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Vivace · Apocynacées

Petite pervenche Vinca minor

Aussi appelé : Pervenche, Pervenche mineure, Violette des sorciers, Lesser periwinkle

La petite pervenche est une vivace rampante indigène des sous-bois d’Europe, dont le feuillage persistant tapisse le sol toute l’année. Elle ne dépasse pas 10 à 20 cm de haut, mais ses tiges s’enracinent en courant et un pied couvre 1 m² en 2 à 3 ans, fleuri de bleu violet au printemps. Elle demande de l’ombre ou de la mi-ombre et quelques arrosages les deux premières années, puis prospère jusque dans l’ombre sèche sous les arbres. Le plein soleil la fait jaunir et se clairsemer ; toute la plante est toxique si elle est avalée.

Petite pervenche (Vinca minor)
Photo : Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Apocynacées
Exposition
Ombre
Température minimale
-20 °C
Floraison
De mars à mai
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 4, le tapis tient sans dommage sous -20 °C. Le feuillage reste vert tout l’hiver : c’est l’une des rares plantes qui ait bonne mine en janvier sous un arbre nu.

Dimensions : 10 à 20 cm de hauteur seulement, mais l’étalement n’a pas de limite naturelle. Chaque tige s’enracine là où elle touche le sol, et un pied couvre 1 m carré en 2 à 3 ans.

Floraison : De la mi-mars à début mai, des fleurs bleu violet, parfois blanches ou pourpres selon les cultivars, puis quelques fleurs éparses jusqu’à l’automne si l’été n’est pas trop sec. Sans parfum ; toute la plante est toxique si elle est ingérée.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, même pauvre et caillouteuse, gardée fraîche le temps de l’installation. Elle n’a besoin d’aucun amendement particulier une fois le tapis fermé.

Exposition : Ombre et mi-ombre, y compris l’ombre sèche sous les arbres, qui est sa spécialité. En plein soleil, le feuillage jaunit et le tapis se clairsème.

Arrosage : Tous les 7 à 10 jours au printemps et tous les 4 à 6 jours en plein été, les deux premières années seulement. Ensuite plus rien, même sous un érable ou un tilleul.

Durée de vie : Vivace de très longue vie, plusieurs dizaines d’années. Le tapis se renouvelle en permanence par marcottage naturel et ne vieillit pas vraiment : une tonte tous les 3 ou 4 ans suffit à le rajeunir.

Multiplication : Prélèvement des tiges enracinées d’elles-mêmes en septembre et octobre, replantées aussitôt, ou division des touffes.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 7 à 10 jours d’avril à juin et tous les 4 à 6 jours en juillet et août, pendant les deux premières années, le temps que les pieds se rejoignent. Passé ce délai elle se passe d’arrosage, y compris en ombre sèche, et ne demande rien de novembre à mars.

Fertilisation : Une poignée de compost entre les pieds en mars, les deux premières années seulement. Ensuite rien : un excès d’azote allonge les tiges, épaissit le feuillage et réduit la floraison.

Rempotage : En pleine terre, aucun. En jardinière ou en potée, un rempotage tous les 2 à 3 ans au printemps, en raccourcissant les tiges retombantes et en divisant la motte en deux ou trois éclats.

Taille : Couper à la cisaille les tiges qui débordent après la floraison, en mai et juin, sans quoi le tapis avance chaque année. Tous les 3 ou 4 ans, tondre l’ensemble à 5 ou 10 cm à la fin de l’hiver pour supprimer les vieilles tiges nues, en acceptant de perdre la floraison de l’année.

Exposition & substrat

Exposition : Ombre à mi-ombre, de zéro à 3 heures de soleil doux. Elle fleurit paradoxalement mieux sous un arbre caduc, qui lui laisse toute la lumière de mars et d’avril, qu’en ombre dense permanente, où elle fait surtout du feuillage.

