Plante à bulbe · Asparagacées
Scille de Sibérie Scilla siberica
Aussi appelé : Siberian squill
La scille de Sibérie est un petit bulbe printanier venu, malgré son nom, du Caucase et du sud de la Russie. En mars et avril, chaque bulbe dresse des hampes de 10 à 20 cm aux clochettes penchées d’un bleu intense, dont le pollen bleu nourrit les premières abeilles. Elle demande surtout une terre fraîche, humifère et drainée, idéalement sous des arbres caducs, et presque aucun soin en pleine terre. Aucun hiver français ne la menace, c’est la chaleur qui la fait souffrir ; laissée en place, elle forme une colonie qui s’étend pendant plus de 20 ans.
- Type
- Plante à bulbe
- Famille
- Asparagacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 2 à 8 : le bulbe enterré supporte des froids inférieurs à -30 °C, et aucun hiver de France métropolitaine ne le menace. La scille redoute bien davantage la chaleur : sur le littoral méditerranéen, plus doux que la zone 8, elle fleurit moins et ne se plaît qu’à la mi-ombre, dans une terre qui reste fraîche.
Dimensions : 10 à 20 cm de hauteur en fleur, pour 5 à 10 cm d’étalement par touffe. La colonie s’élargit ensuite chaque année par bulbilles et par semis spontanés.
Floraison : Mars et avril, dès la fin février en climat doux : chaque bulbe dresse jusqu’à 4 hampes de 1 à 5 clochettes penchées, d’un bleu intense et au parfum discret. Leur pollen bleu est l’un des premiers que récoltent les abeilles.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, fraîche, humifère et bien drainée, qui ne reste pas gorgée d’eau en hiver ; pH idéal de 6 à 7,5, sols calcaires acceptés.
Exposition : Soleil ou mi-ombre, idéalement sous des arbres et arbustes caducs, qui la laissent au soleil en mars puis l’abritent l’été. Sous l’ombre dense des persistants, elle fleurit de moins en moins.
Arrosage : Aucun en pleine terre, où les pluies suffisent, sauf printemps sec pendant que le feuillage est vert : un arrosage copieux chaque semaine jusqu’au retour de la pluie. En potée, garder la terre juste fraîche de février à mai.
Durée de vie : Vivace bulbeuse qui se renouvelle par bulbilles et par semis. Laissée en place, une colonie se maintient et s’étend pendant plus de 20 ans.
Multiplication : Division des touffes en juin et début juillet, feuillage jauni, bulbes replantés aussitôt entre 5 et 8 cm de profondeur.
Arrosage & entretien
Arrosage : De février à mai, les pluies suffisent en pleine terre ; si le printemps reste sec plus de 3 semaines, un arrosage copieux chaque semaine soutient la floraison et la recharge du bulbe. L’été, la scille dort sans exiger de sécheresse stricte, pourvu que la terre ne reste pas détrempée.
Fertilisation : Aucun engrais en terre de jardin ordinaire : un voile de 1 à 2 cm de compost mûr ou de terreau de feuilles, en octobre ou en novembre, entretient l’humus qu’elle aime. L’azote ferait des feuilles au détriment des fleurs.
Rempotage : En pleine terre, rien à rempoter : on divise seulement les touffes devenues trop denses, tous les 5 ans environ en juin, en replantant aussitôt les bulbes entre 5 et 8 cm de profondeur. En potée, renouveler le substrat tous les 2 ans à la même période, ou installer les bulbes au jardin une fois défleuris.
Taille : Pas de taille à proprement parler : on coupe seulement les hampes défleuries avant l’ouverture des capsules, en avril, là où l’on veut limiter les semis. Le feuillage ne se retire ou ne se tond qu’une fois jaune et couché, en mai, car c’est lui qui recharge le bulbe.
