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Vivace · Saxifragacées

Saxifrage aizoon Saxifraga paniculata

Aussi appelé : Saxifrage paniculée, Livelong saxifrage

La saxifrage aizoon est une petite vivace des rochers calcaires des montagnes d’Europe, aux rosettes plates et argentées serrées en coussin de 20 à 30 cm. En juin et juillet, des panicules de petites fleurs blanches, parfois ponctuées de rouge, s’élèvent entre 20 et 40 cm ; chaque rosette meurt après sa floraison, et ses rejets prennent la relève. Elle demande surtout un mélange très minéral et calcaire, et presque aucun arrosage. Le froid ne la touche pas : ce sont les étés chauds et humides de plaine qui l’épuisent, et elle y veut une ombre légère aux heures chaudes.

Saxifrage aizoon (Saxifraga paniculata)
Photo : CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Saxifragacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-40 °C
Floraison
De juin à juillet
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 2 à 6, elle encaisse sans dommage -40 °C sous couverture neigeuse ; ce sont les étés chauds et humides, bien plus que le froid, qui l’épuisent.

Dimensions : Rosettes plates et argentées de 3 à 6 cm, se multipliant en coussin de 20 à 30 cm d’étalement ; les panicules florales blanches montent à 20-40 cm en juin.

Floraison : En juin et juillet, panicules de petites fleurs blanches parfois ponctuées de rouge, sans parfum ; chaque rosette meurt après avoir fleuri, le coussin se perpétuant par ses rejets.

Substrat : Mélange très minéral, moitié gravier ou sable grossier calcaire, moitié terre franche pauvre. pH idéal neutre à franchement alcalin, entre 7 et 8.

Exposition : Plein soleil en montagne ou en climat frais ; en plaine, soleil du matin et ombre légère aux heures chaudes.

Arrosage : Parcimonieux, un apport par semaine seulement lors des sécheresses estivales prolongées, rien en hiver. Toujours arroser au pied, sans mouiller le cœur des rosettes.

Durée de vie : Vivace monocarpique par rosette : chaque rosette meurt après sa floraison, le coussin se perpétuant par ses stolons.

Multiplication : Rejets du pourtour détachés en août et septembre, après la floraison, et replantés aussitôt dans un mélange sableux et calcaire.

Arrosage & entretien

Arrosage : Au printemps et en été, arrosez au pied tous les 8 à 10 jours si la sécheresse dure, en laissant le substrat sécher complètement entre deux fois ; à l’automne et en hiver, la pluie suffit et l’excès d’eau est le principal danger. En pot, protégez le coussin des pluies froides et continues de l’hiver par une plaque de verre inclinée.

Fertilisation : Cette alpine des rochers calcaires vit de peu et n’a besoin d’aucun engrais en pleine terre. En auge ou en pot, une pincée d’engrais très dilué et pauvre en azote, une seule fois au début du printemps, suffit largement.

Rempotage : Tous les 2 à 3 ans, en mars ou juste après la floraison, dans un mélange neuf toujours aussi drainant. Profitez-en pour détacher les jeunes rosettes stolonifères enracinées et les replanter séparément.

Taille : Aucune taille au sens propre : coupez simplement la hampe à la base une fois les fleurs fanées, car la rosette qui a fleuri meurt après avoir fructifié. Retirez à la main ces rosettes desséchées pour aérer le coussin et éviter les foyers de pourriture.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil en altitude ou sous climat frais et venteux ; en plaine et dans le Midi, comptez 4 à 6 heures de soleil le matin puis une ombre légère l’après-midi. Une ombre trop dense étiole les rosettes et fait disparaître leur liseré blanc calcaire.

Emplacement : Extérieur toute l’année, jamais en intérieur : rocaille, auge, dallage, muret de pierres sèches ou fissure verticale, où l’eau ne stagne pas au cœur. Orientation est ou nord-est de préférence sous les climats chauds, sud en montagne.

Substrat : Deux tiers de gravier calcaire, gravillons ou sable grossier pour un tiers de terre de jardin pauvre, éventuellement additionnés d’un peu de terreau. Ajoutez quelques éclats de calcaire ou de tuf, que la plante exploite volontiers pour ses dépôts foliaires.

pH : Optimum entre 7 et 8, franchement calcaire. Elle tolère un pH légèrement inférieur mais dépérit dans les sols acides et tourbeux.

