Légume · Fabacées
Petit pois Pisum sativum
Aussi appelé : Pois, Pois potager, Pois à écosser, Pois cultivé, Garden pea
Le petit pois est une légumineuse annuelle domestiquée au Proche-Orient il y a près de 10 000 ans, cultivée pour ses graines tendres récoltées avant maturité. Selon la variété, il mesure 40 à 60 cm ou grimpe à 1,50 à 2 m sur des rames, et boucle son cycle en 3 à 5 mois. Il demande une terre profonde et fraîche, sans apport d’azote, du soleil et surtout de l’eau à partir de la floraison. Il se sème tôt, dès la mi-février, parce qu’il déteste la chaleur sèche de l’été.
- Type
- Légume
- Famille
- Fabacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -8 °C
- Floraison
- De mai à juin
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Annuelle cultivée dans toute la France métropolitaine, zones USDA 3 à 11. Les jeunes plants supportent -4 °C, et les variétés à grains ronds semées en automne tiennent jusqu’à -8 °C sous un paillage.
Dimensions : 40 à 60 cm pour les variétés naines, 1,50 à 2 m pour les variétés à rames. Compter 20 à 30 cm d’étalement par pied, en rang serré.
Floraison : De mai à juin pour les semis de printemps, des fleurs blanches, parfois pourpres chez certains pois mange-tout, sans parfum notable. Elles annoncent les gousses : c’est à partir de leur ouverture que l’arrosage devient décisif.
Substrat : Terre profonde, fraîche et bien drainée, enrichie de compost mûr mais jamais d’azote. pH idéal de 6,5 à 7,5 ; sous 6, les nodosités se forment mal et la levée reste irrégulière.
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au minimum. Une ombre légère en fin d’après-midi de juin est plutôt un avantage, cette plante déteste la chaleur sèche.
Arrosage : Peu d’eau jusqu’à la floraison, puis 10 à 15 litres par mètre carré tous les 4 à 7 jours pendant la floraison et le remplissage des gousses. Toujours au pied, jamais sur le feuillage.
Durée de vie : Annuelle stricte, 3 à 5 mois du semis à l’arrachage. La plante meurt après avoir mûri ses graines, il n’y a rien à conserver d’une année sur l’autre.
Multiplication : Semis en place de mi-février à fin avril, à 3 cm de profondeur, et aussi en automne au sud de la Loire.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 10 à 14 jours en mars et avril, où la pluie suffit le plus souvent, puis tous les 4 à 7 jours de mai à la mi-juillet. Arroser au goulot, au pied et le matin : un feuillage mouillé le soir appelle l’oïdium.
Fertilisation : Aucun engrais azoté, le pois fixe son propre azote par les nodosités de ses racines. 2 à 3 L de compost mûr par mètre carré à la préparation, et une poignée de cendre de bois si le sol manque de potasse.
Rempotage : Sans objet, la culture est annuelle. En bac, prévoir 30 cm de profondeur et renouveler le substrat chaque année ; en pleine terre, ne pas replanter de pois au même endroit avant 4 à 5 ans.
Taille : Pas de taille. Sur les variétés à rames, pincer l’extrémité des tiges quand quatre ou cinq étages de gousses sont formés, pour que la plante remplisse au lieu de monter.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au minimum. Une ombre portée en fin de journée lui évite le coup de chaud de juin, qui arrête la production.
Emplacement : Extérieur uniquement, en pleine terre ou en grand bac. Choisir un endroit abrité des vents forts, qui couchent les rames et cassent les tiges chargées de gousses.
Substrat : Terre de jardin profonde et fraîche, ameublie sur 30 cm et enrichie de compost mûr. En pot, deux tiers de terreau potager pour un tiers de terre de jardin.
pH : De 6,5 à 7,5, l’optimum étant proche de la neutralité. Un chaulage léger en hiver corrige un sol trop acide, où les bactéries fixatrices d’azote ne s’installent pas.
Drainage : Décisif au semis, une graine posée en terre froide et détrempée pourrit avant de lever. Une fois la plante installée, c’est au contraire le manque d’eau qui devient le risque.
Multiplication
Semis : dehors, en ligne ou en poquets de 5 à 6 graines, à 3 cm de profondeur, rangs espacés de 40 à 50 cm ; la levée prend 8 à 15 jours selon la température. Un trempage de 12 heures accélère la levée en sol sec, et les variétés non hybrides se reproduisent fidèlement à partir de graines récoltées bien sèches. Le semis en place, de mi-février à fin avril, dès que la terre est ressuyée et dépasse 8 °C, réussit sans difficulté. Au sud de la Loire, les variétés à grains ronds se sèment aussi de mi-octobre à mi-novembre.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : le pois se féconde seul, dans la fleur encore fermée. Laisser sur pied quelques-unes des plus belles plantes, sans cueillir leurs gousses, jusqu’à ce que celles-ci sèchent et deviennent parcheminées, en juillet ou août, puis écosser les grains durs. Deux variétés voisines se croisent très peu ; seuls les rares hybrides F1 ne se resèment pas fidèlement. Bien secs, passés quelques jours au congélateur contre la bruche puis gardés au frais dans un bocal, les grains restent bons 3 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : annuelle, elle se reproduit uniquement par ses graines.
