Vivace · Boraginacées
Pulmonaire Pulmonaria officinalis
Aussi appelé : Pulmonaire officinale, Herbe aux poumons, Herbe au lait de Notre-Dame, Lungwort
La pulmonaire est une vivace des sous-bois d’Europe, indigène en France, reconnaissable à ses feuilles tachées de blanc et à ses clochettes roses qui virent au bleu violacé. Elle forme un tapis de 25 à 30 cm de haut, 35 cm en fleurs, qui s’étend lentement par ses rhizomes. Elle demande l’ombre ou la mi-ombre et une terre riche en humus qui ne sèche jamais. Le froid ne l’atteint pas, mais 2 heures de soleil direct en été brûlent ses feuilles et la chaleur sèche la fait souffrir.
- Type
- Vivace
- Famille
- Boraginacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mars à mai
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3 à 8, soit au-delà de -30 °C, rustique partout en France sans aucune protection. Sa vraie limite est la chaleur sèche de l’été, pas le froid.
Dimensions : 25 à 30 cm de haut pour le feuillage, 35 cm avec les hampes florales, et 40 à 45 cm d’étalement. Elle s’étend lentement en tapis par de courts rhizomes.
Floraison : De mars à début mai, parfois dès fin février, des clochettes roses qui virent au bleu violacé en vieillissant, si bien que les deux couleurs se côtoient sur la même tige. Sans parfum, elles sont l’une des premières ressources des bourdons.
Substrat : Terre de sous-bois riche en humus, souple et fraîche, additionnée de terreau de feuilles. Elle supporte le calcaire, contrairement à beaucoup de vivaces d’ombre.
Exposition : Ombre à mi-ombre, idéalement sous des arbres caducs qui laissent passer le soleil de mars et l’ombragent en juillet. 2 heures de soleil direct en été suffisent à brûler ses feuilles.
Arrosage : Tous les 3 à 5 jours de juin à août, tous les 7 à 10 jours au printemps. Le sol ne doit jamais sécher complètement, même quelques jours.
Durée de vie : Vivace herbacée de longue vie, qui occupe la même place 15 ans et plus. Une division tous les 4 ans suffit à la maintenir vigoureuse.
Multiplication : Division des touffes en septembre ou début octobre, quand le sol est encore chaud, tous les 4 ans environ.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours de mars à mai, tous les 3 à 5 jours de juin à août, espacé en automne et nul en hiver. Arroser abondamment au pied plutôt que souvent et peu, le feuillage n’aimant pas rester mouillé.
Fertilisation : 2 à 3 cm de compost ou de terreau de feuilles à la fin de l’hiver, une seule fois par an. Aucun engrais minéral : il produit un feuillage tendre qui prend l’oïdium.
Rempotage : Culture en pot déconseillée, la motte y séchant beaucoup trop vite pour elle. En pleine terre, c’est la division de septembre, tous les 4 ans, qui tient le rôle du rempotage.
Taille : Rabattre toute la touffe à 5 cm du sol juste après la floraison, fin mai ou en juin, pour obtenir un feuillage neuf et bien marbré jusqu’à l’hiver. Un second rabattage est possible en août si l’oïdium a gagné l’ensemble.
Exposition & substrat
Exposition : Ombre claire à mi-ombre, sans soleil direct après 11 h de mai à septembre. Le soleil de mars, quand les arbres sont encore nus, ne lui fait aucun mal et nourrit au contraire sa floraison.
Emplacement : Extérieur toute l’année, au nord ou à l’est d’un mur, ou sous le couvert d’arbres et d’arbustes caducs. Elle réussit là où presque rien d’autre ne fleurit au mois de mars.
Substrat : Terre riche en humus, profonde et souple, mêlée de terreau de feuilles ou de compost bien décomposé. Une terre pauvre et sableuse la condamne dès le premier été sec.
pH : 6 à 7,5, avec une bonne tolérance au calcaire jusqu’à 8. C’est l’une des rares vivaces d’ombre qui ne redoute pas un sol calcaire.
Drainage : Sol frais mais drainé : elle veut l’humidité constante, jamais l’eau stagnante. Un hiver passé les racines dans l’eau fait pourrir les rhizomes.
Multiplication
Division : de touffe de septembre à début octobre, ou juste après la floraison : soulever la touffe à la fourche, la séparer à la main ou au couteau en éclats munis de racines et de bourgeons, et replanter aussitôt. Arroser copieusement jusqu’aux gelées. La division de la touffe réussit presque toujours.
Les autres méthodes
Bouturage : La bouture de tige ne se pratique pas. La bouture de racine est possible en hiver : tronçons de 5 cm couchés à 1 cm sous un mélange de terreau et de sable, sous châssis froid, qui bourgeonnent au printemps.
Semis :
SemerSemer dès la récolte en juin, dehors en terrine à l’ombre, graines juste couvertes de 2 mm de terreau ; la levée, irrégulière, se fait après l’hiver. Les plantes se ressèment seules mais s’hybrident, les graines ne reproduisent donc pas fidèlement la plante.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : chaque pied ne porte qu’une des 2 formes de fleurs. Les graines mûrissent dans le calice 4 à 6 semaines après la floraison, en mai ou juin, et tombent vite : surveiller les calices qui brunissent et les secouer dans un sachet. Elles perdent leur faculté germinative en quelques mois, d’où le semis dès la récolte. La pulmonaire porte deux formes de fleurs qui doivent se féconder l’une l’autre par les bourdons : une touffe seule, issue d’un même pied divisé, donne peu de graines, plusieurs pieds de semis en donnent davantage.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium est sa maladie signature, un feutrage blanc sur le dessus des feuilles dès que le sol sèche en été ; le remède est le rabattage complet, pas la pulvérisation. La pourriture du cœur apparaît en sol détrempé l’hiver ou sous un tapis épais de feuilles mortes collées. Des taches foliaires brunes surviennent parfois en fin de saison, sans conséquence réelle.
