Arbre fruitier · Lythracées
Grenadier Punica granatum
Aussi appelé : Grenadier commun, Pomegranate
Le grenadier est un arbuste fruitier venu d’Iran et d’Asie centrale, cultivé depuis l’Antiquité autour de la Méditerranée pour ses fleurs rouge orangé et ses grenades. En pleine terre, il atteint 2 à 5 m de haut ; la forme naine ‘Nana’ plafonne vers 1 m et se contente d’un pot. Il réclame le plein soleil, une terre drainante et la chaleur d’août pour mûrir ses fruits. Installé, il supporte -12 à -15 °C ; au nord de la Loire, on le cultive en bac rentré hors gel l’hiver.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Lythracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -12 °C
- Floraison
- De juin à août
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 8 à 11, soit environ -12 à -15 °C pour un sujet installé en pleine terre ; les jeunes plants souffrent déjà vers -8 °C. Au nord de la Loire, la culture en bac avec hivernage hors gel est la règle.
Dimensions : 2 à 5 m de haut pour 2 à 4 m d’étalement en pleine terre. La forme naine ‘Nana’ plafonne vers 1 m et se contente d’un pot.
Floraison : De juin à fin août, des fleurs rouge orangé vif, en trompette ou en tonnelet, au calice charnu, sans parfum. Seules celles à calice renflé donnent un fruit : voir la moitié des fleurs tomber est normal.
Substrat : Terre drainante, même caillouteuse ou calcaire, allégée d’un tiers de sable grossier ou de pouzzolane en bac. pH de 5,5 à 7,5.
Exposition : Plein soleil, dans l’endroit le plus chaud et le plus abrité du jardin ; c’est la chaleur d’août qui décide du mûrissement.
Arrosage : Tous les 2 à 4 jours en bac au cœur de l’été, tous les 7 à 10 jours au printemps, une fois par mois pendant l’hivernage. La régularité compte plus que la quantité.
Durée de vie : Vivace de très longue vie, souvent plus de 50 ans, avec une pleine production entre la cinquième et la trentième année.
Multiplication : Bouturage de tiges ligneuses en janvier et février sous abri hors gel, ou prélèvement de rejets au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 2 à 4 jours de fin mai à début septembre en bac, tous les 7 à 10 jours au printemps, une fois par mois pendant l’hivernage. Les alternances sec puis détrempé font éclater les grenades juste avant la récolte.
Fertilisation : Engrais liquide pauvre en azote et riche en potasse, toutes les 2 à 3 semaines d’avril à fin août. Arrêt net début septembre, pour que le bois durcisse avant l’hiver.
Rempotage : Tous les 3 ans en fin d’hiver, dans un bac à peine plus grand, avec un mélange bien drainant. Il fleurit mieux légèrement à l’étroit, inutile de voir trop grand.
Taille : Fin février ou mars, avant le débourrement : éclaircir le centre, garder trois à cinq charpentières, arracher sans relâche les drageons du pied. Ne pas rabattre sévèrement, les fleurs naissent sur les rameaux courts de 2 à 3 ans.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures minimum ; la somme de chaleur estivale fait mûrir les fruits. À mi-ombre il fleurit peu et ne donne presque rien.
Emplacement : Dehors de mai à fin octobre, plein sud contre un mur qui restitue la chaleur ; hivernage en local frais et hors gel, entre 2 et 10 °C, au nord de la Loire. Le feuillage étant caduc, l’obscurité pendant l’hivernage ne pose aucun problème.
Substrat : Mélange de terre de jardin, de terreau et d’un tiers de sable grossier ou de pouzzolane. Il tolère les sols pauvres, calcaires et même légèrement salés.
pH : 5,5 à 7,5, avec un optimum vers 6,5. C’est une plante peu regardante sur ce point.
Drainage : Trou de drainage dégagé et soucoupe vidée après chaque arrosage, hiver compris. L’asphyxie racinaire par eau stagnante est de loin la première cause de perte en bac.
