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Plante d’intérieur · Gesnériacées

Gloxinia Sinningia speciosa

Aussi appelé : Gloxinia des fleuristes, Gloxinie, Florist’s gloxinia

Le gloxinia est une plante à tubercule des forêts du Brésil, cultivée en pot pour ses grandes clochettes veloutées violettes, rouges, roses ou blanches. Il forme une rosette trapue de 20 à 30 cm de haut et fleurit par vagues de juin au début de septembre. Il demande une lumière vive sans un rayon de soleil direct, de la chaleur et une eau tiède non calcaire donnée par la soucoupe. Après la floraison, il entre en repos : le tubercule passe l’hiver au sec, entre 10 et 15 °C, avant de repartir au printemps.

Gloxinia (Sinningia speciosa)
Photo : Antoninhocd, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Plante d’intérieur
Famille
Gesnériacées
Exposition
Lumière vive, sans soleil direct
Température minimale
12 °C
Floraison
De juin à septembre
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Aucune, zone USDA 11: elle ne supporte ni le gel ni même une nuit fraîche sous 12 °C en végétation.

Seul le tubercule endormi traverse l’hiver, au sec et hors gel, entre 10 et 15 °C.

Dimensions : 20 à 30 cm de haut pour 30 à 40 cm d’étalement, en rosette large et trapue.

Floraison : De juin à début septembre, par vagues, de grandes clochettes veloutées violettes, rouges, roses ou blanches, souvent bordées ou piquetées d’une autre teinte, sans parfum ; chacune tient 5 à 8 jours.

Les fleurs en clochettes mesurent 6 à 8 cm et dominent à peine le feuillage.

Substrat : Terreau léger et acide type violette du Cap, tourbe ou fibre de coco allégée de perlite, renouvelé chaque année.

Le pH idéal va de 5,5 à 6,5.

Exposition : Lumière vive tamisée, sans un rayon direct: le feuillage velouté marque en une après-midi de plein soleil.

Une fenêtre est ou un sud voilé donnent les rosettes les plus régulières.

Arrosage : Tous les 4 à 6 jours en pleine végétation, à l’eau tiède non calcaire, par la soucoupe.

Espacé à 8 ou 10 jours à la reprise du printemps, réduit progressivement en août et totalement arrêté pendant le repos.

Durée de vie : Vivace tubéreuse, 3 à 5 ans en général, le tubercule grossissant puis s’épuisant.

Elle se renouvelle par semis ou par bouturage de feuille, comme un saintpaulia.

Multiplication : Bouturage de feuilles avec leur pétiole de mai à juillet, à l’intérieur, à l’étouffée vers 22 °C, comme un saintpaulia.

Arrosage & entretien

Arrosage : Eau tiède et non calcaire versée dans la soucoupe, jamais sur les feuilles veloutées ni au cœur de la rosette, qui pourrit en 2 jours.

Comptez 8 à 10 jours d’intervalle à la reprise en mars, 4 à 6 jours de mi-avril à juillet, puis un espacement progressif en août et septembre jusqu’à l’arrêt complet.

Fertilisation : Un engrais plantes fleuries pauvre en azote, dilué de moitié, toutes les 2 semaines de mi-avril à fin juillet.

Plus rien ensuite : nourrir une plante qui entre en repos l’empêche de remplir son tubercule.

Rempotage : Chaque année en fin d’hiver, entre mi-février et mi-mars, dans un terreau neuf, le tubercule posé creux vers le haut et à peine recouvert.

Un pot large de trois doigts de plus que le tubercule suffit; plus grand, il garde une humidité qui le fait pourrir.

Taille : Pas de taille, mais le retrait de chaque fleur fanée avec son pédoncule pendant toute la floraison.

En octobre, couper au ras du tubercule le feuillage jauni de lui-même, jamais avant qu’il ne le soit.

Exposition & substrat

Exposition : Lumière vive et diffuse, 12 heures de clarté par jour en été, mais aucun soleil direct sur le limbe.

Trop sombre, la rosette s’étire, les pétioles s’allongent et les boutons avortent.

Emplacement : Intérieur toute l’année, derrière une fenêtre est ou un sud voilé, à 20 °C environ et à l’abri des courants d’air.

Pendant le repos, le pot part dans un local sombre et frais, entre 10 et 15 °C, cave ou garage hors gel.

Substrat : Terreau pour violettes du Cap, ou deux tiers de tourbe blonde et fibre de coco pour un tiers de perlite.

Il doit rester souple, aéré et se ressuyer en quelques heures.

pH : Entre 5,5 et 6,5, nettement acide.

