Vivace · Aracées
Arum Zantedeschia aethiopica
Aussi appelé : Arum d’Éthiopie, Arum blanc, Calla, Calla d’Éthiopie, Calla lily
L’arum est une grande vivace à rhizome d’Afrique du Sud, aux feuilles en fer de lance vert brillant, cultivée pour ses spathes blanc pur qui s’ouvrent de mai à début juillet. Au jardin, la touffe atteint 80 cm à 1 m de haut en fleur et double de largeur en 3 ans. Elle réclame surtout une terre riche et toujours humide, jusqu’aux pieds dans l’eau en été, du soleil au nord de la Loire et de la mi-ombre dans le Midi. Elle convient aux bords de bassin et aux coins frais ; un sol très acide et sec la fait dépérir, et sa sève irrite la peau.
- Type
- Vivace
- Famille
- Aracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -10 °C
- Floraison
- De mai à juillet
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 8 à 10, le rhizome tient jusqu’à -10 ou -12 °C sous un paillage épais. Le feuillage brûle dès -3 °C, mais la souche repart au printemps.
Dimensions : 80 à 100 cm de haut en fleur, 50 à 70 cm d’étalement. La touffe double de largeur en 3 ans.
Floraison : De mai à début juillet, de grandes spathes blanc pur enroulées autour d’un spadice jaune, chacune tenant 2 à 3 semaines. Le parfum est léger ; toute la plante est toxique et sa sève irrite la peau.
Substrat : terre lourde et riche, constamment humide, amendée de compost. pH de 6 à 7,5 : elle s’accommode de tout, sauf d’un sol très acide et sec.
Exposition : plein soleil au nord de la Loire, mi-ombre dans le Midi. À l’ombre complète, elle fait du feuillage et très peu de spathes.
Arrosage : abondant, tous les 1 à 2 jours de juin à août, les pieds dans l’eau lui conviennent. Presque rien de novembre à mars, pendant le repos du rhizome.
Durée de vie : vivace rhizomateuse ; divisée tous les 3 ans, une touffe se maintient indéfiniment, et tient facilement 15 à 20 ans en place.
Multiplication : Division des rhizomes en mars ou avril, au redémarrage de la touffe, avec des gants : la sève irrite la peau.
Arrosage & entretien
Arrosage : tous les 3 à 5 jours de mi-mars à mai, puis tous les 1 à 2 jours de juin à août sans jamais laisser sécher. Espacez à 5 ou 7 jours en septembre et octobre, puis une à deux fois par mois seulement de novembre à mi-mars.
Fertilisation : engrais liquide riche en potasse toutes les 2 à 3 semaines d’avril à fin juillet, sur sol déjà mouillé. Arrêtez début août pour que le rhizome mûrisse avant le froid.
Rempotage : en pleine terre, divisez la touffe tous les 3 ans en mars, en replantant les éclats à 10 ou 15 cm de profondeur. En pot, rempotez chaque printemps dans un contenant large, car le rhizome s’étale plus qu’il ne s’enfonce.
Taille : coupez les hampes fanées à leur base au sécateur, une fois par semaine de mai à juillet. Rabattez le feuillage à 5 cm en novembre, une fois qu’il a jauni, avant de pailler.
Exposition & substrat
Exposition : 4 à 6 heures de soleil direct lui vont bien au nord de la Loire ; en région méditerranéenne, préférez la mi-ombre. Le soleil d’après-midi d’un été chaud roussit le bord des feuilles.
Emplacement : extérieur toute l’année en climat doux, orientation sud ou ouest, au bord d’un bassin ou dans un point bas du jardin. En région froide, cultivez-la en grand pot que vous hivernerez hors gel.
Substrat : terre argileuse enrichie de compost et de terreau, qui retient l’eau plutôt qu’elle ne la laisse filer. Elle accepte même la vase de berge, immergée jusqu’à 20 cm au-dessus du collet en été.
pH : de 6 à 7,5, optimum vers 6,5. Elle tolère le calcaire mais jaunit en sol très basique et sec.
Drainage : c’est l’exception : en pleine croissance elle ne craint pas l’excès d’eau et supporte la submersion. Le risque est inverse et tout hivernal, un rhizome à la fois gelé et gorgé d’eau pourrit.
Multiplication
Division : en mars ou avril, dehors, dégager la souche à la bêche, la trancher au couteau en éclats portant chacun au moins un bourgeon et quelques racines, puis replanter aussitôt à 10 à 15 cm de profondeur, à 50 cm d’écart, et arroser copieusement. Les petits rhizomes latéraux qui se forment autour de la touffe se détachent et se replantent de la même façon. La division des rhizomes, au moment où la touffe redémarre, est la méthode la plus sûre : la reprise est presque certaine et chaque éclat fleurit dès l’année suivante. Toute la plante est toxique et sa sève irrite la peau : des gants pour chaque geste.
Les autres méthodes
Bouturage : l’arum ne se bouture pas : ni sa tige, ni ses feuilles, ni ses spathes ne s’enracinent.
