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Plante d’intérieur · Gesnériacées

Violette du Cap Saintpaulia ionantha

Aussi appelé : Saintpaulia, Violette africaine, Violette d’Usambara, African violet

La violette du Cap n’est ni une violette ni une plante du Cap : elle vient des forêts de montagne de Tanzanie et fleurit par vagues presque toute l’année, en violet, bleu, rose, blanc ou bicolore. Elle reste chez nous une rosette plate de 15 à 25 cm de diamètre, qui vit à l’intérieur entre 18 et 24 °C. Elle demande surtout une lumière vive sans soleil direct, comme celle d’une fenêtre à l’est, et un arrosage par la soucoupe, sans jamais mouiller les feuilles. Le froid sous 15 °C, l’eau froide et la soucoupe laissée pleine la font dépérir.

Violette du Cap (Saintpaulia ionantha)
Photo : CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Plante d’intérieur
Famille
Gesnériacées
Exposition
Lumière vive, sans soleil direct
Température minimale
15 °C
Floraison
De janvier à décembre
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Aucune rusticité, zone USDA 11 à 12 : la plante souffre sous 15 °C et meurt vers 10 °C. Elle vit à l’intérieur toute l’année, entre 18 et 24 °C, et ne sort jamais au jardin.

Dimensions : Rosette plate de 8 à 15 cm de haut pour 15 à 25 cm de diamètre à maturité. Les variétés miniatures restent sous 8 cm de large.

Floraison : Presque toute l’année en intérieur, par vagues successives, des petites fleurs violettes, bleues, roses, blanches ou bicolores, simples ou doubles, sans parfum, groupées au-dessus de la rosette.

Substrat : Mélange très léger et aéré, terreau spécial violettes africaines, ou deux tiers de tourbe blonde pour un tiers de perlite et de vermiculite. pH légèrement acide, entre 5,8 et 6,5.

Exposition : Lumière vive mais toujours filtrée, sans soleil direct aux heures chaudes. Une fenêtre à l’est convient parfaitement, une fenêtre au sud derrière un voilage également.

Arrosage : Par bassinage, tous les 5 à 7 jours de mars à septembre, tous les 10 à 14 jours d’octobre à février. Eau à température de la pièce, jamais sur les feuilles, soucoupe vidée après 20 minutes.

Durée de vie : Vivace d’intérieur, fleurie presque toute l’année. Un pied tient 3 à 5 ans en bon état avant de s’étioler, et se renouvelle très facilement par bouturage d’une feuille.

Multiplication : Bouturage de feuille d’avril à juillet, à l’intérieur à l’étouffée, ou séparation des rejets au rempotage.

Arrosage & entretien

Arrosage : Toujours par le bas : poser le pot 20 minutes dans une coupelle d’eau à température de la pièce, puis égoutter et vider ce qui reste. Compter 5 à 7 jours entre deux bassinages de mars à septembre, 10 à 14 jours d’octobre à février, en vérifiant du doigt que la surface a séché.

Fertilisation : Engrais spécial violettes africaines ou engrais fleurs à demi-dose, toutes les 2 à 3 semaines de mars à octobre, dilué dans l’eau du bassinage. Rien de novembre à février, et jamais d’engrais riche en azote, qui donne des feuilles énormes et pas une fleur.

Rempotage : Chaque printemps, dans un pot de même diamètre ou à peine plus grand, avec un mélange neuf et très léger. La plante fleurit mieux un peu à l’étroit, et le collet doit rester au ras du substrat sans jamais être enterré.

Taille : Pas de taille, mais un nettoyage permanent : pincer à la base fleurs fanées et feuilles jaunes dès leur apparition. Ne pas brumiser et ne pas lustrer le feuillage, les poils retenant l’eau qui le tache.

Exposition & substrat

Exposition : Lumière vive indirecte, 10 à 12 heures par jour, sans un rayon de soleil direct en été. Une plante qui ne fleurit pas manque presque toujours de lumière ; des feuilles pâles et marquées de beige signalent l’excès inverse.

Emplacement : À l’intérieur exclusivement, toute l’année, à une cinquantaine de centimètres d’une fenêtre à l’est ou au nord-est. Au sud ou à l’ouest, un voilage est indispensable de mai à août ; de novembre à février, un éclairage d’appoint maintient la floraison.

