Arbuste · Rosacées
Buisson ardent Pyracantha coccinea
Aussi appelé : Pyracantha, Arbre de Moïse, Firethorn
Le buisson ardent est un arbuste épineux persistant originaire du sud de l’Europe et d’Asie Mineure, cultivé pour ses fleurs blanches de mai et surtout pour ses baies orange à rouges de l’automne. Il atteint 2 à 4 m en port libre et couvre facilement 3 à 4 m de large palissé contre un mur. Il se contente de tout sol drainé, même pauvre ou franchement calcaire, et se passe d’arrosage après deux ans. Il veut du soleil ou de la mi-ombre : planté au nord, il ne donne presque pas de baies.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- De mai à juin
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 6, soit environ -20 °C, sans protection nulle part en France métropolitaine. Un vent froid et sec peut roussir le feuillage persistant sans mettre l’arbuste en danger.
Dimensions : 2 à 4 m de hauteur pour 2 à 3 m d’étalement en port libre. Palissé contre un mur, il couvre facilement 3 à 4 m de large sur 2,50 m de haut.
Floraison : En mai et juin, des corymbes de petites fleurs blanches qui couvrent l’arbuste, très mellifères, à l’odeur forte et un peu fade que l’on n’apprécie pas toujours de près. Elles annoncent les baies orange à rouges de l’automne, dont les pépins sont légèrement toxiques crus.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, même pauvre, même caillouteuse, même franchement calcaire, pourvu qu’elle soit drainée. pH large, de 6 à 8, ce qui en fait un arbuste de sols difficiles.
Exposition : Plein soleil ou mi-ombre. Il pousse aussi au nord, mais fleurit peu et ne donne presque pas de baies, c’est-à-dire l’essentiel de son intérêt.
Arrosage : Les deux premières années seulement : tous les 7 à 10 jours au printemps, tous les 4 à 6 jours en juillet et août. Ensuite, il se passe totalement d’arrosage, même en été sec.
Durée de vie : Arbuste persistant à longue vie, 20 à 30 ans et souvent davantage. Il se rabat sévèrement et repart de vieux bois, ce que peu de persistants acceptent.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées de juillet à septembre sous châssis, ou marcottage d’une branche basse au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Arrosages copieux et espacés pendant l’installation, tous les 7 à 10 jours d’avril à juin et tous les 4 à 6 jours au cœur de l’été, en insistant sur les sujets plantés au pied d’un mur, toujours plus secs. Au-delà de 2 ans, plus rien.
Fertilisation : Pratiquement inutile en pleine terre, où l’excès d’azote produit de longues pousses molles, peu fleuries et plus sensibles au feu bactérien. Une poignée de compost au printemps suffit sur un sol très pauvre.
Rempotage : Sans objet en haie ; en grand bac, renouveler les 5 premiers centimètres de substrat chaque printemps et rempoter tous les 3 ou 4 ans. Prévoyez un contenant d’au moins 50 litres, l’arbuste étant vigoureux.
Taille : Une seule taille par an, en septembre, une fois les nichées envolées, en raccourcissant les pousses de l’année au-dessus des bouquets de baies. Désinfectez le sécateur avant de commencer et coupez largement tout rameau noirci, gants épais et manches longues aux bras.
Exposition & substrat
Exposition : Le plus de soleil possible, la fructification y étant directement proportionnelle. Il tolère la mi-ombre et même une exposition nord, mais avec une récolte de baies très réduite.
Emplacement : Extérieur à demeure, en haie défensive, en fond de massif ou palissé contre un mur au sud, à l’est ou à l’ouest. Gardez-le à plus d’1,50 m d’un passage, d’une aire de jeux ou d’un portail, à cause des épines.
Substrat : Aucune exigence réelle : terre ordinaire, sèche, pauvre ou caillouteuse lui conviennent. Ameublissez simplement le trou de plantation et évitez les terres qui restent détrempées l’hiver.
pH : De 6 à 8, avec une tolérance rare au calcaire actif. C’est l’un des arbustes de haie les plus faciles en sol crayeux.
