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Arbre fruitier · Éricacées

Myrtillier Vaccinium corymbosum

Aussi appelé : Myrtillier américain, Myrtillier arbustif, Bleuetier, Highbush blueberry

Le myrtillier américain est un arbuste fruitier de l’est de l’Amérique du Nord, qui donne en été les grosses myrtilles vendues en barquettes. Il forme un buisson de 1,20 à 1,80 m, un peu moins en bac, couvert de clochettes blanches ou rosées au printemps. Tout dépend du sol : il exige une terre acide et humifère, du type terre de bruyère, et un arrosage à l’eau de pluie. Le calcaire le condamne, et il déçoit sous climat méditerranéen, faute d’un hiver assez froid.

Myrtillier (Vaccinium corymbosum)
Photo : CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre fruitier
Famille
Éricacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
D’avril à mai
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 7, le bois tient -25 °C sans dommage. Sa contrainte est inverse : il lui faut un vrai hiver, de l’ordre de 800 à 1000 heures sous 7 °C, et il déçoit en climat méditerranéen.

Dimensions : Buisson de 1,20 à 1,80 mètre de haut pour 1 à 1,50 mètre de large, un peu moins en bac. Compter 1,20 mètre entre deux pieds.

Floraison : En avril et mai, des grappes de petites clochettes blanches ou rosées, en forme d’urne, très butinées par les abeilles et les bourdons. Sans parfum notable, elles annoncent les myrtilles de l’été.

Substrat : Sol acide, léger, sableux et riche en humus, du type terre de bruyère, landes ou anciennes pinèdes. Le calcaire lui est rédhibitoire, il ne s’en accommode à aucune dose.

Exposition : Plein soleil au nord de la Loire, mi-ombre de l’après-midi au sud, le pied toujours paillé et frais.

Arrosage : 10 à 15 litres d’eau de pluie tous les 4 à 6 jours au printemps, tous les 2 à 3 jours pendant le grossissement des baies. L’eau du robinet calcaire est à proscrire, elle fait remonter le pH en une saison.

Durée de vie : Vivace ligneux de 20 à 30 ans, en pleine production entre la sixième et la quinzième année si le bois âgé est renouvelé chaque hiver.

Multiplication : Bouturage de rameaux semi-aoûtés en juillet, à l’étouffée sous abri, ou marcottage au printemps, en mélange acide.

Arrosage & entretien

Arrosage : Eau de pluie exclusivement, tous les 4 à 6 jours d’avril à début juin puis tous les 2 à 3 jours de la mi-juin à août, à raison de 10 à 15 litres. Le substrat ne doit jamais sécher : les racines sont fines, sans poils absorbants, et ne compensent rien.

Fertilisation : Engrais pour plantes de terre de bruyère au débourrement, en mars, posé en surface sous le paillis. Ni fumier, ni cendre, ni engrais ordinaire, tous trop calcaires ; et plus rien d’azoté après la mi-juillet.

Rempotage : En bac, renouveler le substrat tous les 3 ans en automne, en rafraîchissant le pourtour de la motte. En pleine terre, le geste équivalent est le contrôle annuel du pH en fin d’hiver, qui remonte inexorablement.

Taille : En février ou mars, hors gel, en supprimant à ras deux ou trois branches de plus de 5 ans. Il fructifie sur le bois d’un an : une touffe jamais renouvelée donne des baies de plus en plus petites.

Exposition & substrat

Exposition : 6 heures de soleil donnent les meilleures récoltes, quatre suffisent pour une production honnête. Au sud de la Loire, une ombre l’après-midi évite le coup de chaleur sur un enracinement aussi superficiel.

Emplacement : Extérieur toute l’année, à l’est ou au sud-est, en pleine terre si le sol est acide, en bac dans tous les autres cas. Un massif surélevé de terre de bruyère est un bon compromis là où la nappe est calcaire.

Substrat : Deux tiers de terre de bruyère, un tiers de sable grossier et d’écorces de pin compostées, très riche en matière organique. Le paillis d’aiguilles ou d’écorces fait partie du substrat, il ne le décore pas.

pH : De 4 à 5,5, l’optimum tournant autour de 4,8. Au-dessus de 5,5, la chlorose ferrique apparaît et la production s’effondre.

