Arbuste · Oléacées
Lilas commun Syringa vulgaris
Aussi appelé : Lilas, Lilas des jardins, Common lilac
Le lilas commun est un grand arbuste caduc originaire des Balkans, planté depuis des siècles dans les jardins pour ses grosses grappes parfumées d’avril et mai. Il atteint 3 à 6 m de haut et drageonne volontiers en touffe. Il demande le plein soleil, au moins 6 heures par jour, un sol profond et bien drainé, même calcaire, et un hiver franc pour bien fleurir. Une fois installé, il se passe presque d’arrosage ; c’est la mi-ombre qui le prive de fleurs.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Oléacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -35 °C
- Floraison
- D’avril à mai
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3 à 7, l’arbuste supporte sans dommage des froids de l’ordre de -35 à -40 °C et réclame même un hiver franc pour bien fleurir.
Dimensions : De 3 à 6 m de hauteur pour 2 à 4 m d’étalement à maturité, avec une forte tendance à drageonner en touffe.
Floraison : En avril et mai, grosses grappes lilas, mauves, blanches ou pourpres, au parfum puissant et caractéristique.
Substrat : Sol profond, fertile, meuble et surtout bien drainé, volontiers calcaire ; pH idéal de 6,5 à 7,5.
Exposition : Plein soleil, 6 heures minimum par jour ; à la mi-ombre la floraison se raréfie nettement.
Arrosage : Arrosages copieux la première année après plantation (10 à 15 L par semaine en été), puis quasi nuls sur un sujet installé, sauf sécheresse prolongée.
Durée de vie : Arbuste vivace très longévif : 80 à 150 ans, et des lilas de plus de deux siècles subsistent dans les vieux jardins.
Multiplication : Prélèvement des drageons enracinés d’un pied franc, de novembre à mars, ou marcottage d’une branche basse au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les deux premières années, un arrosage copieux et espacé (10 à 15 L) par semaine d’avril à septembre, rien en hiver. Une fois installé, le lilas se passe d’arrosage et ne demande un seau qu’en cas de canicule durable.
Fertilisation : Un apport de compost mûr ou de fumier décomposé au pied à la fin de l’hiver suffit, complété au besoin d’un engrais pauvre en azote et riche en potasse après la floraison. Trop d’azote donne des pousses vigoureuses et peu de fleurs ; en sol acide, un chaulage léger tous les 2 ou 3 ans est bénéfique.
Rempotage : La culture en pot ne convient qu’aux formes naines, en grand bac d’au moins 50 cm, à renouveler tous les 3 à 4 ans. Opérer en automne ou en fin d’hiver, dans un mélange de terre de jardin, de terreau et de sable grossier, sur une couche drainante.
Taille : Tailler juste après la floraison, en juin au plus tard, car les boutons de l’année suivante se forment dès l’été. Supprimer les panicules fanées, le bois mort et les drageons, puis éclaircir le cœur ; un vieux sujet se rajeunit en rabattant un tiers des charpentières par an sur 3 ans.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, avec 6 heures d’ensoleillement direct au minimum et huit de préférence. La mi-ombre est tolérée mais la floraison y devient chiche et la silhouette s’étire.
Emplacement : Extérieur exclusivement : le lilas a besoin d’un vrai froid hivernal pour initier ses boutons floraux. Une exposition sud ou ouest, à l’abri des vents froids desséchants, lui convient parfaitement.
Substrat : Terre de jardin profonde, limono-argileuse, fertile et bien ameublie, enrichie de compost à la plantation. Il apprécie les sols calcaires et supporte mal les terres acides, pauvres ou compactes.
pH : Optimum entre 6,5 et 7,5, avec une bonne tolérance jusqu’à 8 ; en dessous de 6, la croissance et la floraison faiblissent.
Drainage : Le drainage doit être excellent, car l’eau stagnante provoque asphyxie racinaire et pourriture du collet. En terre lourde, planter sur une légère butte et incorporer du gravier ou du sable grossier au trou de plantation.
Multiplication
Drageons : de novembre à mars, dehors : dégager à la bêche une pousse sortie à distance du pied et la trancher de la souche avec un bon morceau de racine, puis la replanter. Le prélèvement des drageons enracinés d’un lilas franc de pied, de novembre à mars hors gel ; la reprise est bonne. Ses cultivars se reproduisent ainsi, par marcottage ou par greffe, jamais par semis, et les drageons d’un lilas greffé ne donnent que le porte-greffe.
Les autres méthodes
Bouturage : difficile : juste après la floraison, fin mai et juin, prélever des extrémités de 10 à 15 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, à l’étouffée et à l’ombre. Elles s’enracinent en 6 à 8 semaines, avec une réussite faible ; l’hormone de bouturage, facultative, aide.
Semis :
Semeren octobre et novembre, dehors en terrine, graines couvertes de 5 mm et laissées au froid de l’hiver ; elles lèvent au printemps. Elles ne reproduisent pas les cultivars, et le plant met 5 à 7 ans à fleurir.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le lilas noue mal avec son propre pollen ; un voisin suffit. Couper en octobre les grappes de capsules devenues brunes, juste avant qu’elles ne s’ouvrent, et les finir de sécher à l’abri pour recueillir les graines ailées. Le lilas noue mal avec son propre pollen : les insectes portent celui d’un autre lilas, fréquent dans les jardins voisins, d’où des plants imprévisibles. Au sec et au frais, les graines restent bonnes 1 à 2 ans, mais le semis à l’automne de la récolte leur assure le passage au froid dont elles ont besoin pour lever.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps : courber une branche basse, l’entailler, l’enterrer de 10 cm et la sevrer un an plus tard.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La bactériose à Pseudomonas syringae est la plus redoutée : taches brunes anguleuses sur les feuilles, rameaux qui noircissent et se courbent, boutons floraux avortés. Couper largement en bois sain par temps sec, désinfecter la lame entre chaque coupe et évacuer les déchets en déchetterie, sans compost ni broyat de paillage, puis traiter à la bouillie bordelaise en automne et en fin d’hiver. L’oïdium (feutrage blanc en fin d’été) reste surtout inesthétique et se maîtrise au soufre, tandis que le pourridié et la verticilliose, qui font flétrir des branches entières, n’ont pas de traitement curatif.
