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Plante d’intérieur · Aracées

Philodendron selloum Thaumatophyllum bipinnatifidum

Aussi appelé : Philodendron bipinnatifidum, Selloum, Tree philodendron

Le philodendron selloum est une grande aracée d’Amérique du Sud, aux feuilles profondément découpées, portées par un tronc court et épais qui se couche avec l’âge. En pot, il s’étale sur 1,50 à 3 m : il lui faut de la place autant qu’une lumière vive et indirecte, avec tout au plus un peu de soleil doux du matin. Il supporte de courtes fraîcheurs vers 5 °C mais pas le gel, et se contente d’arrosages espacés, plus rares encore en hiver. Toute la plante est toxique à l’ingestion : il convient aux grandes pièces claires, hors de portée des enfants et des animaux.

Philodendron selloum (Thaumatophyllum bipinnatifidum)
Photo : VSA.bing, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Plante d’intérieur
Famille
Aracées
Exposition
Lumière vive, sans soleil direct
Température minimale
5 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : zone USDA 9 à 11, supporte de courtes fraîcheurs vers 5 °C mais pas le gel.

Dimensions : 1,50 m à 3 m d’étalement, sur un tronc court et épais.

Floraison : rare en intérieur et réservée aux sujets adultes, une spathe épaisse verte à l’extérieur, crème à l’intérieur, qui dégage le soir un parfum fort. Toute la plante est toxique à l’ingestion.

Substrat : terreau riche allégé d’écorce et de perlite, pH 5,5 à 6,5.

Exposition : lumière vive indirecte, elle accepte un peu de soleil doux du matin.

Arrosage : tous les 8 à 12 jours en saison, tous les quinze à vingt en hiver.

Durée de vie : Vivace, 15 à 25 ans. Le tronc se couche avec l’âge en gardant ses cicatrices foliaires.

Multiplication : Séparation des rejets enracinés au rempotage de printemps, à l’intérieur, ou bouturage de tronçons de tronc à l’étouffée au chaud.

Arrosage & entretien

Arrosage : laisser sécher le tiers supérieur ; c’est le poids du bac, plus que le calendrier, qui dit quand arroser. Un grand volume de terre sèche lentement et se noie facilement.

Fertilisation : engrais plantes vertes toutes les 3 à 4 semaines d’avril à septembre. Sans apport, les nouvelles feuilles sortent nettement moins découpées.

Rempotage : tous les 4 ans tant que le bac reste manipulable, puis surfaçage annuel de 5 cm.

Taille : couper au ras du tronc les pétioles des feuilles basses qui s’affaissent ; c’est ainsi que le tronc se forme.

Exposition & substrat

Exposition : 6 heures de clarté vive indirecte ; à l’ombre les feuilles sortent entières au lieu de se découper.

Emplacement : intérieur toute l’année, dans une pièce où elle dispose d’au moins 2 m carrés, loin d’un passage.

Substrat : terreau riche avec écorce et perlite, qui reste structuré plusieurs années dans un grand volume.

pH : entre 5,5 et 6,5.

Drainage : essentiel dans un bac de ce volume : un fond détrempé reste gorgé des semaines et pourrit les racines profondes.

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rejets : d’avril à juin, à l’intérieur et avec des gants : dépoter, trancher au couteau un rejet qui a ses propres racines et le rempoter dans un terreau allégé d’écorce. La reprise est bonne.

Les autres méthodes

Bouturage : d’avril à juillet, avec des gants (la sève irrite), couper un tronçon de tronc de 10 cm portant un nœud et le coucher à demi enterré dans de la perlite humide, ou bouturer la tête avec ses racines aériennes dans un terreau léger. À l’intérieur, à l’étouffée vers 25 °C et en lumière vive sans soleil, l’enracinement prend 4 à 8 semaines.

Semis :

Semerpeu pratiqué : les graines fraîches, rares, se sèment en surface au printemps à l’intérieur, à 25 °C, et lèvent en 2 à 4 semaines en reproduisant l’espèce. La plante ne fleurit presque jamais en intérieur.

Récolter les grainesPas de graines en culture : en intérieur, il ne fleurit presque jamais et fructifie encore moins. Chaque spathe est femelle puis mâle à un jour d’écart, et il faudrait deux spathes ouvertes en décalage pour porter à la main le pollen de l’une à l’autre, puis attendre des mois la maturité. Les graines ne se conservent que quelques semaines, d’où leur rareté dans le commerce ; on passe par les rejets ou le bouturage.

