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Arbuste · Théacées

Camélia du Japon Camellia japonica

Aussi appelé : Camélia, Rose du Japon, Japanese camellia

Le camélia du Japon est un arbuste persistant d’Asie orientale, aux feuilles vernissées vert sombre, qui fleurit en plein hiver, de février au début d’avril. Sa croissance lente, de 10 à 20 cm par an, en fait un buisson de 2 à 4 m après une quinzaine d’années, bien plus en climat océanique doux. Il veut une terre acide et humifère, une mi-ombre à l’abri du soleil levant en hiver et un arrosage à l’eau de pluie, surtout en août et septembre, quand se forment les boutons. Le calcaire et la sécheresse de fin d’été le font souffrir, et les gelées tardives abîment ses fleurs.

Camélia du Japon (Camellia japonica)
Photo : User:Fir0002, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Théacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-15 °C
Floraison
De février à avril
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 7 à 9, soit environ -15 °C pour un sujet bien installé et abrité. Les boutons floraux et les fleurs ouvertes gèlent dès -5 à -8 °C, surtout si le soleil matinal les dégèle brutalement.

Dimensions : 2 à 4 m de hauteur pour 1,5 à 3 m d'étalement après une quinzaine d'années, la croissance étant lente (10 à 20 cm par an). Les vieux sujets peuvent dépasser 6 m en climat océanique doux.

Floraison : De février au début d’avril : fleurs simples ou doubles rouges, roses, blanches ou panachées, sans parfum.

Substrat : Terre acide, légère et riche en humus : terre de bruyère, terreau de feuilles et écorces compostées, jamais de calcaire. pH idéal entre 5 et 6,5.

Exposition : Mi-ombre ou ombre lumineuse, à l'abri du soleil brûlant de l'après-midi et surtout du soleil levant en hiver. Une exposition ouest ou nord-ouest, sous le couvert léger d'arbres caducs, est la meilleure.

Arrosage : Arrosage régulier à l'eau de pluie pour maintenir le substrat frais, environ 10 L par semaine en été et davantage en août-septembre, période de formation des boutons floraux. Réduire l'hiver sans jamais laisser la motte se dessécher.

Durée de vie : Arbuste vivace très longévif : 100 à 200 ans, et des sujets de plus de 400 ans sont recensés dans les jardins historiques.

Multiplication : Marcottage simple d’une branche basse au printemps, ou bouturage de rameaux aoûtés de juillet à septembre, à l’étouffée et à l’ombre.

Arrosage & entretien

Arrosage : Arroser copieusement au pied 1 à 2 fois par semaine d'avril à octobre avec de l'eau de pluie ou non calcaire, en insistant en fin d'été lorsque se forment les boutons de l'année suivante. En hiver, un arrosage occasionnel suffit en pleine terre, mais les sujets en pot ne doivent jamais sécher complètement.

Fertilisation : Engrais spécial plantes de terre de bruyère ou hortensias, à libération lente, apporté en mars après la floraison, puis éventuellement en juin. Éviter tout apport après juillet, qui produirait des pousses tendres sensibles au gel ; du compost de feuilles ou des aiguilles de pin en paillage complètent utilement.

Rempotage : En bac, rempoter tous les 2 à 3 ans en mars-avril, juste après la floraison, dans un contenant à peine plus grand rempli de terre de bruyère additionnée de terreau et de perlite. Ne jamais enterrer le collet, qui doit affleurer la surface, et surfacer les autres années.

Taille : Taille facultative, l'arbuste ayant un port naturellement harmonieux ; intervenir uniquement juste après la floraison, en avril-mai, avant la formation des nouveaux boutons. Se limiter à supprimer le bois mort, les branches mal placées et à raccourcir légèrement les rameaux pour densifier la silhouette.

Exposition & substrat

Exposition : Ombre lumineuse ou mi-ombre, avec 2 à 4 heures de soleil doux par jour, idéalement en fin de journée. Le plein soleil jaunit le feuillage et grille les fleurs, tandis que l'ombre trop dense raréfie la floraison.

Emplacement : Plante de plein air en climat doux, à installer en massif ombragé, en haie libre ou en bac sur une terrasse abritée, orientation ouest ou nord-ouest. Éviter absolument l'exposition est : le soleil du matin sur des fleurs gelées les fait brunir instantanément ; l'abri d'un mur ou d'une haie contre les vents froids et desséchants est précieux.

