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Annuelle · Tropaéolacées

Capucine Tropaeolum majus

Aussi appelé : Grande capucine, Cresson d’Inde, Cresson du Pérou, Nasturtium

La capucine est une plante grimpante ou rampante venue des Andes, vivace chez elle mais détruite dès 0 °C, que l’on sème donc chaque printemps comme une annuelle. Selon qu’on lui offre un support ou non, elle grimpe sur 2 à 3 m ou s’étale à 30 ou 40 cm de haut ; les formes naines restent en touffes. Elle réclame le plein soleil et une terre pauvre : trop nourrie, elle fait des feuilles et presque pas de fleurs. Ses fleurs et ses feuilles poivrées se mangent, et elle se ressème souvent seule.

Capucine (Tropaeolum majus)
Photo : B.navez, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Annuelle
Famille
Tropaéolacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
0 °C
Floraison
De juin à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 9 à 11, autant dire aucune rusticité utile en France. Vivace sous son climat andin d’origine, la capucine est détruite dès 0 °C et se cultive partout chez nous en annuelle.

Dimensions : L’espèce type court ou grimpe sur 2 à 3 m si on lui donne un support, et ne dépasse pas 30 à 40 cm de haut quand on la laisse ramper. Les formes naines restent en touffes de 30 cm.

Floraison : De juin aux premières gelées, des fleurs éperonnées orange, jaunes ou rouges, parfois crème ou acajou, au léger parfum poivré. Elles se mangent, comme les feuilles.

Substrat : Terre ordinaire, légère, bien drainée et franchement pauvre. Un sol fumé donne un feuillage magnifique et presque aucune fleur.

Exposition : Plein soleil, 6 heures minimum. À mi-ombre elle pousse très bien mais fleurit deux fois moins.

Arrosage : Régulier sans excès, tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 2 à 4 jours en pleine chaleur et en jardinière.

Durée de vie : Annuelle sous nos climats, de la mi-mai aux premières gelées, soit 5 à 6 mois. Elle se ressème seule d’une année sur l’autre.

Multiplication : Semis en godets sous abri dès la mi-mars, ou en place de la mi-avril à début mai, graines enterrées à 2 cm.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 5 à 7 jours en mai et juin, tous les 2 à 4 jours en juillet et août, puis on espace à partir de septembre. Arroser au pied le matin, sans mouiller les feuilles, dont la pruine fait perler l’eau mais sous laquelle l’oïdium s’installe volontiers.

Fertilisation : Aucune, et c’est la seule règle qui compte vraiment. Tout apport azoté, compost frais ou engrais de potager, donne des feuilles énormes et pratiquement pas de fleurs.

Rempotage : Sans objet pour une annuelle. En jardinière, compter 5 litres de terre par pied, un terreau allégé de sable et surtout pas d’engrais retard.

Taille : Pincer les tiges au-dessus de la quatrième feuille en juin pour ramifier la touffe. Ensuite, couper les fleurs fanées avec leur pédoncule chaque semaine, faute de quoi la plante monte en graines et cesse de fleurir.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 heures directes au minimum. C’est la condition d’une floraison continue de juin aux gelées.

Emplacement : Extérieur du semis jusqu’aux gelées, en bordure de potager, au pied d’un mur au sud, ou en jardinière suspendue d’où les tiges retombent. Un grillage à mailles fines la fait grimper le long d’une rambarde.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, légère, même caillouteuse, sans apport de compost. En pot, deux tiers de terreau pour un tiers de sable.

pH : De 6 à 7,5, avec une préférence pour la neutralité. Elle s’accommode sans difficulté d’un sol légèrement calcaire.

Drainage : Indispensable, surtout en pot : les tiges creuses et gorgées d’eau pourrissent au collet dès que la terre reste détrempée. En pleine terre, éviter les cuvettes où l’eau d’orage stagne.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : de la mi-mars à avril en godets individuels sous abri, ou en place de la mi-avril à début mai quand la terre atteint 12 °C et que les gelées sont écartées, graines enterrées à 2 cm. Un trempage de 12 heures accélère la levée, en 1 à 2 semaines vers 15 à 20 °C ; ne jamais repiquer à racines nues, la racine est fragile. Les variétés fixées se reproduisent à peu près fidèlement, les hybrides F1 non. Le semis : la grosse graine lève presque à coup sûr.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent seules ou avec l’aide des bourdons. D’août aux gelées, ramasser les graines groupées par trois quand elles jaunissent et se détachent seules, ou au sol sous les pieds, puis les laisser sécher quelques semaines à l’air. Des variétés voisines se croisent, et les hybrides F1 ne se reproduisent pas : pour une couleur précise, les graines du commerce sont plus sûres. Gardées au sec et au frais, elles restent bonnes 3 à 4 ans.

Les autres méthodes

Bouturage : Possible mais peu utile : des tiges de 8 à 10 cm prises en été s’enracinent en 2 à 3 semaines dans l’eau ou un terreau léger, à l’intérieur ou à mi-ombre. Il ne sert guère qu’à garder une forme à fleurs doubles, qui ne vient pas de graine.

Division et autres méthodes : Aucune : la capucine est annuelle chez nous, sans souche ni rejet. Elle se ressème seule, et ses jeunes plants se déplacent avec leur motte.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium couvre le feuillage d’un feutrage blanc en fin d’été, surtout sur les pieds serrés et arrosés par-dessus ; on retire les feuilles atteintes et on aère la touffe. La mosaïque virale, transmise par les pucerons, marbre les feuilles de jaune et déforme les jeunes pousses : rien ne la soigne, le pied s’arrache. La pourriture du collet suit toujours un excès d’eau.