Emplacement : Extérieur, au nord ou à l’est : pied de haie, talus, sous-bois clair, bordure ombragée. Ce n’est pas une plante d’intérieur, il lui faut le froid de l’hiver.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, un peu d’humus au départ pour l’enracinement. Installée, elle s’accommode très bien des sols pauvres, secs et pleins de racines.

pH : De 6 à 8, l’optimum autour de la neutralité. Elle est parfaitement à l’aise en sol calcaire, ce qui la distingue de beaucoup de couvre-sols d’ombre.

Drainage : Besoins modestes mais réels : elle supporte la sécheresse infiniment mieux qu’un sol gorgé d’eau. En terrain lourd et humide, le collet et les tiges pourrissent par plaques.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage naturel : en septembre et octobre, dehors : repérer les tiges enracinées là où elles touchent le sol, les couper de part et d’autre de la motte racinée et les replanter tous les 20 à 30 cm, bien arrosées. Le prélèvement des tiges enracinées d’elles-mêmes : elles reprennent presque toutes.

Les autres méthodes

Bouturage : Facile : de mai à août, tronçons de tige de 10 cm débarrassés des feuilles du bas, piqués dans un terreau léger maintenu frais, à l’ombre, dehors ou sous abri ; racines en 3 à 4 semaines.

Semis :

SemerSans intérêt : les graines sont rares et lèvent mal, et les cultivars ne se reproduisent pas de semis.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : un même pied étalé se féconde mal lui-même. Un tapis de petite pervenche n’est souvent qu’un seul et même pied étalé, et ses fleurs ne donnent presque jamais de graines ; le commerce n’en propose guère. On la multiplie par ses tiges enracinées, par bouturage ou par division.

Division et autres méthodes : La division des touffes, au printemps ou à l’automne, donne de gros éclats prêts à couvrir. Ses cultivars, à fleurs blanches ou à feuillage panaché, se multiplient de la même façon.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Le dépérissement des tiges, dû à des champignons du type Phoma ou Phomopsis, est le seul vrai problème : taches brunes sur les feuilles, tiges qui noircissent, puis plaques sèches au milieu d’un tapis dense et humide. On coupe largement au-delà des parties atteintes, on évacue les déchets sans les composter et on aère. Rouille et oïdium restent anecdotiques.

Parasites fréquents : Très peu de chose : quelques pucerons au printemps sur les jeunes pousses, des cochenilles farineuses sur les pieds cultivés en pot abrité, des limaces sur les plants de la première année. Les campagnols sectionnent parfois des pieds par en dessous, ce qui se repère à une touffe qui se soulève d’un coup.

Prévention : Ne pas planter trop serré, retirer en fin d’automne la couche épaisse de feuilles mortes sous les grands arbres, et éviter l’arrosage par aspersion sur un tapis établi. Le rajeunissement à la tondeuse tous les 3 ou 4 ans supprime la masse de vieilles tiges où tout s’installe.

Toxicité

Toxicité humaine : Toute la plante est toxique à l’ingestion : elle contient une cinquantaine d’alcaloïdes indoliques, dont la vincamine, utilisée comme médicament vasodilatateur. Un cas d’intoxication a été publié en France après consommation d’une salade contenant ses feuilles, ce qui suffit à écarter tout usage alimentaire.

Toxicité animaux : L’ASPCA la classe toxique pour le chien, le chat et le cheval. Les intoxications sérieuses restent rares, les animaux en avalant rarement de grandes quantités.

Symptômes : À faible dose, salivation, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales et abattement. À forte dose, ou avec des extraits concentrés, chute de tension, incoordination, tremblements et, dans les cas graves, convulsions. Le contact avec le feuillage n’est pas irritant.

Précautions : Ne jamais la consommer ni en faire de tisane, et ne pas la cueillir en même temps que des plantes sauvages comestibles. Là où un chiot, un lapin ou un cochon d’Inde a accès au tapis, mieux vaut surveiller ; en cas d’ingestion importante, appeler un vétérinaire ou un centre antipoison.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les bulbes de printemps, perce-neige, narcisses et muscaris, traversent le tapis et fleurissent en même temps qu’elle, sans lui disputer la place. L’hellébore et l’épimédium demandent la même ombre sèche et lui donnent l’étage au-dessus. Sous une haie ou des arbustes caducs, elle remplace le désherbage et retient la terre d’un talus.

