Arbre · Cupressacées
Thuya géant Thuja plicata
Aussi appelé : Thuya de Lobb, Thuya géant de Californie, Cèdre rouge de l’Ouest, Western red cedar
Le thuya géant est un conifère de l’ouest de l’Amérique du Nord, où il vit plusieurs siècles. Libre, il atteint chez nous 15 à 25 m de haut sur 4 à 6 m de large, mais se conduit surtout en haie tenue entre 2 et 4 m, qu’il garnit vite avec ses 40 à 60 cm de pousse par an. Il veut un sol profond, frais et humifère, et accepte une demi-journée d’ombre sans se dégarnir, ce que peu de conifères de haie supportent. Rustique vers -25 °C, il souffre bien plus de la sécheresse prolongée et des vents desséchants d’hiver que du froid.
- Type
- Arbre
- Famille
- Cupressacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 8, résistant jusqu’à environ -25 °C. Il craint bien davantage la sécheresse prolongée et les vents desséchants d’hiver que le froid lui-même.
Dimensions : 15 à 25 m de haut sur 4 à 6 m de large en port libre ; conduit en haie, on le tient entre 2 et 4 m. Il pousse de 40 à 60 cm par an.
Floraison : Aucune décorative : conifère, il ne porte que de minuscules fleurs au printemps, puis de petits cônes dressés, verts puis bruns, de 1 cm à peine.
Substrat : Sol profond, frais, humifère, drainant mais jamais desséchant. pH de 5,5 à 7.
Exposition : Soleil à mi-ombre. Contrairement à la plupart des conifères de haie, il accepte réellement une demi-journée d’ombre sans se dégarnir.
Arrosage : 15 à 20 litres par pied tous les 5 à 7 jours en été pendant les trois premières années, puis seulement en canicule.
Durée de vie : Arbre véritable, plusieurs siècles dans son aire d’origine ; une haie bien menée tient 30 à 50 ans.
Multiplication : Bouturage à talon de septembre à novembre, sous châssis froid, ou semis au printemps de graines passées au froid.
Arrosage & entretien
Arrosage : Copieux et espacé, versé lentement dans une cuvette au pied plutôt qu’aspergé sur le feuillage. Un sujet qui a soif brunit de l’intérieur, et ces rameaux-là ne reverdissent jamais.
Fertilisation : Un engrais conifères à libération lente en mars, une fois l’an, suffit largement. Rien après juillet : les pousses tardives n’auraient pas le temps de durcir avant les gelées.
Rempotage : Il ne se cultive pas durablement en bac, son volume et son enracinement s’y refusent. En pleine terre, aucun rempotage, seulement le paillis à renouveler.
Taille : Deux passages, une reprise légère début mars puis la taille principale en septembre, hors de la période de nidification, en gardant la base plus large que le sommet. Toujours dans le vert : le bois brun ne porte plus de bourgeons et reste nu.
Exposition & substrat
Exposition : 4 à 6 heures de soleil lui suffisent. Il supporte l’ombre mieux que le cyprès de Leyland et reste garni même sur une face nord.
Emplacement : Extérieur uniquement, en haie ou en isolé. Éviter les pieds de mur plein sud qui réverbèrent et les couloirs de vent d’est, qui le dessèchent en hiver.
Substrat : Terre de jardin profonde, améliorée de compost à la plantation. Les sols superficiels posés sur dalle calcaire lui conviennent mal.
pH : De 5,5 à 7, légèrement acide à neutre. Il jaunit dans les terrains très calcaires.
Drainage : Il demande de la fraîcheur, pas de l’eau stagnante. Un sol gorgé tout l’hiver appelle le Phytophthora, qui fait brunir la haie en commençant par le bas.
Multiplication
Bouturage : avec des gants (le feuillage peut irriter), arracher des rameaux latéraux de 10 à 15 cm avec un talon d’écorce, ôter les écailles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable. Dehors sous châssis froid, à l’ombre, ils s’enracinent en 4 à 8 mois. Le bouturage à talon de septembre à novembre, sous châssis froid ; il reprend plus facilement que chez la plupart des conifères. Ses cultivars se multiplient ainsi, le semis ne les reproduisant pas.
Les autres méthodes
Semis :
Semeren mars et avril, après 1 à 2 mois au froid, semer en terrine dehors ou sous abri, graines à peine couvertes de 2 mm ; elles lèvent en 3 à 5 semaines et reproduisent l’espèce.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : un arbre isolé se féconde seul, le vent portant son pollen. Cueillir en septembre les cônes dressés quand ils brunissent, avant qu’ils ne s’ouvrent, et les laisser libérer leurs graines ailées dans un sac de papier au sec. Au sec et au frais, les graines restent bonnes 2 à 3 ans.
Division et autres méthodes : marcottage simple, au printemps, dehors : courber une branche basse, l’enterrer de 5 cm et la maintenir d’un crochet ; la sevrer au bout d’un an.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le dépérissement racinaire à Phytophthora, en terrain détrempé, brunit un sujet entier de bas en haut et ne se soigne pas : on arrache et on draine. Les champignons de rameaux (Kabatina, Pestalotiopsis) font des bouquets bruns isolés, à recouper en bois sain. Le thuya géant y est nettement moins sujet que le thuya occidental, qui souffre en plus du brunissement à Didymascella.
