Arbre fruitier · Vitacées
Vigne Vitis vinifera
Aussi appelé : Vigne cultivée, Vigne à raisin, Vigne européenne, Grapevine
La vigne est une liane ligneuse originaire du pourtour méditerranéen et du Proche-Orient, cultivée depuis l’Antiquité pour ses raisins. Palissée et taillée, elle tient au jardin dans 2 à 3 m de haut sur 3 à 5 m de large, alors que livrée à elle-même elle dépasse 10 m. Elle veut le plein soleil, idéalement contre un mur sud, et un sol caillouteux plutôt pauvre, sans presque jamais d’arrosage une fois installée. Son vrai danger n’est pas l’hiver mais la gelée d’avril, qui brûle les bourgeons à peine débourrés dès -1 à -2 °C.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Vitacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -18 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 6 à 9, le bois aoûté supporte environ -18 °C. Ce n’est pas l’hiver qui coûte la récolte mais la gelée d’avril : une fois débourrés, les bourgeons brûlent dès -1 à -2 °C.
Dimensions : palissée et taillée, 2 à 3 m de haut sur 3 à 5 m de large. Livrée à elle-même, la liane dépasse 10 m.
Floraison : Aucune décorative : fin mai et juin, de minuscules fleurs verdâtres en grappes, discrètes, au parfum fin et léger. Elles donnent les raisins, et une pluie froide à ce moment fait couler la récolte.
Substrat : sol caillouteux, profond et drainant, plutôt pauvre que riche. pH idéal de 6 à 7,5, le calcaire est bien supporté.
Exposition : plein soleil, idéalement adossée à un mur sud ou sud-ouest qui restitue la chaleur la nuit. Sous 6 heures de soleil, le raisin reste acide.
Arrosage : quasi nul une fois la plante installée. Un seau copieux toutes les 2 à 3 semaines en mai-juin de sécheresse, tous les 10 à 15 jours en plein été, puis plus rien après la véraison.
Durée de vie : vivace ligneuse, 30 à 50 ans couramment au jardin, bien davantage sur un vieux pied bien conduit.
Multiplication : Bouturage de sarments aoûtés de 20 à 30 cm de décembre à février, ou marcottage d’un sarment au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : rien en hiver ni au printemps en sol normal. En cas de sécheresse, un arrosage copieux au pied toutes les 2 à 3 semaines en mai-juin, tous les 10 à 15 jours en juillet, arrêté net à la véraison pour ne pas diluer le sucre.
Fertilisation : 2 à 3 L de compost mûr griffés au pied en fin d’hiver, et rien d’autre. Un engrais azoté produit du bois et des feuilles à la place des grappes.
Rempotage : en pleine terre, aucun. En grand bac de 80 litres minimum, surfaçage chaque printemps et rempotage tous les 4 à 5 ans, en hiver.
Taille : taille sèche de décembre à février hors gel, en rabattant sur des coursons à deux yeux. En été, épamprage du tronc en avril-mai et rognage des rameaux à cinq ou six feuilles au-dessus de la dernière grappe.
Exposition & substrat
Exposition : plein soleil, 6 à 8 heures minimum. C’est la somme de chaleur reçue, pas l’arrosage, qui décide du sucre des grains.
Emplacement : extérieur toute l’année, contre un mur sud ou sud-ouest, ou sur une treille dégagée. Éviter les fonds de vallon où l’air froid stagne au printemps.
Substrat : terre de jardin caillouteuse et profonde, sans excès de matière organique. Un sol trop riche donne de la vigueur et des maladies.
pH : 6 à 7,5, et jusqu’à 8 en sol calcaire si le porte-greffe y est adapté.
Drainage : impératif. Les racines descendent à plusieurs mètres et pourrissent dans un sol gorgé l’hiver, première cause de dépérissement d’un pied de jardin.
Multiplication
Acheter un plant greffé, la règle pour l’amateur : le phylloxéra est présent dans presque tous les sols de France, et une vigne européenne non greffée y dépérit en quelques années. Le bouturage de bois sec de décembre à février reste très facile et fidèle au cépage, mais la bouture franche de pied ne convient qu’en sol sableux ou en attente de greffe.
Les autres méthodes
Bouturage : De décembre à février, à la taille, tronçons de sarment aoûté de 20 à 30 cm portant 3 ou 4 yeux, coupés net sous un œil à la base. Les piquer dehors ou en pot profond dans un mélange de terreau et de sable, enterrés de façon à ne laisser qu’un œil hors de terre, à mi-ombre et au frais. Ils débourrent au printemps, s’enracinent en 6 à 8 semaines et se plantent à demeure à l’automne suivant.
Semis :
SemerSans intérêt au jardin : les pépins donnent des plants très différents du cépage, qui mettent 3 à 5 ans à fructifier. Ses variétés, de table comme de cuve, se multiplient uniquement par bouture, marcotte ou greffe.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : la plupart des cépages se fécondent seuls, hors variétés sans pépins. Les pépins se prennent dans des raisins bien mûrs, en septembre ou octobre. Ils ne donnent jamais le cépage de départ et n’ont d’intérêt que pour la curiosité : la vigne se reproduit par bouture, marcotte ou plant greffé.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps, dehors : coucher un sarment de l’année précédente dans une rigole de 15 cm, le recouvrir de terre en laissant l’extrémité dehors, et le sevrer l’hiver suivant. La greffe sur un porte-greffe résistant au phylloxéra, faite par les pépiniéristes, reste la règle dans les sols infestés.
