Légume · Fabacées
Fève Vicia faba
Aussi appelé : Fève des marais, Gourgane, Broad bean
La fève est une légumineuse potagère cultivée depuis l’Antiquité autour de la Méditerranée et au Proche-Orient, pour ses grosses graines en gousses. Ses tiges carrées et dressées montent à 60 cm à 1,20 m et se couvrent au printemps de fleurs blanches tachées de noir, au parfum doux. Elle aime une terre profonde et fraîche, le plein soleil et de l’eau quand les gousses se remplissent, mais aucun engrais azoté, puisqu’elle fabrique le sien. Semée en octobre ou novembre, elle passe l’hiver dans les régions douces ; ailleurs, on la sème en février ou mars, car un gel prolongé la détruit.
- Type
- Légume
- Famille
- Fabacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -5 °C
- Floraison
- De mars à juin
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 8 pour un semis d’automne. Le jeune plant tient -5 °C couramment et jusqu’à -8 °C chez les variétés rustiques type Aguadulce, mais un gel prolongé ou un feuillage déjà développé ne passent pas.
Dimensions : 60 cm à 1,20 m de haut selon la variété et la date de semis, pour 25 à 30 cm d’étalement. Les tiges sont carrées, creuses et dressées, sans vrilles.
Floraison : De mars à mai pour un semis d’automne, en mai et juin pour un semis de printemps, des fleurs blanches marquées d’une tache noire, au parfum doux et prononcé. Chaque fleur pollinisée donne une gousse.
Substrat : Terre profonde, argilo-calcaire, fraîche, sans aucun apport d’azote l’année même. Elle fabrique le sien par ses nodosités.
Exposition : Plein soleil ; à l’ombre elle file en hauteur et ne noue presque pas.
Arrosage : Tous les 10 à 14 jours au début, puis tous les 5 à 7 jours pendant la floraison et le remplissage des gousses, à raison de 10 L par mètre de rang.
Durée de vie : Annuelle. Le cycle va de 3 à 4 mois pour un semis de février à 7 ou 8 mois pour un semis d’octobre.
Multiplication : Semis en place, en poquets à 5 cm de profondeur, de la mi-octobre à novembre en région douce, sinon de février à mars.
Arrosage & entretien
Arrosage : Espacé tant que les plants montent, tous les 10 à 14 jours et seulement si la pluie manque. Resserré à 5 ou 7 jours dès l’ouverture des fleurs : une sécheresse à ce moment fait couler la floraison et vide les gousses.
Fertilisation : Aucune, et c’est volontaire ; l’azote apporté fait de la tige et supprime les nodosités. Un compost mûr l’automne précédent suffit, et une poignée de cendre de bois à la levée apporte la potasse.
Rempotage : Sans objet, la fève se sème en place et supporte mal la transplantation. En bac profond de 40 cm elle reste possible, mais donne peu.
Taille : L’étêtage est le geste clé : couper les 20 derniers centimètres de chaque tige quand 5 ou 6 étages de fleurs sont ouverts. Les pucerons noirs n’occupent que ces pousses tendres, et la plante remplit alors les gousses déjà formées.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures directes au minimum, y compris en hiver pour un semis d’automne.
Emplacement : Extérieur, semée en place au potager, dans un coin abrité du vent dominant. Le long d’une haie basse ou d’un mur, un semis d’octobre passe l’hiver là où il gèlerait en plein champ.
Substrat : Terre profonde, plutôt lourde, argilo-calcaire, fraîche et pourvue en humus ancien. Elle réussit là où bien des légumes peinent, mais déteste les sols sableux et brûlants.
pH : De 6,5 à 7,5, et elle accepte jusqu’à 8. C’est une des rares légumineuses à préférer le calcaire.
Drainage : Sol frais mais jamais détrempé en hiver, l’eau stagnante faisant pourrir les collets. Sur terre lourde, semer sur un billon de 10 cm suffit à régler le problème.
Multiplication
Semis : dehors, de la mi-octobre à novembre en région douce, de février à mars au nord de la Loire, en poquets de trois graines à 5 cm de profondeur, lignes espacées de 40 cm. La graine germe dès 5 °C et lève en 1 à 3 semaines selon la chaleur ; un trempage de 12 heures accélère un semis de printemps, qui ne doit pas dépasser la mi-mars pour bien nouer. Les variétés fixées se reproduisent fidèlement : garder les graines de gousses bien sèches pour l’année suivante. Le semis en place : la grosse graine lève presque toujours.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : la fève se féconde en grande partie seule. En juillet et août, laisser sur pied quelques beaux plants jusqu’à ce que les gousses noircissent et sèchent, puis les écosser. Les bourdons la croisent volontiers : garder 2 variétés éloignées l’une de l’autre pour les conserver pures. Passer les graines 48 heures au congélateur contre la bruche, puis les garder au sec : elles restent bonnes 5 à 6 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : la fève est une annuelle qui se multiplie par graines.
Division et autres méthodes : Aucune : plante annuelle, sans souche ni rejet.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La rouille, pustules orange au revers des feuilles, et la tache chocolat due à Botrytis fabae arrivent en fin de culture par temps humide. On les limite en aérant les rangs et en récoltant sans traîner ; à ce stade aucun traitement n’est vraiment utile. Un semis d’automne, récolté plus tôt, y échappe le plus souvent.
