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Arbuste · Lamiacées

Romarin d'Australie Westringia fruticosa

Aussi appelé : Westringia, Coastal rosemary

Le romarin d’Australie est un arbuste persistant des côtes de l’est australien, dont le feuillage gris-vert et les petites fleurs blanches ou mauve pâle rappellent le romarin, sans en avoir l’odeur. Il forme chez nous un dôme dense de 1 à 1,5 m de haut pour 1 à 2 m de large, fleuri d’avril à octobre. Il demande le plein soleil et une terre légère, même pauvre ou calcaire, et se contente d’arrosages espacés une fois installé. Il ne craint vraiment que les sols lourds et détrempés l’hiver, qui lui font perdre sa résistance aux gelées brèves de -5 à -7 °C.

Romarin d'Australie (Westringia fruticosa)
Photo : [User:Eug]], CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Lamiacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-5 °C
Floraison
D’avril à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 9 à 11 : dans une terre sèche et bien drainée, il supporte des gelées brèves de -5 à -7 °C, beaucoup moins dans un sol froid et détrempé. Couvrez-le d’un voile d’hivernage quand une nuit sous -5 °C est annoncée.

Dimensions : 1 à 1,5 m de haut pour 1 à 2 m de large en France, davantage sous un climat très doux, en dôme dense et régulier.

Floraison : D’avril à octobre, abondante au printemps puis par vagues, en petites fleurs blanches ou mauve pâle ponctuées d’orangé et de pourpre à la gorge, sans parfum notable. Malgré son nom, son feuillage gris-vert n’a pas l’odeur du romarin.

Substrat : Terre légère, sableuse ou caillouteuse, même pauvre ou calcaire, au pH de 5,5 à 8 ; il ne craint vraiment que les sols lourds gorgés d’eau l’hiver.

Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour ; il accepte une ombre légère, mais s’y dégarnit et fleurit moins.

Arrosage : Environ 10 litres tous les 8 à 12 jours de juin à septembre les 2 premiers étés, puis seulement en cas de sécheresse prolongée ; en pot, dès que le terreau est sec sur 2 à 3 cm.

Durée de vie : Arbuste vivace à feuillage persistant, qui vit couramment 10 à 20 ans ; jamais taillé, il se dégarnit de la base en vieillissant.

Multiplication : Bouturage de rameaux semi-aoûtés de 8 à 10 cm de la fin août à septembre, sous abri, hivernés hors gel.

Arrosage & entretien

Arrosage : Les 2 premiers étés, arrosez copieusement au pied, environ 10 litres tous les 8 à 12 jours de juin à septembre, en laissant sécher la terre d’un arrosage à l’autre ; installé, il se contente des pluies, avec un arrosage par mois si l’été est très sec. En pot, arrosez dès que le terreau est sec sur 2 à 3 cm en été, tous les 15 à 20 jours seulement en hiver, et videz la soucoupe après chaque arrosage.

Fertilisation : En pleine terre, il se passe d’engrais : dans la nature, il pousse dans le sable des falaises et des dunes. En pot, un engrais liquide équilibré une fois par mois d’avril à août suffit à entretenir la floraison.

Rempotage : Inutile en pleine terre. En pot, rempotez tous les 2 à 3 ans au printemps, dans un contenant à peine plus grand et un terreau allégé de sable ou de gravier, sans enterrer le collet.

Taille : Chaque année en septembre, raccourcissez aux cisailles les pousses de l’année en restant dans la partie feuillée : il reste dense, et les repousses ont le temps de s’endurcir avant l’hiver. Ne coupez jamais dans le vieux bois dénudé, d’où il repart mal, et attendez avril pour retirer au sécateur les rameaux roussis par le gel.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, avec au moins 6 heures de soleil direct par jour pour garder un port dense et fleurir abondamment. Il tolère une ombre légère l’après-midi dans le Midi, mais à mi-ombre franche il se dégarnit et fleurit peu.