Substrat : Mélange acide, humifère et aéré, par exemple 50 % de terre de bruyère, 30 % de terreau de feuilles et 20 % d'écorces de pin ou de perlite. En pleine terre calcaire, la culture en grand bac ou en fosse de terre de bruyère isolée est indispensable.

pH : Optimum entre 5 et 6,5, franchement acide. Au-delà de pH 7, la plante développe une chlorose ferrique caractéristique, feuilles jaunes à nervures restées vertes.

Drainage : Sol frais mais parfaitement drainé, avec un paillage permanent pour conserver l'humidité en surface. L'eau stagnante asphyxie les racines superficielles et favorise le Phytophthora, cause fréquente de dépérissement brutal.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage simple : en mars et avril : coucher une branche basse, l’entailler sous une feuille, l’enterrer de 10 cm dans de la terre de bruyère, la fixer par un crochet et garder frais. Sevrer après 1 à 2 ans, quand les racines sont abondantes Le marcottage simple, lent mais sûr, ou le bouturage de rameaux aoûtés de juillet à septembre, à l’étouffée, d’une réussite plus irrégulière.

Les autres méthodes

Bouturage : De juillet à septembre, prélever un rameau de l’année aoûté de 10 cm, coupé sous une feuille, ne garder que deux feuilles réduites de moitié et blesser la base sur 1 cm. Le piquer dans un mélange de terre de bruyère et de sable ou de perlite, sous abri, à l’étouffée et à l’ombre, vers 20 °C ; l’enracinement prend 2 à 3 mois, avec une hormone de bouturage facultative.

Semis :

SemerSemer les graines aussitôt récoltées, en octobre, couvertes de 1 cm de terre de bruyère, sous abri vers 15 à 20 °C : la levée prend 1 à 3 mois. Les plants ne reproduisent pas la variété et ne fleurissent qu’après 5 à 7 ans : c’est une curiosité, pas une multiplication.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le camélia se féconde mal lui-même, deux variétés différentes conviennent. Seules les fleurs simples ou semi-doubles, fécondées par les insectes au printemps, nouent des fruits ; les variétés à fleurs très doubles n’en donnent presque jamais. La capsule ronde et ligneuse mûrit de l’été à l’automne et s’ouvre en octobre sur 1 à 3 grosses graines brunes et huileuses, qui se dessèchent vite : les semer aussitôt, sans les garder.

Division et autres méthodes : La greffe en placage, en été, reste un travail de pépiniériste.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La chlorose ferrique (feuilles jaunes à nervures vertes) trahit un sol trop calcaire ou une eau d'arrosage dure : corriger par un apport de chélate de fer et un paillage acidifiant. La pourriture racinaire à Phytophthora cinnamomi provoque un flétrissement général et la mort de branches entières en sol détrempé, sans traitement curatif. Le Ciborinia camelliae fait brunir puis tomber les fleurs prématurément, et la fumagine noircit le feuillage à la suite d'attaques de cochenilles : ramasser et détruire les fleurs fanées, laver le feuillage.

Parasites fréquents : Les cochenilles (farineuses, à bouclier ou pulvinaire du camélia) forment des amas blancs ou des boucliers bruns au revers des feuilles et sur les rameaux, avec miellat collant. Les otiorhynques découpent des encoches en demi-lune sur le bord des feuilles, leurs larves rongeant les racines en pot ; araignées rouges et thrips piquettent le feuillage en atmosphère sèche. Traiter les cochenilles au coton imbibé d’alcool, sinon à l’huile blanche ou avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », et lâcher des nématodes Heterorhabditis contre les larves d’otiorhynque.

Prévention : Arroser exclusivement à l'eau de pluie et pailler généreusement pour maintenir un sol frais, acide et vivant. Planter au large, sans enterrer le collet, dans un sol drainé, et éviter les excès d'engrais azotés qui attirent les cochenilles. Ramasser systématiquement les fleurs fanées au sol, qui hébergent les spores responsables du brunissement des fleurs.

Toxicité

Toxicité humaine : Espèce considérée comme non toxique : feuilles, fleurs et pétales ne présentent aucun danger notable et sont même parfois utilisés en infusion ou en décoration culinaire. Seules les graines, riches en saponines et en huile, peuvent irriter le tube digestif si elles sont consommées en quantité.

Toxicité animaux : Plante répertoriée comme non toxique pour le chien, le chat et le cheval par les organismes vétérinaires de référence. L'ingestion d'une grande quantité de feuillage ou de graines reste néanmoins susceptible de provoquer un simple trouble digestif mécanique.