Division et autres méthodes : Aucune : annuelle stricte, la plante meurt après avoir mûri ses graines.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre les feuilles basses d’un feutrage blanc en juin, avec les nuits fraîches et les journées sèches : soufre mouillable ou décoction de prêle, le soir. L’ascochytose marque tiges et gousses de taches brunes cernées après un printemps pluvieux. La fusariose fait flétrir des pieds entiers et ne se soigne pas, elle se prévient par la rotation.
Parasites fréquents : La tordeuse du pois pond en juin et sa larve creuse les grains dans la gousse ; semer tôt pour récolter avant les vols est la seule parade vraiment efficace. Le puceron vert du pois colonise les pousses terminales, où un jet d’eau l’atteint encore, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les sitones découpent des encoches en demi-lune au bord des feuilles, sans conséquence sur un plant vigoureux.
Prévention : Respecter une rotation de 4 à 5 ans sans légumineuse au même endroit. Espacer les rangs de 40 cm pour que l’air circule, et arroser au pied le matin. Arracher les fanes dès la récolte terminée, en laissant les racines en terre.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune. Gousses, grains et jeunes pousses sont comestibles, crus ou cuits ; seules les fanes ne se consomment pas, par indigestibilité et non par toxicité.
Toxicité animaux : Pisum sativum ne figure pas dans la liste des plantes toxiques de l’ASPCA, ni pour le chien, ni pour le chat, ni pour le cheval. Ne pas le confondre avec le pois de senteur, Lathyrus odoratus, dont les graines sont, elles, classées toxiques pour ces trois espèces.
Symptômes : Aucun à dose alimentaire. Une grande quantité de grains crus peut provoquer des ballonnements, chez l’humain comme chez l’animal.
Précautions : Ne jamais semer de pois de senteur ni de gesse dans le même rang que le pois potager, la confusion des gousses est trop facile. Les semences du commerce sont souvent enrobées d’un fongicide coloré : les ranger hors de portée des enfants et des animaux.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le radis et la laitue occupent l’interligne pendant la levée du pois, qui est lente. La carotte et le navet s’accommodent bien de son voisinage et ne partagent pas ses ravageurs. Le chou ou la pomme de terre installés après lui profitent de l’azote qu’il laisse dans le sol.
Associations à éviter : L’ail, l’oignon, l’échalote et le poireau gênent les bactéries fixatrices d’azote installées sur ses racines. Ne pas faire suivre un pois par une fève ou un haricot au même endroit, ils partagent les mêmes maladies du sol.
Conseil : À la récolte terminée, couper les fanes au ras du sol et laisser les racines en terre. Les petites nodosités blanches qu’elles portent libèrent leur azote en se décomposant, et la culture suivante en profite sans le moindre engrais.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Semis en place au potager, en pleine terre profonde et fraîche, exposition ensoleillée et abritée des vents forts, sans protection hivernale particulière.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à avril : tous les 10 à 14 jours ; de début mai à mi-juillet : tous les 4 à 7 jours | Arroser peu jusqu’à la floraison, la pluie de printemps suffisant souvent, puis copieusement au pied, 10 à 15 litres par mètre carré. Un manque d’eau pendant la floraison vide les gousses et rien ne le rattrape ensuite. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juin : tous les 7 à 10 jours | Passer voir le rang tous les 7 à 10 jours d’avril à juin, en retournant quelques feuilles du sommet. Le puceron s’installe d’abord sur les pousses terminales, où un jet d’eau l’atteint encore, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». |
| Semis | De mi-février à fin avril | Semer en place, en poquets ou en ligne, à 3 cm de profondeur, dès que la terre est ressuyée et dépasse 8 °C. Au sud de la Loire, les variétés à grains ronds se sèment aussi de la mi-octobre à la mi-novembre pour une récolte dès le mois de mai. |
| Palissage, tuteurage | De mi-mars à fin mai | Installer rames, grillage ou filet dès que les plants atteignent 10 à 15 cm, avant que les vrilles ne cherchent dans le vide. Une tige couchée au sol pourrit et donne des gousses véreuses. |
| Paillage | De début avril à mi-juin | Pailler le rang une fois les plants levés à 15 cm et le sol réchauffé. Le pois est une plante de saison fraîche : un sol maintenu frais retarde l’arrêt de production de juillet. |
| Traitement préventif | De début mai à mi-juillet | Traiter dès les premières taches farineuses en mouillant le dessous des feuilles. L’oïdium arrive avec les nuits fraîches et les journées sèches de juin et abrège la récolte de 2 à 3 semaines. |
| Pincement | De mi-mai à fin juin | Pincer l’extrémité des tiges quand quatre ou cinq étages de gousses sont formés. La plante cesse de monter et remplit ce qu’elle porte déjà. |
| Fructification, récolte | De mi-mai à mi-juillet | Cueillir tous les 2 à 3 jours en commençant par le bas de la tige, quand les grains se dessinent sous une gousse encore souple. Une gousse laissée à grossir envoie à la plante le signal d’arrêter de fleurir. |
| Compost, amendement | De début octobre à mi-février | Incorporer 2 à 3 L de compost bien décomposé par mètre carré à la préparation du rang. Le pois fabrique son propre azote grâce aux nodosités de ses racines : un apport azoté lui donnerait du feuillage et peu de gousses. |