Légume · Cucurbitacées
Melon Cucumis melo
Aussi appelé : Cantaloup, Melon charentais, Melon brodé, Muskmelon
Le melon est une cucurbitacée annuelle des régions chaudes d’Afrique et d’Asie, cultivée au potager pour ses fruits. Ses tiges rampantes courent sur 1,5 à 2,5 m, soit environ 1 m carré par pied, pour un cycle de 4 à 5 mois du semis à la dernière récolte. Il demande surtout 8 heures de soleil direct, une terre riche et réchauffée, et un arrosage régulier au pied, restreint à l’approche de la maturité. Sa croissance s’arrête sous 12 °C et une simple gelée blanche le détruit.
- Type
- Légume
- Famille
- Cucurbitacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 12 °C
- Floraison
- De juin à août
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10-11, annuelle gélive : une simple gelée blanche la détruit et la croissance s’arrête déjà sous 12 °C.
Dimensions : Tiges rampantes de 1,5 à 2,5 m pour 30 à 40 cm de hauteur au sol, soit environ 1 m carré par pied.
Floraison : De juin à début août, de petites fleurs jaunes, mâles d’abord puis femelles, sans parfum notable ; seules les femelles, portées par un petit fruit, donnent les melons.
Substrat : Terre profonde, meuble, riche en humus et bien drainée, réchauffée avant la plantation ; pH idéal 6,0 à 7,0.
Exposition : Plein soleil sans réserve, 8 heures de soleil direct au minimum.
Arrosage : 3 à 5 litres par pied tous les 2 à 3 jours en juillet-août, toujours au pied, puis nettement restreint à l’approche de la maturité.
Durée de vie : Annuelle stricte, un cycle de 4 à 5 mois du semis à la dernière récolte ; elle se ressème chaque année.
Multiplication : Semis en godets sous abri chauffé de fin mars à fin avril, vers 20 à 25 °C, mise en place après les gelées.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 3 à 4 jours après la plantation, tous les 2 à 3 jours en juillet et août, au pied et jamais sur le feuillage. Dès que les fruits ont leur taille définitive, espacer à 7 ou 10 jours : c’est cette restriction qui fait le sucre.
Fertilisation : Compost mûr dans le trou de plantation, puis un engrais liquide riche en potasse, type tomate, tous les 15 jours de la nouaison à la mi-août. Un engrais azoté donnerait de belles lianes et des fruits sans goût.
Rempotage : Sans objet en culture annuelle ; en bac, compter 40 litres minimum par pied et renouveler entièrement le substrat chaque printemps.
Taille : Pincement en trois temps de juin à juillet, au-dessus de la 2e feuille, puis des bras au-dessus de la 5e, puis deux feuilles après chaque fruit. Les hybrides F1 actuels fructifient très bien sans rien de tout cela.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 8 heures par jour ; sous 18 °C la plante stagne et les fleurs avortent.
Emplacement : Extérieur uniquement, au potager plein sud et à l’abri du vent. Au nord de la Loire, un tunnel ou un châssis rattrape les degrés qui manquent et avance la récolte de 3 semaines.
Substrat : Terre profonde fumée l’automne précédent et enrichie de compost à la plantation ; en bac, terreau, compost et un cinquième de sable.
pH : 6,0 à 7,0, l’idéal se situant autour de 6,5.
Drainage : Impératif, d’où la plantation sur butte légère. L’eau stagnante au collet provoque la fonte du pied et la fusariose, contre lesquelles il n’existe aucun remède.
Multiplication
Semis : de fin mars à fin avril, à l’intérieur ou sous abri chauffé, semer 2 graines par godet de 8 cm, à 1,5 cm de profondeur, à 20 à 25 °C : la levée prend 5 à 8 jours. Ne garder que le plus beau plant et le mettre en place après les gelées, à 3 ou 4 vraies feuilles, sans casser la motte. Les variétés anciennes se reproduisent si elles n’ont pas été croisées avec un autre melon, les hybrides F1 jamais. Le semis sous abri chauffé, de fin mars à fin avril, est la seule méthode courante et réussit bien si la chaleur est suffisante. Le melon ne peut pas être semé en place sous climat tempéré, faute de temps et de chaleur.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles, que les insectes fécondent. Prendre les graines d’un melon bien mûr, au parfum puissant, les rincer, puis les sécher une semaine à l’ombre ; au sec et au frais, elles restent bonnes 5 ans. Les insectes croisent les variétés voisines : ne cultiver qu’une variété, ou enfermer la fleur femelle dans un sachet et la féconder soi-même au pinceau. Les hybrides F1 s’achètent chaque année.
Les autres méthodes
Bouturage : Il ne se bouture pas en pratique.
Division et autres méthodes : Aucune : c’est une annuelle. La greffe sur courge existe, mais reste un geste de maraîcher.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium, feutrage blanc sur le dessus des feuilles, est presque inévitable en fin d’été et se traite au soufre mouillable ou au bicarbonate. Le mildiou et l’anthracnose tachent le feuillage par temps humide et frais. La fusariose fait faner le pied entier en 2 jours et ne se soigne pas : seule la rotation l’évite.