Drainage : Drainage parfait et permanent, avec un lit de graviers sous la motte et un paillage minéral au collet. L’humidité hivernale stagnante provoque la pourriture du collet, cause de mortalité bien plus fréquente que le gel.

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rejets : d’août à fin septembre, dehors, détacher les rejets du pourtour avec leur bout de stolon, et les replanter aussitôt, à peine enfoncés, dans un mélange sableux et calcaire. Ils s’enracinent avant l’hiver et fleurissent 2 ou 3 ans plus tard.

Les autres méthodes

Bouturage : la plante ne se bouture pas au sens strict ; une rosette détachée sans racines se pique simplement dans un mélange sableux et calcaire, à l’ombre claire et juste humide, où elle s’enracine en 3 à 4 semaines.

Semis :

Semerà l’automne, dehors ou sous châssis froid, en terrine de mélange minéral, graines très fines laissées en surface à la lumière ; le froid de l’hiver les fait lever au printemps suivant. Les graines reproduisent assez bien l’espèce, mais les saxifrages se croisent facilement et les plants mettent 2 ou 3 ans à fleurir.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des insectes. Les fleurs donnent en août de petites capsules qui brunissent et s’ouvrent au sommet ; on coupe la hampe à ce moment au-dessus d’un sac en papier. Les graines se gardent au sec et au frais jusqu’au semis d’automne, et peuvent tenir 2 ans. Comme les saxifrages voisines se croisent facilement, les graines du commerce sont plus sûres pour obtenir l’espèce pure.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines, due à Phytophthora ou Pythium sur substrat trop humide, se traduit par des rosettes qui brunissent au centre puis se détachent au moindre toucher ; il n’existe pas de traitement curatif fiable, il faut retirer les parties atteintes et rectifier le drainage. La rouille des saxifrages laisse de petites pustules orangées au revers des feuilles, à supprimer et à évacuer en déchetterie, sans les mettre au compost, éventuellement suivies d’un traitement à la bouillie bordelaise. Des taches foliaires brunes apparaissent aussi après un été lourd et confiné, signe d’un manque d’aération.

Parasites fréquents : Les larves d’otiorhynque, blanches et arquées, dévorent les racines en pot et provoquent un flétrissement brutal sans cause apparente : dépotez et traitez avec des nématodes Heterorhabditis. Les cochenilles farineuses des racines forment un feutrage blanc sur la motte, éliminé par un rempotage complet en substrat neuf. Limaces et escargots râpent les jeunes rosettes au printemps, à contenir par un cordon de gravier sec ou du phosphate ferrique.

Prévention : Plantez en fissure ou de biais entre deux pierres pour que l’eau ne reste jamais au cœur du coussin, et paillez de gravier calcaire. Évitez tout arrosage par aspersion et tout excès d’azote, qui ramollissent les rosettes. Écartez suffisamment les touffes et supprimez les rosettes mortes après floraison pour maintenir l’air en circulation.

Toxicité

Toxicité humaine : Espèce non toxique : aucune substance dangereuse ni cas d’intoxication n’est documenté pour les feuilles, les fleurs ou les racines. Elle n’est pas pour autant une plante alimentaire et n’a pas d’usage culinaire établi.

Toxicité animaux : Le genre Saxifraga ne figure pas parmi les plantes toxiques pour le chien, le chat ou le cheval, et aucun risque particulier n’est signalé pour les rongeurs ou les oiseaux. Une ingestion importante peut néanmoins provoquer un trouble digestif passager, comme avec n’importe quel végétal non habituel.

Symptômes : Au pire, salivation, vomissements ou selles molles sans gravité après ingestion d’une grande quantité de feuillage. Aucune dermite de contact n’est rapportée ; le dépôt blanc calcaire du bord des feuilles est un simple carbonate de calcium, inoffensif.

Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire, y compris dans un jardin fréquenté par de jeunes enfants ou des animaux. Lavez-vous simplement les mains après avoir manipulé la terre, et n’ingérez jamais une plante ornementale sans identification certaine.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les joubarbes (Sempervivum) et les orpins de rocaille (Sedum album, Sedum dasyphyllum) partagent exactement les mêmes besoins de sécheresse et de sol maigre, sans jamais envahir les rosettes. La campanule des murets (Campanula cochleariifolia) et l’œillet des rochers (Dianthus gratianopolitanus) apprécient le même calcaire et prennent le relais de la floraison en plein été. Les petites bulbeuses alpines comme les crocus botaniques ou Iris reticulata fleurissent avant elle et disparaissent ensuite sans lui faire d’ombre.