Exposition & substrat
Exposition : Soleil ou mi-ombre au moment de la floraison, avec au moins 4 heures de soleil direct par jour en mars et avril ; l’ombre qui s’installe ensuite ne la gêne plus. Sous l’ombre dense et permanente des conifères ou des persistants, elle fleurit de moins en moins.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en pelouse, au pied d’arbres et d’arbustes caducs, en bordure ou en sous-bois clair, orientée à l’est ou au sud au nord de la Loire. Dans le Midi, préférer une exposition est ou nord-est, à l’ombre légère d’un arbre caduc qui garde la terre fraîche l’été.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, fraîche, meuble et humifère, idéalement enrichie de terreau de feuilles. En sol sableux qui se dessèche vite, incorporer du compost à la plantation pour retenir la fraîcheur.
pH : De 6 à 7,5 de préférence ; les sols calcaires, jusqu’à 8, lui conviennent aussi.
Drainage : Indispensable de l’automne au printemps : un bulbe qui baigne dans une terre gorgée d’eau pourrit. En argile lourde, mélanger du gravier fin à la terre de plantation ou choisir un léger talus.
Multiplication
Division : de juin à début juillet, dehors, soulever à la fourche une touffe devenue trop dense, séparer les bulbes et les bulbilles, et les replanter aussitôt entre 5 et 8 cm de profondeur. Ces petits bulbes se dessèchent vite à l’air libre : ne jamais les laisser traîner hors de terre.
Les autres méthodes
Bouturage : la scille ne se bouture pas.
Semis :
Semeren été, dès la récolte en juin, dehors ou en terrine sous châssis froid, graines fraîches recouvertes de 5 mm de terre ; elles lèvent au printemps suivant après le froid de l’hiver. L’espèce se reproduit fidèlement, mais les plants mettent 3 à 4 ans à fleurir.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Ses capsules vertes jaunissent puis s’ouvrent en mai et juin sur des graines noires, à récolter dès qu’elles se fendent. Les semer aussitôt, car elles sèchent vite et perdent leur faculté germinative en quelques mois. Laissée en place, la colonie se ressème d’ailleurs seule.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le charbon des anthères remplace le pollen bleu par une poudre brun olive au cœur des fleurs ; l’infection gagne toute la plante et aucun traitement n’existe. On arrache alors les pieds atteints avec leur bulbe, pour les jeter aux ordures ménagères ou les porter à la déchetterie, jamais au compost. Des viroses marbrent parfois les feuilles de stries claires, et une terre détrempée fait pourrir le bulbe, dont le feuillage jaunit alors avant l’heure.
Parasites fréquents : Limaces et escargots grignotent les pousses et les boutons dès février, surtout par temps doux et humide. Un ramassage au crépuscule suffit le plus souvent, et en recours des granulés au phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Rongeurs et chevreuils, en revanche, délaissent presque toujours ses bulbes et ses fleurs.
Prévention : Planter des bulbes fermes dans une terre drainante, jamais dans une cuvette où l’eau stagne l’hiver. Éclaircir tous les 5 ans environ les touffes devenues trop serrées, qui s’affaiblissent et fleurissent moins. Ne jamais composter un pied malade, et ne pas replanter de scilles pendant plusieurs années là où le charbon a sévi.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante toxique par ingestion, toutes parties confondues, surtout le bulbe et les graines, qui concentrent des saponines irritantes et des glycosides cardiotoniques. Aucune intoxication grave n’est documentée, mais ces composés agissent sur le cœur à forte dose : rien ne se consomme, sous aucune forme.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat et le cheval par les mêmes composés, le cas le plus probable étant un chien qui déterre et croque des bulbes. Un cheval, un lapin ou un cobaye peuvent aussi en brouter les feuilles sur pied : ne pas la planter ni la laisser gagner près d’un enclos, d’un pré ou d’une pelouse où ils vivent, et ne jamais leur en donner, pas même dans des déchets de jardin.
Symptômes : Douleur ou irritation de la bouche, nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée, puis à forte dose ralentissement du pouls et troubles du rythme cardiaque. Le suc des bulbes peut aussi irriter une peau sensible.