Maladies & parasites
Maladies courantes : mildiou (taches d’huile translucides sur le dessus des feuilles, feutrage blanc au revers), oïdium (poudre grise, grains qui se fendent), black-rot (taches brunes cernées de noir, grains momifiés). Le cuivre traite le premier, le soufre le second, à partir de mai. La pourriture grise clôt la saison sur les grappes trop serrées.
Parasites fréquents : cicadelles, dont celle qui transmet la flavescence dorée, à déclaration obligatoire dans les zones viticoles. Tordeuses (eudémis) qui perforent les grains et ouvrent la voie au botrytis. L’érinose, qui fait des cloques feutrées sur les feuilles, est bénigne et ne se traite pas.
Prévention : tailler court et rogner pour que le feuillage sèche vite après la pluie. Ramasser feuilles mortes et grappes momifiées en novembre, où l’inoculum passe l’hiver. Désinfecter le sécateur entre deux pieds, surtout en cas de suspicion de flavescence.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune. Le raisin, le jus et les feuilles sont comestibles, et les jeunes feuilles se farcissent.
Toxicité animaux : le raisin frais et le raisin sec sont toxiques pour le chien, même en petite quantité, et provoquent une insuffisance rénale aiguë. La même prudence vaut pour le chat et le furet ; le feuillage, lui, n’est pas en cause.
Symptômes : chez le chien, vomissements et diarrhée dans les 6 heures, puis abattement, refus de boire et arrêt des urines. Chez l’humain, rien à signaler en dehors d’une allergie individuelle.
Précautions : ramasser les grains tombés au sol si un chien a accès au pied, et ne jamais donner de raisin en récompense. En cas d’ingestion, appeler un vétérinaire sans attendre l’apparition des symptômes.
Associations de plantes
Bonnes associations : le rosier en bout de rang, usage traditionnel qui garde son intérêt : il déclare l’oïdium 1 à 2 semaines avant la vigne. L’hysope et la lavande, qui se contentent du même sol sec et attirent les auxiliaires. La tanaisie, répulsive et facile à contenir.
Associations à éviter : le noyer, dont la juglone inhibe les plantes voisines. Les choux et autres gros légumes gourmands, qui prennent l’eau et l’azote au pied. Le gazon ou un couvre-sol vigoureux collé au tronc, qui entretient l’humidité au collet.
Conseil : enherber le rang pour limiter la vigueur et porter le passage, mais garder 60 cm de terre nue autour du pied.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pied installé depuis plus de 2 ans, en pleine terre au pied d’un mur exposé au sud, palissé sur fils ou sur treille, dans un sol caillouteux et drainant.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à juin : toutes les 2 à 3 semaines ; de début juillet à mi-août : tous les 10 à 15 jours | N’arroser qu’en cas de sécheresse marquée, copieusement et au pied plutôt que souvent et peu. Cesser dès la véraison : l’eau apportée pendant la maturation dilue le sucre et fait éclater les grains. |
| Compost, amendement | De mi-février à fin mars | Griffer 2 ou 3 L de compost bien décomposé au pied avant le débourrement. Un excès d’azote donne du bois tendre et des feuilles au lieu de grappes, et ouvre la porte à l’oïdium. |
| Gourmands et rejets | D’avril à mai | Casser à la main, tant qu’elles sont tendres, les pousses sans grappe qui partent du tronc et du porte-greffe. Elles détournent la sève des rameaux fructifères et enferment la souche dans l’humidité. |
| Palissage, tuteurage | De début mai à mi-juillet | Relever et attacher les rameaux de l’année au fur et à mesure de leur allongement, sans les serrer. Un feuillage étalé et bien ventilé sèche vite après la pluie, ce qui reste la première défense contre le mildiou. |
| Traitement préventif | De mai à juillet | Alterner bouillie bordelaise et soufre mouillable toutes les 2 semaines environ, et renouveler après une forte pluie. Les contaminations partent des pluies chaudes de mai et juin, bien avant que les taches ne soient visibles. |
| Pincement | De mi-juin à mi-août | Couper l’extrémité des rameaux qui dépassent le dernier fil, sans jamais dégarnir les grappes. On garde ainsi assez de feuilles pour mûrir le raisin tout en aérant la végétation. |
| Fructification, récolte | De début septembre à mi-octobre | Récolter grappe par grappe quand les pépins ont bruni et que les grains se détachent sans résistance. Le raisin ne gagne plus 1 g de sucre après la coupe, contrairement à beaucoup de fruits. |
| Ramassage des feuilles mortes | En novembre | Ramasser les feuilles au pied et décrocher les grappes desséchées, puis les sortir du jardin sans les composter. Elles abritent le mildiou et le black-rot qui repartiront aux premières pluies chaudes. |
| Taille de structure | De décembre à février | Rabattre les bois de l’année sur deux ou trois yeux pendant le repos, hors gel et avant la montée de sève de février. La vigne ne fructifie que sur les rameaux nés d’un bois d’un an : sans taille, la récolte s’éloigne du pied chaque année et se raréfie. |