Associations à éviter : Les petites vivaces lentes, jeunes heuchères, campanules naines, joubarbes, disparaissent sous elle en deux saisons. Les massifs d’annuelles, qu’il faut replanter chaque printemps, sont impossibles à tenir dans un tapis enraciné. Enfin, le bord immédiat d’une pelouse est à proscrire : elle passe dessous et ressort au milieu du gazon.

Conseil : Poser une bordure enterrée ou la cantonner par une allée gravillonnée dès la plantation, car sa vigueur lui vaut d’être classée envahissante en Amérique du Nord. Planter à l’automne, cinq à six pieds au mètre carré, donne un tapis fermé en deux saisons.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Tapis couvre-sol en pleine terre, au pied d’arbres ou d’une haie, à l’ombre ou à mi-ombre, en terre ordinaire drainée, planté à cinq ou six pieds au mètre carré.

GesteQuandComment
ArrosageUtile D’avril à juin : tous les 7 à 10 jours ; de juillet à août : tous les 4 à 6 jours Arroser régulièrement tant que les pieds ne se touchent pas, puis laisser faire : une pervenche enracinée traverse l’ombre sèche d’un pied de tilleul sans un arrosage, quitte à se ternir un peu en août.les deux premières années, le temps que le tapis se referme
Inspection parasitaireUtile De mai à août : toutes les 3 à 4 semaines Soulever le feuillage de place en place en été : des tiges brunies et sèches par plaques signalent le dépérissement fongique des tapis trop serrés et humides, qu’on arrête en coupant large et en aérant.plaques de tiges qui noircissent et sèchent
RabattageUtile De mi-février à mi-mars, tous les 3 ans Tondre le tapis entier tous les 3 ou 4 ans, juste avant le départ de végétation : les vieilles tiges nues disparaissent et la repousse refait un feutrage dense en 2 mois.à la tondeuse haute, 5 à 10 cm, au prix de la floraison de l’année
Compost, amendementOptionnel En mars Une poignée de compost entre les jeunes plants accélère la fermeture du tapis ; ensuite on s’abstient, l’azote allongeant les tiges au détriment des fleurs.les deux premières années seulement, entre les pieds
FloraisonUtile De mi-mars à mi-mai Les fleurs bleu violet s’ouvrent de mi-mars à début mai, avant que les arbres ne se feuillent et pendant que le sous-bois est encore clair, puis reviennent par touches jusqu’à l’automne si l’été n’a pas été trop sec.remontées éparses jusqu’en septembre
PaillageOptionnel En avril Pailler le temps que les plants se rejoignent : c’est la seule période où les herbes indésirables prennent le dessus, car ensuite le feuillage persistant ne laisse plus passer la lumière.les deux premières années, entre les pieds
Taille après floraisonUtile De mi-mai à fin juin Couper à la cisaille ce qui déborde sur la pelouse, l’allée ou les voisines dès la fin de la floraison : chaque tige s’enracine là où elle touche le sol, et ce qui dépasse aujourd’hui sera un pied de plus l’an prochain.les tiges qui sortent des limites voulues
MarcottageOptionnel De septembre à octobre Détacher au début de l’automne les extrémités de tiges enracinées d’elles-mêmes et les replanter ailleurs : c’est la façon la plus simple d’étendre le tapis, le semis ne donnant presque rien.prélever les tiges qui ont déjà fait racine
Ramassage des feuilles mortesUtile De novembre à décembre Retirer au balai à feuilles la couverture compacte que font les grandes feuilles de platane, de marronnier ou de chêne : le feuillage de la pervenche reste vert tout l’hiver et s’étouffe dessous, alors qu’une couche mince le nourrit.seulement au-delà de 2 ou 3 cm de couche