Arbuste · Rutacées
Skimmia Skimmia japonica
Aussi appelé : Skimmia du Japon, Skimmia japonais, Japanese skimmia
Le skimmia est un arbuste persistant des sous-bois du Japon et de Chine, dont les boutons rouges ou roses décorent tout l’hiver avant de s’ouvrir en fleurs blanches parfumées en mars et avril. De croissance lente, il forme une boule dense de 0,80 à 1,50 m en une dizaine d’années. Il demande une terre acide, humifère et fraîche, à la mi-ombre ou à l’ombre claire. Le calcaire et le plein soleil le font dépérir : il convient aux massifs de terre de bruyère et aux pots à l’ombre.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Rutacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 7, soit environ -15 °C en pleine terre et en sol drainé. En pot, ne pas compter au-delà de -8 à -10 °C : la motte gèle bien avant la souche.
Dimensions : 0,80 m à 1,50 m en tous sens après une dizaine d’années, en boule dense et régulière. La croissance est lente, 5 à 10 cm par an, et certaines formes naines plafonnent à 60 cm.
Floraison : De mars à avril, des panicules de petites fleurs étoilées blanches à crème, très parfumées, dont les boutons rouges ou roses décorent l’arbuste tout l’hiver. Les pieds femelles donnent ensuite des baies rouges toxiques.
Substrat : Terre de bruyère ou mélange de terreau de feuilles et de terre franche, humifère et frais, pH 5 à 6,5. Le calcaire est le seul terrain où il ne tient pas.
Exposition : Mi-ombre ou ombre claire. Le plein soleil décolore et brûle le feuillage, l’ombre dense supprime la floraison et donc les baies.
Arrosage : En pot, tous les 2 ou 3 jours de mai à début septembre, puis une fois par semaine à tous les 15 jours le reste de l’année, à l’eau de pluie. En pleine terre, un bon arrosage hebdomadaire l’été suffit.
Durée de vie : Arbuste persistant vivace, facilement 20 ans au même endroit en pleine terre, une dizaine d’années en pot bien suivi.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées en juillet et août, sous abri et à l’étouffée, dans un mélange de terre de bruyère et de sable.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 2 ou 3 jours en pot de mai à début septembre, une fois par semaine à tous les 15 jours hors saison, en maintenant le substrat frais sans jamais le détremper. L’eau de pluie est impérative si l’eau du robinet est calcaire, sous peine de chlorose au bout de deux saisons.
Fertilisation : Un engrais liquide pour plantes de terre de bruyère toutes les 2 à 3 semaines d’avril à fin juillet, jamais d’engrais universel. Arrêter net début août, pour ne pas lancer de pousses tendres avant les gelées.
Rempotage : Tous les 3 ans en mars, avant le départ de végétation, dans un pot à peine plus large et jamais plus profond, car les racines sont fines et traçantes. Ne pas enterrer le collet et garder un mélange terre de bruyère et terreau de feuilles.
Taille : Presque inutile, la silhouette en boule se forme seule. Sur les pieds mâles, couper les panicules fanées en mai et juin par propreté, mais laisser celles des pieds femelles : ce sont elles qui deviennent les baies rouges de l’hiver.
Exposition & substrat
Exposition : Ombre claire à mi-ombre, avec au plus 2 ou 3 heures de soleil doux le matin. Le soleil de l’après-midi jaunit le feuillage en 15 jours et il ne reverdit qu’à la pousse suivante.
Emplacement : Extérieur toute l’année, exposition nord ou nord-est, à l’abri du vent froid et sec qui brunit les feuilles en hiver. Il est souvent vendu en décembre comme plante d’intérieur pour ses boutons rouges : un appartement chauffé le tue en quelques semaines, sa place est sur un balcon ou une terrasse.
Substrat : Terre de bruyère, terreau de feuilles et un peu de terre franche, additionnés d’une poignée de sable pour l’aération. Le mélange doit rester meuble et humifère, jamais tassé.
pH : De 5 à 6,5, 7 au maximum. Au-delà, le fer devient inassimilable et la chlorose s’installe, feuilles jaunes à nervures vertes.
