Plante d’intérieur · Polypodiacées
Corne d'élan Platycerium bifurcatum
Aussi appelé : Platycerium, Corne de cerf, Fougère corne de cerf, Fougère corne d’élan, Staghorn fern
La corne d’élan est une fougère épiphyte de l’est de l’Australie et de Nouvelle-Guinée, qui pousse sans terre, accrochée aux troncs et aux rochers. Ses frondes stériles se plaquent contre le support, tandis que les frondes fertiles, fourchues et retombantes, lui donnent 50 à 90 cm d’envergure en appartement. Elle demande une lumière vive mais indirecte et s’arrose par trempage, en laissant sécher la sphaigne entre deux bains. En France, elle vit à l’intérieur, au-dessus de 10 °C l’hiver ; le soleil de midi brûle ses frondes.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Polypodiacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- -1 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10 à 12 : c’est la plus résistante des cornes d’élan, qui supporte une brève descente vers -1 °C, mais aucun gel durable. En France, elle se cultive à l’intérieur, au-dessus de 10 °C l’hiver.
Dimensions : 50 à 90 cm d’envergure en appartement, avec des frondes fertiles retombantes de 40 à 80 cm de long. Une vieille plante entourée de ses rejets peut dépasser 1 m de diamètre.
Floraison : Aucune : fougère, elle se reproduit par spores, portées en plaques brunes sous l’extrémité de ses frondes fertiles.
Substrat : Aucune terre : épiphyte, elle se fixe sur une planche ou une plaque de liège garnie de sphaigne, ou pousse en panier dans un mélange d’écorce de pin et de sphaigne. pH légèrement acide, de 5,5 à 6,5.
Exposition : Lumière vive et indirecte, ou mi-ombre lumineuse ; un soleil doux du matin lui convient, celui de midi brûle ses frondes.
Arrosage : Par trempage plutôt qu’à l’arrosoir : plonger le support 10 à 20 minutes dans une eau douce tiède tous les 5 à 7 jours d’avril à septembre, tous les 10 à 15 jours d’octobre à mars. Laisser sécher la sphaigne entre deux trempages.
Durée de vie : Fougère vivace persistante et très longévive, qui vit plusieurs dizaines d’années et se transmet parfois d’une génération à l’autre.
Multiplication : Prélèvement des rejets avec leurs racines d’avril à début juillet, fixés sur une planche garnie de sphaigne.
Arrosage & entretien
Arrosage : D’avril à septembre, tremper la planche ou le panier 10 à 20 minutes dans une eau douce tiède tous les 5 à 7 jours, puis laisser égoutter avant de raccrocher. D’octobre à mars, espacer à 10 à 15 jours en attendant toujours que la sphaigne soit sèche au toucher, et brumiser le feuillage tous les 2 à 3 jours tant que le chauffage tourne.
Fertilisation : Un engrais pour plantes vertes à demi-dose, ajouté une fois par mois à l’eau du trempage, d’avril à début septembre. Rien en hiver : épiphyte, elle se contente de peu et l’excès d’engrais brûle ses racines.
Rempotage : Pas de rempotage à proprement parler : tous les 3 à 5 ans au printemps, quand la plante déborde, visser l’ancienne planche sur une plus grande garnie de sphaigne neuve. On ne décolle jamais la plante de son support, auquel ses racines sont soudées.
Taille : Aucune taille : les frondes stériles qui brunissent à la base forment le bouclier qui protège les racines et retient l’eau, et ne se coupent jamais. Seule une fronde fertile entièrement sèche s’enlève, coupée à sa base.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive et tamisée, l’équivalent de 4 à 6 heures de clarté par jour, avec au plus 1 ou 2 heures de soleil doux du matin. Trop d’ombre donne des frondes allongées et molles, et le soleil de midi les grille.
Emplacement : À l’intérieur, accrochée au mur ou suspendue près d’une fenêtre à l’est, dans une pièce claire où l’air reste un peu humide, comme une salle de bains lumineuse. Loin des radiateurs, dont l’air chaud et sec dessèche la pointe des frondes.
Substrat : Une planche de bois imputrescible ou une plaque de liège, garnie d’une épaisse couche de sphaigne sous la plante. En panier, un mélange grossier d’écorce de pin, de sphaigne et d’un peu de terreau de feuilles.
pH : Légèrement acide, de 5,5 à 6,5, ce qu’assurent d’elles-mêmes la sphaigne et l’écorce. L’eau calcaire laisse des dépôts blancs sur le support : l’eau de pluie lui convient mieux.
Drainage : Primordial : la sphaigne doit sécher entre deux trempages, et un support qui reste mouillé fait noircir puis pourrir la base des frondes. L’excès d’eau tue la corne d’élan bien plus souvent que la soif.
Multiplication
Séparation des rejets : d’avril à début juillet, dégager au couteau propre un rejet qui a déjà ses propres frondes de base, en gardant ses racines et un peu de sphaigne. Le fixer avec un fil de nylon sur sa propre planche garnie de sphaigne humide, puis le tenir à l’intérieur, en lumière vive tamisée et bien humide, jusqu’à la reprise. Le prélèvement d’un rejet avec ses racines réussit dans la plupart des cas ; laissés en place, les rejets forment une colonie, et la division n’a rien d’obligatoire.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : ni fronde ni morceau de bouclier ne s’enracinent.
Semis :
SemerPas de graines, c’est une fougère : on sème les spores brunes du dessous des frondes fertiles en surface d’une sphaigne ébouillantée, sous couvercle transparent, à la lumière et à 21 à 24 °C. Les premières pousses apparaissent en 1 à 3 mois, mais il faut 1 à 2 ans pour une petite plante : une affaire de passionné, qui reproduit fidèlement l’espèce.