Semis :
Semerpossible avec les graines des baies orange mûres en fin d’été, débarrassées de leur pulpe et semées aussitôt à l’intérieur, couvertes de 5 mm de terreau et sable maintenu humide, vers 20 à 22 °C ; la levée prend 3 à 6 semaines. Les graines reproduisent assez fidèlement l’espèce, mais il faut compter 2 à 3 ans avant la première floraison.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : chaque spadice porte des fleurs femelles à sa base et des fleurs mâles au-dessus, et les insectes suffisent à le féconder. Les graines perdent vite leur faculté de germer en séchant, d’où le semis aussitôt la récolte ; les gardées plus de quelques semaines lèvent mal. Les arums colorés des jardineries sont d’autres espèces ou des hybrides, que ces graines ne reproduisent pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : la pourriture bactérienne du rhizome ramollit le collet et dégage une odeur aigre ; il n’y a pas de traitement, arrachez et détruisez le pied atteint sans le composter. L’oïdium et la rouille apparaissent sur des touffes tassées et mal aérées, et se traitent au soufre. Des taches brunes sur les spathes suivent presque toujours un arrosage du soir sur le feuillage.
Parasites fréquents : les pucerons colonisent les hampes en mai et juin et déforment la spathe avant qu’elle ne s’ouvre ; un jet d’eau suffit le plus souvent, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Limaces et escargots découpent les jeunes feuilles au ras du sol au printemps. Les thrips laissent des stries argentées sur les spathes pendant les étés chauds.
Prévention : espacez les touffes de 50 cm pour que l’air circule, et divisez-les dès qu’elles se tassent. Arrosez au pied et le matin. Inspectez les hampes chaque semaine d’avril à juillet, c’est là que tout se joue.
Toxicité
Toxicité humaine : toxique. Toutes les parties contiennent des raphides d’oxalate de calcium, le rhizome et les spathes étant les plus concentrés.
Toxicité animaux : toxique pour les chiens, les chats, les chevaux et les volailles, et listée comme telle par les centres antipoison vétérinaires. Les intoxications graves restent rares, car la brûlure immédiate fait recracher l’animal presque aussitôt.
Symptômes : par ingestion, brûlure de la bouche, salivation abondante, gonflement de la langue, difficulté à avaler et vomissements. Par contact, la sève du rhizome coupé irrite la peau, et une projection dans l’œil reste douloureuse plusieurs heures.
Précautions : portez des gants pour diviser ou couper, et rincez longuement à l’eau claire en cas de contact. Ne la plantez pas au bord d’un enclos d’animaux, et ne laissez pas traîner les rhizomes arrachés à portée d’un chien.
Associations de plantes
Bonnes associations : l’iris des marais et les astilbes, qui réclament le même sol constamment humide et fleurissent en décalé. Les hostas, dont les larges feuilles bleutées répondent aux spathes blanches en mi-ombre. Les carex et les joncs, qui tiennent la berge et masquent le pied de la touffe quand son feuillage jaunit en fin d’été.
Associations à éviter : lavandes, cistes et santolines, et toute la garrigue, qui meurent dans le sol détrempé qu’elle exige. Les bulbes d’été fragiles plantés dans la même poche, car le paillage épais qu’elle réclame l’hiver les fait pourrir. La menthe et la salicaire, dont les racines traçantes prennent l’eau et la place du rhizome.
Conseil : plantez le rhizome à 10 ou 15 cm de profondeur plutôt qu’à 5 : c’est la profondeur, bien plus que le paillage seul, qui décide s’il passe l’hiver au nord de la Loire.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe en pleine terre, au soleil non brûlant ou à mi-ombre, en sol lourd, riche et constamment humide, dans une région où l’hiver ne descend pas durablement sous -8 °C.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mars à fin mai : tous les 3 à 5 jours ; de juin à août : tous les 1 à 2 jours ; de septembre à octobre : tous les 5 à 7 jours ; de début novembre à mi-mars : tous les 1 à 2 mois | Arroser copieusement et sans jamais laisser sécher pendant la croissance, puis presque plus de novembre à mars pour que le rhizome se repose. |
| Engrais liquide | D’avril à juillet : toutes les 2 à 3 semaines | Nourrir pendant la montée des hampes et toute la floraison, toujours sur sol déjà mouillé. |
| Fleurs fanées | De mai à juillet : toutes les 1 à 2 semaines | Retirer les spathes verdies et retombées au fil de la floraison, pour éviter la montée à graines qui épuise la touffe. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juillet : toutes les 1 à 2 semaines ; de début août à mi-octobre : toutes les 2 à 4 semaines | Inspecter chaque semaine au printemps, période où pucerons, limaces et ramollissement du collet se décident. |
| Compost, amendement | De début mars à mi-avril | Apporter du compost au réveil de la touffe : elle est gourmande et construit en quelques semaines un feuillage qui pèse lourd. |
| Division de touffe | De début mars à mi-avril, tous les 3 ans | Séparer les rhizomes au couteau quand la touffe se tasse et fleurit moins, et les replanter à 10 ou 15 cm de profondeur, espacés de 50 cm. |
| Floraison | De début mai à mi-juillet | Les grandes spathes blanches s’ouvrent de mai à début juillet et durent 2 à 3 semaines chacune. |
| Arrêt de l'engrais | En août | Suspendre toute fertilisation après la floraison, pour que le rhizome mûrisse et durcisse avant les premiers froids. |
| Rabattage | De début novembre à mi-décembre | Couper les feuilles à 5 cm du sol après les premières gelées, et les évacuer plutôt que de les laisser pourrir sur le collet. |
| Protection des racines | De mi-novembre à fin décembre | Couvrir de 10 à 15 cm de paillis dès la fin novembre, car le rhizome ne tient guère en dessous de -10 °C et c’est ce geste qui décide de sa reprise. |