Drainage : Frais en permanence mais jamais détrempé : billes d’argile au fond du pot et soucoupe vidée après chaque pluie. En sol lourd, planter sur une butte de 20 cm de terre de bruyère plutôt que dans un trou qui ferait baignoire.
Multiplication
Bouturage : de juillet à fin août, prélever des tiges semi-aoûtées de 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terre de bruyère et de sable. Sous abri ou sous châssis, à l’ombre et à l’étouffée, elles s’enracinent lentement, en 2 à 3 mois ; l’hormone de bouturage, facultative, aide la reprise. Le bouturage de tiges semi-aoûtées en juillet et août, sous abri, est la méthode la plus sûre ; il garde aussi le sexe du pied, ce qui compte chez cet arbuste dont seuls les pieds femelles portent des baies.
Les autres méthodes
Semis :
Semerà l’automne, dehors ou sous châssis froid, semer les graines fraîches débarrassées de leur pulpe à 1 cm de profondeur : le froid de l’hiver est nécessaire et la levée intervient au printemps suivant. L’espèce se reproduit, mais il faut des années pour savoir si un plant est mâle ou femelle, et la croissance est très lente ; les baies sont toxiques.
Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : sexes séparés, seul un pied femelle, avec un pied mâle à proximité pour la pollinisation par les insectes, porte des baies. Elles rougissent en octobre et novembre et tiennent tout l’hiver ; on les récolte avec des gants, les baies étant toxiques, et on sème les graines fraîches, car elles se conservent mal.
Division et autres méthodes : marcottage simple au printemps, dehors : coucher une branche basse au sol, l’enterrer sur 5 cm dans de la terre de bruyère en la maintenant d’un crochet, et la sevrer au bout d’un an.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La chlorose ferrique est de loin le premier trouble : feuilles jaunes à nervures restées vertes, provoquée par le calcaire de l’eau ou du sol, corrigée par du chélate de fer et un retour à l’eau de pluie. Le phytophthora s’installe dans un substrat asphyxié et fait brunir le feuillage puis dépérir l’arbuste entier, sans remède une fois déclaré. Des taches brunes cernées apparaissent parfois après un coup de soleil et ne sont pas contagieuses.
Parasites fréquents : Les cochenilles, farineuses ou à bouclier, se logent à l’aisselle des feuilles et au revers des nervures, laissant un miellat collant et de la fumagine noire. L’araignée rouge signale un emplacement trop chaud et trop sec, avec un revers de feuille piqueté et terne. En pot, l’otiorhynque découpe des encoches en demi-lune au bord des feuilles pendant que ses larves dévorent les racines, ce qui fait flétrir la plante sans raison apparente.
Prévention : Arroser à l’eau de pluie et pailler avec de l’écorce ou des aiguilles de pin, qui entretiennent l’acidité. Garder l’arbuste à l’ombre claire et à l’abri du vent sec, les deux causes de stress qui appellent les acariens. Inspecter le revers des feuilles toutes les 2 à 3 semaines d’avril à septembre, quand une intervention est encore facile.
Toxicité
Toxicité humaine : Le skimmia fait partie des Rutacées et contient des alcaloïdes, dont la skimmianine, dans son feuillage et surtout dans ses baies rouges, considérées comme toxiques en cas d’ingestion. Le danger d’un fruit isolé reste modéré, mais ces baies brillantes attirent les jeunes enfants, qui en avalent volontiers plusieurs.
Toxicité animaux : À tenir hors de portée des chiens et des chats, chez qui les troubles rapportés après ingestion sont digestifs. Le vrai risque vient des baies tombées sur une terrasse, qu’un chien ramasse au sol.
Symptômes : Par ingestion, nausées, vomissements, douleurs abdominales et parfois diarrhée dans les heures qui suivent. Par contact, aucune dermatose n’est couramment rapportée, le feuillage n’étant pas considéré comme irritant.
Précautions : Planter hors de portée des tout-petits et ramasser les baies tombées sur une terrasse ou un balcon. En cas d’ingestion, appeler un centre antipoison ou un vétérinaire en donnant le nom de la plante, sans faire vomir.
