Arbre · Rosacées
Sorbier des oiseleurs Sorbus aucuparia
Aussi appelé : Sorbier sauvage, Arbre aux grives, Rowan, Mountain ash
Le sorbier des oiseleurs est un arbre caduc indigène des forêts et des montagnes d’Europe, connu pour ses grappes de baies rouge orangé que les oiseaux viennent manger à l’automne. En jardin, il forme une couronne ovale et légère de 6 à 12 m de haut, couverte en mai de bouquets de fleurs blanc crème mellifères. Il demande une terre fraîche, légère et plutôt acide, au soleil ou à mi-ombre, et supporte des froids sous -30 °C. Ce sont le calcaire sec et les étés chauds du Midi qui le font souffrir.
- Type
- Arbre
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mai à juin
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 3 à 7 : très rustique, il supporte des froids inférieurs à -30 °C ; ce sont les étés chauds et secs, surtout dans le Midi, qui le font souffrir.
Dimensions : 6 à 12 m de haut pour 4 à 6 m d’étalement en jardin, jusqu’à 15 m dans les meilleures conditions, en couronne ovale et légère.
Floraison : En mai, jusqu’en juin en altitude : larges bouquets plats de petites fleurs blanc crème, mellifères, à l’odeur forte que beaucoup trouvent désagréable. Les baies rouge orangé qui leur succèdent mûrissent de la fin août à octobre.
Substrat : Terre légère, fraîche et bien drainée, acide à neutre, au pH de 4,5 à 7 ; il pousse mal dans un sol calcaire et sec.
Exposition : Soleil ou mi-ombre ; dans le Midi, une situation fraîche, à l’abri du soleil brûlant de l’après-midi, lui convient mieux.
Arrosage : Les trois premières années, 20 à 30 litres au pied tous les 7 à 10 jours en été et tous les 10 à 15 jours en mai et en septembre, quand il ne pleut pas ; ensuite, lors des canicules et des sécheresses.
Durée de vie : Arbre caduc de vie assez courte, qui vit en général 80 à 120 ans.
Multiplication : Semis en automne, dehors, de graines débarrassées de leur pulpe, qui lèvent au printemps après le froid de l’hiver.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les trois premières années, verser 20 à 30 litres au pied tous les 7 à 10 jours en été, et tous les 10 à 15 jours en mai et en septembre, quand il ne pleut pas. Adulte, il réclame encore de l’eau pendant les canicules et les longues sécheresses, qu’il supporte mal.
Fertilisation : Aucun engrais n’est nécessaire : un paillis de compost ou de feuilles mortes étalé chaque printemps nourrit le sol et le garde frais. Un excès d’azote donne des pousses tendres, plus exposées au feu bactérien.
Rempotage : Arbre de pleine terre, il ne se rempote pas : on le plante de novembre à mars hors gel, en racines nues ou en conteneur, avec un tuteur les deux premières années. Pailler aussitôt le pied pour garder la terre fraîche.
Taille : Il n’en demande presque aucune : sur un jeune sujet, en hiver hors gel, ôter les branches qui se croisent et dégager peu à peu le tronc. Si le feu bactérien apparaît, couper sans attendre 30 à 50 cm sous la partie noircie, en désinfectant la lame à l’alcool entre chaque coupe.
Exposition & substrat
Exposition : Soleil ou mi-ombre, avec au moins 4 heures de soleil par jour pour bien fleurir et fructifier. Dans le Midi, l’ombre de l’après-midi lui évite les coups de chaleur.
Emplacement : En extérieur et en pleine terre, isolé sur une pelouse, dans un petit jardin ou dans une haie champêtre. Les situations fraîches, exposées à l’est ou en lisière d’arbres plus grands, lui conviennent mieux qu’un mur plein sud.
Substrat : Une terre légère, sableuse ou limoneuse, fraîche, même pauvre ou caillouteuse. Il pousse mal dans les terres calcaires et sèches comme dans les argiles détrempées.
pH : De 4,5 à 7, en sol acide à neutre. Il tolère un sol légèrement calcaire s’il reste frais.
Drainage : Un sol bien drainé mais qui garde une certaine fraîcheur lui est idéal. L’eau stagnante asphyxie ses racines, et une terre qui se dessèche complètement l’été le fait dépérir.
Multiplication
Semis : d’octobre à novembre, écraser les baies mûres, laver les graines pour retirer la pulpe qui bloque la germination, puis les semer en terrine dehors, couvertes de 5 mm de terreau et de sable. Laissées tout l’hiver au froid, elles lèvent au printemps, une partie seulement au second printemps. Elles reproduisent fidèlement l’espèce, mais pas les cultivars, qui se greffent. La réussite est bonne, au prix d’un peu de patience.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le sorbier noue mal avec son propre pollen. Cueillir les grappes dès que les baies sont rouge orangé et encore fermes, de septembre à octobre, avant que les oiseaux ne les vident. Les fleurs, fécondées par les insectes, nouent mieux quand un autre sorbier pousse dans le voisinage, ce qui est le cas le plus courant. Les graines se sèment fraîches : séchées, elles s’endorment plus profondément ; à défaut, les garder dans du sable humide au froid jusqu’au semis.
Les autres méthodes
Bouturage : se bouture très mal, et un amateur n’y parvient presque jamais ; mieux vaut semer.