Précautions : Porter des gants pour planter ou diviser, et ranger les bulbes hors de portée des enfants et des chiens, loin des oignons et des échalotes. En cas d’ingestion, appeler sans attendre un centre antipoison, ou le vétérinaire pour un animal, même en l’absence de symptômes.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le perce-neige ouvre la saison quelques semaines plus tôt au pied des mêmes arbres caducs, et le tapis de bulbes court ainsi de la fin de l’hiver au cœur du printemps. L’hellébore d’Orient fleurit avec elle à mi-ombre, dans la même terre fraîche et humifère, et ses fleurs crème, roses ou pourpres font ressortir le bleu. Les hostas, qui déploient leurs feuilles en mai, cachent ensuite le feuillage jaunissant de la scille sans la gêner, puisqu’elle dort l’été.
Associations à éviter : Les conifères et les persistants comme le laurier-cerise lui imposent toute l’année une ombre dense et une terre sèche, où elle s’éteint peu à peu. Les annuelles de massif renouvelées chaque printemps l’exposent au bêchage de mai, qui tranche les bulbes encore en recharge. Un gazon fin tondu dès mars lui coupe le feuillage encore vert, et la colonie s’éclaircit d’année en année.
Conseil : Installez-la au pied d’un arbre caduc par groupes serrés de 25 bulbes au moins, puis laissez faire les semis que dispersent les fourmis : le tapis bleu s’étend seul en 3 à 5 ans. Repérez les touffes au printemps, avant que le feuillage disparaisse, pour ne pas les bêcher par mégarde à l’automne. Gardez-la en revanche à distance d’un bois ou d’une prairie naturelle, où cette même facilité la fait s’échapper du jardin.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Bulbes naturalisés en pleine terre, en pelouse, en bordure ou au pied d’arbres et d’arbustes caducs, au soleil ou à mi-ombre, dans une terre fraîche, humifère et bien drainée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Inspection parasitaire | De février à avril | Un tour au crépuscule après une pluie douce montre les limaces qui grignotent pousses et boutons. À la floraison, arracher avec leur bulbe les pieds dont les fleurs portent une poudre brun olive à la place du pollen bleu : c’est le charbon des anthères, incurable et contagieux. |
| Floraison | De mars à avril | Les clochettes bleu intense tiennent environ 3 semaines et offrent aux abeilles un pollen bleu, l’un des premiers de l’année. Une colonie au soleil fleurit plus tôt et plus abondamment qu’à l’ombre. |
| Arrosage | De début mars à mi-mai | C’est pendant ces semaines de feuillage vert que le bulbe refait ses réserves pour l’année suivante. Les années normales, les pluies suffisent en pleine terre. |
| Fleurs fanées | De début avril à mi-mai | Couper les hampes défleuries avant que les capsules ne s’ouvrent, en laissant toutes les feuilles. Les fourmis emportent ses graines et sèment des scilles jusque dans la pelouse et les massifs voisins. |
| Rabattage | De début mai à mi-juin | Ne retirer ou tondre le feuillage qu’une fois jaune et couché, ce qui arrive dès mai chez cette espèce précoce. Coupé vert, il ne recharge plus le bulbe et la colonie s’éclaircit d’année en année. |
| Division de touffe | De début juin à mi-juillet, tous les 5 ans | Soulever à la fourche une touffe devenue si dense qu’elle fleurit moins, séparer les bulbes et les replanter aussitôt, entre 5 et 8 cm de profondeur. Ces petits bulbes se dessèchent vite à l’air libre : ne jamais les laisser traîner hors de terre. |
| Compost, amendement | D’octobre à novembre | Ce voile d’automne entretient la terre fraîche et humifère qu’elle préfère et remplace tout engrais. Sous les arbres, laisser aussi en place les feuilles mortes, que les pousses traversent sans peine au printemps. |