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Arbuste · Rosacées

Potentille arbustive Potentilla fruticosa

Aussi appelé : Potentille ligneuse, Potentille frutescente, Potentille buissonnante, Shrubby cinquefoil

La potentille arbustive est un petit arbuste caduc des montagnes et des régions froides de l’hémisphère Nord, parmi les plus rustiques des arbustes de massif : elle supporte -40 °C. Elle forme une touffe dense et arrondie de 0,60 à 1,20 m de haut, couverte de fin mai aux premières gelées de fleurs en coupe jaunes, blanches, orange ou roses. Elle se contente de tout sol drainé, même pauvre, caillouteux ou calcaire, et ne réclame d’arrosage que la première année. Elle ne redoute que l’argile gorgée d’eau en hiver, et se dégarnit vers 10 ans si on ne la rabat jamais.

Potentille arbustive (Potentilla fruticosa)
Photo : Franz Xaver, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Rosacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-40 °C
Floraison
De mai à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 2, la potentille arbustive supporte -40 °C. C’est l’un des arbustes de massif les plus rustiques, à l’aise en montagne comme en plaine.

Dimensions : 0,60 à 1,20 m de haut pour 0,80 à 1,50 m d’étalement selon la variété, en touffe dense et arrondie.

Floraison : De fin mai aux premières gelées, des fleurs en coupe de 2 à 3 cm, jaune d’or dans le type, blanches, crème, orange, roses ou rouges selon les variétés, sans parfum. Les teintes rouges et orange pâlissent au plein soleil de juillet.

Substrat : Tout sol drainé, même pauvre, caillouteux ou calcaire ; pH idéal entre 6 et 7,5. Elle ne redoute que l’argile gorgée d’eau en hiver.

Exposition : Plein soleil pour la floraison la plus abondante ; les variétés rouges et orange gardent mieux leur couleur à mi-ombre, où elles ne virent pas au rose.

Arrosage : Tous les 7 à 10 jours de mai à septembre la première année, environ 5 L. Ensuite plus rien, sauf après 3 semaines de sécheresse d’affilée.

Durée de vie : Vivace ligneuse de 15 à 20 ans ; elle se dégarnit vers 10 ans si elle n’est jamais rabattue.

Multiplication : Bouturage de pousses latérales à demi lignifiées en août et septembre, sous châssis froid et à l’étouffée.

Arrosage & entretien

Arrosage : De mai à septembre, tous les 7 à 10 jours la première année, au pied. Installée, elle se passe d’eau ; en bac en revanche, arroser dès que les deux premiers centimètres du substrat sont secs, soit deux à trois fois par semaine en plein été.

Fertilisation : Une poignée de compost griffée au pied en mars, et rien d’autre de l’année. Un engrais riche en azote donne des pousses molles et moins de fleurs.

Rempotage : En bac, tous les 2 à 3 ans en mars, dans un mélange de terreau et de terre franche additionné d’un tiers de sable ou de pouzzolane. Profiter du rempotage pour raccourcir les racines qui tournent au fond du pot.

Taille : Indispensable : rabattre d’un tiers chaque année entre mi-février et mi-mars, la floraison venant sur le bois de l’année. Tous les 4 à 5 ans, un rabattage à 15 cm du sol refait un pied jeune.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 heures au minimum : c’est la condition d’une floraison continue de mai à octobre. Elle accepte une mi-ombre lumineuse, avec un tiers de fleurs en moins.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en massif, en bordure, en haie basse ou en bac ; toutes les orientations lui vont sauf le nord franc.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, plutôt pauvre et caillouteuse, allégée de sable ou de gravier en terrain lourd.

pH : De 6 à 7,5 ; le calcaire ne la gêne pas.

Drainage : Drainage impératif : l’humidité stagnante de l’hiver la tue bien plus sûrement que le froid ou la sécheresse. En sol argileux, planter sur une butte de 10 cm.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : prélever des pousses latérales de 8 à 10 cm, à talon si possible, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous châssis froid, à l’ombre et à l’étouffée. Elles s’enracinent en 4 à 6 semaines et passent l’hiver sous le châssis avant d’être plantées au printemps. Le bouturage de pousses latérales à demi lignifiées en août et début septembre, sous châssis froid, reprend facilement ; comme le marcottage et la division, il garde la couleur exacte d’une variété.

Les autres méthodes

Semis :

SemerL’espèce se sème à l’automne en terrine dehors, graines couvertes de 1 à 2 mm, la levée venant au printemps suivant. Les variétés de jardin ne se reproduisent pas fidèlement : les plants donnent surtout des fleurs jaunes.

Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : ses pieds portent le plus souvent des fleurs d’un seul sexe. Les petits akènes velus mûrissent en septembre et octobre au cœur des fleurs fanées, qui brunissent : les frotter entre les doigts au-dessus d’un sac pour recueillir les graines. Pollinisée par les insectes, la potentille porte le plus souvent des fleurs fonctionnellement mâles ou femelles sur des pieds séparés : un pied isolé, ou une variété d’un seul sexe, peut rester sans graines, et les semis retournent surtout au type de l’espèce, à fleurs jaunes. Pour l’espèce, les graines du commerce sont plus sûres ; au sec et au frais, elles restent bonnes 2 ans environ.

