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Arbre · Cupressacées

Cyprès de Lambert Cupressus macrocarpa

Aussi appelé : Cyprès de Monterey, Macrocarpa, Monterey cypress

Le cyprès de Lambert est un conifère du littoral californien, apprécié chez nous en bord de mer pour sa tenue face aux embruns et son feuillage vert ou doré selon les formes. Il devient un arbre de 15 à 25 m de haut, mais se maintient souvent en haie entre 2 et 4 m. Il lui faut un plein soleil et un sol léger parfaitement drainé, avec quelques arrosages les deux ou trois premiers étés seulement. Le froid sec et venté, l’argile gorgée d’eau et l’ombre, qui dégarnit sa base, sont ses ennemis.

Cyprès de Lambert (Cupressus macrocarpa)
Photo : CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre
Famille
Cupressacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-12 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 7b à 10, soit -12 à -15 °C pour un sujet installé en sol drainé. Les jeunes plants et les formes dorées souffrent dès -7 à -8 °C, et c’est le froid sec accompagné de vent, plus que le thermomètre, qui grille le feuillage.

Dimensions : 15 à 25 m de haut en France pour 6 à 10 m d’étalement, avec 60 à 80 cm de pousse par an les premières années. En haie, on le maintient entre 2 et 4 m.

Floraison : Aucune fleur décorative : c’est un conifère, qui porte des cônes globuleux brun luisant restant longtemps sur l’arbre.

Substrat : Sol léger, profond, sableux ou caillouteux, parfaitement drainé ; pH 5,5 à 7,5. Il accepte le calcaire modéré et les embruns, pas l’argile gorgée d’eau en hiver.

Exposition : Plein soleil sans réserve, c’est un arbre de bord de mer. À l’ombre il se dégarnit par le bas et ne le refait jamais.

Arrosage : 20 à 30 litres tous les 8 à 15 jours en juillet-août, plus espacés en mai-juin et en septembre, et uniquement pendant les deux ou trois étés qui suivent la plantation. Ensuite plus rien, il supporte la sécheresse bien mieux que l’excès d’eau.

Durée de vie : Vivace, arbre de 100 à 150 ans, bien davantage sur son littoral californien d’origine. En haie serrée et taillée, le chancre l’emporte souvent avant 25 ans.

Multiplication : Semis au printemps sous abri après 4 à 6 semaines au froid, ou bouturage à talon en automne pour les formes dorées.

Arrosage & entretien

Arrosage : Copieux et espacés pendant les deux ou trois premiers étés seulement : toutes les 2 à 3 semaines en mai-juin, tous les 8 à 15 jours en juillet-août, toutes les 3 à 4 semaines en septembre, puis plus rien de l’automne au printemps. Un cyprès installé ne se replante pas, ne s’arrose pas, et déteste un sol qui reste humide l’hiver.

Fertilisation : Un engrais organique à libération lente pour conifères en mars, une fois l’an, sur une haie qu’on taille chaque année. Un sujet isolé en pleine terre n’en demande aucun.

Rempotage : En pleine terre, la question ne se pose pas : il ne se transplante plus passé 3 ans. En bac, rempoter tous les 2 à 3 ans en mars dans un mélange très drainant, terreau et sable à parts égales.

Taille : Taille de haie entre fin août et septembre, une fois la pousse arrêtée et la nidification terminée. Rester impérativement dans le jeune bois vert, le cyprès ne repart jamais d’une branche dégarnie.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour. Une exposition ventée et salée ne le gêne pas, c’est même ce qui en fait le brise-vent des côtes bretonnes et normandes.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en pleine terre. À réserver aux climats doux et océaniques ; en limite de propriété, le Code civil impose 2 m de recul pour une plantation destinée à dépasser 2 m de haut.

Substrat : Terre de jardin allégée de sable ou de gravier, même pauvre et superficielle. Il ne réclame ni humus riche ni terre travaillée, seulement de l’eau qui s’en va.

pH : 5,5 à 7,5, avec un optimum entre 6 et 7. Il tolère un calcaire modéré mais jaunit sur craie pure.

