Aromatique · Astéracées
Estragon Artemisia dracunculus
Aussi appelé : Armoise estragon, Herbe dragonne, Dragonne, Tarragon
L’estragon est une vivace aromatique d’Asie centrale, cultivée pour ses feuilles étroites au parfum anisé, qui relèvent sauces, volailles et vinaigres. Sa touffe fait 60 à 100 cm de haut et s’élargit lentement par ses rhizomes, jusqu’à 40 ou 50 cm. Il demande surtout du plein soleil et un sol léger qui sèche entre deux arrosages : un hiver doux et pluvieux en terre lourde le tue bien plus sûrement que le froid. L’estragon français ne se sème pas et s’épuise en 3 à 4 ans ; on le renouvelle par division ou bouturage.
- Type
- Aromatique
- Famille
- Astéracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Vivace rustique jusqu’à -15 °C environ en sol bien drainé, soit zone USDA 5 à 6 pour l’estragon français. L’humidité hivernale le tue bien plus souvent que le froid : un hiver doux et pluvieux en terre lourde lui est fatal.
Dimensions : 60 à 100 cm de haut, parfois 120 cm en sol riche. La touffe s’élargit lentement par rhizomes, jusqu’à 40 ou 50 cm.
Floraison : Aucune décorative : l’estragon français, stérile, ne donne au mieux en fin d’été que de minuscules capitules jaune verdâtre sans graine ; on le cultive pour ses feuilles.
Substrat : Sol léger, drainant, plutôt pauvre, sableux ou caillouteux, pH 6,5 à 7,5. Une terre de jardin allégée d’un tiers de sable grossier convient parfaitement.
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au moins : c’est le soleil qui concentre l’arôme anisé. Une ombre légère l’après-midi est acceptable sous climat méditerranéen.
Arrosage : Tous les 3 à 5 jours en juillet et août, tous les 7 à 10 jours au printemps, presque rien de novembre à mars. Toujours laisser sécher la surface entre deux apports.
Durée de vie : Vivace, mais 3 à 4 ans productifs seulement, après quoi la touffe se dégarnit et perd son parfum. On la renouvelle par division ou bouturage, jamais par semis : l’estragon français est stérile.
Multiplication : Division de la souche de fin mars à fin avril, ou bouturage de pousses tendres en juin ; l’estragon français ne se sème pas.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours en avril et mai, tous les 3 à 5 jours en juillet et août, tous les 10 à 15 jours en septembre et octobre, et pratiquement rien de novembre à mars. En pot, vider systématiquement la soucoupe : c’est l’eau stagnante, hiver compris, qui fait pourrir la souche.
Fertilisation : Une poignée de compost mûr au pied en mars, et rien d’autre de l’année. L’azote fait pousser vite mais dilue les huiles essentielles, et un estragon gavé n’a plus de goût.
Rempotage : Tous les 2 ans au printemps, dans deux tiers de terreau et un tiers de sable grossier, sur une couche de billes d’argile. Profiter du rempotage pour diviser la touffe, qui s’épuise au bout de 3 ans.
Taille : Pincer les extrémités de mai à août, ce qui ramifie la touffe et constitue la récolte. Rabattre toutes les tiges à 5 cm en novembre, une fois qu’elles ont séché d’elles-mêmes.
Exposition & substrat
Exposition : 6 heures de soleil direct au minimum ; l’arôme se forme au soleil et se perd à l’ombre. Au nord de la Loire, le plein sud n’est jamais de trop.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en pied de mur exposé au sud, en bordure surélevée ou en pot sur une terrasse. Éviter absolument les creux et les bas de jardin où l’eau s’accumule l’hiver.
Substrat : Terre de jardin allégée d’un tiers de sable grossier ou de gravillon, plutôt maigre. Un sol trop riche donne de la tige et peu de parfum.
pH : 6,5 à 7,5, neutre à légèrement calcaire. Il redoute les sols acides, contrairement à beaucoup de plantes de potager.
Drainage : C’est le point critique de cette plante. En terre argileuse, planter sur une butte de 15 cm ou incorporer du gravier, faute de quoi la souche fond au printemps sans que le gel y soit pour rien.
Multiplication
Division : de fin mars à fin avril, au redémarrage, déterrer la touffe, la séparer à la main ou au couteau en éclats munis de rhizomes et de jeunes pousses, et les replanter aussitôt dehors en sol drainant. Des tronçons de rhizome de 5 à 8 cm portant un bourgeon, couchés à 3 cm sous terre, reprennent aussi. La division de la souche, tous les 3 ans : c’est la méthode la plus sûre, chaque éclat repart dans l’année.
Les autres méthodes
Bouturage : En juin et début juillet, prélever des pousses tendres de 8 à 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous abri à mi-ombre, à l’étouffée sous une cloche aérée chaque jour. Elles racinent en 3 à 4 semaines ; hiverner les godets au sec sous châssis froid avant la plantation au printemps, une assurance si un hiver humide emporte la souche mère.
Semis :
SemerImpossible pour l’estragon français, stérile : les graines vendues sont celles de l’estragon de Russie, rustique mais presque sans arôme.
Récolter les grainesPas de graines en culture : l’estragon français est stérile et ne forme aucune graine viable. Il n’en existe pas dans le commerce. Le seul moyen d’obtenir la vraie plante est d’acheter un pied, vendu en godet, puis de le diviser ou de le bouturer.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture racinaire est de loin la première cause de perte : la souche noircit et ne repart pas au printemps, sans traitement possible, seulement un sol à drainer. La rouille marque le revers des feuilles de pustules brunes en fin d’été humide. L’oïdium apparaît sur les touffes serrées et mal aérées.