Drainage : Bon drainage indispensable, mais la moindre pente ou une terre de remblai lui suffisent. En sol argileux lourd, plantez sur une légère butte et incorporez du gravier au fond du trou.
Multiplication
Bouturage : de juillet à fin septembre, prélever des tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm, ôter les feuilles du bas et les épines gênantes, piquer dans un mélange de terreau et de sable. Sous châssis, à l’ombre et à l’étouffée, l’enracinement prend 6 à 8 semaines ; hiverner hors gel et repiquer au printemps. La bouture semi-aoûtée reprend bien. Porter des gants, les rameaux sont épineux.
Les autres méthodes
Semis :
SemerSemer dehors en automne les pépins frais extraits des baies, couverts de 5 mm de terreau ; le froid de l’hiver lève la dormance et la levée se fait au printemps, lentement. Les graines reproduisent l’espèce mais pas la couleur précise des baies d’une variété.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, grâce aux abeilles très nombreuses. Les baies se récoltent bien colorées, de septembre à novembre, avant que les oiseaux ne les vident ; écraser la pulpe, qui freine la germination, rincer les pépins et les semer aussitôt ou les garder dans du sable humide au frais. Pour une couleur de baie précise, on passe par la bouture.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps : courber une branche basse, l’enterrer à 10 cm après avoir entaillé l’écorce, la maintenir d’un crochet et sevrer un an plus tard.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le feu bactérien est le vrai danger : les rameaux noircissent d’un coup, se recourbent en crosse et prennent un aspect brûlé, sans aucun traitement curatif. Coupez 40 à 60 cm sous la zone atteinte, évacuez les déchets en déchetterie, sans compost ni broyat de paillage, désinfectez la lame entre chaque coupe et signalez le cas à la FREDON de votre région. La tavelure du pyracantha, elle, couvre feuilles et fruits de croûtes noires et se combat en ramassant les feuilles tombées à l’automne.
Parasites fréquents : Les pucerons colonisent les jeunes pousses en mai et disparaissent d’eux-mêmes une fois les pousses durcies. Cochenilles et psylles s’installent sur les sujets palissés contre un mur chaud, se traitant à l’huile de colza hors floraison. L’araignée rouge apparaît en situation très chaude et sèche, et cède à quelques bassinages du feuillage.
Prévention : Choisissez un cultivar résistant, la série Saphyr ayant été sélectionnée précisément contre le feu bactérien et la tavelure. Ne fertilisez pas, les pousses tendres étant la porte d’entrée de la bactérie, et taillez en septembre plutôt qu’au printemps. Nettoyez le sol sous l’arbuste chaque automne pour casser le cycle de la tavelure.
Toxicité
Toxicité humaine : Les baies sont faiblement toxiques : les centres antipoison considèrent qu’en dessous d’une dizaine de baies chez un enfant, il n’y a pas de danger sérieux. Les pépins contiennent des traces d’hétérosides cyanogènes, en quantité négligeable, et la pulpe n’est pas comestible pour autant.
Toxicité animaux : Toxicité légère pour le chien et le chat, limitée à des troubles digestifs après ingestion d’une bonne quantité de baies. Les oiseaux, eux, les consomment sans le moindre risque et en font une ressource d’hiver.
Symptômes : Par ingestion, nausées, vomissements, douleurs abdominales et parfois diarrhée, qui cèdent en quelques heures. Le risque le plus sérieux n’est pas chimique mais mécanique : une épine peut pénétrer profondément, se casser sous la peau ou dans une articulation et provoquer une inflammation persistante.
Précautions : Taillez avec des gants épais, des manches longues et des lunettes, et consultez si une épine s’est cassée dans la main ou près d’une articulation. Plantez-le à l’écart des passages et des jeux d’enfants ; certaines communes encadrent les haies épineuses en limite de voie publique, la mairie le dira.
