Légume · Polygonacées
Rhubarbe Rheum rhabarbarum
Aussi appelé : Rhubarbe des jardins, Rhubarbe potagère, Rhubarbe comestible, Rhubarb
La rhubarbe est une grande vivace à rhizome venue des régions froides de Sibérie et du nord de la Chine, cultivée au potager pour ses pétioles acidulés, seules parties comestibles : ses feuilles sont toxiques. Elle forme une touffe de 80 cm à 1 m de haut pour 1,20 à 1,50 m de large, productive 10 à 15 ans si l’on divise la souche tous les 5 à 6 ans. Elle demande une terre profonde, riche et fraîche, et 2 mois de froid sous 5 °C pour repartir. C’est pourquoi elle végète sur le pourtour méditerranéen.
- Type
- Légume
- Famille
- Polygonacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mai à juin
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3, soit environ -30 °C sur souche installée. Elle a besoin de l’inverse d’une protection : 2 mois de froid sous 5 °C lui sont nécessaires pour repartir, ce qui explique qu’elle végète sur le pourtour méditerranéen.
Dimensions : Touffe de 80 cm à 1 m de haut pour 1,20 à 1,50 m d’étalement à maturité. La hampe florale, si on la laisse, monte à près de 2 m.
Floraison : En mai et juin, une hampe de près de 2 m portant de grandes panicules plumeuses blanc crème, décoratives mais épuisantes pour la souche : on la coupe dès son apparition pour garder des pétioles abondants. Les feuilles sont toxiques, seuls les pétioles se mangent.
Substrat : Terre profonde, lourde mais ameublie, très riche en matière organique et restant fraîche en été. pH idéal de 5,5 à 6,8, soit légèrement acide à neutre.
Exposition : Plein soleil dans la moitié nord, mi-ombre légère au sud de la Loire où le feuillage brûle en août. Elle accepte quelques heures d’ombre sans perdre en vigueur.
Arrosage : Tous les 5 à 7 jours d’avril à juin, tous les 3 à 4 jours en juillet et août, à raison de 10 à 15 litres par pied. Rien à faire de novembre à mars.
Durée de vie : Vivace à rhizome, productive 10 à 15 ans à condition de diviser la souche tous les 5 à 6 ans. Sans division, elle s’épuise et ne donne plus que des pétioles filiformes.
Multiplication : Division de la souche en octobre et novembre, en éclats portant chacun un bourgeon, tous les 5 à 6 ans.
Arrosage & entretien
Arrosage : Copieusement et espacé plutôt qu’un peu tous les jours, en couronne autour de la touffe et jamais sur le collet. Comptez 5 à 7 jours au printemps, 3 à 4 jours en pleine chaleur, et laissez faire la pluie d’octobre à mars.
Fertilisation : Un seau de compost mûr ou de fumier décomposé étalé autour de la souche entre novembre et début mars, puis un engrais organique azoté en fin de récolte, vers la deuxième quinzaine de juin. C’est une plante gourmande qu’on ne surnourrit pratiquement jamais.
Rempotage : Sans objet, la rhubarbe reste en place. Son équivalent est la division de la souche tous les 5 ou 6 ans, à l’automne, en éclats portant chacun un gros bourgeon.
Taille : Pas de taille, mais deux gestes obligatoires : couper à la base toute hampe florale dès son apparition, en mai ou juin, et nettoyer les feuilles affaissées après les premières gelées. Arrêtez la cueillette fin juin et ne prélevez jamais plus de la moitié des pétioles d’un coup.
Exposition & substrat
Exposition : 6 heures de soleil lui conviennent au nord de la Loire ; plus au sud, une ombre portée l’après-midi lui évite de fondre en août. C’est l’une des rares plantes potagères qui produit correctement à mi-ombre.
Emplacement : Extérieur strict, à demeure, de préférence en bordure de potager côté nord pour que son feuillage n’ombre pas les cultures. Prévoyez 1,50 m de dégagement autour d’elle.
Substrat : Terre de jardin profonde, enrichie à la plantation d’une bonne dose de fumier ou de compost, allégée de sable si elle est trop compacte. Elle plonge ses racines à plus de 50 cm et ne supporte pas une semelle de labour.
pH : Entre 5,5 et 6,8, l’optimum se situant autour de 6,5. Elle tolère un sol neutre mais souffre en terrain franchement calcaire.
Drainage : Sol frais toute l’année mais jamais gorgé d’eau en hiver, sous peine de pourriture du collet. Plantez le bourgeon affleurant la surface, légèrement surélevé si la terre est argileuse.
Multiplication
Division : de touffe en octobre ou novembre, dehors : sortir la souche à la fourche-bêche, la fendre à la bêche en éclats portant chacun un ou deux bourgeons et des racines. Replanter aussitôt, bourgeon affleurant le sol, dans une terre enrichie de compost. La division de la souche en octobre ou novembre, tous les 5 à 6 ans ; elle réussit presque toujours et donne des éclats productifs dès la deuxième année.
Les autres méthodes
Bouturage : La rhubarbe ne se bouture pas.
Semis :
SemerSemer en mars sous abri ou en avril dehors, graines couvertes de 2 cm de terre, vers 15 °C ; la levée prend 2 à 3 semaines. Les graines ne reproduisent pas fidèlement les variétés, et la première récolte attend 2 à 3 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : une hampe laissée en fleur donne des graines, fécondées par les insectes et le vent. Il faut laisser fleurir une hampe, au prix d’une souche moins productive cette année-là, et la couper quand les graines ailées brunissent et sèchent, en juillet. Bien sèches, elles se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais. La rhubarbe se croise volontiers avec les autres pieds voisins : pour une variété précise, les graines du commerce sont plus sûres.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du collet, due à un Phytophthora en sol détrempé, noircit la base des pétioles qui s’effondrent : il n’y a pas de remède, seul le drainage prévient. La ramulariose marque les feuilles de taches brunes cernées de rouge, sans gravité pour la récolte, et disparaît en aérant la touffe. L’oïdium blanchit le feuillage en fin d’été et se contente d’un ramassage des feuilles atteintes.
