Légume · Cucurbitacées
Concombre Cucumis sativus
Aussi appelé : Concombre cultivé, Cornichon, Cucumber
Le concombre est une plante potagère de la famille des courges, originaire de l’Inde, cultivée chez nous en annuelle pour ses fruits frais et croquants. Palissé sur un filet, il grimpe de 1,50 m à 2,50 m ; laissé au sol, il s’étale sur 1 m à 1,50 m. Il réclame avant tout de la chaleur, une terre riche en compost et des arrosages réguliers, car sa croissance s’arrête sous 12 °C. Le vent, le moindre gel et les à-coups d’arrosage le font souffrir.
- Type
- Légume
- Famille
- Cucurbitacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 1 °C
- Floraison
- De juin à septembre
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Aucune. La croissance s’arrête déjà sous 12 °C et un simple 0 °C tue le pied en une nuit, ce qui correspond à une zone USDA 11 purement théorique puisqu’on le cultive en annuelle.
Dimensions : Liane de 1,50 m à 2,50 m palissée sur un filet, ou 1 m à 1,50 m d’étalement si on la laisse ramper au sol.
Floraison : De juin à septembre, de petites fleurs jaunes en étoile, sans parfum notable, auxquelles succèdent les concombres.
Substrat : Sol profond, meuble et très humifère, largement amendé en compost, pH idéal de 6 à 7.
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures, dans un coin abrité du vent qui dessèche et casse les tiges.
Arrosage : Abondant et surtout régulier : 2 à 4 L par pied tous les 2 à 3 jours de fin mai à juin, puis tous les 1 à 2 jours en juillet et août.
Durée de vie : Annuelle stricte, 4 à 5 mois du semis à la dernière récolte, détruite par la première gelée d’automne.
Multiplication : Semis en godets sous abri chauffé de mi-mars à mi-avril, ou en place à partir de la mi-mai dans un sol à 15 °C.
Arrosage & entretien
Arrosage : 2 à 4 L par pied, au pied, à l’eau dégourdie et le matin : tous les 2 à 3 jours en juin, tous les 1 à 2 jours au plus chaud de l’été, tous les 3 à 4 jours en septembre. Un arrosage irrégulier donne des fruits amers et crochus, c’est le défaut le plus fréquent de cette culture.
Fertilisation : 3 à 4 L de compost bien décomposé au mètre carré avant plantation, puis un engrais liquide riche en potasse tous les 12 à 15 jours dès les premiers fruits noués, rapproché à 10 ou 12 jours en pleine production.
Rempotage : Sans objet en annuelle. En pot, compter 40 L minimum par pied et du terreau neuf chaque année ; au potager, la place de rotation est l’équivalent du rempotage, avec 3 à 4 ans avant de remettre une cucurbitacée au même endroit.
Taille : Les hybrides F1 actuels ne se taillent pas. Sur une variété ancienne, pincer au-dessus de la 4e ou 5e feuille pour faire partir les bras latéraux qui portent les fleurs femelles.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour, avec un sol chaud dès la plantation. Sous serre, un ombrage léger devient nécessaire au-delà de 30 °C, sinon les fleurs avortent.
Emplacement : Semis sous abri chauffé, puis extérieur de mi-mai jusqu’aux premières gelées. Exposition sud ou sud-ouest, abritée du vent par une haie ou un mur.
Substrat : Terre profonde et meuble, riche en matière organique décomposée, capable de garder l’eau sans se compacter. Un sol léger paillé vaut mieux qu’une terre lourde.
pH : 6,0 à 7,0, l’optimum tournant autour de 6,5.
Drainage : Besoin d’eau constant mais jamais d’eau stagnante ; planter la motte légèrement en relief pour que le collet reste sec. Un collet mouillé en permanence pourrit avant même la première fleur.
Multiplication
Semis : de mi-mars à mi-avril, à l’intérieur ou sous abri chauffé, semer 2 graines par godet de 8 cm, à 2 cm de profondeur, à 20 à 25 °C : la levée prend 4 à 7 jours, et l’on ne garde que le plus beau plant. Dehors, semer en place de mi-mai à mi-juin, quand le sol tient 15 °C, 3 graines par poquet. Les variétés anciennes se reproduisent si elles ne sont pas croisées avec un autre concombre, les hybrides F1 jamais. Le semis en godets sous abri chauffé, de mi-mars à mi-avril, ou en place à partir de mi-mai, est la seule méthode et réussit très bien. Le semis en place évite tout risque d’abîmer les racines au repiquage.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles, que les insectes fécondent. Laisser un concombre sur le pied jusqu’à ce qu’il jaunisse et durcisse, en août ou septembre, puis faire fermenter la pulpe et les graines 2 à 3 jours dans un peu d’eau avant de les rincer et de les sécher. Les insectes croisent tous les concombres entre eux, cornichons compris : n’en cultiver qu’une variété, ou féconder une fleur femelle ensachée à la main. Au sec, les graines restent bonnes 5 ans ; les hybrides F1 s’achètent.
Les autres méthodes
Bouturage : Il ne se bouture pas en pratique.
Division et autres méthodes : Aucune : c’est une annuelle détruite par la première gelée.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre les feuilles d’un feutrage blanc à partir de juillet : couper les feuilles atteintes, aérer par le palissage, et traiter au soufre en dehors des heures chaudes. Le mildiou fait des taches jaunes anguleuses, arrêtées par les nervures, avec un duvet gris au revers, favorisé par un feuillage mouillé le soir. L’anthracnose creuse des taches brunes sur fruits et tiges, surtout sous abri mal ventilé.