Substrat : Terreau spécial violettes africaines, ou tourbe blonde allégée d’un tiers de perlite et de vermiculite. Il doit rester souple et aéré : une terre qui se tasse asphyxie des racines fines et superficielles.

pH : Entre 5,8 et 6,5, donc légèrement acide. Une eau très calcaire fait dériver le substrat vers le neutre et bloque l’assimilation du fer, d’où des feuilles qui jaunissent entre les nervures.

Drainage : Pot percé obligatoire, de petit diamètre, et soucoupe systématiquement vidée. L’excès d’eau se voit vite : cœur qui noircit, pétioles mous et translucides, pourriture du collet qui ne se rattrape plus une fois installée.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage de feuille : couper une feuille saine du rang intermédiaire avec 2 à 3 cm de pétiole, la piquer de biais à 1 cm de profondeur dans un mélange de terreau léger et de perlite, ou la poser dans l’eau, le limbe hors de l’eau. À l’intérieur, sous sac transparent, à la lumière filtrée et à 20 à 24 °C, les racines se forment en 3 à 4 semaines et les plantules apparaissent en 6 à 10 semaines. La bouture de feuille d’avril à juillet, à l’intérieur, à l’étouffée ; elle réussit presque toujours et reproduit fidèlement la variété.

Les autres méthodes

Semis :

SemerUn amateur ne le sème pas : les violettes du Cap cultivées sont des hybrides que les graines, minuscules et rares, ne reproduisent pas.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : en intérieur, les fleurs ne nouent pas sans un transport de pollen au pinceau ou au cure-dent, et les fleurs doubles ne le permettent guère ; les rares capsules mûrissent en 2 à 3 mois et donnent des plantes différentes de la variété. On la multiplie par bouture de feuille.

Division et autres méthodes : Rejets au rempotage, au printemps, à l’intérieur : sortir la plante du pot, détacher délicatement à la main les rosettes secondaires munies de racines et les rempoter chacune dans un petit godet.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium couvre feuilles et fleurs d’un feutrage blanc poudreux ; on traite au soufre mouillable en aérant davantage la pièce. La pourriture du collet et des racines vient d’un arrosage par le haut, d’un collet enterré ou d’une soucoupe jamais vidée, et ne se rattrape qu’en rebouturant une feuille saine. Les taches beiges nettes sur le feuillage ne sont pas une maladie mais des brûlures, d’eau froide ou de soleil direct.

Parasites fréquents : Le tarsonème, un acarien invisible à l’œil nu, grise et rabougrit les jeunes feuilles du centre qui se recroquevillent ; il n’existe pas de rattrapage domestique fiable, le pied atteint se détruit. Les cochenilles farineuses forment des amas blancs cotonneux à l’aisselle des pétioles, à tamponner à l’alcool à 70°. Les thrips laissent les fleurs criblées et du pollen répandu sur les pétales.

Prévention : Isoler 15 jours toute plante nouvellement acquise, le tarsonème arrivant presque toujours ainsi. Arroser par le bas, ne jamais mouiller le feuillage, et retirer aussitôt fleurs fanées et débris tombés dans la rosette. Aérer la pièce sans exposer la plante à un courant d’air froid.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante considérée comme non toxique : aucune partie ne contient de principe dangereux connu. L’ingestion accidentelle d’une feuille ou d’une fleur par un enfant n’appelle pas d’inquiétude particulière.

Toxicité animaux : Non toxique pour le chien, le chat et le cheval selon la liste de l’ASPCA. C’est l’une des rares plantes fleuries d’intérieur que l’on peut garder sans précaution auprès d’un chat.

Symptômes : Aucun effet toxique attendu, tout au plus des troubles digestifs passagers si un animal en avale une grande quantité, comme avec n’importe quel végétal. Aucune réaction cutanée connue au contact du feuillage.

Précautions : Rien de particulier au titre de la toxicité. Placer simplement le pot hors de portée d’un chat joueur, davantage pour la rosette, très cassante, que pour l’animal.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les autres Gesnériacées, streptocarpus et épiscias, demandent la même lumière filtrée, la même eau tiède et le même substrat léger : elles se groupent sur un même plateau. Les petites fougères d’intérieur, capillaire en tête, apprécient la même hygrométrie et forment un fond vert qui met les fleurs en valeur. Réunir plusieurs pots sur un lit de billes d’argile humides élève l’humidité de l’air sans jamais mouiller le feuillage.

