Fougère · Dryoptéridacées
Fougère à soies Polystichum setiferum
Aussi appelé : Polystic à soies, Polystic sétifère, Soft shield fern
La fougère à soies est une fougère persistante des sous-bois frais d’Europe de l’Ouest, présente à l’état sauvage en France. Elle forme un entonnoir évasé de 60 à 100 cm de haut pour 80 à 120 cm de large, aux frondes molles et très finement découpées, qui restent vertes tout l’hiver. Elle demande l’ombre ou la mi-ombre et un sol humifère, frais en permanence mais drainé. Rustique jusque vers -20 °C, elle ne craint que le soleil direct, qui brûle ses frondes tendres, et la sécheresse du sol.
- Type
- Fougère
- Famille
- Dryoptéridacées
- Exposition
- Ombre
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 6, rustique jusque vers -20 °C, donc partout en France métropolitaine. Le feuillage reste vert tout l’hiver et ne brunit qu’en dessous de -10 à -12 °C, sans que la souche en souffre.
Dimensions : 60 à 100 cm de haut pour 80 à 120 cm d’étalement, en entonnoir évasé. Les frondes sont molles au toucher, très finement découpées, et leur pétiole porte les écailles brun clair qui ont donné son nom à l’espèce.
Floraison : Aucune : fougère, elle se reproduit par spores, portées sous les frondes en petits amas bruns à la fin de l’été.
Substrat : humifère et souple, moitié terre de jardin et moitié terreau de feuilles, frais mais drainé. pH idéal entre 5,5 et 7,5.
Exposition : ombre à mi-ombre, jamais de soleil d’après-midi. Une lumière indirecte lui suffit, et le soleil direct brûle ses frondes tendres.
Arrosage : garder le sol frais en permanence, tous les 4 à 7 jours en été, tous les 10 à 15 jours au printemps, tous les 12 à 15 jours à l’automne, rien du tout l’hiver.
Durée de vie : vivace, une touffe vit 20 ans et davantage. Une division tous les 5 ans environ suffit à la rajeunir indéfiniment.
Multiplication : Division des touffes en mars et avril, au départ de la végétation, ou bulbilles des frondes en fin d’été.
Arrosage & entretien
Arrosage : au pied, jamais dans le cœur de la touffe, tous les 4 à 7 jours de la mi-juin à début septembre, tous les 10 à 15 jours au printemps et tous les 12 à 15 jours à l’automne. L’hiver, la pluie suffit : un dessèchement complet ne se rattrape pas, mais une terre détrempée fait pourrir la couronne.
Fertilisation : aucun engrais en pleine terre, le paillis de terreau de feuilles renouvelé chaque printemps la nourrit entièrement. En pot seulement, un engrais liquide à demi-dose une fois par mois d’avril à août.
Rempotage : rien à faire en pleine terre. En pot, tous les 2 ou 3 ans au début du printemps, dans un mélange terreau de feuilles, terreau et une poignée de sable grossier, en gardant la couronne au niveau de la surface.
Taille : couper les frondes de l’an passé à la base en fin d’hiver, au moment où les crosses pointent, et pas avant : elles protègent le cœur du gel. En cours de saison, retirer simplement les frondes cassées.
Exposition & substrat
Exposition : ombre claire ou mi-ombre, 2 heures de soleil doux du matin au maximum. C’est une fougère de sous-bois, la lumière indirecte lui va mieux que n’importe quel rayon direct.
Emplacement : extérieur toute l’année, en pied de mur nord ou est, ou sous un arbre caduc. Elle redoute surtout les courants d’air secs, qui recroquevillent les frondes bien avant que le sol ne manque d’eau.
Substrat : moitié terre de jardin, moitié terreau de feuilles, avec une poignée de sable grossier au fond du trou. Souple et aéré compte autant que riche.
pH : 5,5 à 7,5. Elle accepte un sol neutre à légèrement calcaire, ce que beaucoup de fougères de sous-bois refusent, et n’exige donc pas de terre de bruyère.
Drainage : indispensable malgré son besoin de fraîcheur. L’eau qui stagne l’hiver au creux de la couronne est la cause d’échec la plus fréquente : planter la souche légèrement surélevée règle le problème.
Multiplication
Division : en mars et avril, soulever la touffe et la fendre à la bêche en éclats portant chacun un cœur et des racines, puis replanter à la même profondeur et arroser. La division de la touffe, au départ de la végétation, réussit à coup sûr.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : une fronde coupée ne s’enracine pas, sauf chez les formes à bulbilles décrites plus bas.
Semis :
SemerPas de graines, c’est une fougère : on sème les spores à la fin de l’été en surface d’un terreau fin ébouillanté, sous couvercle transparent, à l’ombre lumineuse et vers 18 à 20 °C. Les premières pousses apparaissent en 1 à 2 mois, mais une petite plante demande un an, et les formes aux frondes très découpées ne se reproduisent pas toutes fidèlement.
