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Vivace · Saxifragacées

Fausse spirée Astilbe chinensis

Aussi appelé : Astilbe de Chine, Astilbe, Chinese astilbe

L’astilbe de Chine est une vivace des bois frais et des bords de ruisseaux de Chine, de Corée et de l’Extrême-Orient russe, l’une des plus tardives des fausses spirées. Elle forme une touffe de 40 à 60 cm qui se couvre de juillet à fin août de panicules étroites rose mauve à pourpre lilas ; ses formes naines s’étalent en tapis de 25 cm. Elle demande la mi-ombre et une terre profonde, humifère, toujours fraîche. Elle tolère mieux le soleil que les autres astilbes, mais la sécheresse d’été la tue et le calcaire jaunit son feuillage.

Fausse spirée (Astilbe chinensis)
Photo : Krzysztof Ziarnek, Kenraiz, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Saxifragacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-30 °C
Floraison
De juillet à août
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 4 à 8, la souche encaisse -30 °C sans protection. C’est la sécheresse estivale qui la tue, jamais le froid.

Dimensions : 40 à 60 cm de haut en fleur pour 40 à 50 cm d’étalement. Les formes naines type ‘Pumila’ plafonnent à 25 cm et s’étalent en tapis par stolons courts.

Floraison : De juillet à fin août, panicules plumeuses étroites rose mauve à pourpre lilas, sans parfum notable ; les épis secs restent décoratifs jusqu’à l’hiver.

Substrat : Terre profonde, humifère, plutôt lourde que sableuse, enrichie de compost. pH idéal de 5,5 à 6,5, elle boude les sols calcaires où le feuillage jaunit.

Exposition : Mi-ombre ou ombre claire. C’est l’astilbe qui supporte le mieux quelques heures de soleil, à condition que le sol reste frais en permanence.

Arrosage : Tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 2 à 3 jours en juillet-août, à raison de 10 à 15 litres par touffe. Arroser au pied, en une seule fois plutôt qu’en petites doses.

Durée de vie : Vivace de 8 à 10 ans en place, à condition de diviser la touffe tous les 3 à 4 ans. Le feuillage disparaît totalement l’hiver et repart de la souche en avril.

Multiplication : Division de la souche à la bêche en mars et début avril, au départ de végétation, tous les 3 ou 4 ans.

Arrosage & entretien

Arrosage : Du printemps à l’automne, maintenir le sol frais en arrosant abondamment au pied plutôt que souvent et peu. En hiver la touffe est au repos et se contente des pluies, sauf en pot où la motte ne doit pas geler à sec.

Fertilisation : Deux poignées de compost mûr griffées autour de la souche en mars suffisent pour l’année. En pot, ajouter un engrais liquide pour plantes fleuries tous les 15 jours de mai à juillet.

Rempotage : En pleine terre, la question ne se pose pas : c’est la division tous les 3 à 4 ans qui rajeunit la plante. En pot, rempoter chaque printemps dans un contenant large et profond, car la motte sèche vite.

Taille : Rabattre les tiges sèches à 5 cm du sol en février ou mars, pas avant. Les plumeaux fanés tiennent tout l’hiver et font partie du décor.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre lumineuse, idéalement soleil du matin et ombre à partir de 13 h. 3 à 4 heures de soleil doux lui vont si le sol reste humide, le plein soleil de l’après-midi brûle les folioles.

Emplacement : Extérieur toute l’année, au pied d’un mur nord, en lisière d’arbustes ou en bordure de bassin. Elle passe l’hiver dehors sans protection et n’a rien à faire en intérieur.

Substrat : Terre de jardin lourde, additionnée de compost et de terreau de feuilles pour retenir l’eau. Un sol sableux demande un amendement organique massif avant plantation.

pH : De 5,5 à 6,5, acide à légèrement acide. Au-delà de 7,5, les jeunes feuilles jaunissent entre les nervures.

Drainage : Elle aime l’humidité constante mais pas l’eau stagnante en hiver, qui fait pourrir les rhizomes. Un sol frais l’été et ressuyé l’hiver est la combinaison recherchée.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : en mars et début avril, sortir la souche, la recouper à la bêche ou au couteau en éclats de 3 à 4 bourgeons munis de racines, jeter le vieux cœur et replanter aussitôt en terre fraîche, arrosée copieusement. Chez les formes naines tapissantes comme ‘Pumila’, il suffit de détacher les jeunes pousses enracinées au bout des stolons. La division de la souche, au départ de végétation : la réussite est assurée et la floraison suit dès l’été.

Les autres méthodes

Bouturage : En pratique, elle ne se bouture pas.