Division et autres méthodes : greffe, réservée aux cultivars : en février et mars, greffe en fente d’un rameau de l’année précédente sur un jeune sorbier issu de semis, ou greffe en écusson d’un œil en août, ligaturée puis laissée dehors.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le feu bactérien est la plus grave : fleurs et jeunes pousses noircissent comme brûlées, l’extrémité des rameaux se recourbe en crosse et les feuilles sèches restent accrochées. Couper sans attendre 30 à 50 cm sous la partie atteinte, en désinfectant la lame à l’alcool entre chaque coupe, et porter les rameaux à la déchetterie. Une rouille fait aussi apparaître en été des taches orangées sur les feuilles, puis de petites excroissances en forme de cornes au revers, sans gravité pour l’arbre.
Parasites fréquents : Des pucerons enroulent au printemps les feuilles des jeunes pousses ; un jet d’eau et les coccinelles en viennent le plus souvent à bout, et en recours on emploie un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Un acarien microscopique forme sur les feuilles des cloques brunâtres, et des larves de tenthrèdes rongent parfois le feuillage en été, sans menacer l’arbre.
Prévention : Planter le sorbier dans une terre fraîche, à l’abri des chaleurs excessives, et l’arroser pendant les sécheresses : un arbre sans stress résiste mieux. Inspecter les pousses chaque année après la floraison pour repérer tôt le feu bactérien, ne pas forcer sur l’engrais azoté et réserver la taille d’entretien à l’hiver.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible : crues, les baies contiennent de l’acide parasorbique, irritant pour le tube digestif, et leurs pépins un composé cyanogène, mais il faut en manger beaucoup pour être malade. La cuisson détruit ces substances, et les baies se consomment sans danger en gelée ou en confiture.
Toxicité animaux : Avalées crues en quantité, les baies peuvent provoquer vomissements et diarrhée chez le chien et le chat, sans intoxication grave décrite ; leur amertume les en détourne le plus souvent. Le cheval ne court pas de risque sérieux : seule une grande quantité de baies fraîches peut lui causer salivation et diarrhée.
Symptômes : Nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée après ingestion d’une grande quantité de baies crues. Ces troubles restent digestifs et passagers, sans atteinte grave décrite.
Précautions : Apprendre aux enfants à ne pas manger les baies crues, et ne les consommer que cuites. En cas d’ingestion importante, appeler un centre antipoison.
Associations de plantes
Bonnes associations : Dans une haie champêtre, le noisetier, la viorne obier et le sureau noir offrent avec lui le gîte et le couvert aux oiseaux de l’été à l’hiver. Le bouleau, qui aime la même terre légère et acide, forme avec lui un bosquet clair où ses baies rouges ressortent sur les troncs blancs. À son pied, les fougères et les géraniums vivaces gardent la terre fraîche et couverte.
Associations à éviter : Le genévrier commun héberge une rouille qui passe sur ses feuilles chaque été : mieux vaut ne pas les planter côte à côte. Les aubépines, les cotonéasters et les pyracanthas, autres hôtes du feu bactérien, entretiennent la maladie autour de lui si elle apparaît au jardin. Les plantes de jardin sec, comme la santoline ou le phlomis, réclament un sol sec et un soleil brûlant qui ne lui conviennent pas.
Conseil : Le planter à quelques mètres d’une fenêtre, à l’écart de la terrasse, pour observer en automne grives et merles dans ses baies sans subir en mai l’odeur de ses fleurs. Laisser sur l’arbre les fruits qu’on ne récolte pas : ils nourrissent les oiseaux quand les autres ressources se raréfient.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbre installé en pleine terre, au soleil ou à mi-ombre, dans une terre fraîche, légère et plutôt acide.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | En mai : tous les 10 à 15 jours ; de juin à août : tous les 7 à 10 jours ; en septembre : tous les 10 à 15 jours | Verser 20 à 30 litres au pied d’un seul coup, quand il n’a pas plu. Arbre des régions fraîches et des montagnes, le sorbier supporte mal les étés chauds et secs de plaine, qui brunissent son feuillage. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Le paillis garde la terre fraîche au pied pendant tout l’été, ce qui compte beaucoup pour cet arbre de climat frais. |
| Floraison | De début mai à mi-juin | Les fleurs nourrissent les abeilles et d’autres insectes pollinisateurs ; leur odeur forte déplaît à beaucoup de près. |
| Inspection parasitaire | De mai à juillet | Des fleurs et des pousses noircies comme brûlées, recourbées en crosse, aux feuilles sèches restées accrochées, signent le feu bactérien. Des feuilles enroulées et collantes trahissent plutôt des pucerons, que les coccinelles régulent le plus souvent. |
| Désinfection des outils | De mai à septembre | Couper 30 à 50 cm sous la partie noircie, par temps sec, et porter les rameaux à la déchetterie, jamais au compost. Une lame non désinfectée transporte la bactérie d’une branche à l’autre. |
| Fructification, récolte | De mi-août à fin octobre | Crues, les baies sont amères et indigestes en quantité, mais elles se mangent cuites, en gelée ou en confiture. Celles qu’on ne récolte pas nourrissent les oiseaux jusqu’au début de l’hiver. |
| Taille de structure | De mi-novembre à fin février, tous les 3 ans | Supprimer les branches qui se croisent et, peu à peu, les plus basses pour dégager le tronc. Tailler en hiver limite le risque de propager le feu bactérien, et dans une haie, jamais du 15 mars au 31 août, pendant la nidification. |