Parasites fréquents : Le puceron noir de la fève colonise massivement les pétioles et le revers des feuilles, au point que la capucine sert de plante piège au potager. Un jet d’eau ferme ou deux doigts suffisent tant que les colonies sont jeunes, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les chenilles de piéride du chou la dévorent aussi, la capucine appartenant au même ordre botanique que les choux ; on les ramasse à la main.

Prévention : Espacer les pieds de 40 à 50 cm pour que l’air circule, et arroser au pied plutôt que sur le feuillage. Ne pas fertiliser : les pousses gorgées d’azote appellent le puceron. Arracher et composter les pieds détruits par la première gelée, qui abriteraient sinon les œufs jusqu’au printemps.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune, la capucine est une plante condimentaire entièrement comestible : fleurs, jeunes feuilles et boutons se mangent crus, les graines vertes se confisent au vinaigre comme des câpres. Son goût poivré vient de composés soufrés proches de ceux du cresson.

Toxicité animaux : Non toxique pour le chien, le chat et le cheval, elle figure sur la liste des plantes sans danger de l’ASPCA. Un animal qui en mâchonne ne risque rien de plus qu’un vomissement mécanique s’il en avale beaucoup.

Symptômes : Consommée en grande quantité, elle peut irriter l’estomac et les voies urinaires, ses composés soufrés étant actifs. C’est une affaire de dose, pas de toxicité, et aucun effet cutané n’est rapporté au contact.

Précautions : La seule précaution sérieuse concerne les traitements : ne jamais manger les fleurs d’un pied qui a reçu un insecticide. Rincer aussi les fleurs avant de les servir, les pucerons noirs se logeant au creux de l’éperon, et limiter les quantités par prudence chez la femme enceinte ou en cas d’affection rénale.

Associations de plantes

Bonnes associations : Au pied des choux, elle capte les pucerons noirs et détourne une partie des pontes de piéride. Sous les pommiers et près des rosiers, elle joue le même rôle de plante piège tout en supportant l’ombre légère. Avec les courges et les tomates, on lui prête la propriété d’éloigner l’aleurode, ce qui reste discuté, mais elle occupe utilement le sol nu entre les pieds.

Associations à éviter : Les fèves et les haricots partagent exactement son puceron noir : les mettre côte à côte revient à élever le ravageur au milieu de la récolte. Les jeunes semis et les salades se font recouvrir en quelques semaines par des tiges qui courent sur 2 m. Les massifs richement fumés lui donnent du feuillage à la place des fleurs.

Conseil : La planter en bordure, à environ 1 m de la culture à protéger, et non au milieu du rang : assez près pour attirer les pucerons, assez loin pour qu’ils ne passent pas directement sur les légumes.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Semis de printemps conduit en pleine terre, en bordure de potager ou en grande jardinière, en plein soleil, dans une terre ordinaire et plutôt pauvre.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à juin : tous les 5 à 7 jours ; de juillet à août : tous les 2 à 4 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 7 à 10 jours Arroser au pied le matin, sans mouiller le feuillage : une capucine qui a soif referme ses fleurs et jaunit, mais une terre constamment détrempée la fait filer en feuilles et pourrir au collet.resserrer en jardinière et en pleine chaleur, espacer en pleine terre profonde
Fleurs fanéesUtile De mi-juin à mi-octobre : tous les 7 à 10 jours Enlever les fleurs fanées chaque semaine empêche la formation des graines et relance la floraison jusqu’aux gelées, car la plante s’arrête de fleurir dès qu’elle a fructifié.couper le pédoncule entier, jusqu’à la feuille
Inspection parasitaireEssentiel De mi-mai à mi-septembre : tous les 5 à 7 jours Retourner les feuilles une à deux fois par semaine : la capucine attire le puceron noir au point de servir de plante piège, encore faut-il doucher ou écraser les colonies avant qu’elles ne débordent sur les légumes voisins.pucerons noirs serrés sur les pétioles et sous les jeunes feuilles
SemisEssentiel De mi-mars à mi-mai Semer en godet sous abri à partir de la mi-mars, ou directement en place à partir de la mi-avril quand la terre atteint 12 °C. La levée demande 1 à 2 semaines et ne supporte aucun repiquage brutal, la racine étant fragile.grosse graine ridée, enterrée de 2 à 3 cm, trois par poquet
Mise en place des plantsEssentiel De début mai à mi-juin Mettre en place les plants élevés sous abri à la mi-mai, une fois les gelées écartées : la capucine est gélive et le moindre degré sous zéro la réduit en bouillie en une nuit.40 à 50 cm entre deux pieds, l’espèce type s’étale beaucoup
PincementUtile En juin Pincer l’extrémité des tiges principales au début de l’été pour obtenir une touffe ramifiée et bien fleurie plutôt que deux longues tiges nues.au-dessus de la troisième ou quatrième feuille
PaillageOptionnel En juin Un paillage léger posé en juin garde la fraîcheur du sol et espace les arrosages, sans enrichir la terre, ce que la capucine ne demande surtout pas.paille ou tonte séchée, en couche fine
Palissage, tuteurageOptionnel De juin à août La capucine n’a ni vrille ni crampon, ce sont ses pétioles qui s’enroulent : il lui faut un grillage à mailles fines ou des fils tendus, et les premières tiges se guident à la main.l’espèce type grimpe à 2 m, les formes naines restent en touffe
Fructification, récolteOptionnel D’août à septembre Cueillir les graines encore vertes si on veut les confire au vinaigre, ou les laisser brunir sur pied pour en récolter à semer l’année suivante.graines vert tendre pour les câpres, graines beiges et sèches pour ressemer