Arbuste · Rosacées
Rosier de Chine Rosa chinensis
Aussi appelé : Rosier du Bengale, Rose du Bengale, China rose
Le rosier de Chine est un rosier arbustif cultivé depuis des siècles en Chine et arrivé en Europe à la fin du XVIIIe siècle : c’est lui qui a donné aux rosiers modernes leur floraison remontante. Il forme un buisson souple de 1 à 2 m, qui fleurit de mai aux gelées en roses simples ou semi-doubles dont la couleur fonce en vieillissant. Il veut au moins 6 heures de soleil, une terre profonde et fraîche mais drainée, et un endroit aéré. Rustique jusqu’à -15 °C, il craint les gels tardifs sur ses jeunes pousses, et la marsonia dans les coins humides et confinés.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- De mai à novembre
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 7, jusqu’à -15 °C, moins rustique que les rosiers européens et sensible aux gels tardifs sur son bois jeune.
Dimensions : De 1 à 2 m de haut pour 1 m d’étalement, port buissonnant souple, les formes horticoles restant souvent plus basses.
Floraison : De mai aux gelées presque sans interruption, des fleurs simples à semi-doubles rose à rouge qui foncent en vieillissant, au léger parfum de thé.
Substrat : Profond, riche et frais mais drainant, argilo-limoneux amendé de compost, pH 6 à 6,5.
Exposition : Plein soleil, avec au moins 6 heures directes.
Arrosage : Copieux et espacé, au pied, une à deux fois par semaine en été selon la chaleur.
Durée de vie : Arbuste vivace, 40 à 60 ans. Sa remontée continue lui coûte de l’énergie, que la taille annuelle lui rend.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées de juillet à septembre sous abri, ou marcottage d’une tige basse au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Arrosez abondamment au pied, jamais sur le feuillage, en laissant sécher la surface entre deux apports. Un paillage organique de 5 cm limite l’évaporation et stabilise la fraîcheur du sol.
Fertilisation : Un engrais rosiers riche en potasse en mars, puis un second apport après la première vague de floraison. Cessez tout apport azoté après le 15 août pour laisser le bois s’aoûter.
Rempotage : En bac, tous les 2 ou 3 ans au repos hivernal, dans un contenant d’au moins 40 cm de profondeur. En pleine terre, un surfaçage annuel au compost remplace le rempotage.
Taille : Taille de formation en février ou mars, sur trois à cinq yeux, au-dessus d’un œil tourné vers l’extérieur. Comme il est remontant, supprimez les fleurs fanées tout l’été pour relancer la floraison.
Exposition & substrat
Exposition : 6 heures de soleil direct au minimum. À moins de 4 heures, la floraison s’espace et les maladies du feuillage s’installent.
Emplacement : Extérieur toute l’année, exposition sud ou sud-est, dans un endroit aéré. Évitez les recoins confinés où l’humidité stagne autour du feuillage.
Substrat : Terre profonde travaillée sur 40 cm, enrichie de compost bien décomposé. Il craint les sols compactés qui asphyxient ses racines.
pH : De 6 à 6,5, légèrement acide. Un sol franchement calcaire provoque une chlorose ferrique.
Drainage : Nécessaire. Le rosier veut un sol frais en profondeur mais jamais d’eau stagnante au collet, qui est le point sensible.
Multiplication
Bouturage : de juillet à fin septembre, couper des tronçons semi-aoûtés de 15 à 20 cm sous un œil, garder 2 feuilles au sommet et les piquer dans un mélange de terreau et de sable. Sous abri ou sous bouteille, à l’ombre, l’enracinement prend 6 à 8 semaines ; hiverner hors gel la première année, la plante craignant les gels forts. La bouture semi-aoûtée en été ou la bouture d’un rameau défleuri en automne ; le rosier de Chine se bouture facilement. Porter des gants contre les aiguillons.
Les autres méthodes
Semis :
SemerGarder les graines des cynorrhodons 2 à 3 mois au froid dans du sable humide, puis les semer en mars sous abri, couvertes de 5 mm de terreau ; la levée est lente et irrégulière. Les graines ne reproduisent pas fidèlement les formes horticoles.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : le rosier de Chine se féconde seul, avec l’aide des insectes. Laisser en place les dernières fleurs simples de l’été : leurs cynorrhodons rougissent en octobre ou novembre et se cueillent bien colorés, encore fermes. Les insectes le croisent volontiers avec les rosiers voisins, d’où des semis différents de lui.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps : courber une tige basse, l’enterrer à 10 cm, la fixer d’un crochet et la sevrer un an plus tard. La greffe en écusson en juillet ou août sur églantier est possible mais inutile pour un amateur.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La marsonia, taches noires irrégulières sur les feuilles suivies d’une défoliation, est la maladie dominante en climat humide : ramassez et éliminez les feuilles tombées, ne mouillez jamais le feuillage. L’oïdium couvre les jeunes pousses d’un feutrage blanc par temps chaud et sec la nuit. La rouille, pustules orangées au revers, se traite par la suppression des parties atteintes et une meilleure aération.