Associations à éviter : Les cactées et les succulentes veulent le plein soleil et un substrat sec : le régime est inconciliable sur la même fenêtre. Les plantes à grand feuillage, ficus ou monstera, font de l’ombre à une rosette basse, qui cesse alors de fleurir. Et tout voisin que l’on brumise, car les gouttelettes qui retombent tachent les feuilles velues.

Conseil : Ne pas réunir plusieurs saintpaulias dans le même pot : chaque rosette veut son pot étroit, et l’ensemble pourrit par le centre dès qu’elles se touchent. Garder une seule rosette par pot en retirant les rejets latéraux, qui épuisent la plante mère et cassent la symétrie. Ces rejets se repiquent très bien et donnent de nouveaux pieds.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : En pot de 8 à 12 cm à l’intérieur toute l’année, devant une fenêtre à l’est ou derrière un voilage au sud, entre 18 et 24 °C, jamais sortie au jardin.

GesteQuandComment
BassinageEssentiel De mars à septembre : tous les 5 à 7 jours ; d’octobre à février : tous les 10 à 14 jours Faire boire la plante par le fond du pot, jamais par-dessus : l’eau sur les feuilles velues laisse des taches beiges indélébiles et fait pourrir le cœur de la rosette.eau à température de la pièce, 20 minutes de trempage, puis égouttage complet
Engrais liquideUtile De mars à octobre : toutes les 2 à 3 semaines Nourrir seulement pendant la croissance et la floraison, et ne rien donner de novembre à février : un excès d’azote donne un beau feuillage et plus une seule fleur.engrais violettes africaines ou engrais fleurs à demi-dose, dilué dans l’eau du bassinage
Rotation du potUtile De janvier à décembre : toutes les 1 à 2 semaines Tourner le pot régulièrement pour que la rosette reste plate et symétrique : immobile devant une fenêtre, elle se penche en quelques semaines et ne se redresse plus.un quart de tour à chaque fois, toujours dans le même sens
Inspection parasitaireUtile De janvier à décembre : chaque mois Chercher chaque mois le tarsonème, qui rabougrit et grise les jeunes feuilles du centre, et les cochenilles farineuses cachées à l’aisselle des pétioles.cœur de la rosette et revers des feuilles, à la loupe si besoin
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : il reste de l’eau dans la soucoupe 20 minutes après le bassinage Vider ce qui n’a pas été bu : les racines très fines du saintpaulia asphyxient en quelques jours dans une soucoupe pleine, y compris en hiver où le pot boit peu.
Fleurs fanéesUtile De janvier à décembreDès que : une fleur se fane ou une feuille jaunit Retirer fleurs fanées et feuilles abîmées au ras du collet dès qu’elles apparaissent : un débris resté dans la rosette est la porte d’entrée de la pourriture grise.pincer la tige à sa base, sans laisser de moignon
RempotageUtile De mars à avril Rempoter chaque printemps dans un mélange neuf en gardant un pot à peine plus grand que la rosette : le saintpaulia fleurit mieux un peu à l’étroit, et un collet enterré pourrit.même diamètre de pot, terreau très léger, collet posé au ras du substrat
BouturageOptionnel D’avril à juillet Bouturer une feuille au printemps, quand la plante est en pleine croissance : les plantules apparaissent au pied du pétiole en 6 à 10 semaines et fleurissent l’année suivante.feuille adulte du deuxième rang, pétiole coupé en biseau à 2 cm, en terrine étouffée
Ombrage estivalUtile De mi-mai à fin aoûtDès que : le soleil direct de l’été atteint les feuilles derrière la vitre Filtrer la lumière aux heures chaudes : derrière une vitre, 2 heures de soleil de juillet suffisent à marquer les feuilles de plages beiges sèches.un simple voilage suffit, inutile d’éloigner la plante de la fenêtre
Éclairage d'appointOptionnel De novembre à février De novembre à février, le jour métropolitain descend sous 9 heures et la floraison s’arrête ; un éclairage d’appoint la maintient tout l’hiver.lampe horticole à 25 ou 30 cm au-dessus de la rosette, 12 heures par jour