Légume · Asparagacées
Asperge Asparagus officinalis
Aussi appelé : Asperge officinale, Asperge commune, Asperge blanche, Asperge verte
L’asperge est une vivace potagère du bassin méditerranéen et d’Asie occidentale, cultivée pour ses jeunes pousses, les turions, récoltées au printemps. Après la récolte, elle laisse monter un feuillage léger de 1,20 à 1,80 m, qui nourrit la griffe pour l’année suivante. Elle demande surtout un sol sableux, profond et bien drainé, en plein soleil, et de la patience : la première récolte n’a lieu que la troisième année. Elle convient à qui peut lui réserver une planche pour 10 à 15 ans ; l’argile compacte et humide en hiver lui est contraire.
- Type
- Légume
- Famille
- Asparagacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3 à 8, la griffe supportant -25 à -30 °C sans la moindre protection, y compris en montagne. Le seul froid qui compte est la gelée tardive d’avril, qui brunit les turions déjà sortis : ceux-là se coupent, les suivants remplacent.
Dimensions : Le feuillage monte à 1,20 m, souvent 1,80 m, pour 60 à 80 cm d’étalement. Sous terre, la griffe occupe près d’1 m carré au bout de 10 ans, ce qui fixe l’écartement à 1 m entre les rangs.
Floraison : Discrète, en mai et juin dans le feuillage : petites clochettes blanc verdâtre, mâles et femelles sur des pieds distincts. Les pieds femelles portent ensuite des baies rouges toxiques.
Substrat : Sol sableux ou léger, profond d’au moins 50 cm, bien drainé et enrichi de compost ; pH 6,5 à 7,5. Elle déteste l’argile compacte qui reste humide en hiver.
Exposition : Plein soleil toute la journée, 8 heures si possible. À l’ombre, le feuillage stocke moins et les turions de l’année suivante sortent grêles.
Arrosage : Peu exigeante une fois installée : un arrosage copieux tous les 7 à 15 jours de fin juin à août en sol sableux, toutes les 2 à 3 semaines en septembre, rien le reste de l’année.
Durée de vie : Vivace de longue haleine : 10 à 15 ans productifs, parfois 20. La première récolte n’a lieu que la troisième année après la plantation des griffes, et elle reste légère.
Multiplication : Semis en pépinière au printemps pour obtenir des griffes d’un an, plantées en place l’année suivante, ou achat de griffes.
Arrosage & entretien
Arrosage : Un arrosage copieux tous les 7 à 15 jours de fin juin à fin août, puis toutes les 2 à 3 semaines en septembre, uniquement en sol sableux ou en été sec. C’est pendant la croissance du feuillage que se prépare la récolte de l’année suivante ; l’hiver, l’eau stagnante fait pourrir la griffe.
Fertilisation : Compost mûr étalé sur le rang en novembre-décembre, juste après le rabattage, sans l’enfouir. Puis un engrais de fond riche en potasse griffé en surface en fin d’hiver, avant la sortie des turions ; rien pendant la récolte.
Rempotage : Ni rempotage ni division de touffe : la griffe reste en place 10 à 15 ans et se blesse au moindre coup de bêche. Quand elle s’épuise, on ne la replante pas, on installe une nouvelle aspergeraie ailleurs.
Taille : Un seul geste dans l’année : rabattre au ras du sol le feuillage devenu franchement jaune, en novembre ou décembre. Sortir les tiges du jardin plutôt que de les composter, elles portent la rouille et les œufs de criocère.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 8 heures par jour l’été. Toute ombre portée se paie l’année suivante, en nombre et en grosseur de turions.
Emplacement : Extérieur, en pleine terre, dans un coin du potager qu’on ne retournera plus pendant 15 ans. Un emplacement abrité du vent dominant évite que les tiges de 1,50 m ne versent en août.
Substrat : Sable, terre franche allégée, compost bien décomposé, travaillés en profondeur avant la plantation des griffes. Une butte de 25 cm formée en mars sur le rang donne l’asperge blanche ; à plat, les mêmes griffes donnent de la verte.
pH : 6,5 à 7,5, avec une nette préférence pour le neutre. Sous 6, elle végète, et un chaulage léger avant la plantation se justifie sur sol acide.
Drainage : Impératif, c’est le critère qui décide de la longévité de l’aspergeraie. Sur terre lourde, la griffe pourrit au premier hiver détrempé : planter alors sur butte surélevée, ou renoncer.
Multiplication
Semis : tremper les graines 24 à 48 h, puis les semer en mars et avril sous abri en godets à 20 à 25 °C, ou en avril et mai dehors en pépinière, à 2 à 3 cm de profondeur ; la levée prend 3 à 4 semaines. Les griffes obtenues se plantent en place au printemps suivant. Les variétés de population se reproduisent par semis, pas les hybrides F1 à pieds mâles, dont il faut racheter les graines ou les griffes. L’achat de griffes fait gagner une saison.
Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : seuls les femelles portent des baies, et seulement si un pied mâle fleurit à proximité, les abeilles portant le pollen. Les baies rouges se cueillent en septembre et octobre, s’écrasent pour en tirer les graines noires, qui se gardent 3 à 4 ans au sec et au frais. Les hybrides F1 entièrement mâles, les plus productifs, ne donnent aucune baie : pour eux, racheter graines ou griffes.
Les autres méthodes
Bouturage : L’asperge ne se bouture pas.
Division et autres méthodes : Aucune de conseillée : diviser une vieille griffe la blesse et donne des pieds faibles et peu productifs. Mieux vaut planter des griffes d’un an, en mars et avril.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La rouille (Puccinia asparagi) couvre les tiges de pustules orange puis brun-noir en été et fait sécher le feuillage trop tôt, ce qui affame la griffe ; rabattre et évacuer, et traiter préventivement à la bouillie bordelaise là où elle revient chaque année. La fusariose (Fusarium oxysporum) est plus grave et sans remède : griffes qui dépérissent, turions de plus en plus grêles. Le stemphylium tache les tiges de lésions pourpres, souvent à la suite de la rouille.