Parasites fréquents : La teigne du lilas (Gracillaria syringella) mine puis enroule les feuilles, qui brunissent comme grillées dès juin : couper et détruire les feuilles atteintes, un Bacillus thuringiensis suffit sur jeune sujet. Les cochenilles à bouclier forment des croûtes blanchâtres ou brunes sur l’écorce et affaiblissent l’arbuste, à traiter à l’huile de colza ou blanche en fin d’hiver. Pucerons et acariens restent occasionnels et ne justifient qu’un jet d’eau, ou en recours un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».
Prévention : Planter au soleil, dans un sol drainé, en laissant de l’espace pour que l’air circule, et éclaircir le cœur de la charpente chaque année après la floraison. Arroser au pied sans mouiller le feuillage, ramasser et éliminer les feuilles tombées, et éviter tout excès d’azote qui rend les jeunes pousses vulnérables à la bactériose. Toute plaie de taille se fait par temps sec, jamais en période humide.
Toxicité
Toxicité humaine : Le lilas commun est considéré comme non toxique : aucune de ses parties n’est reconnue dangereuse et ses fleurs sont même employées, en petite quantité, en confiserie et en sirop. Une ingestion massive de feuilles, très amères, peut au plus provoquer une gêne digestive passagère.
Toxicité animaux : Il figure parmi les végétaux classés non toxiques pour le chien, le chat et le cheval par l’ASPCA. Comme tout feuillage ligneux, une consommation importante peut néanmoins entraîner vomissements ou diarrhée par simple irritation mécanique.
Symptômes : En cas d’ingestion abondante : nausées, vomissements ou selles molles, sans gravité et spontanément résolutifs. Le contact avec la sève ou les feuilles ne provoque pas de dermatite connue ; seul le parfum très puissant des fleurs peut incommoder les personnes sensibles.
Précautions : Ne pas le confondre avec le faux lilas ou lilas des Indes de Perse (Melia azedarach), dont les fruits jaunes sont réellement toxiques pour l’homme et les animaux. Rincer les fleurs avant tout usage culinaire, s’assurer qu’aucun traitement n’a été appliqué, et empêcher un animal de brouter le feuillage de façon répétée.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les pivoines herbacées et les rosiers anciens partagent ses besoins (soleil, sol riche, neutre à calcaire) et prennent le relais de la floraison dès que le lilas est passé. Une clématite à floraison estivale peut grimper dans la charpente et refleurir l’arbuste une fois ses panicules fanées. Au pied, narcisses et tulipes profitent du sol nu du printemps, puis lavande, népéta ou géranium vivace masquent les tiges dénudées sans réclamer d’eau.
Associations à éviter : Les plantes de terre de bruyère (rhododendrons, azalées, camélias, hortensias bleus) exigent un sol acide incompatible avec le calcaire qu’aime le lilas. Les arbres à racines traçantes et gourmandes comme le bouleau, le peuplier ou l’érable negundo l’assèchent et le privent de lumière. Enfin, les vivaces d’ombre humide (hostas, fougères) obligent à des arrosages fréquents au collet, ce qui favorise pourriture et bactériose.
Conseil : Laisser 1,5 à 2 m entre le lilas et ses voisines, et réserver la couronne de terre au pied du tronc, sans paillis épais ni plantation collée, pour garder le collet sec. Surveiller chaque printemps les drageons, qui envahissent vite les massifs alentour, et les arracher au ras de la souche plutôt que de les couper, un drageon coupé repartant de plus belle.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste en pleine terre, au soleil, en sol drainé et plutôt calcaire.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : tous les 10 à 14 jours | Arroser copieusement en cas de sécheresse prolongée, les deux premières années surtout. Un sujet installé se débrouille seul. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De janvier à février | Retirer le bois mort et les branches qui se croisent pendant le repos. La touffe s’aère et fleurit mieux. |
| Engrais à libération lente | En mars | Griffer un engrais organique à libération lente au pied, avant le départ de la végétation. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Pailler le pied au printemps pour garder la fraîcheur en été. Laisser le collet dégagé. |
| Fleurs fanées | De mi-mai à fin juin | Couper les panicules fanées au-dessus de la première paire de feuilles. La plante cesse de fabriquer des graines et prépare mieux sa floraison. |
| Taille après floraison | De début juin à mi-juillet | Tailler dans le mois qui suit la fin de la floraison. Plus tard, on supprime les boutons de l’année suivante, déjà formés. |
| Gourmands et rejets | De juin à septembre | Supprimer les drageons au ras de la souche, en tirant plutôt qu’en coupant. Un lilas non surveillé forme vite un fourré. |
| Compost, amendement | De mi-octobre à fin novembre | Étaler quelques centimètres de compost mûr au pied à l’automne. Il nourrit la plante et améliore le sol sans la pousser à faire du bois tendre. |