Parasites fréquents : L’araignée rouge est le parasite typique du concombre en été sec : feuilles grises piquetées et fines toiles au revers. Les pucerons colonisent les jeunes pousses et transmettent les viroses, la mosaïque en tête. Les limaces s’occupent des jeunes plants les premiers jours après la plantation, période où tout se joue.
Prévention : Rotation de 3 à 4 ans sans aucune cucurbitacée sur la même parcelle. Palisser pour aérer, pailler pour garder le sol frais, arroser au pied le matin. Choisir des variétés notées résistantes à l’oïdium, c’est le gain le plus net pour le moindre effort.
Toxicité
Toxicité humaine : Le fruit des variétés cultivées est comestible et sans danger. Une seule réserve, réelle : un fruit franchement amer contient des cucurbitacines à taux élevé et ne doit pas être mangé, car elles provoquent une intoxication digestive parfois sévère.
Toxicité animaux : Non toxique pour le chien et le chat, chair comme feuillage ne figurent pas parmi les plantes toxiques. La règle de l’amertume vaut pour eux comme pour nous, et un excès de fruits donne simplement des selles molles.
Symptômes : Après ingestion d’un fruit très amer, nausées, crampes abdominales et diarrhée dans les heures qui suivent. Aucune toxicité de contact ; quelques rares allergies croisées avec le melon existent chez les personnes sensibles aux pollens d’armoise.
Précautions : Goûter un petit morceau du côté du pédoncule avant de préparer un fruit qui a subi un fort stress de sécheresse, et jeter s’il est amer. Ne pas ressemer les graines d’un hybride F1 ni d’un pied voisin d’une courge ornementale, croisement d’où vient l’essentiel des cas d’amertume.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le maïs et le tournesol servent de tuteur vivant et coupent le vent, ce que le concombre apprécie plus que tout. Le haricot à rames laisse de l’azote dans le sol et occupe la même hauteur sans se gêner. L’aneth et la bourrache attirent pollinisateurs et auxiliaires juste au moment de la floraison, et la laitue occupe le sol au pied avant que le feuillage ne le couvre.
Associations à éviter : Pas de courge, courgette ni melon à côté : même famille, mêmes maladies, même case de rotation, et risque de croisement si l’on récupère les graines. La pomme de terre partage son besoin d’eau et son emprise racinaire, les deux se gênent. La sauge officinale, très sèche, ne supporte pas le régime d’arrosage que réclame le concombre.
Conseil : Palisser à la verticale sur un filet fait gagner de la place, donne des fruits droits et propres, et divise par deux les problèmes de feuillage. Passer récolter tous les 2 à 3 jours, car la production s’arrête dès qu’un fruit est laissé à mûrir sur le pied.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture au potager en pleine terre, plein soleil et à l’abri du vent, sol enrichi en compost et paillé, plants élevés sous abri chauffé puis mis en place après les Saints de glace.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mai à fin juin : tous les 2 à 3 jours ; de juillet à août : tous les 1 à 2 jours ; en septembre : tous les 3 à 4 jours | Arroser au pied sans mouiller une seule feuille : l’eau froide bloque la plante et le feuillage humide le soir ouvre la porte au mildiou. C’est la régularité, plus que la quantité, qui décide du goût des fruits. |
| Engrais liquide | De mi-juin à fin juillet : tous les 12 à 15 jours ; de début août à mi-septembre : tous les 10 à 12 jours | Donner l’engrais dans l’eau d’arrosage dès le nouage, en rapprochant les apports au plus fort de la production. Un pied qui donne vingt fruits épuise un sol moyen en 6 semaines. |
| Semis | De mi-mars à mi-mai | Semer sous abri chauffé de mi-mars à mi-avril, ou directement en place à partir de mi-mai quand le sol tient 15 °C. Ne garder que le plus beau plant par godet, un concombre repiqué ne pardonne pas une racine abîmée. |
| Compost, amendement | De début avril à mi-mai | Incorporer le compost sur les vingt premiers centimètres une quinzaine de jours avant la plantation. La plante fait sa masse en 8 semaines et n’a pas le temps d’attendre un amendement frais. |
| Mise en place des plants | De mi-mai à mi-juin | Mettre en place après les Saints de glace, à 80 cm ou 1 m en tous sens, dans un sol réchauffé. Le collet enterré pourrit en quelques jours, c’est la perte la plus fréquente en début de culture. |
| Paillage | En juin | Pailler une fois le plant reparti, en dégageant bien le collet. C’est ce qui donne l’humidité régulière sans laquelle les fruits deviennent amers et crochus. |
| Palissage, tuteurage | De début juin à mi-août | Attacher la tige principale au fur et à mesure de sa montée et guider les vrilles. Les fruits restent droits et propres, et le feuillage sèche vite après une pluie. |
| Pincement | De juin à juillet | Sur une variété ancienne ou coureuse, pincer la tige au-dessus de la quatrième ou cinquième feuille pour faire partir les bras latéraux, qui portent les fleurs femelles. Sur un hybride, ce geste ne fait que retarder la récolte. |
| Inspection parasitaire | De mi-juin à fin août | Regarder le revers des feuilles chaque semaine : un piqueté gris et de fines toiles signalent l’acarien, un feutrage blanc l’oïdium. L’un comme l’autre s’arrêtent au premier foyer et plus du tout à la moitié du feuillage. |
| Fructification, récolte | De juillet à septembre | Récolter jeune, à 15 ou 20 cm selon la variété, en coupant le pédoncule plutôt qu’en tirant. Un seul fruit laissé grossir jusqu’à la graine arrête la mise à fruit du pied entier. |