Légume · Astéracées
Salsifis noir Scorzonera hispanica
Aussi appelé : Scorsonère, Scorsonère d’Espagne, Salsifis d’Espagne, Black salsify
Le salsifis noir, ou scorsonère, est un légume racine originaire du sud de l’Europe, cultivé pour sa longue racine à peau noire et à chair blanche. Au potager, il forme une rosette de 30 à 40 cm et une racine de 30 cm, récoltée 7 à 8 mois après le semis ou laissée en terre un an de plus pour grossir. Il demande surtout une terre profonde, meuble et sans cailloux, amendée de compost mûr mais jamais de fumier frais, et un arrosage suivi pendant la levée. Rustique jusqu’à -25 °C, il convient au jardinier patient ; un sol lourd ou caillouteux déforme ses racines.
- Type
- Légume
- Famille
- Astéracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De juin à juillet
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 5 à 9 : la racine passe l’hiver en terre sans protection et supporte des froids d’environ -25 °C.
Dimensions : Rosette de 30 à 40 cm de haut pour 20 à 30 cm d’étalement la première année, puis hampe florale de 80 cm à 1 m la deuxième. La racine noire atteint 30 cm de long et 2 à 4 cm de diamètre.
Floraison : En juin et juillet de la deuxième année, des capitules jaunes au léger parfum de vanille sur des hampes d’1 m ; la montée en fleurs freine la racine, d’où des hampes coupées dès leur apparition.
Substrat : Terre profonde, meuble, légère et sans cailloux, amendée d’un compost bien décomposé mais jamais de fumier frais, pH de 6 à 7,5.
Exposition : Plein soleil ou mi-ombre légère.
Arrosage : Tous les 3 à 5 jours sans pluie pendant la levée, en avril et mai, puis tous les 7 à 10 jours par temps sec de juin à septembre, toujours au pied.
Durée de vie : Vivace cultivée comme annuelle ou bisannuelle : la racine se récolte 7 à 8 mois après le semis, ou un an plus tard, plus grosse et toujours tendre. Laissée en place, la souche vit plusieurs années.
Multiplication : Semis en place de fin mars à fin mai, à 2 cm de profondeur, puis éclaircissage à 10 cm, sans repiquage.
Arrosage & entretien
Arrosage : Garder la ligne de semis humide jusqu’à la levée, puis arroser tous les 3 à 5 jours sans pluie en avril et mai. De juin à septembre, un arrosage copieux au pied tous les 7 à 10 jours par temps sec suffit, et l’hiver se passe sans arrosage.
Fertilisation : Aucun engrais en cours de culture : un compost bien décomposé, incorporé quelques semaines avant le semis, suffit. Le fumier frais est à proscrire, car il fait fourcher les racines.
Rempotage : Aucun rempotage : la scorsonère se sème en place, sa racine pivotante ne supportant pas le repiquage. En bac, prévoir au moins 50 cm de terre meuble.
Taille : Pas de taille, seulement l’éclaircissage des semis à 10 cm quand les plants ont quatre feuilles. Sur les pieds gardés une deuxième année, couper les hampes florales dès leur apparition pour que la racine continue de grossir.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil ou mi-ombre légère, idéalement 6 heures de soleil par jour ou davantage pour des racines bien formées. Une ombre plus dense donne un feuillage abondant mais des racines grêles.
Emplacement : Extérieur, au potager en pleine terre, sur une planche dégagée où elle restera de 7 mois à 2 ans. Orienter les rangs nord-sud pour qu’ils soient ensoleillés de façon égale.
Substrat : Terre profonde, meuble et sans cailloux, travaillée sur 40 cm et enrichie d’un compost bien décomposé. Une terre lourde s’allège avec du sable, faute de quoi les racines restent courtes et fourchues.
pH : De 6 à 7,5, soit une terre légèrement acide à légèrement calcaire. La profondeur et la souplesse du sol comptent bien plus pour elle que son pH.
Drainage : Un sol bien drainé est indispensable, car la racine passe l’hiver en terre et pourrit dans une terre gorgée d’eau. Les sols compacts ou détrempés donnent aussi des racines ramifiées, difficiles à arracher entières.
Multiplication
Semis : de fin mars à fin mai, dehors, en lignes espacées de 25 cm, graines recouvertes de 2 cm de terre fine ; la levée prend 2 à 3 semaines à 10 à 15 °C, la ligne gardée humide. Éclaircir à 10 cm quand les plants ont 4 feuilles ; employer des graines de moins de 2 ans, qui perdent vite leur faculté germinative, et l’espèce se reproduit fidèlement. Le semis en place, de fin mars à fin mai, est la seule méthode : la racine pivotante ne supporte pas le repiquage.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : ses capitules se fécondent mal avec leur propre pollen. Il faut laisser quelques pieds en place une seconde année et ne pas couper leurs hampes : les capitules, pollinisés par les insectes, deviennent des boules duveteuses en juillet et août, à cueillir avant que le vent n’emporte les graines. Bien sèches, elles se gardent au sec et au frais, mais à semer dans les 2 ans. Les graines du commerce, de variétés sélectionnées à grosses racines, restent souvent plus sûres.