Parasites fréquents : Le puceron noir de la fève, Aphis fabae, est le ravageur principal, en manchon serré au sommet des tiges dès avril. L’étêtage fait au bon moment le prive de son site de colonisation et règle l’affaire mieux que n’importe quel traitement. La bruche pond dans les jeunes gousses et laisse un trou dans le grain sec, sans le rendre immangeable.
Prévention : Semer tôt, à l’automne quand le climat le permet, pour que la récolte précède le pic de pucerons. Étêter dès les premières gousses formées, sans attendre de voir les colonies. Ne pas ramener de légumineuse sur la même planche avant 4 ans.
Toxicité
Toxicité humaine : La fève se mange depuis l’Antiquité, mais elle est dangereuse pour les personnes atteintes d’un déficit en G6PD, fréquent sur le pourtour méditerranéen, en Afrique et en Asie du Sud-Est. La vicine et la convicine qu’elle contient y déclenchent le favisme, une anémie hémolytique aiguë, qui peut même survenir après inhalation du pollen chez les sujets très sensibles.
Toxicité animaux : Aucune toxicité aiguë documentée chez le chien et le chat, mais crue elle est indigeste et donne ballonnements et diarrhée. Chez la volaille, la vicine réduit la ponte lorsque la fève représente une part importante de la ration.
Symptômes : Chez une personne déficitaire en G6PD : fatigue brutale, pâleur, urines foncées et jaunisse dans les 6 à 48 heures suivant le repas, ce qui impose un avis médical immédiat. Au jardin, aucun effet cutané, la plante n’étant ni irritante ni urticante.
Précautions : Toujours cuire les fèves, ce qui abaisse une partie des facteurs antinutritionnels sans supprimer le risque de favisme. La fève contient aussi de la L-DOPA : prudence en cas de traitement par IMAO ou de maladie de Parkinson, à évoquer avec un médecin.
Associations de plantes
Bonnes associations : La pomme de terre plantée à côté profite de l’azote fixé et couvre le sol quand la fève s’achève. Laitues et radis se glissent entre les rangs au printemps, à l’abri léger des tiges. La sarriette et la bourrache attirent les auxiliaires qui régulent les pucerons noirs.
Associations à éviter : L’ail, l’oignon et l’échalote, dont les exsudats gênent les légumineuses, et réciproquement. Le pois et le haricot, qui partagent les mêmes maladies et puisent dans la même part du sol. La betterave, hôte du même puceron noir qui passe volontiers de l’une à l’autre.
Conseil : Couper les tiges au ras du sol après la récolte et laisser les racines en place. Les nodosités libèrent leur azote dans les semaines qui suivent, et des poireaux ou des choux plantés là s’en nourrissent sans le moindre apport.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Semis en place au potager, en pleine terre, plein soleil, sol argilo-calcaire frais et sans apport d’azote l’année même.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mars à mi-avril : tous les 10 à 14 jours ; de mi-avril à fin juin : tous les 5 à 7 jours | Arroser au pied, en resserrant nettement le rythme dès l’ouverture des fleurs et pendant le remplissage des gousses. Une sécheresse à ce moment précis fait couler la floraison et vide les gousses déjà formées. |
| Palissage, tuteurage | De début avril à mi-mai | Planter un piquet tous les 2 m et tendre les ficelles avant que les tiges n’atteignent le genou. Chargée de gousses, une fève d’1 m verse au premier coup de vent et ne se relève pas. |
| Paillage | D’avril à mai | Butter au pied puis pailler le rang quand les plants atteignent 20 cm. Le pied mieux ancré tient au vent et la terre reste fraîche jusqu’à la fin de la récolte. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juin | Regarder le sommet des tiges deux fois par semaine dès avril et écraser les premiers foyers entre deux doigts. Une colonie installée bloque la nouaison en quelques jours seulement. |
| Pincement | De mi-avril à mi-juin | Couper les vingt derniers centimètres de chaque tige dès que cinq ou six étages de fleurs sont ouverts et que les premières gousses se forment. Les pucerons noirs ne colonisent que ces pousses tendres, et la plante remplit alors ce qu’elle porte au lieu de continuer à monter. |
| Fructification, récolte | De début mai à mi-juillet | Récolter d’abord les gousses du bas, une à deux fois par semaine, en commençant une vingtaine de jours après la floraison. Attendue trop longtemps, la fève devient farineuse et son hile noircit. |
| Rabattage | De mi-juin à fin juillet | Sectionner les tiges au niveau du collet après la dernière cueillette et laisser les racines en terre. Les nodosités restituent l’azote fixé à la culture qui prendra la place. |
| Semis | De mi-octobre à fin mars | Semer en poquets de trois graines à 5 cm de profondeur, en lignes espacées de 40 cm, à l’automne là où l’hiver reste doux, sinon dès février au nord de la Loire puisque la fève germe déjà à 5 °C. Le semis d’automne donne une récolte en avance d’un mois et des plants assez avancés pour échapper au gros des pucerons, quand un semis passé la mi-mars fleurit en pleine chaleur et noue mal. |
| Voile d'hivernage | De novembre à février | Jeter un voile de 17 g sur le rang la veille du coup de froid, et le retirer dès le redoux. La fève encaisse une gelée courte, pas un gel prolongé sur un feuillage mouillé. |