Parasites fréquents : Limaces et escargots sont les seuls vrais ennemis, au printemps, sur les jeunes feuilles encore enroulées. Le puceron noir colonise parfois les hampes florales, qu’on coupe de toute façon. Les feuilles adultes, trop chargées en oxalates, n’intéressent presque personne.
Prévention : Ne jamais enterrer le bourgeon central et dégager le paillage du collet sur une dizaine de centimètres. Diviser la souche tous les 5 ans aère la touffe et coupe court aux pourritures. Une décoction de feuilles de rhubarbe, elle, sert de répulsif classique contre les pucerons du potager.
Toxicité
Toxicité humaine : Le limbe des feuilles est toxique, le pétiole rouge ou vert ne l’est pas. Les feuilles concentrent de l’acide oxalique et des glycosides d’anthraquinone, et ne se consomment sous aucune forme, crues ni cuites.
Toxicité animaux : Les feuilles sont toxiques pour le chien, le chat, le cheval et les volailles, par les oxalates solubles qu’elles contiennent. Les animaux y goûtent rarement, l’amertume les arrêtant vite, mais un cheval en pâture peut en ingérer beaucoup.
Symptômes : Par ingestion, brûlure de la bouche, salivation, vomissements et douleurs abdominales ; à forte dose, chute de la calcémie et atteinte rénale. Le contact prolongé du suc des feuilles irrite la peau chez les personnes sensibles.
Précautions : Coupez et évacuez les feuilles après la cueillette au lieu de les laisser au sol près des animaux, et lavez-vous les mains après l’effeuillage. Cueillez en tirant le pétiole d’un coup sec plutôt qu’en le coupant, et retirez le limbe sur place.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les choux profitent de son ombre portée en été et ne lui disputent pas le même horizon de sol. L’ail et l’oignon plantés en bordure passent pour limiter les pourritures du collet. Les haricots, en fixant l’azote, nourrissent une voisine très gourmande.
Associations à éviter : Ne la plantez pas sous un arbre ni près d’une haie établie : les racines ligneuses lui prennent l’eau et la matière organique dont elle vit. Évitez les plantes hautes au sud, tournesol ou maïs, qui la privent du soleil de printemps dont elle a besoin. Les cultures annuelles serrées contre elle sont à éviter aussi, car on ne travaille plus le sol autour d’une souche installée.
Conseil : Placez-la une bonne fois pour toutes en tête de potager, côté nord, avec 1,50 m de champ libre. Elle restera là 10 ans et se déplace mal une fois installée.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe installée à demeure en pleine terre, dans un sol profond, riche et frais, au soleil sous climat tempéré et à mi-ombre au sud de la Loire.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à juin : tous les 5 à 7 jours ; de juillet à août : tous les 3 à 4 jours ; de septembre à octobre : tous les 10 à 14 jours | Arroser abondamment autour de la touffe dès que les premiers centimètres de terre sèchent, en épargnant le cœur qui pourrit facilement. Un feuillage aussi large transpire énormément et le moindre coup de sec en juillet fait monter la plante à graine. |
| Forçage | De janvier à février, tous les 2 ans | Coiffer la souche d’un pot ou d’une cloche opaque pour obtenir en 5 à 6 semaines des pétioles pâles, tendres et très peu acides. Le procédé épuise la plante, qu’il faut laisser se refaire l’année suivante. |
| Inspection parasitaire | De début mars à mi-juin | Regarder sous le paillage et au cœur de la touffe au printemps, quand les feuilles tendres sortent et se font dévorer en une nuit. Les dégâts tardifs sur feuilles adultes sont sans conséquence pour la récolte. |
| Paillage | De mi-mars à mi-mai | Pailler dès que le sol s’est réchauffé pour garder la fraîcheur jusqu’en août et limiter le désherbage au pied d’une touffe qu’on ne peut plus biner. Laisser le centre à nu évite la pourriture des bourgeons. |
| Fleurs fanées | De début mai à mi-juillet | Supprimer la hampe sans attendre qu’elle s’allonge, car la montée à graine consomme les réserves de la souche et arrête net la production de pétioles. Une touffe qui fleurit chaque année est souvent une touffe à diviser. |
| Engrais à libération lente | De mi-juin à fin juillet | Apporter l’engrais une fois la récolte terminée, le temps que le feuillage restant reconstitue les réserves du rhizome avant l’automne. C’est ce second souffle qui décide de la récolte de l’année suivante. |
| Division de touffe | D’octobre à novembre, tous les 5 ans | Sortir la souche à la fourche-bêche et la fendre en éclats, à replanter aussitôt le bourgeon affleurant le sol. Au-delà de 5 ou 6 ans la touffe s’épuise et ne donne plus que des pétioles grêles. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à mi-décembre | Enlever les grandes feuilles affaissées par les premières gelées pour dégager le collet et priver limaces et pourritures d’un abri d’hiver. Ces feuilles contiennent de l’acide oxalique et ne se laissent pas traîner près d’un chien ou d’un cheval. |
| Compost, amendement | De début novembre à mi-mars | Étaler l’apport en couronne autour de la souche pendant le repos, sans jamais recouvrir les bourgeons. C’est cette réserve qui porte toute la pousse d’avril, car la rhubarbe reconstitue ses pétioles en quelques semaines. |