Les autres méthodes
Bouturage : le salsifis noir ne se bouture pas.
Division et autres méthodes : aucune : la racine se récolte et la souche ne se divise pas utilement.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La rouille blanche forme au revers des feuilles des pustules blanches et poudreuses, surtout par temps humide : supprimer les feuilles atteintes dès les premières taches. L’oïdium couvre le feuillage d’un feutrage blanc en fin d’été ; une décoction de prêle aide à le prévenir, et le soufre mouillable le freine. Une racine qui brunit et se ramollit en hiver signale une pourriture due à une terre trop humide.
Parasites fréquents : Les limaces dévorent les plantules à la levée : les ramasser le soir ou poser des pièges à bière. Les pucerons s’installent parfois sur les jeunes feuilles au printemps et se délogent au jet d’eau, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». En hiver, les campagnols, et parfois les mulots, rongent les racines en terre ; seuls un piégeage ou un grillage enterré autour de la planche les arrêtent.
Prévention : Attendre 3 à 4 ans avant de ressemer la scorsonère au même endroit, et espacer les rangs de 30 cm pour aérer le feuillage. Arroser au pied, jamais sur les feuilles, et pailler après l’éclaircissage pour garder la terre fraîche sans excès d’eau.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité : la racine est un légume, et les jeunes feuilles comme les boutons floraux se mangent aussi. Aucune partie de la plante n’est considérée comme dangereuse.
Toxicité animaux : Aucune toxicité connue pour le chien, le chat ou les autres animaux domestiques.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit ; l’inuline de la racine peut seulement causer des ballonnements chez les personnes sensibles qui en mangent beaucoup. Le latex blanc qui s’écoule des racines coupées colle et tache les doigts de brun, sans être dangereux.
Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire. Porter des gants ou éplucher les racines après cuisson évite simplement les taches du latex.
Associations de plantes
Bonnes associations : La carotte, en rangs alternés : selon la tradition jardinière, la scorsonère éloignerait la mouche de la carotte, et toutes deux veulent la même terre profonde, sans fumure fraîche. Le poireau et l’oignon, peu couvrants, partagent ce sol meuble sans lui disputer la lumière. La laitue ou le radis, semés entre les rangs au printemps, occupent le sol pendant la lente installation de la scorsonère et sont récoltés avant qu’elle ne prenne de la place.
Associations à éviter : Les courges et les choux, installés sur une fumure fraîche abondante : sur la même planche, ce fumier ferait fourcher les racines, et le feuillage couvrant des courges étoufferait des semis lents à démarrer. La pomme de terre, dont le buttage puis l’arrachage bouleversent la terre autour des longues racines en place.
Conseil : Semer quelques graines de radis dans le sillon de la scorsonère : levés en quelques jours, ils marquent la ligne et permettent de biner avant que la scorsonère, plus lente, ne sorte de terre.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture au potager, en pleine terre profonde, meuble et sans cailloux, au soleil ou à mi-ombre légère, semée en place au printemps et récoltée de l’automne à la fin de l’hiver.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 3 à 5 jours ; de début juin à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement au pied, sans mouiller le feuillage, qui favorise l’oïdium et la rouille blanche. Une terre gardée fraîche en été donne des racines plus longues et plus tendres. |
| Compost, amendement | De mi-février à fin mars | Ameublir la terre sur 40 cm et y incorporer le compost 2 à 4 semaines avant le semis. Une terre tassée, caillouteuse ou fumée de frais fait fourcher les racines, qui cassent ensuite à l’arrachage. |
| Semis | De mi-mars à fin mai | Semer à 2 cm de profondeur, garder la ligne humide jusqu’à la levée, puis éclaircir à 10 cm quand les plants ont quatre feuilles. La racine pivotante ne supporte pas le repiquage : tout se sème à demeure. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à fin septembre | Ramasser les limaces le soir pendant la levée, puis retourner les feuilles en été : des pustules blanches signalent la rouille blanche, et un feutrage blanc, l’oïdium. Supprimer aussitôt les feuilles atteintes pour freiner la propagation. |
| Paillage | En juin | Pailler après l’éclaircissage pour garder la terre fraîche et éviter les binages profonds, qui blessent les racines. Le paillis freine aussi les herbes, contre lesquelles les jeunes plants, lents à pousser, se défendent mal. |
| Floraison | De juin à juillet | Les capitules jaunes n’apparaissent que la deuxième année, sur des hampes de près d’1 m. Couper les hampes dès leur apparition pour que la racine continue de grossir, ou en laisser une ou deux pour récolter les graines. |
| Fructification, récolte | De mi-octobre à mi-mars | Arracher au fur et à mesure des besoins en creusant d’abord une tranchée le long du rang, car une racine cassée perd son latex et se conserve mal. Les racines laissées en terre continuent de grossir sans durcir, pour une récolte l’hiver suivant. |
| Protection des racines | De novembre à décembre | Couvrir les rangs avant les grands froids : la racine ne craint pas le gel, mais une terre gelée empêche de l’arracher sans la casser. Le paillis se soulève le jour de la récolte et se remet aussitôt. |