Drainage : Il veut de la fraîcheur constante sans eau stagnante, un équilibre que le sable et les écorces assurent mieux qu’une terre lourde. Dans un sol asphyxiant, le phytophthora fait dépérir les branches une à une.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : en juillet, tronçons semi-aoûtés de 10 à 12 cm, ou en février, bois sec de 15 cm, piqués dans un mélange de terre de bruyère et de sable, à l’étouffée sous abri, à l’ombre et vers 20 °C. L’enracinement demande 6 à 10 semaines ; l’hormone de bouturage, facultative, aide. Hiverner les jeunes plants hors gel et les planter au bout d’un an. Le bouturage de rameaux semi-aoûtés : réussite moyenne, de l’ordre d’une bouture sur deux.

Les autres méthodes

Semis :

SemerRarement pratiqué : graines extraites des baies mûres, passées 3 mois au froid humide, semées en surface sur terre de bruyère, à la lumière, vers 20 °C, pour une levée en 4 à 8 semaines. Les myrtilliers cultivés sont des variétés que le semis ne reproduit pas : seuls le bouturage et le marcottage donnent la même variété.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : il se féconde en partie seul. En juillet et août, prendre des baies bien bleues et molles, les écraser dans l’eau, garder les minuscules graines tombées au fond et les sécher sur un papier. Deux variétés fleurissant ensemble, pollinisées par les bourdons, donnent plus de baies et de graines. Gardées au sec et au frais, les graines restent bonnes 2 à 3 ans.

Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps, dehors : coucher une branche basse, l’entailler sous un nœud, l’enterrer à 10 cm dans un mélange acide en la fixant d’un crochet, et sevrer au printemps suivant. Les rejets de la base se détachent aussi en fin d’hiver, avec un morceau de racine.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La chlorose est de loin le premier trouble rencontré : feuilles jaune pâle à nervures restées vertes, ce n’est pas une maladie mais un pH trop élevé, à corriger au soufre et à l’eau de pluie. La pourriture des racines, due au phytophthora, guette dans les sols lourds et mal drainés, et se prévient par un substrat sableux plutôt qu’elle ne se soigne. Le botrytis brunit les fleurs lors des printemps pluvieux et cède à un simple éclaircissage de la touffe.

Parasites fréquents : La drosophile suzukii est le vrai ravageur : elle pond dans la baie saine en train de colorer, qui devient molle et suintante en 2 ou 3 jours. Les oiseaux, merles en tête, vident un pied non protégé en une matinée dès les premières baies bleues. Les cochenilles et les pucerons restent anecdotiques sur cette espèce.

Prévention : Poser un filet à mailles fines dès le virage des premières baies, il arrête à la fois les oiseaux et la mouche. Récolter tous les 2 ou 3 jours et ramasser les fruits tombés, qui entretiennent les pontes. Aérer la touffe à la taille d’hiver et arroser au pied, sans mouiller le feuillage.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, les baies se mangent crues, cuites ou séchées, y compris par les jeunes enfants. Aucune partie de l’arbuste n’est à écarter, et les feuilles servent parfois d’infusion.

Toxicité animaux : Le myrtillier n’est répertorié comme toxique ni pour le chien, ni pour le chat, ni pour le cheval ou les animaux de basse-cour. Les baies figurent même parmi les fruits couramment donnés au chien en petite quantité.

Symptômes : Au pire des selles molles après une grande quantité de baies, chez l’humain comme chez l’animal, du fait des fibres. Aucune réaction cutanée à la manipulation du feuillage ou à la taille.

Précautions : Rien de particulier, sinon rincer les fruits. La seule vigilance porte sur la confusion : apprendre aux enfants à ne cueillir que ce buisson-là, car d’autres baies sombres du jardin, troène ou if, sont dangereuses.

Associations de plantes

Bonnes associations : Rhododendrons, azalées et camélias partagent exactement son pH, son besoin d’eau de pluie et son paillis d’écorces, ce qui permet de traiter tout le massif d’un seul geste. Les bruyères d’hiver couvrent le sol sans concurrencer un enracinement aussi superficiel et fleurissent quand le myrtillier est nu. Les fougères, en fond de massif, apprécient la même acidité et la même fraîcheur.

