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Arbuste · Caprifoliacées

Symphorine blanche Symphoricarpos albus

Aussi appelé : Symphorine, Symphorine à grappes, Arbre aux perles, Snowberry

La symphorine blanche est un arbuste caduc d’Amérique du Nord, cultivé pour ses grappes de baies blanches comme des perles, qui éclairent le jardin à l’automne. Chez nous, elle forme une touffe de 1 à 2 m de haut qui s’élargit chaque année par drageons. Elle n’exige presque rien : tout sol, même calcaire ou de remblai, du soleil à l’ombre franche, et plus aucun arrosage une fois installée. Elle convient aux haies libres et aux coins ingrats, mais ses baies sont toxiques et ses drageons envahissent vite un petit massif.

Symphorine blanche (Symphoricarpos albus)
Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Caprifoliacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-30 °C
Floraison
De juin à août
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : zones USDA 3 à 7, soit -30 °C et au-delà sans le moindre dommage. C’est l’un des arbustes les plus rustiques du commerce, à l’aise partout en France, y compris en montagne et en ville polluée.

Dimensions : 1 à 2 m de haut, pour une touffe de 1,5 à 2 m qui s’élargit chaque année par drageons, sans limite naturelle si on la laisse faire.

Floraison : De juin à août, de minuscules clochettes rose pâle, discrètes et sans parfum notable, très appréciées des abeilles. Elles laissent place aux baies blanches de l’automne, qui font tout l’attrait de l’arbuste et sont toxiques si on les avale.

Substrat : indifférente, tout sol de jardin convient, même pauvre, argileux, calcaire ou de remblai ; pH accepté de 5,5 à 8.

Exposition : du plein soleil à l’ombre franche, ce qui est sa grande force. La fructification est plus dense à mi-ombre ou au soleil qu’à l’ombre complète.

Arrosage : tous les 10 à 15 jours en été les deux premières années, puis aucun arrosage en pleine terre.

Durée de vie : arbuste caduc vivace, 20 à 30 ans pour une tige, mais la touffe se renouvelle indéfiniment par ses drageons.

Multiplication : Prélèvement des drageons enracinés de novembre à mars, hors gel, ou bouturage de rameaux ligneux de 20 cm en novembre.

Arrosage & entretien

Arrosage : 10 litres par pied tous les 10 à 15 jours de juin à début septembre, la première et la deuxième année. Ensuite plus rien : un apport tous les 2 ou 3 mois en cas de sécheresse exceptionnelle est le maximum qu’elle demande.

Fertilisation : aucune. Un sol trop riche produit des tiges longues et molles au détriment des baies ; en sol vraiment pauvre, une pelletée de compost à la plantation suffit une fois pour toutes.

Rempotage : la culture en bac tient mal dans la durée, la touffe drageonne et se dégarnit vite. Si vous y tenez, rempotez tous les 2 à 3 ans en fin d’hiver en divisant la souche.

Taille : en février ou mars, en supprimant un tiers des plus vieilles tiges au ras du sol. Tous les 5 ans, un rabattage complet à 20 ou 30 cm remet une touffe affalée d’aplomb, et les drageons s’arrachent pendant le repos végétatif.

Exposition & substrat

Exposition : de 2 heures de soleil à la pleine lumière, tout lui va. Plus elle reçoit de soleil, plus les baies sont nombreuses, mais elle reste saine et dense là où la plupart des arbustes s’étiolent.

Emplacement : extérieur toute l’année, idéale au nord d’un bâtiment, sous des arbres établis, en bordure de bois ou sur un talus difficile à entretenir.

Substrat : ordinaire, sans préparation particulière ; elle prospère en terre argileuse, en sol calcaire et jusque dans les remblais compactés.

pH : de 5,5 à 8, ce qui couvre à peu près tous les sols de jardin français.

Drainage : peu exigeante, elle supporte même un sol lourd temporairement humide en hiver. Les pourritures racinaires sont rares et il n’y a pas lieu de planter sur butte.

