Légume · Astéracées
Chicorée frisée Cichorium endivia
Aussi appelé : Frisée, Chicorée endive, Scarole, Curly endive
La chicorée frisée est une salade d’origine méditerranéenne, cultivée en annuelle au potager pour sa rosette de feuilles finement découpées, au goût légèrement amer. Large de 25 à 40 cm pour 20 à 30 cm de haut, elle se récolte 2,5 à 4 mois après le semis, de l’été à l’automne. Elle demande surtout une terre riche et fraîche, arrosée copieusement au pied, et une ombre légère en plein été qui retarde la montée en graines. Elle marque dès -3 °C, moins armée contre le froid que la scarole.
- Type
- Légume
- Famille
- Astéracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -3 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Cultivée en annuelle, elle craint le gel : la frisée marque dès -3 °C, la scarole tient jusque vers -5 °C sous un voile. Elle ne traverse l’hiver en place que dans les zones USDA 8 à 10.
Dimensions : Rosette large de 25 à 40 cm pour la frisée, jusqu’à 50 cm pour la scarole, haute de 20 à 30 cm.
Floraison : Aucune recherchée : la salade se récolte avant de fleurir. Une hampe aux fleurs bleu ciel signale la montée en graines, et les feuilles deviennent alors dures et amères.
Substrat : Terre de jardin riche en humus, fraîche, ameublie sur 25 cm et bien drainée, pH idéal de 6,0 à 7,0.
Exposition : Plein soleil au printemps et à l’automne ; une ombre légère aux heures chaudes de juillet et août retarde la montée à graines.
Arrosage : Régulier et copieux, de l’ordre de 15 à 20 L par mètre carré tous les 2 ou 3 jours en été, au pied et jamais sur le cœur.
Durée de vie : Annuelle au potager, bisannuelle par nature ; comptez 2,5 à 4 mois du semis à la récolte, après quoi la place est libre.
Multiplication : Semis échelonné de fin avril à début août, en pépinière ou en place, puis repiquage 4 à 5 semaines plus tard.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 2 à 3 jours en juillet et août, tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 7 à 10 jours en automne. Arroser au goulot, au pied, le matin, en gardant le feuillage sec.
Fertilisation : 2 à 3 kg de compost mûr par mètre carré incorporés 15 jours avant la plantation suffisent à tout le cycle. Éviter l’engrais azoté en cours de culture : il gonfle des feuilles fragiles et charge la plante en nitrates.
Rempotage : Sans objet, la culture s’achève à la récolte. En caissette, un seul repiquage au stade quatre à cinq feuilles, dans un contenant d’au moins 25 cm de profondeur.
Taille : Aucune taille. Le geste propre à cette espèce est le blanchiment : lier les feuilles ou coiffer la pomme 8 à 15 jours avant de couper, toujours par temps sec.
Exposition & substrat
Exposition : 6 heures de soleil lui conviennent au printemps et à l’automne. En plein été, une ombre portée aux heures chaudes évite la montaison et l’amertume.
Emplacement : Extérieur, au potager ou en grande jardinière, orientation sud ou ouest hors canicule, plutôt est en région méridionale.
Substrat : Terre franche enrichie de compost décomposé, ameublie sur 25 cm, sans cailloux ni matière organique fraîche.
pH : De 6,0 à 7,0. En sol acide, un apport de cendre de bois avant la culture évite des rosettes chétives.
Drainage : Elle veut une terre fraîche mais jamais détrempée. L’eau qui stagne au collet déclenche la pourriture du cœur, première cause d’échec en fin de saison.
Multiplication
Semis : dehors, de fin avril à début août, semer clair en lignes, graines couvertes de 5 mm de terre fine maintenue fraîche ; à 15 à 20 °C, la levée demande 5 à 10 jours. Échelonner toutes les 2 à 3 semaines, ne pas semer avant que les nuits soient douces, sous peine de montée à graines, et repiquer 4 à 5 semaines plus tard, à quatre ou cinq feuilles, sans enterrer le collet. Les graines achetées reproduisent la variété. En pépinière ou en place : la levée est rapide et sûre.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent elles-mêmes, sans besoin d’un second pied. Laisser monter un ou deux pieds sains, sans les récolter : la hampe fleurit en été et les capitules secs se coupent en août et septembre, puis se battent pour libérer les graines. La chicorée frisée se croise peu avec les autres chicorées. Gardées au sec et au frais, les graines restent bonnes 5 ans ; les variétés hybrides F1 ne se reproduisent pas ainsi, les variétés fixées oui.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : c’est une salade cultivée en annuelle, qui se multiplie par semis.
Division et autres méthodes : Aucune : la plante forme une seule rosette, sans rejet ni touffe à diviser.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le mildiou (Bremia lactucae) marque les feuilles de plages jaunes doublées d’un feutrage blanc au revers, par temps doux et humide. La pourriture du collet (Sclerotinia, Botrytis) affaisse la rosette d’un coup, avec un mycélium blanc au ras du sol. Arracher et sortir les pieds atteints, espacer davantage, arroser au pied, et attendre 3 à 4 ans avant de remettre une astéracée au même endroit.