Associations de plantes
Bonnes associations : L’azalée japonaise et le pieris partagent son sol acide, son ombre légère et sa fraîcheur, avec des floraisons qui se relaient d’avril à juin. Les fougères, Dryopteris ou Polystichum, occupent le même étage sans concurrencer ses racines superficielles. Une heuchère pourpre ou un Hakonechloa doré au pied éclaire la base de la touffe, qui reste nue avec l’âge.
Associations à éviter : Lavande, ciste et sauge officinale demandent exactement le contraire, plein soleil, sol sec et calcaire, et l’un des deux voisins y passe toujours. Les couvre-sol vigoureux comme le lierre ou la petite pervenche étouffent ses racines à fleur de sol et lui prennent l’eau. Les rosiers de plein soleil, plantés à côté pour combler un vide, le condamnent au soleil qu’il ne supporte pas.
Conseil : Pour avoir des baies, planter un pied mâle pour trois femelles à moins de 3 m les uns des autres, et vérifier l’étiquette à l’achat : le ‘Rubella’, le plus courant en jardinerie, est un mâle et ne fructifiera jamais.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste en pot de terre de bruyère sur une terrasse à l’ombre légère, ou en pleine terre dans un sol acide et frais, dans tous les cas hors du soleil de l’après-midi.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-septembre : tous les 2 à 3 jours ; de mi-septembre à fin avril : toutes les 1 à 2 semaines | En pot, arroser tous les 2 ou 3 jours de mai à début septembre, puis une fois par semaine à tous les 15 jours le reste de l’année, en gardant le substrat frais sans jamais le détremper. En pleine terre, un bon arrosage hebdomadaire suffit pendant l’été. |
| Engrais liquide | D’avril à juillet : toutes les 2 à 3 semaines | Donner un engrais acidifiant toutes les 2 à 3 semaines d’avril à fin juillet, puis arrêter net. Prolonger en août ferait partir des pousses tendres que le premier gel abîmerait, au détriment des boutons déjà formés. |
| Inspection parasitaire | D’avril à septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Retourner quelques feuilles toutes les 2 à 3 semaines en saison. Un revers piqueté et terne trahit l’araignée rouge d’un emplacement trop chaud, et des encoches en demi-lune sur les bords annoncent l’otiorhynque, dont les larves dévorent les racines en pot. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe dans le quart d’heure qui suit : le skimmia veut un substrat frais, jamais d’eau stagnante. En hiver, une soucoupe pleine qui gèle enferme la motte dans un bloc et fait pourrir les racines fines. |
| Correction du pH | De mars à septembre | Arroser au chélate de fer dès les premiers jaunissements et repasser aussitôt à l’eau de pluie. Un surfaçage de terre de bruyère au printemps suivant évite la rechute, car c’est le calcaire, pas le manque d’engrais, qui bloque l’assimilation. |
| Rempotage | De début mars à mi-avril, tous les 3 ans | Rempoter tous les 3 ans en sortie d’hiver, avant le départ de végétation, dans un pot à peine plus large. Les racines étant traçantes, un pot large et peu profond vaut mieux qu’un pot haut. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Étaler 3 à 5 cm de paillis acidifiant en sortie d’hiver. Les racines du skimmia sont fines et à fleur de sol : c’est ce matelas qui les garde fraîches en été, plus sûrement que l’arrosage. |
| Ombrage estival | De juin à août | Tenir l’arbuste à l’ombre claire tout l’été, sous un caduc ou contre un mur exposé au nord, ou lui ménager un ombrage. Un skimmia au soleil jaunit en 15 jours et ne reverdit qu’à la pousse suivante. |
| Fructification, récolte | D’octobre à mars | Les grappes rouges tiennent de l’automne à la fin de l’hiver sur les seuls pieds femelles, et seulement si un mâle a fleuri à côté au printemps. Le ‘Rubella’, le plus vendu, est un mâle : il ne portera jamais de baies, uniquement ses boutons rouges d’hiver. |
| Protection des racines | De mi-novembre à fin février | Emballer le pot d’un voile ou de plaques isolantes dès la fin novembre et le plaquer contre un mur. La souche tient -15 °C en pleine terre, mais la motte d’un conteneur gèle bien avant et c’est par là que l’arbuste meurt. |