Associations à éviter : Lavande, buis, sauge et tout le cortège des plantes de sol calcaire réclament l’inverse de ses conditions, et la terre qui convient aux unes tue l’autre. Le gazon et les vivaces couvrantes vigoureuses lui prennent l’eau dans les cinq premiers centimètres, là précisément où il la puise. Le noyer, allélopathique, est à écarter comme de tous les petits fruits.

Conseil : Planter deux variétés différentes plutôt qu’un pied isolé : la pollinisation croisée augmente nettement le calibre et le nombre de baies, même sur des variétés dites autofertiles. En choisissant une précoce, une de saison et une tardive, la récolte s’étale de début juillet à début septembre au lieu de 3 semaines.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbuste en pleine terre dans un sol acide, sableux et humifère, ou en bac de 50 L empli de terre de bruyère si la terre du jardin est calcaire, au soleil avec le pied paillé.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De début avril à mi-juin : tous les 4 à 6 jours ; de mi-juin à fin août : tous les 2 à 3 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 8 à 10 jours Arroser à l’eau de pluie et ne jamais laisser le substrat sécher pendant le grossissement des baies. Une seule saison d’eau calcaire suffit à faire remonter le pH et à jaunir tout le feuillage.10 à 15 litres d’eau de pluie, jamais d’eau du robinet calcaire
Inspection parasitaireUtile De début juin à mi-septembre : chaque semaine Regarder chaque semaine les fruits qui commencent à colorer et ramasser systématiquement les baies tombées. La drosophile asiatique pond dans le fruit sain, et seules une récolte fréquente et un filet à mailles fines limitent les dégâts.Drosophile suzukii : baies molles et suintantes juste avant la récolte
Correction du pHEssentiel De début février à mi-mars Mesurer le pH en fin d’hiver avec un test colorimétrique et corriger au soufre ou au sulfate d’ammonium, à dose modérée. Hors des sols de lande, c’est l’opération qui décide à elle seule de la réussite d’un myrtillier.Viser 4,5 à 5,5 ; au-delà de 5,5 la chlorose s’installe
Taille de structureEssentiel De début février à mi-mars Tailler en fin d’hiver, avant le départ de la végétation et hors période de gel, en supprimant aussi le bois couché et le centre encombré. Le myrtillier fructifie sur le bois d’un an : sans renouvellement, les baies rapetissent d’année en année.Deux ou trois branches de plus de 5 ans coupées à ras, reconnaissables à leur écorce grise
PaillageEssentiel De début mars à mi-avril Pailler tôt au printemps avec un matériau acidifiant et renouveler chaque année. Les racines fines courent à 5 cm de la surface et ne supportent ni la binette ni le sec.8 cm d’écorces de pin ou d’aiguilles, ni tonte ni cendre
Engrais à libération lenteUtile De début mars à mi-avril Apporter l’engrais au débourrement, en surface sous le paillis. Le myrtillier est peu gourmand et une fumure ordinaire, trop riche en calcium, lui nuit plus qu’elle ne l’aide.Engrais pour plantes de terre de bruyère, jamais de fumier ni de cendre
Arrêt de l'engraisUtile En juillet Cesser tout apport à la mi-juillet pour laisser le bois de l’année mûrir avant l’hiver. Des pousses encore tendres en octobre gèlent en bout et n’auront pas formé leurs boutons à fleurs.Plus rien d’azoté après la mi-juillet
Fructification, récolteUtile De juillet à août Attendre une bonne semaine après le virage au bleu, la couleur arrivant toujours avant le sucre. Les baies d’une même grappe ne mûrissent pas ensemble, d’où la récolte en plusieurs fois.Trois à quatre passages, la baie mûre se détache d’une caresse
Mise en place des plantsEssentiel De mi-octobre à mi-mars Planter de novembre à mars dans une fosse large de 60 cm remplie de terre de bruyère, de sable et d’écorces. En terre calcaire, le bac est plus sûr qu’un trou amendé que le calcaire environnant rattrape en 2 ou 3 ans.Deux variétés différentes, 1,20 mètre entre les pieds, motte trempée avant la mise en terre
RempotageOptionnel De mi-octobre à fin novembre, tous les 3 ans Pour un pied en bac, renouveler le substrat tous les 3 ans en automne, en rafraîchissant le pourtour de la motte sans la casser. En pot le pH remonte à chaque arrosage et le mélange finit par ne plus convenir.Bac de 50 L minimum, substrat de terre de bruyère renouvelé