Parasites fréquents : Limaces et escargots vident un jeune plant en une nuit ; appât au phosphate ferrique ou piège à bière dès le repiquage. Les pucerons se logent au cœur, invisibles de dessus : un jet d’eau suffit le plus souvent, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les chenilles de noctuelle rongent la nuit et se ramassent à la main au pied de la plante.
Prévention : Respecter 30 à 35 cm entre les plants pour que l’air circule entre les rosettes. Arroser le matin, au pied, sans jamais mouiller le feuillage. Un voile anti-insectes posé dès la plantation écarte d’emblée noctuelles et mouches mineuses.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune. C’est un légume-feuille consommé cru ou cuit, dont l’amertume vient de lactones sesquiterpéniques sans danger aux doses alimentaires.
Toxicité animaux : Aucune toxicité connue chez le chien, le chat, le lapin ou les rongeurs ; les feuilles font même partie de la ration habituelle des lapins et cochons d’Inde. Comme tout végétal vert en grande quantité, elles peuvent simplement relâcher le transit.
Symptômes : Rien à signaler par ingestion. Le contact répété avec la sève lors de la récolte peut provoquer, chez des personnes sensibles, une légère dermite commune à beaucoup d’astéracées.
Précautions : Aucune précaution particulière au jardin ni à la cuisine. Laver les feuilles à l’eau claire, comme toute salade récoltée au ras du sol.
Associations de plantes
Bonnes associations : La carotte et le radis occupent l’entre-rang sans concurrencer la rosette, qui leur rend un peu d’ombre en été. Le haricot nain laisse la planche enrichie en azote pour la culture suivante. La fraise et la betterave partagent ses besoins en fraîcheur sans porter les mêmes maladies.
Associations à éviter : La laitue et les autres astéracées partagent son mildiou et sa sclérotiniose ; les voisiner ou les faire se succéder concentre l’inoculum. Le fenouil freine la croissance de la plupart de ses voisins et n’a rien à faire près d’elle. Le tournesol lui prend l’eau et la lumière, et laisse derrière lui un sol appauvri.
Conseil : Semer par petits lots de dix à quinze plants toutes les 2 ou 3 semaines plutôt qu’une planche entière d’un coup. Les pommes se récoltent alors au fur et à mesure au lieu de monter toutes ensemble.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture au potager en pleine terre, sol frais, riche en humus et ameubli sur 25 cm, plein soleil au printemps et à l’automne, ombre légère aux heures chaudes de juillet et août.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-avril à fin mai : tous les 5 à 7 jours ; de juin à août : tous les 2 à 3 jours ; de début septembre à mi-novembre : tous les 7 à 10 jours | Garder la terre fraîche en permanence : une sécheresse même courte durcit les feuilles, accentue l’amertume et déclenche la montée à graines. L’eau retenue au creux de la rosette y installe la pourriture. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à fin juin : tous les 2 à 3 jours ; de juillet à octobre : tous les 5 à 7 jours | Passer le soir ou tôt le matin sur les repiquages récents : une limace vide un jeune plant en une nuit. Plus tard, écarter les feuilles extérieures pour voir le cœur, où les pucerons s’installent à l’abri du regard. |
| Compost, amendement | De début avril à mi-août | Incorporer superficiellement un compost bien décomposé sur la planche une quinzaine de jours avant de repiquer. Une matière organique fraîche ou trop azotée donne des feuilles molles, fragiles et chargées en nitrates. |
| Semis | De mi-avril à mi-août | Semer clair en pépinière ou en place, à peine recouvert, par petits lots échelonnés toutes les 2 ou 3 semaines. Un semis trop précoce, avant que les nuits soient douces, fait monter les plants à graines avant qu’ils ne pomment. |
| Mise en place des plants | De mi-mai à mi-septembre | Repiquer au potager 4 à 5 semaines après le semis, quand le plant porte quatre ou cinq feuilles. Enterrer le collet ferait pourrir le cœur dès les premières pluies. |
| Paillage | De début juin à mi-septembre | Étaler 2 à 3 cm de tonte sèche ou de paillette de lin entre les plants pour tenir la terre fraîche pendant les fortes chaleurs. Laisser le collet dégagé, sinon le paillis retient l’humidité contre lui et abrite les limaces. |
| Forçage | De juillet à novembre | Coiffer la pomme d’une assiette ou d’un pot retourné, ou lier les feuilles en bouquet, par temps sec et sur un feuillage ressuyé, pour priver le cœur de lumière et lui ôter son amertume. Un blanchiment posé sur des feuilles mouillées fait pourrir la pomme en 3 jours. |
| Voile d'hivernage | D’octobre à décembre | Poser un voile P17 ou P30 sur les dernières pommes dès qu’une gelée est annoncée, et l’ouvrir les journées douces pour que la condensation ne stagne pas sur le feuillage. La frisée marque dès -3 °C, la scarole tient jusque vers -5 °C ainsi protégée. |