Associations de plantes
Bonnes associations : L’éléagnus et la viorne tin composent avec lui une haie persistante toute l’année, aux mêmes exigences de sol et de taille. Une clématite Viticella grimpant dans ses branches fleurit en juillet, quand lui n’a plus que des fruits verts, et se rabat au ras du sol en hiver sans qu’on ait à entrer dans les épines. En fond de massif, les graminées sèches mettent en valeur ses baies orange de septembre à février.
Associations à éviter : Ne le plantez pas à proximité d’un pommier, d’un poirier ou d’un cognassier : tous appartiennent au même groupe botanique et se transmettent le feu bactérien. Même réserve pour l’aubépine, le cotonéaster et le néflier, qu’il vaut mieux ne pas regrouper dans une haie unique. Évitez aussi les vivaces basses à ses pieds, qu’on ne peut plus entretenir sans se blesser.
Conseil : Prévoyez l’accès avant de planter, 1 m dégagé d’un côté au moins, car tout se paie au moment de la taille. Un cultivar de la série Saphyr vous épargnera la tavelure qui noircit les baies certaines années humides.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste planté en pleine terre à demeure, en haie ou palissé contre un mur, dans une terre de jardin ordinaire bien drainée, au soleil ou à mi-ombre.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à juin : tous les 7 à 10 jours ; de juillet à août : tous les 4 à 6 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 12 à 15 jours | Arroser copieusement au pied le temps que les racines descendent, en particulier contre un mur où la terre reste toujours plus sèche. Passé 2 ans, il traverse l’été sans le moindre apport et un arrosage régulier ne ferait que le rendre fragile. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De janvier à décembre | Le feu bactérien remonte dans le bois bien au-delà de ce qui paraît brûlé, d’où la coupe large, suivie d’une évacuation immédiate des déchets, brûlés et non compostés. Signalez la suspicion à la FREDON de votre région, l’organisme étant réglementé. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Le feu bactérien comme la tavelure voyagent d’un arbuste à l’autre sur le tranchant du sécateur, et une haie entière se contamine en une après-midi de taille. Essuyer et désinfecter demande dix secondes entre deux pieds. |
| Palissage, tuteurage | De mars à avril | Reprendre les liens avant le départ de végétation et arquer les branches charpentières, qui fleurissent bien plus quand elles sont conduites à plat qu’à la verticale. Desserrer les attaches anciennes, qui étranglent le bois en deux saisons. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Pailler le pied au printemps pour garder la fraîcheur pendant l’enracinement et éviter d’avoir à désherber sous des branches épineuses. Une fois l’arbuste installé, son propre feuillage couvre le sol. |
| Inspection parasitaire | De mai à juillet | Passer en revue les extrémités en fleur et les jeunes pousses toutes les 2 semaines, à la recherche de rameaux qui noircissent et se recourbent en crosse. C’est aussi le moment des pucerons sur les pousses tendres, sans gravité, et des premières taches noires de tavelure. |
| Taille de structure | En septembre | Tailler en septembre, une fois les nichées envolées, en raccourcissant les pousses de l’année au-dessus d’un bouquet de baies. Une taille de haie en fin d’hiver, comme on la pratique par habitude, supprime exactement le bois qui portera les baies de l’hiver suivant. |
| Fructification, récolte | De septembre à février | Les baies colorent en septembre et restent en place jusqu’en février, ce qui fait l’intérêt principal de l’arbuste et une réserve de nourriture pour merles et grives en fin d’hiver. Ne rien couper pendant cette période. |
| Ramassage des feuilles mortes | D’octobre à décembre | Ramasser les feuilles et les fruits noircis tombés au pied et les évacuer hors du jardin, car le champignon y passe l’hiver et réinfecte les jeunes pousses au printemps. C’est la seule mesure vraiment efficace contre la tavelure du pyracantha. |