Parasites fréquents : Le criocère de l’asperge, petit coléoptère rouge et noir de 6 mm, pond sur les tiges et ses larves grises dévorent le feuillage de mai à août ; le ramassage à la main suffit s’il est fait tôt, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins » complète. La mouche de l’asperge tord les turions du printemps et creuse la tige, il faut couper les pousses atteintes et les évacuer en déchetterie, sans compost ni broyat de paillage. Les limaces s’attaquent aux turions qui sortent, surtout au printemps humide.
Prévention : Arrêter la récolte à la mi-juin, à la Saint-Jean au plus tard, pour laisser la griffe refaire ses réserves : une aspergeraie récoltée trop longtemps s’épuise et attrape tout. Évacuer le feuillage chaque hiver plutôt que de le composter. Et ne jamais replanter d’asperge sur une parcelle qui en a porté, 10 ans au moins, à cause de la fusariose qui reste dans le sol.
Toxicité
Toxicité humaine : Les turions sont comestibles, crus ou cuits, sans restriction. Les baies rouges qui mûrissent à l’automne sur les pieds femelles sont en revanche toxiques : elles contiennent des saponines et ne se mangent pas.
Toxicité animaux : Les baies provoquent vomissements et diarrhée chez le chien et le chat, de même que le feuillage avalé en quantité. Rien de mortel aux doses habituelles, mais un chien qui broute au potager peut se rendre malade en une fois.
Symptômes : Par ingestion des baies, douleurs abdominales, vomissements et diarrhée dans les heures qui suivent. Par contact, la sève des turions frais donne une dermatite avec démangeaisons aux mains et aux avant-bras, classique chez les récoltants réguliers.
Précautions : Ramasser les baies tombées si un chien fréquente le potager, et porter des gants pour une longue récolte si la peau réagit. L’odeur forte de l’urine après un repas d’asperges est parfaitement bénigne et sans rapport avec une quelconque toxicité.
Associations de plantes
Bonnes associations : La tomate est la compagne classique, réputée éloigner le criocère quand l’asperge gêne de son côté les nématodes du sol. Le persil se glisse entre les rangs sans concurrencer les racines profondes. L’œillet d’Inde, semé en bordure, tient le rôle antinématodes sur les terres sableuses qui en souffrent.
Associations à éviter : Ail, oignon et poireau freinent nettement sa croissance et n’ont rien à faire dans une aspergeraie. Pomme de terre et betterave obligent à bêcher et à arracher là où les racines courent à 10 cm sous la surface. Et surtout, jamais d’asperge après asperge : la fusariose reste 10 ans dans le sol.
Conseil : Planter des piquets aux deux bouts de chaque rang dès la plantation des griffes et ne plus jamais donner un coup de bêche entre eux. C’est un aménagement pour 15 ans, pas une planche de potager : tout ce qui se décide la première année se paie ou se récolte pendant une décennie.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Aspergeraie en pleine terre, plein soleil, sol sableux profond et bien drainé ; griffes en place depuis au moins 2 ans, donc en production.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-juin à fin août : toutes les 1 à 2 semaines ; en septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Arroser pendant l’été, quand le feuillage reconstitue les réserves de la griffe : c’est la récolte de l’année suivante qui se joue là, pas celle de l’année en cours. Rien le reste du temps, et surtout pas l’hiver, où l’eau stagnante fait pourrir la griffe. |
| Engrais à libération lente | De mi-février à fin mars | Griffer un engrais organique sur le rang avant la sortie des premiers turions, sans jamais bêcher : les racines courent à 10 cm sous la surface. La potasse décide du calibre des turions de l’année. |
| Surfaçage | En mars | Ramener la terre en butte sur le rang avant le débourrement si l’on veut des turions blancs, qui restent dans le noir jusqu’à la récolte. À plat, les mêmes griffes donnent des asperges vertes, plus parfumées et plus simples à récolter. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Pailler pour tenir les adventices, parce qu’on ne peut pas sarcler à la griffe sans blesser les racines superficielles. Laisser le rang lui-même dégagé pour voir sortir les turions. |
| Inspection parasitaire | De mai à août | Parcourir les rangs une fois par semaine dès la fin de la récolte, en cherchant les petits coléoptères rouge et noir et leurs larves grises sous le feuillage. Ramassés à la main tant qu’ils sont peu nombreux, ils ne font pas de dégâts ; laissés faire, ils défeuillent la touffe et la griffe s’épuise. |
| Palissage, tuteurage | De début juin à mi-juillet | Dès l’arrêt de la récolte à la mi-juin, les tiges montent à 1,50 m et versent au premier coup de vent, ce qui casse le collet et abîme la griffe. Deux fils latéraux suffisent à les tenir jusqu’à l’automne. |
| Traitement préventif | De juillet à août | Traiter préventivement contre la rouille seulement dans les régions et les étés où elle revient chaque année. Jamais pendant la récolte, et toujours hors des heures de forte chaleur. |
| Rabattage | De début novembre à mi-décembre | Ne couper qu’une fois les tiges franchement jaunes : tant qu’elles sont vertes, elles remplissent encore la griffe. Sortir les tiges du jardin plutôt que de les composter, elles portent les spores de rouille et les œufs de criocère. |
| Compost, amendement | De novembre à décembre | Étaler quelques centimètres de compost sur le rang une fois les tiges coupées, sans l’enfouir. L’hiver le fait descendre seul jusqu’aux racines, et la griffe repart mieux nourrie au printemps. |