Emplacement : En pleine terre sur le littoral breton et atlantique et dans le Midi, au soleil et à l’abri des vents froids du nord ; le vent de mer et les embruns, eux, ne le gênent pas. Ailleurs, cultivez-le en grand pot, dehors de mai à octobre, et hivernez-le dans un local clair et hors gel, entre 5 et 10 °C.

Substrat : Une terre légère, sableuse ou caillouteuse, même pauvre et calcaire ; une terre argileuse s’allège de gravier et se plante en butte. En pot, un terreau pour plantes méditerranéennes, ou un terreau ordinaire mêlé de sable et de gravier.

pH : De 5,5 à 8 : il pousse aussi bien en sol légèrement acide qu’en sol calcaire, pourvu qu’il soit drainant.

Drainage : Indispensable : une eau qui stagne l’hiver pourrit ses racines et le rend bien plus sensible au gel. En pot, percez largement le fond et ne laissez jamais d’eau dans la soucoupe.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : de la fin août à fin septembre, boutures semi-aoûtées de 8 à 10 cm, effeuillées à la base, dans un mélange de terreau et de sable ou de perlite, sous abri, à l’ombre et légèrement à l’étouffée. Les racines se forment en 4 à 8 semaines ; hiverner les jeunes plants hors gel et les planter au printemps. Le bouturage : bonne réussite, et la taille de septembre fournit les boutures.

Les autres méthodes

Semis :

SemerRarement pratiqué : les graines sont peu produites sous nos climats ; semées au printemps sous abri vers 20 °C, à peine couvertes, elles lèvent lentement et irrégulièrement. Les cultivars ne se reproduisent pas fidèlement de semis.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles. Sous nos climats, les fleurs ne donnent que rarement de petites graines, cachées au fond du calice sec, et le commerce en propose peu. Le bouturage, facile, reste la voie à suivre.

Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps, dehors, en climat doux : coucher une branche basse, l’enterrer à 5 cm en la fixant d’un crochet, et la sevrer au printemps suivant. Pas de division, l’arbuste n’ayant qu’un pied.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Il est rarement malade, mais un sol gorgé d’eau l’hiver favorise un phytophthora, organisme du sol qui pourrit les racines : le feuillage jaunit puis sèche par pans entiers alors que la terre reste humide, et à ce stade la plante est perdue. Il compte aussi parmi les plantes hôtes de Xylella fastidiosa, bactérie présente en Corse et dans plusieurs zones du littoral méditerranéen, qui dessèche les rameaux depuis leur extrémité. Aucun traitement n’existe contre elle : un dessèchement que ni le gel ni l’excès d’eau n’expliquent se signale à la DRAAF ou à la FREDON de votre région.

Parasites fréquents : Aucun ravageur ne s’y attaque vraiment, et un sujet planté au soleil reste presque toujours indemne. Sur une plante affaiblie ou hivernée en pot à l’abri, des cochenilles peuvent former de petits boucliers bruns ou des amas cotonneux le long des tiges, avec un miellat collant. Délogez-les à la brosse douce, puis, en recours, pulvérisez une huile de paraffine portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », hors gel et hors forte chaleur.

Prévention : Plantez-le au soleil dans un sol drainant, et n’arrosez jamais en hiver un sujet installé en pleine terre. Une taille légère chaque année garde une ramure aérée, qui sèche vite après la pluie. Ne rapportez ni bouture ni plant d’une zone touchée par Xylella : la bactérie voyage avec les végétaux.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue : ni ses feuilles ni ses fleurs ne sont signalées comme dangereuses pour l’homme.

Toxicité animaux : Aucune intoxication n’est connue chez le chien, le chat ou le cheval. En Australie, son pays d’origine, il est couramment conseillé comme arbuste sans danger pour les jardins fréquentés par des chiens.

Symptômes : Aucun symptôme n’est décrit, ni après ingestion, ni après contact avec la peau.

Précautions : Aucune précaution particulière au jardin. Ce n’est pas un vrai romarin : ses feuilles, sans arôme, ne s’emploient pas en cuisine.