Multiplication
Bouturage : en janvier ou février, couper des tiges ligneuses de l’année de 20 cm, crayon d’épaisseur, et les enterrer aux deux tiers dans un mélange de terreau et de sable, sous abri lumineux hors gel. L’enracinement prend 6 à 10 semaines avec le retour de la chaleur ; une bouture semi-aoûtée en juillet, à l’étouffée vers 22 °C, réussit aussi. La bouture ligneuse reprend bien et reproduit exactement la plante mère. Un drageon prélevé au printemps est encore plus simple quand il y en a.
Les autres méthodes
Semis :
SemerAu printemps, à l’intérieur, semer des graines fraîches débarrassées de leur pulpe, couvertes de 5 mm de terreau, à 20 à 25 °C ; la levée prend 3 à 6 semaines. Les graines ne reproduisent pas fidèlement les variétés, et le plant ne fructifie qu’après 4 à 5 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : le grenadier est autofertile, aidé par les insectes et le vent. La grenade mûrit en octobre ou novembre, seulement dans le Midi ou sous abri, quand sa peau prend sa couleur et sonne creux ; une grenade du commerce bien mûre fournit aussi des graines qui germent. Garder le fruit entier au frais jusqu’au printemps et n’en extraire les graines qu’au moment de semer.
Division et autres méthodes : Rejets ou drageons en mars ou avril : dégager au pied un rejet déjà enraciné, le trancher net à la bêche et le rempoter. Le marcottage simple d’une branche basse, enterrée à 10 cm au printemps, se sèvre un an plus tard.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Espèce robuste, peu touchée : on rencontre surtout la cercosporiose, qui tache les fruits de marques noires liégeuses, et le botrytis qui fait pourrir les fleurs par temps humide. Supprimer les organes atteints et aérer la ramure suffit le plus souvent. L’éclatement des grenades n’est pas une maladie mais la marque d’un arrosage irrégulier.
Parasites fréquents : Les pucerons colonisent massivement les jeunes pousses en avril et mai ; les cochenilles farineuses s’installent aux aisselles, surtout après un hivernage en pièce chauffée. Dans le Midi, la mouche méditerranéenne des fruits pique les grenades en fin d’été. Jet d’eau pour les pucerons, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », alcool à 70 degrés au coton-tige pour les cochenilles, pièges à phéromone pour la mouche.
Prévention : Hiverner au frais plutôt qu’au chaud coupe court aux cochenilles. Inspecter le dessous des jeunes pousses chaque semaine en avril et mai, avant que la colonie ne s’installe. Ne pas forcer sur l’azote.
Toxicité
Toxicité humaine : Le fruit est comestible et sans danger. En revanche l’écorce de tige et surtout de racine contient des alcaloïdes, dont la pelletiérine, autrefois employée comme vermifuge et toxique à faible dose : aucune décoction maison d’écorce ou de racine.
Toxicité animaux : Le feuillage, l’écorce et la peau du fruit sont signalés comme irritants pour le chien et le chat, avec vomissements et diarrhée. Un morceau de fruit avalé entier, peau et cloisons comprises, expose en plus à un risque d’occlusion digestive.
Symptômes : Après ingestion : salivation, vomissements, diarrhée et abattement dans les heures qui suivent. Aucun effet connu par contact cutané, mais les rameaux portent des épines réellement piquantes.
Précautions : Ramasser les fruits tombés et les chutes de taille, qui sont ce que les animaux grignotent. Pour l’humain, consommer pulpe et arilles sans crainte et écarter peau, cloisons et écorce.
Associations de plantes
Bonnes associations : Lavande, romarin et sauge partagent son sol sec et drainant et attirent les pollinisateurs au moment de sa floraison. En bac, un couvre-sol de sedum garde la surface fraîche sans lui disputer l’eau. En pleine terre dans le Midi, olivier et figuier font des voisins aux besoins identiques.