Multiplication

Méthode conseillée

Drageons : de novembre à mars hors gel, dehors : dégager à la bêche une pousse qui sort à distance du pied, la trancher de la souche avec ses racines et la replanter aussitôt. Rabattre ses tiges de moitié pour faciliter la reprise. La touffe en fournit chaque année et la reprise est quasi totale.

Les autres méthodes

Bouturage : en novembre et décembre, couper des rameaux ligneux de l’année de 20 cm et les enterrer aux deux tiers en pleine terre meuble, dehors ; ils s’enracinent au printemps avec une excellente réussite. Des boutures semi-aoûtées de 10 cm prises en juillet, sous châssis à l’ombre, reprennent aussi en 4 à 6 semaines.

Semis :

Semerpeu pratiqué : les graines, à tirer avec des gants des baies toxiques, ont une double dormance et ne lèvent qu’au deuxième printemps après un semis d’automne dehors, couvertes de 5 mm. Elles reproduisent l’espèce.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs, fécondées par les abeilles, nouent sans autre symphorine. Cueillir les baies blanches avec des gants quand elles sont bien formées et fermes, de septembre à novembre ; elles restent sur l’arbuste une partie de l’hiver. Les graines se sèment fraîches, à l’automne de la récolte : séchées, leur dormance déjà longue s’aggrave.

Maladies & parasites

Maladies courantes : l’oïdium est le problème principal, avec un feutrage blanc sur les feuilles de juillet à septembre, surtout dans les touffes serrées et à pied sec. On éclaircit la touffe en fin d’hiver, on ramasse les feuilles tombées et on traite au soufre seulement si l’attaque revient chaque année. L’anthracnose tache et fait pourrir une partie des baies pendant les étés humides, sans mettre l’arbuste en danger.

Parasites fréquents : les pucerons colonisent les jeunes pousses au printemps et enroulent les feuilles terminales, un jet d’eau ou de l’eau savonneuse en vient à bout. Des cochenilles s’installent parfois sur les vieilles tiges non renouvelées. Pour le reste, la symphorine est très peu attaquée et ne demande aucun traitement préventif.

Prévention : espacer les plants d’au moins 1 m et supprimer chaque hiver un tiers des vieilles tiges pour faire circuler l’air. Ne pas arroser le feuillage et ramasser les feuilles des touffes qui ont eu l’oïdium. Désinfecter le sécateur entre deux arbustes limite la propagation.

Toxicité

Toxicité humaine : les baies blanches sont toxiques, elles contiennent des saponines et des alcaloïdes, et aucune partie de la plante ne se consomme. Leur aspect de petite perle nacrée à hauteur d’enfant en fait l’un des fruits d’ornement les plus souvent portés à la bouche.

Toxicité animaux : les baies sont considérées comme toxiques pour le chien, le chat, le cheval et les rongeurs domestiques. Les intoxications restent en général bénignes et digestives, mais elles sont réelles et documentées.

Symptômes : l’ingestion de plusieurs baies provoque des vomissements, une diarrhée, des douleurs abdominales et parfois des vertiges ou une somnolence, qui apparaissent dans les heures qui suivent. Le contact prolongé avec la pulpe écrasée peut irriter légèrement la peau ou les yeux, sans gravité.

Précautions : ne pas la planter au bord d’un bac à sable ou d’une aire de jeux de tout-petits, et dire clairement aux enfants que ces baies blanches ne se mangent pas, même si elles éclatent joliment sous le pied. En cas d’ingestion de plusieurs fruits, appelez le centre antipoison ou le vétérinaire en précisant le nom de la plante.

Associations de plantes

Bonnes associations : le cornouiller sanguin, qui aime les mêmes sols ingrats et dont les rameaux rouges en hiver font ressortir les baies blanches. Le noisetier, dont l’ombre légère ne gêne en rien la symphorine, pour une haie champêtre. La viorne obier, même vigueur et même rusticité, qui prend le relais avec ses fruits rouges et son feuillage d’automne.