Associations de plantes

Bonnes associations : La germandrée arbustive aime comme lui le soleil, les sols pauvres et le vent de mer, et son feuillage argenté éclaire le sien, plus sombre : ensemble, ils forment une haie libre de bord de mer. Les lavandes, qui demandent la même terre sèche et drainante, ajoutent leurs épis violets à sa floraison blanche en juin et juillet. Le phlomis frutescent, ou sauge de Jérusalem, partage sa résistance à la sécheresse et allume le massif de jaune de mai à juillet.

Associations à éviter : Les hortensias et les hostas, qui réclament de l’ombre et une terre toujours fraîche, ne s’accommodent pas du régime sec qui lui convient. Une pelouse arrosée tous les jours à son pied lui est souvent fatale, car l’humidité constante fait pourrir ses racines. Les grandes haies de thuyas ou de lauriers-palmes voisines lui prennent la lumière et le dégarnissent.

Conseil : Pour une haie basse taillée, plantez-le tous les 80 cm en alternance avec la germandrée arbustive : ces arbustes se taillent ensemble en septembre et forment un écran persistant que le vent de mer n’abîme pas. Isolé et taillé en boule, il remplace le buis dans les jardins à l’hiver doux, sans craindre la pyrale.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbuste persistant planté en pleine terre, isolé ou en haie basse, en plein soleil, dans un sol léger et drainant, même calcaire, sur le littoral ou dans le Midi, là où le thermomètre descend rarement sous -5 °C.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De juin à septembre : tous les 8 à 12 jours Laisser sécher la terre d’un arrosage à l’autre pour que les racines descendent en profondeur. Installé, il se contente des pluies, avec un arrosage copieux par mois si l’été est très sec, qui lui évite de jaunir et de se dégarnir.les 2 premiers étés, environ 10 litres au pied
FloraisonOptionnel De début avril à mi-octobre Abondante d’avril à juin, elle se poursuit ensuite par vagues plus clairsemées jusqu’en automne, et presque toute l’année sous les climats les plus doux.petites fleurs blanches ou mauve pâle, ponctuées d’orangé et de pourpre à la gorge
Bois mort et feuilles abîméesUtile De début avril à mi-maiDès que : quand le gel a roussi ou desséché l’extrémité des rameaux Attendre la reprise de la végétation pour distinguer le bois vivant du bois gelé, qui a protégé l’intérieur de l’arbuste pendant l’hiver. Sur une haie, couper rameau par rameau en épargnant les nids, sans tailler l’ensemble.au sécateur, juste au-dessus des premières feuilles vertes
PaillageOptionnel De début avril à mi-mai, tous les 3 ans Ce paillis minéral garde la fraîcheur du sol en été sans entretenir d’humidité contre le collet en hiver, au contraire d’un paillis d’écorces ou de feuilles.graviers ou pouzzolane sur 5 cm, en dégageant le collet
BouturageOptionnel De mi-août à fin septembre, tous les 2 ans Elles s’enracinent en 4 à 8 semaines, et les rameaux coupés à la taille de septembre s’y prêtent très bien. Gardés hors gel le premier hiver, 2 ou 3 jeunes plants assurent la relève si un hiver rude emporte l’arbuste.boutures semi-aoûtées de 8 à 10 cm, à l’étouffée ou sous châssis froid
Taille de structureUtile De début septembre à mi-octobre Taillé légèrement chaque année dès ses débuts, il reste dense, alors qu’un sujet dégarni rabattu dans le vieux bois repart mal. En septembre, la nidification est terminée et les repousses ont le temps de s’endurcir avant les premiers froids.pousses de l’année raccourcies aux cisailles, en restant dans la partie feuillée
Voile d'hivernageEssentiel De décembre à févrierDès que : quand une nuit sous -5 °C est annoncée, ou sous -3 °C l’hiver qui suit la plantation Dans un sol sec et drainé, il supporte des gelées brèves de -5 à -7 °C, mais un froid humide et durable abîme ses rameaux à des températures plus douces. Le voile lui fait gagner quelques degrés, assez pour passer une vague de froid courte.voile d’hivernage posé sur toute la ramure, ôté dès le redoux