Une eau calcaire fait remonter ce pH et bloque l’assimilation du fer, ce qui décolore les jeunes feuilles.

Drainage : Pot percé, couche de billes d’argile au fond et soucoupe vidée un quart d’heure après chaque bassinage.

Le tubercule est charnu et pourrit par la base dès qu’il baigne, en végétation comme pendant les 4 mois de repos.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage de feuille : de mai à juillet, à l’intérieur, couper une feuille saine avec 2 à 3 cm de pétiole et l’enfoncer jusqu’au limbe dans un mélange de terreau et de perlite juste humide. À 22 °C, à l’étouffée sous un sac transparent et en lumière vive tamisée, elle forme un petit tubercule et des racines en 4 à 6 semaines, puis des pousses ; la plante fleurit l’année suivante. Le bouturage de feuilles au printemps et en été, à l’intérieur, comme pour un saintpaulia, est la méthode la plus sûre et reproduit fidèlement la variété.

Les autres méthodes

Semis :

Semerde janvier à mars, à l’intérieur, graines fines comme de la poussière laissées en surface à la lumière sur un terreau fin humide, à 22 à 25 °C sous couvercle ; la levée prend 2 à 3 semaines. Les plants issus de ces hybrides ne reproduisent pas fidèlement les fleurs de la mère.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : en appartement, les fleurs ne se fécondent guère sans aide ; déposer au pinceau le pollen d’une fleur sur le pistil d’une autre, puis attendre 1 à 2 mois que la capsule brunisse et s’ouvre. Les graines, fines comme de la poussière, se gardent un an au sec. Les gloxinias étant des hybrides, souvent F1, les graines du commerce sont plus sûres pour obtenir des fleurs connues.

Division et autres méthodes : au printemps, à la reprise, à l’intérieur, couper un gros tubercule en morceaux portant chacun au moins un bourgeon, laisser sécher les coupes un jour et les rempoter à peine enterrés. Arroser peu jusqu’au départ des feuilles.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture grise s’installe au cœur de la rosette sur une fleur fanée oubliée ou après un arrosage par le dessus: on retire les parties molles et on aère.

La pourriture du tubercule, molle et brune, suit un excès d’eau ou un repos passé dans un substrat resté humide, et ne se rattrape pas.

L’oïdium apparaît en feutrage blanc dans une pièce confinée et trop fraîche.

Parasites fréquents : Les thrips sont le parasite typique de cette plante: ils marquent les corolles de traits blancs et déforment les boutons avant leur ouverture.

Les araignées rouges s’installent par air sec, souvent au-dessus d’un radiateur, et piquettent le feuillage.

Les pucerons colonisent les hampes florales au printemps, à la reprise.

Prévention : Arroser uniquement par la soucoupe et retirer les fleurs fanées avec leur pédoncule supprime presque tous les problèmes de pourriture.

Maintenir 50 à 60 % d’hygrométrie avec un lit de billes d’argile humides, sans jamais brumiser le feuillage velouté.

Inspecter un bouton et le revers des feuilles tous les 15 jours d’avril à septembre.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, feuillage, fleurs et tubercule compris.

Cela n’en fait pas une plante comestible, mais une bouchée avalée par curiosité n’expose à rien de particulier.

Toxicité animaux : Sinningia speciosa figure sur la liste des plantes non toxiques de l’ASPCA pour le chien, le chat et le cheval.

C’est l’une des rares plantes fleuries d’intérieur que l’on peut installer sans arrière-pensée dans un foyer avec un chat.

Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit, ni par ingestion, ni par contact avec la sève.

Un animal qui en mâche une grande quantité peut tout au plus vomir, comme avec n’importe quel végétal.

Précautions : Aucune précaution de toxicité à prendre; la seule vraie raison de la mettre en hauteur est de protéger ses feuilles cassantes d’un coup de patte.

Attention en revanche aux engrais et aux traitements appliqués dessus, qui, eux, ne sont pas anodins pour un animal qui lèche le feuillage.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le saintpaulia, de la même famille, demande exactement la même lumière tamisée, le même terreau acide et le même arrosage par la soucoupe.

Le streptocarpus fleurit quand la gloxinia se repose et prend le relais sur la même étagère.

Une fougère d’intérieur voisine élève l’hygrométrie du groupe sans lui faire d’ombre.

Associations à éviter : Les plantes que l’on arrose toute l’année, placées avec elle dans une même coupe ou une même jardinière, condamnent son repos sec et font pourrir le tubercule.