Drainage : C’est le point qui décide de tout. Sur sol lourd et humide en hiver, les racines se prennent un Phytophthora et l’arbre dépérit par le haut sans qu’aucun traitement n’y change rien.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : récolter les cônes mûrs et les laisser s’ouvrir au chaud pour libérer les graines, puis les garder 4 à 6 semaines au réfrigérateur dans du sable humide. En mars ou avril, sous abri, les semer couvertes de 3 mm de terreau sableux, vers 15 à 20 °C : la levée prend 3 à 6 semaines. Les graines reproduisent l’espèce, pas les formes dorées. Le semis au printemps, après un passage au froid, est la méthode la plus sûre pour l’espèce et réussit assez bien. Le bouturage est plus aléatoire et réservé aux formes dorées, que le semis ne reproduit pas.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles, fécondées par le vent. Les cônes mettent 2 ans à mûrir : récolter en automne ceux qui sont brun luisant et encore fermés, sur un arbre adulte. Au sec, au réfrigérateur et dans un bocal fermé, les graines restent bonnes 2 à 3 ans.

Les autres méthodes

Bouturage : En septembre et octobre, prélever des rameaux aoûtés de 10 à 15 cm avec un talon d’écorce et les piquer dans un mélange de terreau et de sable. Sous châssis froid, à l’ombre et à l’étouffée légère, avec une hormone de bouturage facultative, ils s’enracinent en 4 à 6 mois, avec une réussite faible.

Division et autres méthodes : Aucune : c’est un conifère à tronc unique, qui ne drageonne pas et ne se marcotte pas.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Le chancre du cyprès (Seiridium cardinale) est sa maladie majeure : un rameau ou une branche entière roussit brutalement, avec une plage brun-rouge enfoncée et une coulée de résine sur le bois. Il n’existe aucun traitement curatif, on coupe 20 cm sous la lésion dans le bois sain et on évacue les déchets en déchetterie, sans compost ni broyat de paillage. Sur sol lourd, le dépérissement racinaire à Phytophthora donne le même feuillage terne, mais sans chancre visible.

Parasites fréquents : Le puceron du cyprès (Cinara cupressi), gris-brun et gros comme une tête d’épingle, colonise le bois d’un an d’avril à juin et laisse des plages brunes définitives ; le déloger au jet d’eau dès les premières colonies, sinon recourir à un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Le bupreste du cyprès, coléoptère métallique vert et cuivré, gagne du terrain dans le Midi et achève les sujets affaiblis par la sécheresse. Les cochenilles du genre Carulaspis ponctuent les écailles de petits boucliers blancs.

Prévention : Désinfecter les lames à l’alcool avant chaque taille et entre deux arbres, le chancre voyage par les plaies et par le sécateur. Ne jamais tailler par temps humide, et éviter la haie monospécifique où la contamination passe d’un pied à l’autre. Arroser un jeune sujet en été : un cyprès assoiffé est celui que le bupreste choisit.

Toxicité

Toxicité humaine : Faible. Le feuillage et la résine provoquent parfois une dermite de contact chez les personnes sensibles, et le pollen, émis en masse de janvier à avril, est un allergène respiratoire important.

Toxicité animaux : Sans danger notable pour le chien et le chat, qui ne s’y intéressent pas et risquent au pire des vomissements. En revanche, son feuillage est abortif chez les bovins et les ovins, à cause de l’acide isocupressique : les déchets de taille ne doivent jamais finir dans une pâture ou près d’un pré.

Symptômes : Par ingestion, salivation, vomissements et diarrhée ; chez une vache gestante, avortement dans les jours qui suivent la consommation. Par contact, rougeurs et démangeaisons sur les avant-bras après une séance de taille.

Précautions : Gants et manches longues pour tailler, puis lavage des bras. Évacuer les branchages en déchetterie, plutôt que de les laisser à portée d’animaux de rente.