Parasites fréquents : Limaces et escargots dévorent les jeunes feuilles et les hampes florales au printemps, l’ombre humide leur convenant exactement ; ramassage du soir ou barrière sèche autour de la touffe. Les pucerons se tiennent parfois sur les hampes en avril, sans dégât notable. Aucun autre ravageur sérieux.
Prévention : Pailler et garder le sol frais supprime l’essentiel de l’oïdium, qui vient ici de la sécheresse au pied et non de l’humidité de l’air. Ne jamais arroser sur le feuillage. Rabattre chaque année après la floraison reste la mesure la plus efficace des trois.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible : la pulmonaire officinale a été consommée en soupe et en tisane pendant des siècles et ne présente pas de danger aigu. Comme les autres boraginacées elle peut toutefois contenir des traces d’alcaloïdes pyrrolizidiniques, toxiques pour le foie à dose répétée, ce qui écarte tout usage régulier ou prolongé.
Toxicité animaux : Non répertoriée comme toxique pour le chien, le chat ou le cheval. Un animal qui en mâche une feuille n’encourt rien.
Symptômes : Une ingestion ponctuelle ne provoque rien de notable. Les poils rudes du feuillage causent parfois une irritation cutanée légère chez les personnes sensibles, qui disparaît au lavage.
Précautions : Ne pas en faire une tisane régulière, en particulier pendant une grossesse ou en cas de maladie du foie ; un long usage traditionnel ne vaut pas preuve d’innocuité. Des gants suffisent pour la manipuler si votre peau réagit.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les hellébores fleurissent au même moment dans la même ombre fraîche, et leur feuillage coriace tranche avec le feuillage marbré de la pulmonaire. Les fougères prennent le relais visuel en juin, précisément quand la touffe rabattue laisse un vide. Les bulbes précoces, perce-neige et scilles, occupent le sol avant qu’elle ne s’étale et disparaissent à temps.
Associations à éviter : Les vivaces de plein soleil et de sol sec, lavande, sedum ou achillée, ne partagent ni son ombre ni ses arrosages d’été. Le lierre et la petite pervenche l’étouffent en deux saisons, couvrant le sol bien plus vite qu’elle. Le pied d’un conifère, d’un bouleau ou d’un érable plane offre une ombre sèche et un lacis de racines superficielles où elle grille malgré l’ombre.
Conseil : Installez-la à 40 cm d’un voisin qui prend du volume en été, fougère ou grand hosta, sans le planter au-dessus d’elle : le trou laissé par le rabattage de juin se comble alors tout seul et vous n’avez rien à replanter.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe installée en pleine terre à l’ombre ou à mi-ombre, sous le couvert d’arbres caducs, dans une terre riche en humus qui reste fraîche tout l’été.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à mai : tous les 7 à 10 jours ; de juin à août : tous les 3 à 5 jours ; de septembre à octobre : tous les 10 à 15 jours | Garder le sol frais en permanence de juin à août, la pulmonaire s’affaissant en quelques heures dès que la motte sèche. Un feuillage couché se relève après un arrosage copieux, mais garde des bords brûlés jusqu’au rabattage. |
| Inspection parasitaire | De mars à mai : tous les 5 à 7 jours ; de juin à septembre : tous les 10 à 15 jours | Regarder les jeunes feuilles et les hampes florales au printemps, quand une nuit humide suffit aux limaces pour tout dévorer dans cette ombre qui leur convient. À partir de juin, la surveillance porte sur le feutrage blanc du dessus des feuilles. |
| Compost, amendement | De mi-février à mi-mars | Apporter 2 à 3 cm de compost à la fin de l’hiver, avant le départ des hampes florales, pour reconstituer l’humus qui se minéralise chaque année. C’est toute la fertilisation qu’elle demande. |
| Floraison | De début mars à mi-mai | La floraison démarre dès mars, parfois fin février en climat doux, et fournit l’une des toutes premières ressources de nectar aux bourdons sortis d’hibernation. Ne rien rabattre tant qu’elle dure. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Pailler avant les premières chaleurs, seule façon de lui éviter le coup de sec de juillet sans arroser tous les 2 jours. Le paillis se décompose sur place et nourrit la touffe. |
| Rabattage | De mi-mai à fin juin | Rabattre à ras juste après la floraison pour déclencher une repousse de feuilles neuves et franchement marbrées, qui tiendront jusqu’à l’hiver. Le vieux feuillage de printemps se tache et prend l’oïdium si on le conserve. |
| Division de touffe | De début septembre à mi-octobre, tous les 4 ans | Diviser tous les 4 ans quand le sol est encore chaud et que les pluies reviennent, afin de rajeunir une touffe qui s’essouffle. Arroser copieusement les éclats replantés jusqu’aux gelées. |
| Ramassage des feuilles mortes | De début novembre à mi-décembre | Alléger le tapis de feuilles tombées des arbres sur la touffe, une couche épaisse et collée faisant pourrir le cœur pendant l’hiver. Les feuilles de platane et de marronnier sont les plus étouffantes. |