Parasites fréquents : Pucerons en colonies au revers des feuilles, à déloger au jet d’eau dès les premiers, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Araignées rouges sous abri trop sec, reconnaissables au piqueté jaune et aux fines toiles. Limaces sur les jeunes plants, les premières nuits après la mise en place.
Prévention : Arroser au pied et le matin, pailler pour éviter les éclaboussures de terre, aérer largement les abris dès 20 °C. Aucune cucurbitacée 2 ans de suite au même endroit, avec 4 ans de rotation.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune, la chair est un aliment courant et le melon ne figure sur aucune liste de plantes toxiques. Seul un fruit franchement amer doit être recraché : l’amertume signale des cucurbitacines, substances naturelles de la famille qui provoquent de violents troubles digestifs.
Toxicité animaux : La chair mûre, sans écorce ni pépins, est sans danger pour le chien et le chat en petite quantité. L’écorce avalée, en revanche, peut obstruer le tube digestif d’un petit animal.
Symptômes : Diarrhée et ballonnements en cas d’excès de chair sucrée, chez l’humain comme chez l’animal. Le feuillage rêche et légèrement piquant peut irriter une peau sensible pendant la récolte.
Précautions : Goûter un petit morceau avant de servir un melon dont le goût surprend. Retirer écorce et pépins avant d’en donner à un animal, et porter des manches longues pour fouiller dans les tiges.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le maïs planté au nord fait brise-vent sans ombrer le sol, ce qui compte beaucoup pour une plante qui réclame de la chaleur. La capucine attire les pucerons à elle et les détourne des jeunes tiges. Laitues et radis occupent l’espace entre les pieds les six premières semaines, avant que les lianes ne recouvrent tout.
Associations à éviter : Concombre, courge et courgette partagent l’oïdium et la fusariose du melon et se les transmettent d’un rang à l’autre. La pomme de terre épuise la même couche de sol et héberge les mêmes champignons. Le fenouil, mauvais voisin de presque tout le potager, freine la croissance des jeunes plants.
Conseil : Glisser une tuile, une ardoise ou une planchette sous chaque fruit dès qu’il a la taille d’un œuf. Il mûrit au sec, prend la chaleur par en dessous et ne pourrit pas au contact de la terre.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pied conduit en pleine terre au potager, en plein soleil et à l’abri du vent, dans une terre profonde enrichie l’automne précédent, le semis étant fait sous abri chauffé avant la mise en place.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mai à fin juin : tous les 3 à 4 jours ; de début juillet à mi-août : tous les 2 à 3 jours ; de mi-août à fin septembre : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement pendant la croissance et le grossissement, puis espacer nettement dès que les fruits ont atteint leur taille définitive. C’est cette restriction de fin de saison qui fait le sucre, l’eau de trop donne des melons gros et fades. |
| Semis | De mi-mars à fin avril | Semer sous abri chauffé de fin mars à fin avril, car le melon réclame 4 mois de chaleur et ne peut pas être semé en place sous climat tempéré. Ne garder ensuite que le plus beau plant par godet. |
| Compost, amendement | De début avril à mi-mai | Enrichir la place avant la plantation : le melon est gourmand et n’a que 4 mois pour faire ses racines, ses lianes et ses fruits. |
| Mise en place des plants | De mi-mai à mi-juin | Mettre en place les plants à trois ou quatre vraies feuilles une fois tout risque de gelée écarté, le melon ne repartant jamais vraiment si ses racines ont pris froid. |
| Pincement | De juin à juillet | Tailler en trois temps pour faire ramifier le pied et concentrer la sève sur les fruits noués. Les hybrides F1 actuels de type charentais fructifient très bien sans être pincés. |
| Paillage | En juin | Pailler seulement une fois le sol bien réchauffé, pour garder l’humidité, éviter les éclaboussures de terre et empêcher les fruits posés au sol de pourrir au contact. |
| Floraison | De début juin à mi-août | La fécondation dépend entièrement des insectes : ne traiter à aucun moment en pleine floraison, et polliniser au pinceau si la culture est enfermée sous châssis. |
| Inspection parasitaire | De début juin à mi-septembre | Guetter les pucerons et l’araignée rouge au revers du feuillage, et le feutrage blanc de l’oïdium qui arrive presque toujours en fin d’été sur les feuilles les plus vieilles. |
| Engrais liquide | De mi-juin à mi-août | Apporter un engrais potassique de la nouaison à la mi-août, puis cesser. Un engrais azoté donnerait des tiges superbes et des fruits sans goût. |
| Fructification, récolte | De mi-juillet à fin septembre | Récolter quand le pédoncule se craquelle en couronne, que la fleur sèche se détache du bout du fruit et que le parfum monte : cueilli trop tôt, un melon ne sucre plus. |