Symptômes : En cas d'ingestion importante, on peut observer vomissements, salivation et diarrhée bénins, liés aux saponines des graines. Aucun effet cutané n'est décrit, la sève n'étant ni irritante ni allergisante.

Précautions : Aucune précaution particulière n'est nécessaire, ce qui en fait un arbuste adapté aux jardins avec enfants et animaux. Empêcher simplement les animaux de mâchonner les graines et rincer la bouche puis surveiller l'animal en cas d'ingestion abondante.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les autres plantes de terre de bruyère (rhododendrons, azalées, pieris, hortensias, skimmias) partagent exactement les mêmes besoins en sol acide, frais et à l'ombre légère. Les fougères, hostas et heuchères couvrent le sol au pied et maintiennent la fraîcheur des racines superficielles. Les bulbes précoces (perce-neige, cyclamens de Naples, narcisses botaniques) fleurissent en même temps que lui et animent le massif en hiver.

Associations à éviter : Les plantes de sol calcaire et sec (lavande, buis, sauge, cistes, valériane rouge) réclament des conditions strictement opposées et souffriront dans une terre acide et humide. Les grands arbres à racines traçantes et superficielles, comme les érables argentés, les peupliers ou les bouleaux, épuisent l'eau du sol au détriment de ses racines fragiles. Enfin, les vivaces couvre-sol très denses ou envahissantes (lierre, égopode, pervenche vigoureuse) étouffent la base de l'arbuste et compliquent le paillage.

Conseil : Créez une fosse ou un massif entier de terre de bruyère plutôt qu'un trou de plantation isolé, et regroupez-y toutes ces plantes acidophiles : le sol reste homogène et un seul paillage d'écorces ou de feuilles mortes profite à tout le groupe. Plantez-le sous le couvert léger d'arbres caducs : il bénéficie ainsi de la lumière en hiver, au moment de sa floraison, et de l'ombre fraîche en été.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre ou en grand bac, à mi-ombre et à l’abri du soleil du matin, en terre de bruyère ou en sol acide restant frais.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à septembre : tous les 3 à 5 jours ; d’octobre à avril : tous les 10 à 15 jours C’est en juillet et en août que le camélia forme les boutons de l’année suivante : un manque d’eau à ce moment-là coûte la floraison d’après. Une eau du robinet calcaire jaunit le feuillage en une seule saison.eau de pluie, jamais d’eau calcaire
Engrais liquideUtile D’avril à juillet : toutes les 2 à 3 semaines Nourrir dès la fin de la floraison, quand la nouvelle pousse démarre. Un apport plus tardif relancerait une végétation tendre qui n’aurait pas le temps de durcir avant l’hiver.engrais pour terre de bruyère, arrêt fin juillet
Inspection parasitaireUtile De mai à septembre : toutes les 2 à 4 semaines Un feuillage qui poisse puis noircit signale des cochenilles installées au revers ; les déloger tôt évite d’avoir à laver l’arbuste feuille à feuille.cochenilles sous les feuilles, suivies d’un dépôt noir de fumagine
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : dès qu’il reste de l’eau sous le bac après un arrosage ou une pluie Les racines fines du camélia pourrissent en quelques jours dans l’eau stagnante, y compris en hiver où l’on n’y pense plus.en culture en bac uniquement
FloraisonOptionnel De début février à mi-avril Les fleurs s’ouvrent successivement sur plusieurs semaines, et les corolles fanées tombent d’elles-mêmes sans qu’il faille les retirer.de janvier à avril selon les variétés et l’exposition
PaillageEssentiel De mi-mars à fin avril Les racines du camélia courent juste sous la surface et souffrent du moindre dessèchement. Le paillis leur tient lieu de couverture et dispense de biner, ce qui les blesserait.écorces de pin ou aiguilles, 5 cm, sans toucher le tronc
Taille après floraisonUtile De mi-avril à fin mai Tailler juste après les dernières fleurs, avant que les boutons de l’année suivante ne se forment. Passé le mois de juin, chaque coup de sécateur supprime des fleurs.se contenter d’équilibrer la silhouette et d’aérer le centre
Voile d'hivernageUtile De début décembre à mi-marsDès que : quand une gelée est annoncée sur des boutons prêts à s’ouvrir Ce ne sont pas les feuilles qui gèlent mais les boutons, qui brunissent et tombent sans jamais s’ouvrir. Le soleil du matin sur un bouton gelé fait plus de dégâts que le gel lui-même.voile posé le soir, retiré dès le dégel

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