Les succulentes et cactées veulent le soleil direct qui brûle son feuillage velouté.

Les plantes que l’on brumise, orchidées ou calathéas soignés de cette façon, imposent un geste qui tache ses fleurs et ses feuilles.

Conseil : Cultivez-la toujours en pot individuel plutôt qu’en composition: son calendrier n’est celui d’aucune autre plante d’intérieur.

Étiquetez ce pot avant de le ranger en octobre, un tubercule endormi dans un terreau nu ne se reconnaît plus en février.

Notez sur l’étiquette la date de mise au repos, la remise en végétation se faisant 4 mois plus tard.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Tubercule cultivé en pot à l’intérieur, derrière une fenêtre est ou un sud voilé, pièce à 20 °C pendant la végétation et local hors gel à 10 à 15 °C pour le repos.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De début mars à mi-avril : tous les 8 à 10 jours ; de mi-avril à fin juillet : tous les 4 à 6 jours Arroser chichement tant que les premières feuilles ne sont pas déroulées, puis régulièrement dès que la rosette s’étale et que les boutons montent. L’eau retenue au creux des feuilles veloutées ou sur le collet tourne en pourriture grise en 2 ou 3 jours.eau tiède non calcaire, par la soucoupe, jamais au cœur de la rosette
Engrais liquideUtile De mi-avril à fin juillet : toutes les 2 semaines Nourrir toutes les 2 semaines de la formation des boutons à la fin de la floraison, sur substrat déjà humide. Trop d’azote donne une grosse rosette de feuilles molles et peu de fleurs.engrais plantes fleuries pauvre en azote, dilué de moitié
Inspection parasitaireUtile De début avril à mi-septembre : toutes les 2 semaines Ouvrir un bouton suspect et regarder le revers des feuilles tous les 15 jours pendant la végétation. Les thrips tachent les corolles de traits blancs avant même leur ouverture, et c’est à ce moment-là que l’on peut encore agir.thrips dans les boutons, araignées rouges par air sec
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : de l’eau reste dans la soucoupe un quart d’heure après l’arrosage par le dessous Laisser le pot boire un quart d’heure par la soucoupe, puis jeter ce qui reste, toute l’année. Un tubercule qui trempe pourrit par la base, et c’est la première cause de perte pendant le repos comme en végétation.arrosé par bassinage, ce pot boit vite puis baigne, d’où le contrôle systématique
RempotageEssentiel De mi-février à fin mars Remettre le tubercule en végétation chaque année dans un terreau neuf et léger, type violette du Cap, vers 20 °C. Le substrat de l’an passé est épuisé et tassé, et un tubercule enterré trop profond pourrit avant de démarrer.creux du tubercule vers le haut, sommet affleurant, pot large de trois doigts de plus que lui
FloraisonUtile De début juin à mi-septembre Les clochettes s’ouvrent par vagues de juin à début septembre, chacune tenant 5 à 8 jours. Une lumière vive mais tamisée et une température stable autour de 20 °C allongent nettement cette période.environ 15 semaines après la mise en végétation, par vagues successives
Fleurs fanéesEssentiel De début juin à mi-septembre Ôter chaque fleur fanée avec sa tige, à la main, dès qu’elle se fripe. Une corolle molle tombée au cœur de la rosette y attire la pourriture grise, et les pédoncules laissés en place bloquent la vague de boutons suivante.retirer aussi le pédoncule, pas seulement la corolle
Changement de rythme d'arrosageEssentiel D’août à septembre Réduire les arrosages d’un tiers toutes les 2 semaines dès la fin de la floraison, jusqu’à l’arrêt complet fin septembre. C’est ce dessèchement progressif qui fait refluer les réserves dans le tubercule; un arrosage maintenu l’empêche d’entrer en repos et l’épuise.espacer jusqu’à 3 semaines, puis arrêter tout à fait
Arrêt de l'engraisUtile De début août à mi-mars Arrêter tout engrais dès août, avec les derniers arrosages, et n’en redonner qu’après la reprise du printemps suivant. Nourrir une plante qui entre en repos retarde le jaunissement du feuillage et laisse un tubercule mal rempli.reprise seulement à la formation des premiers boutons, mi-avril
Repos secEssentiel De début octobre à mi-février Couper le feuillage jaune au ras du tubercule et ranger le pot au sec, sans aucun arrosage, pendant 4 mois. Ce repos n’est pas facultatif: sans lui la plante s’épuise, refleurit mal et le tubercule ne passe pas un deuxième hiver.tubercule laissé dans son pot sec, à l’obscurité, entre 10 et 15 °C