Semis :

SemerAu printemps, sous abri, laisser les graines poussière en surface, à la lumière, sur un terreau fin humide sous un couvercle, vers 18 °C ; la levée prend 2 à 4 semaines et la floraison 2 à 3 ans. Le semis ne reproduit pas fidèlement les cultivars et donne des coloris variés.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : les insectes fécondent ses fleurs, et les astilbes voisines s’hybrident volontiers entre elles. En septembre et octobre, quand les panicules sont sèches et brunes, les couper et les secouer dans un sac en papier pour recueillir les graines, fines comme de la poussière. Elles se gardent un an au sec et au frais ; pour un cultivar précis, seul un sachet du commerce ou la division le reproduit.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium blanchit le feuillage en fin d’été quand l’air est confiné, traiter au soufre mouillable et espacer les touffes. Des taches brunes cerclées signalent une cercosporiose, favorisée par les arrosages sur le feuillage. Le brunissement sec du bord des feuilles n’est pas une maladie mais un manque d’eau, et il est irréversible.

Parasites fréquents : L’otiorhynque est le vrai ennemi : l’adulte découpe des encoches en demi-lune sur le bord des feuilles la nuit, ses larves dévorent les racines et la touffe s’effondre d’un coup. Les nématodes foliaires créent des plages brunes délimitées par les nervures, il faut évacuer les feuilles atteintes en déchetterie, sans compost ni broyat de paillage. Le cercope laisse des amas de mousse blanche sans gravité, un jet d’eau suffit.

Prévention : Pailler épais et arroser au pied maintient la fraîcheur qui décourage l’oïdium. Contre l’otiorhynque, arroser des nématodes auxiliaires en sol tiède, en mai puis en septembre. Ne jamais laisser la motte sécher, un pied stressé attire tout le reste.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, aucune partie de la plante n’est répertoriée comme dangereuse. Elle n’est pas comestible pour autant, et ne présente aucun intérêt culinaire.

Toxicité animaux : L’astilbe figure parmi les plantes classées non toxiques pour le chien et le chat par l’ASPCA. Elle peut donc être plantée sans crainte dans un jardin fréquenté par des animaux.

Symptômes : Rien n’est décrit par contact, ni sur la peau ni sur les muqueuses. Une ingestion importante de feuilles peut provoquer des vomissements chez un animal, comme n’importe quel végétal avalé en quantité.

Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire pour la manipuler ou la tailler. Rincer les mains après avoir manipulé de la terre reste une habitude raisonnable.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les hostas partagent exactement ses besoins, ombre et sol frais, et leur feuillage large contraste avec les folioles découpées. Les fougères comme la dryoptéris prolongent le décor quand l’astilbe a fini de fleurir. Les astrances fleurissent au même moment dans les mêmes conditions et prennent le relais en septembre.

Associations à éviter : Lavande, sedum et graminées de terrain sec demandent l’inverse, un sol drainé et du plein soleil, et l’un des deux souffrira toujours. Les grands arbres à racines traçantes comme le bouleau ou l’érable négundo vident le sol de son eau en juillet. Les couvre-sols envahissants type lamier ou petite pervenche étouffent la jeune touffe avant qu’elle ne s’installe.

Conseil : Plantez-la là où vous passez en juillet, pas au fond du jardin : c’est le seul moyen de voir à temps qu’elle a soif, car le brunissement du feuillage ne se rattrape pas dans la saison.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe installée en pleine terre, à mi-ombre ou en ombre claire, dans un sol humifère qui reste frais tout l’été.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à juin : tous les 5 à 7 jours ; de juillet à août : tous les 2 à 3 jours ; de septembre à octobre : tous les 7 à 10 jours Le sol ne doit jamais sécher entre deux arrosages, même en août. Une motte desséchée grille le bord des folioles en 2 jours et ces feuilles-là ne reverdissent pas.10 à 15 litres au pied, sans mouiller le feuillage
RabattageUtile De mi-février à mi-mars Couper les tiges sèches à la fin de l’hiver, juste avant le départ des bourgeons. Laissés en place, les plumeaux fanés décorent la saison froide et abritent la souche.couper à 5 cm du sol
Compost, amendementUtile En mars Griffer deux poignées de compost autour de la souche au départ de végétation, en recouvrant les rhizomes qui remontent hors de terre. L’astilbe est gourmande et épuise vite un sol pauvre.compost mûr, sans chaux ni cendre
Division de touffeUtile De début mars à mi-avril, tous les 4 ans Tous les 3 ou 4 ans, sortir la souche au départ de végétation et la recouper à la bêche. Le cœur s’épuise et la floraison faiblit si on laisse la touffe vieillir.garder les éclats du pourtour, jeter le centre
PaillageEssentiel De mi-avril à fin mai Pailler une fois le sol réchauffé et bien humide, jamais sur une terre sèche. C’est le geste qui remplace la moitié des arrosages de juillet.5 à 8 cm de feuilles broyées ou de compost
Inspection parasitaireUtile De mai à septembre Passer sous le feuillage toutes les 2 à 3 semaines : les morsures de l’otiorhynque adulte signalent des larves en train de manger les racines, et les amas de mousse blanche trahissent le cercope.encoches en demi-lune sur le bord des feuilles
FloraisonOptionnel De juillet à août L’espèce fleurit 3 à 4 semaines plus tard que les astilbes d’Arends, en plein cœur de l’été. C’est la période où un arrosage manqué se voit tout de suite.plumeaux dressés, mauves à rose vif

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