Associations à éviter : Toutes les plantes de terre de bruyère, azalées naines, Gaultheria, bruyères, réclament un sol acide et humifère incompatible avec son calcaire. Les couvre-sol vigoureux comme le céraiste tomenteux, l’aubriète ou Sedum acre recouvrent le coussin en une saison et le font pourrir dessous. Les vivaces gourmandes en eau et en engrais, hostas, astilbes, heuchères de sol frais, imposent des arrosages qui lui sont fatals.

Conseil : Plantez-la de préférence dans une fissure verticale ou en léger dévers entre deux pierres calcaires, ses voisines occupant les zones plates : l’eau de pluie s’évacue alors du cœur des rosettes. Un paillage de gravier calcaire commun à tout le massif limite les éclaboussures de terre, garde les collets au sec et unifie visuellement l’ensemble.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en extérieur toute l'année, en rocaille, muret, auge ou coupe peu profonde, à mi-ombre ou au soleil du matin, en substrat très drainant et franchement calcaire. Plante alpine à rosettes persistantes, rustique bien en dessous de -20 °C.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De début mai à mi-septembre : tous les 8 à 15 jours En pleine terre drainée, la plante se contente des pluies et ne réclame d'eau qu'en sécheresse prolongée. En auge ou en coupe, mouiller une fois copieusement quand le substrat est sec, sans laisser d'eau au cœur des rosettes.eau du robinet calcaire, versée au bord des rosettes
Gourmands et rejetsUtile D’avril à septembre : toutes les 3 à 5 semaines Les coussins bas se laissent vite envahir par les mousses et les jeunes semis spontanés, difficiles à extraire ensuite. Retirer les indésirables un à un plutôt que de gratter, pour ne pas déchausser les rosettes.à la pince, entre les rosettes
Inspection parasitaireUtile D’avril à septembre : toutes les 3 à 5 semaines Les larves blanches de l'otiorhynque rongent le collet en potée et font se détacher une rosette d'un seul coup. Chercher aussi les amas blancs cotonneux des cochenilles farineuses à la base des coussins.soulever une rosette jaunissante pour voir ses racines
RempotageOptionnel De mi-mars à fin avril, tous les 4 ans Renouveler le substrat des potées quand il se tasse ou se couvre de mousse, dans un contenant large et peu profond. Terminer par un paillage de gravillons calcaires, qui garde le collet au sec et convient à cette plante des rochers.un tiers de terreau, deux tiers de gravier calcaire
Ombrage estivalUtile De mi-juin à fin août Cette plante de montagne souffre nettement des canicules de plaine et se marque de taches brunes sèches contre une pierre brûlante. Une exposition à l'est ou l'ombre portée d'un rocher lui convient beaucoup mieux que le plein sud.ombre légère entre midi et 16 heures
Fleurs fanéesEssentiel De juillet à août Chaque rosette qui a fleuri meurt ensuite, en laissant un creux au milieu du coussin. Retirer la hampe sèche et la rosette épuisée dégage les jeunes rejets, qui referment le trou en une saison.couper la hampe à sa base et arracher la rosette morte
Division de touffeUtile De mi-août à fin septembre, tous les 3 ans Détacher les rejets du pourtour après la floraison et les replanter aussitôt, à peine enfoncés dans un mélange sableux et calcaire. Ils s'enracinent avant l'hiver et fleuriront 2 ou 3 ans plus tard.rosettes latérales munies de petites racines
Mise à l'abri de la pluieUtile De mi-octobre à mi-marsDès que : en contenant, dès l'installation des pluies durables d'automne Le froid n'inquiète pas cette plante, mais un hiver pluvieux et doux fait pourrir le collet et le cœur des rosettes. Un auvent ou un châssis toujours ouvert suffit, sans jamais la rentrer au chaud.surélever le pot sur des cales, en pleine lumière
Ramassage des feuilles mortesEssentiel De mi-octobre à fin décembreDès que : après chaque chute de feuilles importante des arbres voisins Une feuille morte plaquée sur un coussin le fait pourrir en quelques semaines d'hiver humide. Dégager patiemment les rosettes une à une, sans les arracher au passage.pinceau ou brosse souple