Division et autres méthodes : Marcottage aérien sur un tronc couché : entailler sous un nœud, envelopper de mousse humide sous un film, et couper quand les racines apparaissent, après 6 à 8 semaines.

Maladies & parasites

Maladies courantes : pourriture racinaire dans un bac sans écoulement, insidieuse parce qu’elle met des semaines à se voir. Bord des feuilles brunissant par air trop sec ou eau trop calcaire.

Parasites fréquents : cochenilles farineuses dans les plis des pétioles et araignées rouges en hiver. La taille du feuillage rend l’inspection longue mais très facile.

Prévention : un bac percé et surélevé, un dépoussiérage mensuel feuille par feuille, et le retrait des pétioles morts, qui abritent les cochenilles.

Toxicité

Toxicité humaine : toute la plante contient de l’oxalate de calcium ; les pétioles coupés laissent une sève irritante pour la peau et les yeux.

Toxicité animaux : toxique pour le chien et le chat, et son feuillage bas est facilement accessible.

Symptômes : brûlure et gonflement de la bouche, salivation, vomissements ; irritation oculaire sévère si la sève est portée à l’œil.

Précautions : gants et manches longues pour retirer les pétioles, ne pas se frotter les yeux pendant l’opération, et rincer aussitôt.

Associations de plantes

Bonnes associations : un grand ficus ou un kentia supportent la même lumière et le même volume de pièce, et leur port dressé équilibre son étalement. Des fougères au sol sous son feuillage profitent de l’ombre qu’il projette.

Associations à éviter : toute plante posée trop près, qu’elle recouvrira en deux saisons sans qu’on s’en aperçoive. Éviter aussi les succulentes, dont le substrat sec ne s’accorde pas au sien.

Conseil : lui réserver un angle dégagé dès l’achat plutôt qu’une place provisoire : une fois adulte, elle se déplace difficilement et supporte mal d’être taillée pour tenir.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en grand bac, en intérieur lumineux, dans une pièce où la plante dispose d’au moins 2 m carrés. Espèce à tronc court et feuilles profondément découpées, qui ne grimpe pas et s’étale.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 8 à 12 jours ; d’octobre à mars : tous les 15 à 20 jours Le volume de terre est important et sèche lentement : c’est le poids du bac, plus que le calendrier, qui dit quand arroser.laisser sécher le tiers supérieur
Dépoussiérage du feuillageEssentiel De janvier à décembre : toutes les 3 à 4 semaines Les feuilles atteignent 60 cm et ramassent une quantité de poussière que l’on ne soupçonne pas avant de passer le chiffon.chiffon humide, feuille par feuille
Engrais liquideUtile De début avril à mi-septembre : toutes les 3 à 4 semaines Une plante de ce gabarit épuise son bac plus vite qu’il n’y paraît. Les nouvelles feuilles sortent alors nettement moins découpées.engrais plantes vertes
Inspection parasitaireUtile De janvier à décembre : toutes les 4 à 5 semaines Cochenilles farineuses dans les plis des pétioles, araignées rouges en hiver. La taille du feuillage rend l’inspection longue mais facile.revers et pétioles
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : présence d’eau sous le bac après un arrosage Un grand bac retient beaucoup d’eau, et la soucoupe qui va avec en contient assez pour noyer les racines du fond pendant des jours.
Bois mort et feuilles abîméesUtile De janvier à décembreDès que : quand une feuille basse jaunit puis s’affaisse La perte régulière des feuilles du bas est normale et forme le tronc. C’est ainsi que la plante se construit, pas un signe de souffrance.couper le pétiole au ras du tronc
SurfaçageUtile De mi-mars à fin avril Passé un certain volume, on ne rempote plus : on remplace la couche supérieure, ce qui rend l’essentiel des éléments sans manipuler une motte devenue intransportable.renouveler 5 cm de substrat en surface
RempotageUtile De mi-mars à mi-mai, tous les 4 ans Espacer au maximum : la plante supporte d’être à l’étroit, et chaque rempotage relance une croissance dont on finit par manquer de place.tant que le bac reste manipulable