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Aromatique · Astéracées

Absinthe Artemisia absinthium

Aussi appelé : Grande absinthe, Armoise absinthe, Absinthe officinale, Herbe aux vers, Alvine, Wormwood

L’absinthe est une vivace à base ligneuse d’Europe et d’Asie tempérée, cultivée pour son feuillage gris argenté finement découpé et pour ses usages anciens de plante amère. Elle forme une touffe de tiges dressées de 60 cm à 1 m de haut, pour 60 à 80 cm de large. Elle demande surtout du plein soleil et un sol sec, pauvre et drainant, et se passe d’arrosage après son premier été. Une terre trop riche la fait pousser mou, une terre gorgée d’eau l’hiver lui est fatale, et toute la plante est toxique à forte dose.

Absinthe (Artemisia absinthium)
Photo : Franz Eugen Köhler, Köhler's Medizinal-Pflanzen, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Aromatique
Famille
Astéracées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-20 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 4 à 9 : elle supporte -20 °C et davantage en sol sec et drainé. Seule une terre gorgée d’eau tout l’hiver lui est fatale.

Dimensions : 60 cm à 1 m de haut, parfois 1,2 m, pour 60 à 80 cm d’étalement, en touffe de tiges dressées au feuillage gris argenté finement découpé.

Floraison : De juillet à début septembre : petits capitules globuleux jaune pâle en panicules, sans intérêt décoratif. Toute la plante est amère et toxique à forte dose.

Substrat : Sol ordinaire à pauvre, sec et drainant, sableux, caillouteux ou calcaire, au pH de 6 à 8. Une terre trop riche la fait pousser mou et ternit son feuillage.

Exposition : Plein soleil ; à mi-ombre, la touffe s’étiole et perd son reflet argenté.

Arrosage : Tous les 7 à 10 jours le premier été, le temps de l’enracinement, puis plus rien en pleine terre.

Durée de vie : Vivace à base ligneuse qui peut vivre une dizaine d’années, mais se dégarnit souvent au bout de quatre ou cinq ; on la renouvelle alors par bouturage.

Multiplication : Bouturage de pousses semi-aoûtées en juillet et août, à l’étouffée et à mi-ombre, ou semis en surface au printemps.

Arrosage & entretien

Arrosage : Le premier été, un arrosage copieux au pied tous les 7 à 10 jours, puis plus rien : ses racines profondes trouvent l’eau seules, même en été sec. En pot, compter un arrosage par semaine en été, sans jamais laisser d’eau dans la soucoupe.

Fertilisation : Aucune : un sol enrichi lui donne des tiges molles qui se couchent et un feuillage moins argenté. Pas même de compost à la plantation, sauf dans un sable pur.

Rempotage : Inutile en pleine terre, où elle reste en place. En pot, prévoir un contenant de 40 cm au moins et le renouveler tous les 2 ou 3 ans au printemps, dans un mélange de terre de jardin et de sable.

Taille : Rabattre de moitié en mars ou début avril, au-dessus des pousses neuves, sans entamer le vieux bois nu. En septembre, raccourcir d’un tiers les tiges défleuries, ce qui évite les semis spontanés et garde la touffe compacte.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 heures au moins, le plus chaud possible. L’ombre la fait filer et ternit son feuillage.

Emplacement : Extérieur toute l’année, au sud ou à l’ouest, en massif sec, en rocaille ou en fond de jardin. La tenir un peu à l’écart des cultures du potager, qu’elle risque de gêner.

Substrat : Terre ordinaire, même pauvre et caillouteuse, sans aucun amendement. En terre lourde, l’alléger de gravier sur une bonne profondeur.

pH : De 6 à 8 ; elle se plaît particulièrement sur les sols calcaires.

Drainage : Indispensable : elle endure la sécheresse la plus sévère mais pas une terre détrempée l’hiver. En sol argileux, la planter sur une butte.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : prélever des pousses de l’année non fleuries, semi-aoûtées, de 8 à 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, dehors à mi-ombre sous châssis ou sous cloche. Elles racinent en 3 à 5 semaines ; les hiverner sous abri froid, peu arrosées, puis les planter au printemps. Le bouturage en juillet et août, à l’étouffée et à mi-ombre : facile, il remplace une touffe devenue ligneuse tous les 4 ou 5 ans.

Les autres méthodes

Semis :

SemerEn mars et avril sous abri, ou en mai dehors, laisser les graines très fines en surface, à la lumière, simplement pressées sur le terreau ; la levée prend 2 à 3 semaines vers 15 à 20 °C. L’espèce se reproduit fidèlement et se ressème parfois seule.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs, fécondées par le vent, grènent abondamment. En septembre et octobre, quand les capitules sont secs et gris brun, couper les tiges, les retourner dans un sac en papier et les secouer pour recueillir les graines, minuscules. Gardées au sec et au frais, elles restent bonnes 2 à 3 ans.