Associations à éviter : Hortensias, camélias et azalées réclament un sol acide et constamment humide où il dépérit. Les vivaces gourmandes en eau, hostas ou astilbes, entretiennent à son pied une fraîcheur qu’il ne supporte pas. Éviter aussi de le serrer contre une haie haute, qui lui prendrait le soleil dont tout dépend.
Conseil : Un paillage minéral clair, gravier ou pouzzolane, sur la surface du bac renvoie la chaleur vers les fruits et avance le mûrissement de deux bonnes semaines dans les régions limites.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Grenadier en grand bac, dehors au plein soleil la belle saison et hiverné hors gel, conduite habituelle au nord de la Loire ; en pleine terre dans le Midi, les mêmes gestes valent sans les déplacements.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mars à mi-mai : tous les 7 à 10 jours ; de mi-mai à mi-septembre : tous les 2 à 4 jours ; de mi-septembre à fin octobre : tous les 7 à 12 jours ; de novembre à février : tous les 1 à 2 mois | En été, un bac au soleil boit tous les 2 à 4 jours ; pendant l’hivernage, un peu d’eau une fois par mois suffit à ne pas dessécher la motte. Ce sont les à-coups, sécheresse suivie d’un gros arrosage, qui font fendre les fruits en août. |
| Engrais liquide | D’avril à août : toutes les 2 à 3 semaines | Un arrosage fertilisant toutes les 2 à 3 semaines pendant la végétation soutient la floraison et le grossissement des fruits. L’azote seul donne des feuilles et pas une grenade. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe systématiquement, y compris en hiver où l’eau de pluie s’y accumule sans que personne ne la regarde. Les racines de grenadier pourrissent dans l’eau froide stagnante. |
| Taille de structure | De mi-février à fin mars | Éclaircir le centre et conserver trois à cinq charpentières à la fin de l’hiver, avant le débourrement. Un rabattage sévère supprime justement le vieux bois qui porte les fleurs. |
| Rempotage | De début mars à mi-avril, tous les 3 ans | Changer de bac tous les 3 ans environ, en fin d’hiver avant le départ de végétation, avec un mélange allégé de sable grossier ou de pouzzolane. Entre deux rempotages, un simple surfaçage annuel suffit. |
| Gourmands et rejets | D’avril à septembre | Arracher les rejets de la base et les pousses du tronc d’un coup sec plutôt que de les couper, car une coupe en fait repartir trois. Laissés en place, ils transforment l’arbre en buisson qui ne fructifie plus. |
| Sortie au printemps | De mi-avril à fin mai | Ressortir le bac dès que les gelées ne sont plus annoncées, à l’exposition la plus chaude du jardin. Sorti sans feuilles, il n’a rien à brûler et se passe de l’acclimatation progressive que réclament les plantes persistantes. |
| Floraison | De juin à août | Les fleurs à calice renflé en petit tonnelet nouent, celles en trompette étroite tombent sans rien donner, et ce sont les plus nombreuses. Voir la moitié des fleurs joncher le sol est normal et n’indique aucun problème. |
| Arrêt de l'engrais | En septembre | Cesser tout apport début septembre pour que les rameaux de l’année durcissent avant l’hivernage. Un bois encore tendre en novembre passe mal l’hiver, même à l’abri du gel. |
| Fructification, récolte | De mi-septembre à mi-novembre | Récolter au sécateur quand la peau vire du vert au rouge ou au brun clair et que le fruit sonne creux sous le doigt. Cueillie trop tôt, elle reste définitivement acide. |
| Rentrée à l'automne | De mi-octobre à fin novembre | Rentrer après la chute des feuilles, dans un garage ou une cave hors gel où il passera l’hiver au repos complet. Hiverné en pièce chauffée, il manque le froid dont il a besoin pour fleurir et sort couvert de cochenilles. |