Parasites fréquents : Le bupreste du thuya (Lamprodila festiva), devenu banal en France, creuse ses galeries sous l’écorce et fait rougir une branche après l’autre ; aucun insecticide n’agit, seul un arbre correctement arrosé résiste. La mineuse Argyresthia thuiella blanchit les extrémités des rameaux, et l’araignée rouge les grise lors des étés secs.
Prévention : Arroser et pailler, car presque tous ces ennuis suivent un stress hydrique. Ne pas tailler en pleine chaleur ni sous la pluie. Désinfecter les lames de la cisaille entre deux sujets.
Toxicité
Toxicité humaine : Le feuillage est toxique par ingestion : il contient de la thuyone, un monoterpène le plus concentré dans les jeunes rameaux. La sève et la sciure provoquent dermatites et irritations respiratoires chez qui taille des haies régulièrement.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat, le cheval et le bétail, même si le thuya géant est moins chargé en thuyone que le thuya occidental. Le vrai danger, ce sont les rameaux coupés laissés au sol, que les herbivores broutent volontiers.
Symptômes : Hypersalivation, coliques, ballonnement, vomissements et diarrhée parfois sanglante ; à forte dose, abattement, troubles nerveux et atteinte du foie et des reins. Chez l’humain, rougeurs et démangeaisons après contact prolongé avec la sève.
Précautions : Gants et manches longues pour tailler, ramassage des déchets le jour même. Ne jamais jeter de rameaux dans un pré ou un enclos, y compris une fois secs, car ils restent toxiques.
Associations de plantes
Bonnes associations : En haie mixte, le charme, le laurier-tin et le houx acceptent la même mi-ombre et se taillent aux mêmes dates ; mêler les essences évite qu’un seul ravageur emporte tout le rideau. À son pied, dans l’ombre sèche, l’hellébore, l’épimédium et la fougère mâle sont à peu près les seuls à tenir.
Associations à éviter : Potager et petits fruits à moins de 3 m, car les racines traçantes y prennent l’eau et l’azote. Lavande, romarin et rosiers y manquent de lumière et souffrent de la fraîcheur du sol. Éviter aussi de l’alterner avec un cyprès de Leyland, dont la vitesse de pousse déséquilibre la haie en quelques années.
Conseil : Planter à 80 cm ou 1 m d’intervalle, pas à 50 cm, et à 2 m au moins de la limite de propriété, distance que le code civil impose dès qu’une plantation dépasse 2 m de hauteur.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet planté en pleine terre, en haie taillée ou en isolé, au soleil ou à mi-ombre, dans un sol profond qui reste frais l’été ; la culture en bac n’est pas envisagée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 10 à 14 jours ; de juin à août : tous les 5 à 7 jours ; de septembre à octobre : tous les 12 à 18 jours | Arroser lentement dans une cuvette au pied plutôt que d’asperger le feuillage. Le thuya géant redoute la sécheresse bien plus que le froid, et un rameau qui a bruni de soif ne reverdit jamais. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Les dépérissements de rameaux, Kabatina et Pestalotiopsis, se transmettent par la cisaille. Une lame propre évite de contaminer toute une haie en une après-midi. |
| Ramassage des feuilles mortes | De janvier à décembre | Ramasser et évacuer les rameaux coupés sans les laisser au sol. Un chien, un cheval ou une chèvre qui les broute s’intoxique, et le feuillage reste toxique une fois sec. |
| Bois mort et feuilles abîmées | En mars | Secouer les branches et retirer les écailles mortes du cœur du sujet avant la reprise. Ce feutre retient l’humidité et entretient les champignons de rameaux. |
| Engrais à libération lente | De début mars à mi-avril | Un seul apport en début de végétation soutient toute la pousse de printemps. Rien après juillet : des pousses tardives n’auraient pas le temps de durcir avant les gelées. |
| Pincement | De début mars à mi-mars | Raccourcir les rameaux qui débordent de la silhouette, sans jamais entamer le bois brun, avant que les oiseaux ne reviennent nicher dans la haie. Passé la mi-mars, on laisse la haie tranquille jusqu’en septembre. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Refaire le paillis avant les chaleurs pour garder le pied frais. Chez le thuya géant, c’est le geste qui remplace la moitié des arrosages d’été. |
| Inspection parasitaire | De mai à août | Examiner de près les branches qui rougissent une à une et l’écorce des plus grosses. Le bupreste Lamprodila festiva, devenu courant en France, creuse ses galeries sous l’écorce des sujets affaiblis par la sécheresse. |
| Taille de structure | En septembre | Taille principale de la haie, une fois la pousse terminée et les nichées envolées, en gardant un profil plus large en bas qu’en haut pour que la base reste éclairée. C’est la règle qui décide de l’allure de la haie pour 10 ans. |