Parasites fréquents : Les pucerons s’installent sur les jeunes pousses au printemps et se délogent au jet d’eau. Les limaces coupent les pousses au débourrement, en mars et avril. Dans l’ensemble l’estragon est très peu attaqué, son odeur tenant la plupart des insectes à distance.
Prévention : Drainer, surélever, et ne jamais pailler la souche avec une matière humide en hiver. Diviser tous les 3 ans pour aérer la touffe et lui rendre sa vigueur. Nettoyer les outils de coupe entre deux pieds, pour ne pas transporter la pourriture d’une souche à l’autre.
Toxicité
Toxicité humaine : Sans danger aux doses culinaires, c’est une condimentaire d’usage quotidien. Son huile essentielle, en revanche, est très riche en estragole, molécule sur laquelle les autorités sanitaires appellent à la prudence : elle est déconseillée chez la femme enceinte ou allaitante et chez le jeune enfant.
Toxicité animaux : Aucune toxicité notable signalée pour le chien et le chat sur la plante fraîche, aux quantités qu’ils peuvent brouter. L’huile essentielle est à proscrire totalement, en particulier chez le chat, qui métabolise très mal ce type de composés.
Symptômes : Rien à attendre d’un usage en cuisine. Une ingestion massive de feuilles donnerait des troubles digestifs et de la somnolence ; au contact, une dermatite reste possible chez les personnes déjà sensibles aux Astéracées, la famille de l’armoise et de la camomille.
Précautions : S’en tenir aux feuilles fraîches ou séchées et laisser de côté huile essentielle et préparations concentrées. Prudence particulière pendant la grossesse, l’estragon étant traditionnellement réputé emménagogue à forte dose.
Associations de plantes
Bonnes associations : L’aubergine et la tomate partagent son besoin de plein soleil et profitent de son odeur, qui déroute plusieurs ravageurs. Le thym, la sauge et le romarin réclament exactement le même sol maigre et drainé, ce qui permet d’arroser tout le carré au même rythme. Les rosiers voisins souffrent moins de pucerons.
Associations à éviter : Les plantes de terre fraîche en permanence, oseille, persil ou salades, imposent des arrosages dont l’estragon meurt. La menthe, traçante, envahit la touffe par ses rhizomes en deux saisons. Les légumes gourmands en azote, courges et choux, appellent une fertilisation qui lui ôte son parfum.
Conseil : Le cultiver dans le carré des aromatiques méditerranéennes, ou en pot sur la terrasse, bien séparé du potager arrosé. Et bouturer un pied chaque été : c’est la meilleure assurance contre un hiver humide, et cela ne coûte rien.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe en pleine terre dans un sol léger et drainé, ou en pot de 30 cm percé au fond sur une terrasse, en plein soleil et laissée dehors toute l’année.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 7 à 10 jours ; de juin à août : tous les 3 à 5 jours ; de septembre à octobre : tous les 10 à 15 jours | Arroser modérément au pied : l’estragon craint bien plus l’excès d’eau que la sécheresse. En hiver la souche dort et un sol gorgé d’eau la fait pourrir sans qu’il ait gelé. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe en toute saison, sans exception. C’est dans l’eau froide stagnante que la souche d’estragon pourrit, bien avant d’avoir eu l’occasion de geler. |
| Compost, amendement | En mars | Apporter un peu de compost au départ de végétation et s’en tenir là. Un estragon trop nourri fait de longues tiges molles dont les feuilles n’ont plus de goût. |
| Rempotage | De début mars à mi-avril, tous les 2 ans | Rempoter un pied cultivé en pot tous les 2 ans au printemps, en divisant la touffe au passage. Le drainage du fond compte ici davantage que la richesse du substrat. |
| Division de touffe | De mi-mars à fin avril, tous les 3 ans | Diviser la souche au redémarrage tous les 3 ans : c’est le seul moyen, avec le bouturage, de multiplier l’estragon français, stérile et sans graines viables. Passé 3 ans la touffe se dégarnit du centre et perd son parfum. |
| Pincement | De mai à août | Pincer régulièrement le bout des tiges pour ramifier la touffe et la garder compacte. Les feuilles cueillies avant toute floraison sont de loin les plus parfumées. |
| Bouturage | De début juin à mi-juillet | Prélever quelques boutures de tiges en début d’été, elles racinent en 3 à 4 semaines. C’est l’assurance de conserver le pied si un hiver humide emporte la souche mère. |
| Fleurs fanées | De début juillet à mi-septembre | Supprimer les hampes dès leur formation : l’estragon français fleurit peu et ses fleurs ne donnent jamais de graines viables. Les laisser n’apporte rien et affadit le feuillage. |
| Rabattage | En novembre | Rabattre la touffe en fin d’automne, quand les tiges ont jauni d’elles-mêmes. Couper trop tôt prive la souche des réserves qu’elle rapatrie dans ses rhizomes pour l’hiver. |
| Protection des racines | De mi-novembre à fin décembre | Couvrir la souche d’un paillis sec pour l’hiver, surtout en terre lourde et au nord de la Loire. Ce qui tue l’estragon n’est presque jamais le froid, mais l’eau qui stagne autour du collet. |