Division et autres méthodes : Division au printemps, en mars et avril : soulever la touffe, détacher à la bêche les éclats périphériques munis de racines et de jeunes pousses, et les replanter aussitôt. Une vieille souche ligneuse reprend mal : la bouture vaut alors mieux.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Très peu de maladies : la pourriture des racines en sol détrempé reste la principale cause de perte, sans autre remède qu’un meilleur drainage. La rouille marque parfois le revers des feuilles de pustules brunes en fin d’été humide, et l’oïdium blanchit les touffes trop serrées. Couper et jeter les parties atteintes suffit le plus souvent.

Parasites fréquents : Des pucerons noirs se groupent parfois au bout des jeunes pousses au printemps et se chassent au jet d’eau. Pour le reste, son amertume et ses composés insecticides la tiennent à l’écart de presque tous les ravageurs.

Prévention : Plein soleil, sol drainé, aucun engrais, et une touffe aérée chaque printemps par la taille. Espacer les pieds de 60 cm au moins pour que l’air circule. Ne jamais pailler le collet d’une matière qui garde l’humidité.

Toxicité

Toxicité humaine : Toxique à dose élevée, toutes parties aériennes confondues : son huile essentielle contient de la thuyone, neurotoxique et convulsivante, et sa vente est réservée aux pharmaciens en France. La plante ne s’emploie traditionnellement qu’à très faible dose, comme amer, et jamais pendant la grossesse, l’allaitement ou chez l’enfant.

Toxicité animaux : La thuyone est toxique pour le chien, le chat et le cheval, et une ingestion importante peut provoquer vomissements, tremblements et convulsions. Son amertume extrême rebute heureusement la plupart des animaux, qui n’y touchent pas.

Symptômes : À forte dose, vomissements, vertiges et agitation, puis convulsions ; l’ingestion d’huile essentielle a déjà provoqué une atteinte rénale aiguë. Au contact, le feuillage peut irriter la peau des personnes allergiques aux Astéracées.

Précautions : Ne préparer ni tisane ni liqueur maison sans avis médical, et proscrire l’huile essentielle. Porter des gants pour la tailler si l’on a la peau sensible, et la planter hors de portée des jeunes enfants.

Associations de plantes

Bonnes associations : La lavande et les cistes, qui partagent son sol sec et son plein soleil et ne demandent pas plus d’eau qu’elle. Les sédums, pour un massif de terrain sec qu’on n’arrose jamais, où son gris argenté éclaire les verts plus sombres. Plantée en bordure, à distance des légumes, elle sert de réserve pour les préparations du potager.

Associations à éviter : Le fenouil, la sauge et l’anis, dont elle est réputée freiner la croissance : les composés amers que la pluie lessive de ses feuilles gênent la germination et la pousse de ses voisines. Les semis du potager, pour la même raison, à tenir à bonne distance. Les vivaces de terre fraîche comme les astilbes, dont l’arrosage lui serait fatal.

Conseil : Récolter les sommités au début de la floraison pour en faire un purin ou une décoction, traditionnellement pulvérisés contre les pucerons, les altises et la piéride du chou. Quelques rameaux séchés glissés dans les armoires éloignent aussi les mites.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe installée à demeure en pleine terre, en plein soleil, dans un sol ordinaire à pauvre, sec et drainé, même calcaire ; elle passe l’hiver dehors partout en France.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De juin à août : tous les 7 à 10 jours Arroser copieusement au pied l’été qui suit la plantation, le temps que les racines descendent. Installée, l’absinthe trouve seule son eau, et une terre maintenue humide la fait pourrir au collet.le premier été seulement ; ensuite, plus rien en pleine terre
RabattageEssentiel De mi-mars à mi-avril Rabattre la touffe au départ de la végétation pour qu’elle reste dense et bien argentée. Laissée libre, elle s’ouvre au centre, se couche et se dégarnit du pied en 2 ou 3 ans.de moitié, juste au-dessus des pousses neuves, jamais dans le vieux bois nu
FloraisonOptionnel De début juillet à mi-septembre Le tout début de la floraison est le moment de cueillir les sommités, pour les faire sécher ou en tirer un purin. Les fleurs n’ajoutent rien au décor, qui tient tout entier au feuillage.petits capitules jaunâtres, pollinisés par le vent
BouturageOptionnel De juillet à août, tous les 4 ans Bouturer quelques rameaux tous les 4 ou 5 ans pour remplacer une touffe devenue ligneuse et clairsemée. Les boutures s’enracinent en quelques semaines à l’étouffée, à mi-ombre.rameaux semi-aoûtés de 10 cm, dans un mélange de terreau et de sable
Taille après floraisonUtile En septembre Cette coupe légère garde la touffe compacte avant l’hiver et prive le jardin des semis spontanés que donnent ses graines. Le gros de la taille reste pour le printemps.tiges défleuries raccourcies d’un tiers, avant la chute des graines

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