Récolter les grainesPas de graines en culture : c’est une fougère, qui se reproduit par spores. Les récolter quand les plaques brunes du dessous des frondes fertiles deviennent poudreuses, en grattant à la lame une fronde posée la veille sur une feuille de papier blanc. Il n’y a ni second pied à réunir ni pollinisateur à attendre : la fécondation se fait plus tard, sur le semis humide. Gardées au sec dans une enveloppe, les spores restent bonnes un an environ, mais lèvent mieux fraîches.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le rhizoctone, favorisé par un support qui ne sèche jamais, couvre la base des frondes et le bouclier de taches noires qui s’étendent vite ; espacer les trempages et aérer, car c’est l’humidité constante qui l’entretient. Une sphaigne toujours détrempée fait aussi pourrir les racines, et la plante s’affaisse. Les plaques brun roux, veloutées et régulières sous la pointe des frondes fertiles ne sont pas une maladie : ce sont les spores.
Parasites fréquents : Les cochenilles, dont la cochenille des fougères, forment de petites écailles allongées blanches ou brunes sur les frondes, et les cochenilles farineuses se logent sous le bouclier. Les araignées rouges apparaissent en air très sec et ternissent les frondes. Retirer les cochenilles à l’ongle ou au bâtonnet, car la plante supporte mal les huiles et beaucoup d’insecticides.
Prévention : Laisser sécher la sphaigne entre deux trempages et garder l’air en mouvement autour de la plante. Ne jamais essuyer ni lustrer les frondes, dont le duvet protecteur part au moindre frottement. Inspecter les deux faces des frondes et le dessous du bouclier toutes les 3 à 4 semaines.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue chez l’humain, pour aucune partie de la plante.
Toxicité animaux : Non toxique pour le chien, le chat et le cheval selon les bases de référence américaines, dont celle de l’université d’État de Caroline du Nord.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit. Un chat qui mâchonne les frondes risque tout au plus une gêne digestive passagère, comme avec n’importe quelle plante.
Précautions : Fixer solidement le support, qui pèse lourd une fois gorgé d’eau, et le suspendre hors de portée des chats, qui abîment les frondes plus qu’ils ne s’en rendent malades. Ranger l’engrais hors d’atteinte.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les orchidées Phalaenopsis, qui demandent la même lumière tamisée et s’arrosent elles aussi par trempage. La fougère nid d’oiseau (Asplenium nidus), autre fougère épiphyte, qui aime le même air un peu humide et la même chaleur. Les Tillandsia, fixés comme elle sur du bois, qui se trempent au même rythme et complètent un mur d’épiphytes.
Associations à éviter : Les cactées et plantes grasses, qui réclament un soleil direct qui grillerait ses frondes et un air sec qui les dessécherait. Un agrume ou un laurier-rose rentrés pour l’hiver, souvent porteurs de cochenilles qui passeraient sur ses frondes.
Conseil : Grouper ces épiphytes dans une salle de bains claire, où la vapeur de la douche limite le besoin de brumisation, et les tremper tous le même jour dans la baignoire. Les laisser égoutter sur le rebord avant de les raccrocher.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Plante fixée sur une planche garnie de sphaigne ou cultivée en panier suspendu, à l’intérieur, en lumière vive sans soleil de midi, entre 15 et 24 °C et jamais sous 10 °C l’hiver.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Bassinage | D’avril à septembre : tous les 5 à 7 jours ; d’octobre à mars : tous les 10 à 15 jours | Plonger la planche ou le panier jusqu’à ce que la sphaigne et la base des frondes soient gorgées d’eau, puis laisser égoutter avant de raccrocher. Attendre que la sphaigne soit sèche au toucher avant le trempage suivant, car l’excès d’eau la tue plus sûrement que la soif. |
| Brumisation | De mi-octobre à mi-avril : tous les 2 à 3 jours | L’air sec du chauffage fait brunir la pointe des frondes. Brumiser le matin, pour que le feuillage sèche avant la nuit. |
| Engrais liquide | De début avril à mi-septembre : chaque mois | Épiphyte, elle se nourrit dans la nature des débris qui s’accumulent derrière ses frondes stériles et se contente de peu. Trop d’engrais brûle ses racines et brunit la pointe des frondes. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : toutes les 3 à 4 semaines | Les cochenilles forment de petites écailles brunes ou blanches, à ne pas confondre avec les plaques de spores, brun roux et veloutées sous la pointe des frondes fertiles. Les retirer une à une à l’ongle ou au bâtonnet, car la plante supporte mal les huiles et beaucoup d’insecticides. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De janvier à décembre | Couper la fronde fertile morte à sa base. Les frondes rondes plaquées contre le support brunissent naturellement en vieillissant : elles protègent les racines et retiennent l’eau, et ne s’enlèvent jamais. |
| Dépoussiérage du feuillage | De janvier à décembre | Le fin duvet argenté qui couvre les frondes les protège du dessèchement : on ne l’essuie ni ne le lustre jamais. Rincer plutôt la plante en pluie fine, le jour d’un trempage. |
| Renouvellement du substrat | De début avril à mi-juin, tous les 3 ans | Visser l’ancienne planche sur une plus grande garnie de sphaigne neuve, sans jamais décoller la plante, dont les racines sont soudées au bois. Glisser aussi un peu de sphaigne sous le bord des frondes stériles, puis maintenir le tout avec du fil de nylon. |
| Division de touffe | De début avril à mi-juillet | Détacher le rejet avec ses racines et le fixer sur sa propre planche garnie de sphaigne humide. Laissés en place, les rejets forment avec les années une colonie en boule, et la division n’a rien d’obligatoire. |