Récolter les grainesPas de graines en culture : c’est une fougère, qui se reproduit par spores. Couper en fin d’été une fronde dont les petits amas bruns du revers deviennent poudreux et la poser sur un papier blanc, au sec, où elle libère en 1 à 2 jours une fine poussière brune. Aucun second pied n’est nécessaire, la fécondation se faisant plus tard sur le semis humide ; certaines formes très découpées portent en revanche peu de spores fertiles. Gardées au sec dans une enveloppe, les spores restent bonnes un an environ.
Division et autres méthodes : Chez les formes à bulbilles, couper en septembre une fronde chargée de plantules et l’épingler à plat sur un terreau humide, sous abri : elles s’enracinent en quelques semaines et se repiquent au printemps.
Maladies & parasites
Maladies courantes : quasiment aucune, c’est une plante saine. En situation confinée et trop humide, des taches brunes ou noires apparaissent sur quelques frondes, qu’il suffit de couper à la base. La seule atteinte grave est la pourriture de la couronne en sol détrempé, et elle ne se traite pas, elle s’évite au drainage.
Parasites fréquents : limaces et escargots dévorent les crosses au printemps, et le dégât est définitif puisque la fronde restera difforme toute l’année. En pot, les larves d’otiorhynque rongent les racines et font flétrir la touffe entière sans signe annonciateur. Les cochenilles farineuses sont rares et cantonnées aux sujets abrités.
Prévention : pailler généreusement mais dégager le cœur de la touffe. Protéger les crosses en mars et avril, c’est la seule période vraiment sensible. Arroser au pied et le matin plutôt que sur le feuillage le soir.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune toxicité documentée pour cette espèce. Elle n’est pas comestible pour autant, et ses crosses ne se consomment pas, contrairement à celles de quelques autres fougères.
Toxicité animaux : le polystic à soies ne figure pas parmi les plantes toxiques pour le chien et le chat. Deux fougères voisines, elles, le sont réellement : la fougère mâle, Dryopteris filix-mas, dont le rhizome est dangereux, et la fougère aigle, Pteridium aquilinum, toxique pour le bétail et le cheval.
Symptômes : rien de décrit. Au pire un trouble digestif passager si un animal mâchonne une grande quantité de frondes.
Précautions : aucune précaution particulière, ni pour les enfants ni pour les animaux. La seule vigilance utile porte sur l’identification : ne pas confondre une touffe de polystic avec une fougère mâle si l’on cueille quoi que ce soit.
Associations de plantes
Bonnes associations : l’hellébore, qui demande la même ombre fraîche et fleurit en plein hiver quand la fougère est encore verte. L’hosta, dont les larges feuilles contrastent avec les frondes découpées et qui partage exactement ses besoins d’eau. L’épimédium, qui couvre le sol au pied de la touffe sans jamais monter dedans.
Associations à éviter : le lierre et la petite pervenche, qui grimpent dans la couronne et l’étouffent en deux saisons. Les bambous et les érables à racines superficielles, qui assèchent le sol plus vite qu’on ne l’arrose. La lavande et les cistes, dont le plein soleil et la terre sèche sont l’exact inverse de ce qu’elle demande.
Conseil : la planter légèrement surélevée, couronne juste au-dessus du niveau du sol, pour que l’eau ne stagne jamais au cœur. Et lui réserver 1 m carré : elle s’étale toujours plus que prévu, et une touffe serrée entre deux voisines perd sa belle forme d’entonnoir.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe installée en pleine terre, à l’ombre ou à la mi-ombre d’un mur nord ou d’un arbre caduc, en sol humifère, frais, drainé et à l’abri des vents secs.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mars à mi-juin : tous les 10 à 15 jours ; de mi-juin à mi-septembre : tous les 4 à 7 jours ; de mi-septembre à fin octobre : tous les 12 à 15 jours | Le polystic ne repart pas d’un dessèchement complet : garder le sol frais sans le détremper, plus souvent aux fortes chaleurs, et rien du tout l’hiver où la pluie suffit. |
| Rabattage | De mi-février à fin mars | Couper à la base les frondes de l’an passé, couchées ou brunies, au moment où les nouvelles crosses sortent. Les laisser jusque-là protège le cœur du gel, c’est tout l’intérêt d’une fougère persistante. |
| Paillage | De début mars à mi-avril | Renouveler le paillis avant les chaleurs pour garder le sol frais ; en se décomposant, c’est lui qui nourrit la fougère, qui ne demande aucun engrais. |
| Division de touffe | De début mars à mi-avril, tous les 5 ans | Soulever la touffe au départ de végétation et la fendre à la bêche, pour rajeunir un centre qui se dénude et multiplier les sujets. |
| Inspection parasitaire | De mi-mars à fin mai | Inspecter le soir pendant le déroulement des crosses : une crosse entamée ne se répare pas et donnera une fronde difforme pour toute l’année. |