre qu’il fuit. Le lierre et les couvre-sols envahissants, qui montent dans ses branches basses et l’étouffent. Les grands arbres au feuillage dense, sous lesquels il se dégarnit faute de lumière.

Conseil : Prévoyez dès la plantation son étalement adulte, souvent plus large que sa hauteur, car on ne le réduit jamais sans le défigurer. Un pincement des chandelles chaque printemps suffit ensuite à le garder dense et à sa place pendant des décennies.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Buisson planté en pleine terre, en rocaille, sur un talus ou en massif, en plein soleil, dans un sol drainé, même pauvre, caillouteux ou calcaire.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De début mai à mi-juin : tous les 12 à 15 jours ; de mi-juin à fin août : tous les 7 à 10 jours ; en septembre : tous les 12 à 15 jours Arroser au pied quand la terre est sèche sur 5 cm ; installé, le pin se contente ensuite de la pluie, sauf canicule sur un sol très superficiel. En bac, arroser dès que le substrat a séché sur 3 cm, jusqu’à 2 fois par semaine en été.les deux premières années, 10 litres par pied
Bois mort et feuilles abîméesUtile De début février à mi-mars Couper à leur base les rameaux secs et les pousses brunies, puis secouer le cœur du buisson pour faire tomber les aiguilles mortes qui s’y accumulent. Un buisson aéré sèche vite après la pluie, ce qui freine les maladies des aiguilles et des pousses auxquelles ce pin est sujet.par temps sec, outil désinfecté entre deux coupes
Inspection parasitaireUtile De mi-avril à mi-septembre Chercher les colonies de fausses chenilles vertes ou grises qui dévorent les aiguilles en groupe et se redressent ensemble au moindre contact : les cueillir avec des gants ou couper le rameau. Ce sont des larves de lophyres, des hyménoptères et non des papillons, sur lesquelles le Bacillus thuringiensis reste sans effet.lophyres, cochenille des aiguilles, tordeuse des pousses
PincementUtile De début mai à mi-juin Casser la moitié ou les deux tiers de chaque chandelle, ces jeunes pousses dressées en bout de rameau, pour garder le buisson dense et à sa taille. Le pin ne repart pas du vieux bois dégarni : ce pincement annuel est le seul moyen de le contenir sans le défigurer.à la main, avant que les aiguilles des chandelles s’écartent