Associations de plantes

Bonnes associations : Escallonia, tamaris et eleagnus partagent exactement ses conditions, vent salé et sol drainé, et font une haie qui ne se troue pas d’un coup si un cyprès meurt. Le griselinia littoralis tient la même exposition en restant plus bas et garnit le pied. L’alternance de plusieurs essences est ici une mesure sanitaire autant qu’esthétique.

Associations à éviter : Ne pas l’aligner avec d’autres cupressacées, leyland ou thuya, qui attrapent le même chancre et se le transmettent le long du rang. Rien de potager ni de fruitier à son pied : racines traçantes, ombre sèche et litière acide ne laissent rien pousser sous lui. Les vivaces de terre fraîche, hostas ou astilbes, y meurent en un été.

Conseil : Le compter comme un arbre, jamais comme un arbuste : 4 à 5 m d’une maison, 2 m d’une limite de propriété, et de la place devant lui. La plupart des cyprès de Lambert arrachés en France le sont parce qu’ils ont été plantés trop près, pas parce qu’ils ont déçu.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet en pleine terre, en haie ou en isolé, plein soleil, sol léger et parfaitement drainé ; gestes donnés pour un arbre planté depuis 2 ou 3 ans.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De mai à juin : toutes les 2 à 3 semaines ; de juillet à août : toutes les 1 à 2 semaines ; de début septembre à mi-octobre : toutes les 3 à 4 semaines Arroser copieusement et rarement pendant les étés qui suivent la plantation, le temps que les racines descendent. Passé 3 ans, il se passe entièrement d’eau et un arrosage régulier lui nuit plus qu’il ne l’aide.Les deux ou trois premiers étés seulement, 20 à 30 litres à chaque fois
Désinfection des outilsEssentiel De janvier à décembreDès que : Avant chaque taille et entre deux sujets d’une même haie Passer les lames à l’alcool avant de commencer et chaque fois qu’on change d’arbre. Le chancre à Seiridium, qui tue les cyprès de Lambert un par un, entre presque toujours par une plaie de taille.Alcool à 70° ou eau de Javel diluée sur les lames
Bois mort et feuilles abîméesEssentiel De janvier à décembreDès que : Dès qu’un rameau roussit ou qu’une coulée de résine apparaît sur une branche Une branche qui brunit d’un coup en pleine végétation signale un chancre, pas un manque d’eau. L’enlever tôt et l’évacuer hors du jardin est le seul moyen de garder le reste de la haie.Couper 20 cm sous la lésion, dans le bois sain, et brûler
Engrais à libération lenteOptionnel De début mars à mi-avril Un apport unique au démarrage de la végétation aide une haie qu’on tond chaque année à refaire sa pousse. Un sujet isolé en pleine terre n’a besoin de rien.Haie taillée uniquement, engrais organique pour conifères
Inspection parasitaireEssentiel D’avril à juin Écarter les rameaux tous les 15 jours au printemps et chercher les colonies de pucerons gris du cyprès sur le bois d’un an. Délogés tôt d’une douche énergique du feuillage, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », ils ne laissent rien ; installés, ils brûlent des plages entières qui ne reverdissent jamais.Puceron du cyprès sous les rameaux, bupreste au sud
PaillageUtile De début avril à mi-mai Pailler le pied avant les chaleurs pour garder la fraîcheur des premières années sans arroser davantage. Laisser 10 cm libres autour du tronc pour que l’écorce ne reste pas humide.Écorces ou broyat sur 8 cm, collet dégagé
Taille de structureEssentiel De mi-août à fin septembre Tailler la haie en fin d’été, quand la pousse de l’année s’est arrêtée et que les oiseaux ont fini de nicher. Ne jamais entamer le vieux bois : un cyprès coupé sur une branche dégarnie ne rebourgeonne pas et le trou reste à vie.Rester dans le jeune bois vert, hors période de nidification
Voile d'hivernageUtile De mi-novembre à mi-mars Voiler un jeune sujet planté à l’intérieur des terres, où le froid sec et le vent d’est dessèchent le feuillage avant que les racines soient en place. Sur la façade atlantique et en climat doux, c’est inutile.Les deux premiers hivers, loin du littoral atlantique

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