Associations à éviter : les vivaces basses et lentes comme les hostas, les heuchères ou les géraniums vivaces, que les drageons étouffent en deux saisons. Les arbustes précieux à croissance lente, érable du Japon en tête, dont elle colonise le pied sans qu’on s’en aperçoive. Le potager et les massifs d’annuelles voisins, que ses racines traversent sous une simple bordure.

Conseil : plantez-la là où son drageonnement est un service plutôt qu’un défaut : talus, pied de mur, angle ingrat, lisière. Sinon, posez une barrière anti-rhizome à la plantation. Ses baies persistent sur le bois nu parce que les oiseaux les boudent, donc placez-la dans l’axe d’une fenêtre, c’est en décembre qu’elle se regarde.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe installée en pleine terre, en haie libre, en massif ou sur un talus, du plein soleil à l’ombre, en sol ordinaire même pauvre, sous climat tempéré de France métropolitaine.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De début juin à mi-septembre : tous les 10 à 15 jours ; de mi-septembre à fin mai : tous les 2 à 3 mois Arroser la première et la deuxième année pour installer les racines. Passé ce délai, c’est l’un des rares arbustes qu’on peut oublier tout un été, même en talus sec ou au pied d’un mur.les deux premières années seulement, 10 litres par pied
Inspection parasitaireUtile De juin à septembre : toutes les 2 à 3 semaines L’oïdium est la faiblesse de l’espèce, dans les touffes serrées et à pied sec. Le repérer tôt permet d’éclaircir avant qu’il ne blanchisse tout le feuillage et n’abîme la fructification.toutes les 2 ou 3 semaines de juin à septembre : feutrage blanc d’oïdium, pucerons sur les jeunes pousses
Taille de structureEssentiel De mi-février à fin mars Tailler en fin d’hiver, après la chute des dernières baies et avant le départ de la végétation. La symphorine fleurit et fructifie sur les pousses de l’année, une taille de mai coûterait les baies de l’automne.supprimer un tiers des plus vieilles tiges au ras du sol, jamais de taille en boule
RabattageUtile De mi-février à fin mars, tous les 5 ansDès que : touffe vieillie, tiges couchées et dégarnies à la base La symphorine repart vigoureusement de la souche : un rabattage complet tous les 5 ans remplace une touffe affalée par des tiges neuves, au prix d’une seule année de fruits.rabattre la touffe entière à 20 ou 30 cm du sol
PaillageUtile De mi-mars à fin avril Pailler le temps que la touffe s’installe ; ensuite elle couvre le sol elle-même par ses drageons et étouffe les herbes sans aide.feuilles mortes ou BRF sur 5 cm, la première année surtout
Fructification, récolteUtile De septembre à janvier Les baies se forment en septembre et restent accrochées après la chute des feuilles, souvent jusqu’en janvier : c’est tout l’intérêt de l’arbuste, et la raison de ne le tailler qu’en fin d’hiver.grosses baies blanches nacrées de 1 à 1,5 cm, toxiques, qui tiennent sur le bois nu
Gourmands et rejetsUtile D’octobre à mars La symphorine drageonne et gagne du terrain chaque année : arracher les rejets pendant le repos végétatif contient la touffe, et les drageons enracinés se replantent ailleurs tels quels.arracher les drageons sortis hors de la zone voulue, en tirant plutôt qu’en coupant
Ramassage des feuilles mortesUtile De début novembre à mi-décembreDès que : touffe ayant subi l’oïdium pendant l’été Évacuer le tapis de feuilles des sujets touchés réduit nettement la reprise de l’oïdium l’été suivant. Ailleurs, les feuilles peuvent rester sur place et servir de paillage.ramasser et sortir les feuilles tombées sous la touffe atteinte