Parasites fréquents : Les pucerons colonisent les boutons au printemps, éliminés au jet d’eau ou par les coccinelles. Les araignées rouges apparaissent en été sec, trahies par un feuillage piqueté et de fines toiles. La tordeuse enroule les jeunes feuilles, à retirer à la main.
Prévention : Un emplacement aéré, un arrosage au pied et le ramassage systématique des feuilles malades valent tous les traitements. Une taille aérant le centre du buisson limite considérablement les maladies cryptogamiques.
Toxicité
Toxicité humaine : Non toxique. Les pétales et les cynorrhodons sont comestibles, ces derniers étant riches en vitamine C.
Toxicité animaux : Sans danger pour les chiens et les chats, le genre Rosa figurant parmi les plantes non toxiques de référence.
Symptômes : Aucun par ingestion. Le seul risque est mécanique, les épines pouvant blesser la peau, la gueule ou les coussinets.
Précautions : Portez des gants pour la taille, et surveillez les poils irritants des cynorrhodons ouverts, qui démangent au contact.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les lavandes et les nepetas au pied masquent la base qui se dégarnit et éloignent une partie des pucerons. L’ail d’ornement, planté entre les pieds, est traditionnellement réputé limiter les maladies cryptogamiques. Les géraniums vivaces couvrent le sol sans concurrencer les racines profondes du rosier.
Associations à éviter : Ne replantez jamais un rosier à l’emplacement d’un ancien rosier arraché : la fatigue du sol compromet la reprise pendant des années. Évitez les vivaces envahissantes à racines traçantes, menthes ou égopode, et les arbustes qui feraient de l’ombre au feuillage.
Conseil : Laissez 40 cm de sol dégagé autour du collet, sans plantation ni paillage épais. C’est cette zone libre qui laisse l’air circuler et fait la différence sur la marsonia.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pleine terre au jardin, en situation ensoleillée et aérée, ou en grand pot sur une terrasse. Espèce remontante, rustique jusqu'à environ -15 °C une fois installée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 10 à 14 jours ; de juin à août : tous les 4 à 7 jours ; de septembre à octobre : tous les 10 à 15 jours | Arroser copieusement et espacé plutôt qu'un peu chaque jour, pour que les racines descendent en profondeur. De novembre à mars, les pluies suffisent à un sujet installé en pleine terre. |
| Fleurs fanées | De mi-mai à fin octobre : tous les 5 à 10 jours | Supprimer les fleurs passées relance les vagues successives de cette espèce remontante jusqu'aux gelées. Cesser fin octobre pour laisser les derniers fruits colorer les tiges en hiver. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juin : tous les 5 à 7 jours ; de juillet à septembre : tous les 10 à 14 jours | Chercher les colonies de pucerons sur les jeunes pousses au printemps, faciles à écraser à la main tant qu'elles restent isolées. Surveiller aussi les taches noires cerclées de jaune de la marsonia, qui apparaissent après les périodes pluvieuses. |
| Traitement préventif | D’avril à septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Traiter préventivement contre la marsonia et l'oïdium, auxquels le rosier reste sensible en climat humide. Renouveler après chaque forte pluie et ne jamais pulvériser en plein soleil. |
| Taille de structure | De mi-février à fin mars | Rabattre les tiges d'un tiers à la moitié, juste au-dessus d'un œil tourné vers l'extérieur, en supprimant le bois mort et les branches qui se croisent. Attendre que les bourgeons gonflent, sans tailler pendant une période de gel. |
| Engrais à libération lente | En mars | Apporter une poignée au pied au débourrement, puis renouveler après la première vague de fleurs, vers la fin juin. Ne plus rien apporter après juillet, pour que le bois durcisse avant l'hiver. |
| Paillage | De mi-avril à fin mai | Étaler un paillis organique sur un sol déjà réchauffé et humide, pour garder la fraîcheur pendant l'été. Laisser quelques centimètres libres autour de la base, qui pourrit au contact permanent du paillis. |
| Gourmands et rejets | De mai à septembre | Dégager la terre jusqu'au départ du rejet et le détacher à sa base, car une coupe le fait repartir plus vigoureux. Un gourmand laissé en place épuise un sujet greffé en quelques saisons. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à fin décembre | Ramasser et éliminer toutes les feuilles tombées, qui abritent les spores de la marsonia jusqu'au printemps suivant. Ce seul geste réduit nettement les taches noires l'année d'après. |
| Protection des racines | De novembre à février | Butter le pied pour protéger le point de greffe, plus sensible au froid chez cette espèce que chez les rosiers de nos jardins les plus rustiques. Retirer la butte en mars, une fois le risque de fortes gelées écarté. |