Division et autres méthodes : Le marcottage simple d’une branche basse au printemps, entaillée, enterrée de 5 à 10 cm et maintenue par un crochet, s’enracine dans l’année et se sèvre à l’automne. Une vieille touffe aux tiges nombreuses se divise aussi en mars à la bêche, chaque éclat gardant des racines.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium est à peu près la seule : feutrage blanc sur les jeunes pousses en fin d’été, en situation confinée ou trop ombragée. Aérer la touffe et supprimer les arrosages du soir sur le feuillage suffisent le plus souvent. Un traitement au soufre se justifie seulement si l’attaque revient chaque année.

Parasites fréquents : Les araignées rouges apparaissent par été sec et chaud : feuillage gris et piqueté, fine toile au revers des feuilles. Bassiner le feuillage au jet le matin, par temps chaud, les fait fuir. Les pucerons restent rares et sans gravité.

Prévention : Espacer les plants de 80 cm pour que l’air circule entre les touffes. Le rabattage annuel renouvelle entièrement le bois et supprime la plupart des foyers avant le printemps. Préférer le plein soleil, où l’oïdium s’installe beaucoup moins.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, ni dans les feuilles, ni dans les fleurs, ni dans les tiges. C’est une rosacée dont plusieurs cousines se consomment en tisane.

Toxicité animaux : Non toxique pour le chien, le chat, les rongeurs et les chevaux ; elle ne figure sur aucune liste de plantes dangereuses, ASPCA comprise.

Symptômes : Aucun symptôme rapporté, par ingestion comme par contact. Une ingestion massive de feuillage peut tout au plus provoquer un vomissement mécanique chez un chien, comme n’importe quel végétal.

Précautions : Aucune précaution particulière : c’est un des arbustes à retenir pour un jardin où jouent enfants et animaux. Se laver les mains après la taille relève de l’hygiène ordinaire, pas d’un risque propre à la plante.

Associations de plantes

Bonnes associations : Lavande, népéta et gaura, qui partagent le plein soleil, le sol drainé et la sobriété en eau, et dont les bleus et les mauves relèvent le jaune des potentilles. Les graminées basses, fétuque bleue ou stipa, lui font une bordure de même culture et de même silhouette.

Associations à éviter : Hortensias, fougères et astilbes, qui réclament un sol frais toute la saison : arroser pour eux revient à noyer la potentille. Éviter aussi de la placer au pied d’un arbuste étalé qui la couvrirait, car elle cesse de fleurir dès qu’elle passe à l’ombre.

Conseil : Planter par groupes de trois à cinq pieds espacés de 80 cm plutôt qu’en sujet isolé, où elle fait peu d’effet. La masse tient alors le massif fleuri de mai aux gelées, période où presque tout le reste s’arrête.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet planté en pleine terre, en massif, en bordure ou en haie basse, en plein soleil et en sol drainé même pauvre ; les rythmes d’arrosage valent pour la première année.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à septembre : tous les 7 à 10 jours Arroser tous les 7 à 10 jours de mai à septembre la première année, le temps que les racines descendent. Ensuite, seules 3 semaines sans pluie en plein été justifient un apport : elle souffre bien plus de l’excès d’eau que du manque.la première saison seulement, environ 5 L
RabattageEssentiel De mi-février à fin mars Raccourcir toutes les pousses d’un tiers en fin d’hiver : la potentille fleurit sur le bois de l’année et se dégarnit par le bas si on la laisse faire. C’est la seule intervention vraiment indispensable de son calendrier.d’un tiers, au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur
Taille de structureUtile En mars, tous les 5 ans Tous les 4 à 5 ans, rabattre sévèrement l’arbuste pour refaire une charpente jeune sur un pied devenu ligneux et creux au centre. La floraison est plus tardive et plus légère cette année-là, puis revient fournie.rajeunissement à 15 cm du sol
Compost, amendementOptionnel De début mars à mi-avril Une poignée de compost griffée au pied en sortie d’hiver suffit pour l’année entière. Trop nourrie, la potentille fait des pousses molles et fleurit moins.sol pauvre uniquement, à dose légère
PaillageUtile De début avril à mi-mai Pailler au printemps pour garder le pied frais, ses racines étant très superficielles. En terre argileuse, préférer gravier ou pouzzolane à l’écorce, l’humidité stagnante au collet lui étant fatale.paillis minéral en terrain lourd, 5 cm
FloraisonOptionnel De mi-mai à mi-octobre Elle fleurit de la fin mai aux premières gelées, ce qu’aucun autre petit arbuste de massif ne tient aussi longtemps. Les variétés rouges et orange pâlissent au soleil brûlant de juillet, les jaunes et les blanches gardent leur couleur.près de 5 mois de fleurs sans interruption
Inspection parasitaireUtile De début juin à mi-septembre Surveiller le feutrage blanc de l’oïdium sur les jeunes pousses, surtout à mi-ombre et en air confiné, et le piqueté gris des araignées rouges en été sec. Aérer la touffe et éviter d’arroser le feuillage le soir règlent l’essentiel.oïdium en fin d’été, araignées rouges par forte chaleur
Fleurs fanéesOptionnel De juillet à août Un coup de cisaille sur les fleurs fanées au cœur de l’été relance une seconde vague jusqu’aux gelées. Le geste reste facultatif : la potentille refleurit de toute façon, simplement un peu moins dense.cisaillage léger de l’ensemble de la touffe
BouturageOptionnel De début août à mi-septembre Prélever des pousses latérales à demi lignifiées en fin d’été et les repiquer à l’ombre sous châssis froid : la reprise est facile et rapide. C’est la seule façon de conserver la couleur exacte d’une variété.boutures semi-aoûtées de 10 cm